28/10/2006

La disneylandisation du fondement

I. Little china girl holocaust

 

Je me demandais quelle contribution j’apporterais bien à ce salon « au bord d’elle » qui s’annonce superbe. J’ai d’abord pensé réaliser une nano installation. Ce week-end là, il y avait eu une conjonction miraculeuse dans mon coin : deux expos d’enfer – Muyle et Araki – et un salon de la miniature.

 

J’ai alors eu la vision syncrétique de « Little china girl ». Ma petite poupée de porcelaine avait le fondement béant. J’ai pensé : « je vais y mettre une fleur (comme Araki)…et puis, je vais la bonder (comme Araki) et ce sera miniature et espiègle (comme Muyle)…. ». C’était compter sans Mado, ma pseudo-siamoise : j’ai retrouvé ma poupée, la rose toujours au fondement, le crane fracassé gisant au milieu de la cuisine. Il faut dire que le latex excite ma chatte : dès qu’un élastique se trouve sur sa route, c’en est fait. D’ailleurs, elle a arraché son collier anti-puces tant ça l’obsède. Or, j’avais bondé ma petite poupée avec de l’élastique gainé de blanc. Ben voilà : je te l’offre en holocauste.

 

En lieu et place, je me prends la tête. Pour exprimer ma vérité, je trouve ça d’une frivolité absolue. Dans l’espoir de délivrer mon cerveau de ce tracas (comment des gens que j'aime font-ils pour s'associer à ce brol? voilà la question), je me propose de faire une dissertation mozin où il y aura Araki, Schopenhauer, la disneylandisation, du sexe (pour la motivation) et puis je verrai si le temps et la réflexion ont procuré une légitimité à la chose (dans ma tête, of course... toi tu fais ce que tu veux, au rythme qui t’enchante et des années si cela te chante).

 

Je commence par définir les termes.

 

arakiAraki, c’est un type qui a fait une carrière de photographe tellement gigantesque que son expo occupe l’ensemble de l’espace du Musée de la Photo alors que d’habitude il y a 3 ou 4 expos conjointes. Ce qui m’intéresse ici, ce sont les séries faites dans des lieux voués au sexe et les portraits en séries.

 

schopenhauerSchopenhauer, c’est un philosophe allemand qui a écrit des trucs intéressants sur les stratégies de diversion.

 

dutrouxSi j’ai bien compris ce terme, en peu de mots, la disneylandisation consiste à jeter un voile euphémique sur la trivialité du monde. On crée une vision idéale, surtout là où des horreurs ont eu lieu. Des exemple ? On aménage en réserve naturelle des territoires que l’on a volés aux autochtones après les avoir massacrés, on aménage un lieu où 256 types des bas-fonds sont morts en un sanctuaire muséal où les familles des défunts ne retrouvent pas leurs chats. On couvre la façade de la maison de Marc Dutroux d’une toile gigantesque où figure un enfant tenant un ballon qui se découpe joliment sur un ciel bleu azur.

 

Le fondement désigne la zone génito-anale.

 

Voilà pour les prémices.

21:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je m expose |  Facebook |

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