30/12/2006

Au galop, le naturel

Allez ! J’ai renoué avec ma vieille habitude : j’ai étudié les programmes TV périmés. Et donc, les loups, tout ça me donne envie de voir « la Guerre des Mondes » dans la version de Spielberg (quand j’étais enfant, je l’avais vu dans une première version qui m’avait flanqué des chocottes monumentales…) et le « Rembrandt » de Charles Matton avec Klaus Maria Brandauer. Ca doit au moins être aussi beau que la « Fille à la Perle ». Il y a aussi eu « supersize me » de Morgan Spurlock, ce type qui, dans la veine de Michael Moore, a bouffé chez MacDo matin midi et soir pendant un mois, a pris 9 kilos, est devenu cardiaque et impuissant. C’était comique à mourir….Je vous recommande néanmoins chaleureusement MacDo. A l’heure du village global, où que vous soyez dans le monde, vous y disposez en permanence de toilettes ultra-clean sans être obligé de consommer (je vous le dis !) et s’il fait trop chaud à transamerical’heure de la sieste, vous pouvez y siroter un petit jus en bénéficiant d’une clim salutaire.

 

Dans la foulée, voici mon petit hit parade thématique de l’année. Ce sera bref, puisque thématique : je choisis le thème de la famille et les films d’auteurs. Ca nous donne, ex-aequo : «C.R.A.Z.Y », « Transamérica », et « Little Miss Sunshine », trois films rigolos et un peu déchirants tout de même.

 

Vu ma mémoire en pétard, je ne vous fais part que de ma dernière déconvenue en la matière : « Transsylvania » : c’est nul à mort ! Tony Gatlif n’a rien à dire et écrit mal, Asia Argento - partout encensée et tant pis - se paie un jeu imbécilement expressionniste, Birol Unel - si magistral dans "Gegen die Wand"- se disperse dans un rôle d’ectoplasme hyperkinétique (c'est ça, être mal dirigé...) et, pour couronner l’embrouille, la spectatrice juste devant trifouille 5 minutes dans son sac en plastique à la recherche du bon grain de pop corn.

15:24 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mission pop corn, idoles, cinema |  Facebook |

29/12/2006

Vanitas….

bourgereauC’est un sujet d’Halloween alors que la date est passée. Mais les sujets arrivent parfois sans qu’on les attende…Et d’ailleurs, hier, c’était la Saints Innocents. Disons que c’est un sujet de Saints-Innocents.

 

Je ne connais pas toujours les destinataires de mes décors. Les clients oui, les destinataires pas toujours. Le cas le plus évident, ce sont les lieux publics…. Les toiles que je réalise actuellement, c’est encore plus particulier : c’est pour une entreprise de pompes funèbres. Je réalise trois décors pour des salons funéraires : le lieu où l’on expose le défunt pour permettre aux proches de rendre un dernier hommage.

 

C’est une entreprise familiale. Les patrons aussi bien que les employés sont tous également aimables et souriants.

 

Quand je suis allée visiter les lieux, le patron a tenu à me faire visiter l’ensemble de l’entreprise. Dans deux des salons un défunt était exposé. Ils ont eu l’amabilité de couvrir les dépouilles avant que je ne passe faire mes photos. Ensuite, nous sommes descendus au sous-sol où j’ai découvert une montagne de cercueils. Comme pour le reste, on a des prix quand on achète par quantités. Il existe deux types de cercueils : les cercueils proprement dits qui sont plus ou moins trapézoïdaux et les sarcophages qui sont cintrés. Les sarcophages sont plus solides mais peu demandés. A l’intérieur, les cercueils sont doublés d’un coffre en zinc.

 

Il y a aussi un amoncellement de boites contenant des fleurs en soie. Tout est en kit. Ce sont Monsieur et son ouvrier qui confectionnent les couronnes et autres ornements.

 

L’entreprise possède 5 corbillards. Des voitures gigantesques dont le nom a une consonnance américaine.

 

A l’étage des cercueils et des fleurs en soie se trouve une petite salle où on fait la toilette du défunt. Une armoire tout en verre contient des flacons de produits de toilette et de maquillage. Monsieur est allé faire une formation d’embaumeur en Angleterre. D’ailleurs, sur un mur se trouve une planche anatomique.

 

Quand le défunt n’a pas de vêtements adéquats, on le place directement dans une housse dont la forme évoque un sac de couchage et la matiere, une planche à repasser.

 

Tout ça m’a fait penser à un film qui m’avait amusée : « My Girl » avec Macauley Culkin, Dan Aykroyd et Jamie Lee Curtis. L’action se déroule dans une entreprise de pompes funèbres.

 

levy-dhurmerLes clients avaient leur idée en tête : ils voulaient représenter un chemin en perspective (« qui part à rien » comme on dit en belge). Je leur ai proposé un paysage qui a un petit coté olympiens ainsi que des fragments : du "Matin" de Philip Otto Runge et un couple de colombes sur un ciel d’orage de Jean-Baptiste Deshays. Ils ont refusé un joli couple de Bouguereau : Monsieur sentait venir les reproches concernant la nudité. Tout ça m’a permis de choisir l’image que je me destine pour ma cérémonie funèbre : c’est "la Femme à la Médaille" de Lucien Levy-Dhurmer.

 

Parmi mes étudiants, j’ai un cantonnier. Quand le fossoyeur est débordé le cantonnier devient l’adjoint du fossoyeur. Benoît, l’étudiant en question, m’a expliqué avec beaucoup de détachement que quand il y a un accident, l’entreprise des pompes funèbres vient enlever le corps mais n’emporte pas tout et qu’il fait partie des équipes qui « ramassent les restes » (« la cervelle et tout », a précisé Benoît). Et puis, l’essentiel de la révélation consistait en ceci : c’est que les histoires d’asticots dans les films, c’est de la blague…Les cercueils sont conçus de manière telle que les humeurs s’évanouissent et que le corps se dessèche comme une momie…de telle sorte qu’on n’atteint pas l’état de squelette…

 

Maintenant, nous savons à quoi nous attendre...

23:16 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs funebres, j ai des visions, peinture |  Facebook |

28/12/2006

Pour Vinciane,

Katie Meluaet qui veut

20:37 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idoles |  Facebook |

25/12/2006

Ca vient...

7Je ne voudrais pas vous laisser croire que j’ai définitivement quitté la civilisation…Voilà à quoi nous étions occupée hier mon assistante préférée et moi : poursuivre Annabelle (prononcer « Annabella Bella ») et peaufiner Steph.

 

Steph, c’est occupé à se conclure : tous les blancs sont bien bouchés : j’en suis maintenant aux contrastes finaux qui achèvent de dessiner les formes : sur les crêtes, les blancs font avancer les volumes et les tons sombres creusent ce qui doit encore reculer. Je pourrais encore contraster les plis sur la coiffe ainsi que sur la chemise. C’est surprenant de constater combien un tissu blanc peut générer des ombres sombres.

 

Je dois encore peaufiner un peu la ressemblance dans le visage et ajouter des couleurs. Les pieds, en fait, ne sont pas trop bronzés : je les ai juste colorés mais je n’ai pas retravaillé les volumes… pas grave : je reprendrai où je me suis arrêtée.

 

Je dois également « nettoyer » les pourtours.Suivant que le fond est clair ou foncé, le bord de l’ »objet » contraste « naturellement » avec ce fond. Si vous regardez, le bord du bras de droite (votre droite) est sombre. Ca indique que le fond sera clair. Par contre, le coude juste en-dessous est clair, ce qui indique que le fond sera foncé. Ce n’est pas un artifice : jetez un coup d’œil sur les objets qui vous entourent : ça fonctionne exactement comme ça : un objet sombre sur fond sombre comportement sur son bord un trait de lumiere .

 

Pendant ce temps, Céleste contrôle les opérations…Mais comme le laisse deviner le sort fait aux pinceaux (notez qu'elle a son pinceau personnel mais les choses des autres sont toujours plus intéressantes, of course), ma jolie vestale est aussi une jeteuse de sorts : elle multiplie les figures de kung fu devant le trrrrès vieux chat Gabriellepinceauxportrait ronchon qui n’en peut mais, elle retourne les écuelles, se brule les coussinets sur les plaques vitro-céramiques, fait le kangourou dans le jardin, ce qui l'amène forcément à pieds joints dans les crottes du vieux chat…Enfin,...puisque ex-Nigrou a plongé dans la cuvette des WC, je suis tout de suite rassurée de penser que c'est génétique...

 

Bref ! joyeux Noel !

11:11 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, je peins |  Facebook |

24/12/2006

Des comptes à vomir debout

pitta au vent(Cette drole de bande : ils ont oublié le ketchup, les calmars et la mitraillette !) Je vous avais annoncé pire que la Tour Eiffel pour Noel.…

 

Mais vous avez remarqué… »pire », si on ne précise pas « en quoi », ça ne signifie rien....Le hasard m’a fourni cette image. Je n’en suis pas l’auteur…C’est parce qu’elle me donne envie de gerber que je la trouve pire. Et puis, j’aurais eu le bon gout d’en accentuer les contrastes, de la mettre en noir et blanc, de surmonter le bazar d’un cougnou, d'en faire un ready-made, je sais pas moi ! En tout cas, je n’aurais pas photographié ce brol en éclairage zenithal (j’évite de dire « lumière zenithale » parce qu’articuler la suite de sons « RZ » ne comporte aucune difficulté alors que « GZ » vous amène forcément à assimiler le Z au G : c’est le phénomène phonétique très naturel de la gémination... Le résultat ("éclairage génital") converge tout de suite avec le coté surréaliste du nimbe autour de l'assiette qui donne un coté crypto-eucharistique à cette création. Au fond, chaque fois qu'un type se tape un tel plat, c'est un peu comme s'il communiait. Ca doit être ça le message de Noel de ce photographe trop humble pour signer.

 

Enfin...pour recentrer le propos… Barthes est dans mon circuit actuellement (avec les morts, on fait ce qu’on veut…) via son épigone, Alain Buisine. Donc, voici la minute philosophique du reveillon de Noel (je suppose que vous remarquez que je boycotte…). On a l’habitude de tenir la photo pour purement dénotative…alors qu’en négatif, en filigrane, elle transporte avec elle un bout du monde…Eh bin cette photo, je ne la possède pas pour ce qu’elle représente (c'est une partie d'une enseigne pour un pittaman, comme vous le devinez), ni même pour elle-même, mais pour le support sur laquelle elle figure : c’est un vinyle auto-collant translucide que m’a donné l’imprimeur en guise d’échantillon pour imaginer des délires. Si j’avais su que ça me poursuivrait jusqu’ici, j’aurais dit « non merci ».

 

Mais bon….en vérité, je devais vous la montrer : elle s’accorde trop bien avec la deuxième surprise de Noel qui est à gerber, elle aussi (je suis très conséquente, ce soir).

 

Je voulais vous offrir un conte philosophique de Noel dans le créneau Montesquieu, Voltaire, Swift, si vous voyez…Alors, j’ai choisi un fragment du livre de Didier Albin – « Charleroi, le séisme » qui vient de paraître chez Luc Pire. Vous y gagnez, je vous assure : en plus, c’est ubuesque. Et comme c’est le jour où on bâfre et que c’est l’une des destinations principales des détournements de fonds à Charleroi, ça tombe à point. Et puis, comme à Charleroi on paie une taxe sur les bow-windows, je vous invite à venir gerber de mon bow-window personnel. C'est-y pas la fête?

 

Voici l’extrait de Noel de Didier Albin. C’est mon fragment chouchou (sérieux…ça a vraiment le gout d’un conte philosophique…)

 

« Sur l'échiquier socialiste carolo les affaires n'en finissent pas de causer des dégâts. Dans cette brèche que viennent d'ouvrir les rénovateurs, Di Rupo place Eric Massin. Il est désigné pour reprendre la Fédération à titre intérimaire, pour six mois. À charge pour lui d'amorcer le rajeunissement des structures et des mentalités, d'incarner le changement de culture et de style politique, le passage de génération. Rénovateur proclamé mais prudent dans le verbe, il use des moyens de la diplomatie quand Colicis et Minsier emploient la dynamite pour faire changer les choses. Elles dénoncent les effets pervers de la génération Van Cau, dont les comportements ont commencé à rejaillir sur les jeunes : après l'exclusion de Denève de la liste provinciale en juin, c'est le cadet de la liste communale qui tombe au mois de septembre. " Un candidat idéal », observe le président de l'USC. Giuliano D'Antonio a tout pour séduire: un beau look et une incroyable maturité pour un garçon de dix-neuf ans; une expérience de la citoyenneté participative au conseil consultatif des jeunes qu'il a dirigé jusqu'en 2005, avant d'abandonner ses études; une capacité à débattre, à convaincre; un charme sous-jacent. En catastrophe, ses instances doivent l'écarter de la vingt-sixième place qu'il occupe. C'est dans la précipitation qu'ils lui trouvent un suppléant et convoquent tous les candidats pour accomplir les formalités de dépôt d'une nouvelle liste. Ils viennent de découvrir une incroyable série de frasques : usurpation de fonctions, utilisation illégale de logos officiels, dépenses inconsidérées en location de limousines, abus de confiance, faux et usage de faux... La rumeur n'en finit pas dans les cénacles socialistes de colporter les fariboles du jeune Giuliano. " Il se faisait passer pour un député federal suppléant de Di Rupo, disait être reçu à Laeken par les princes, s'inventait des conversations avec des représentants des plus hautes autorités du pays, roulait dans sa voiture avec chauffeur vers d'imaginaires rendez-vous. " C'est assez difficile à croire, mais les faits se confirment même si ceux qui l'ont côtoyé au conseil consultatif des jeunes ne le reconnaissent pas dans ce portrait de mythomane et mégalomane.

 

Que lui est-il arrivé? Giuliano ne le comprend pas lui-même. Il a été surpris du coup de fil brutal de Jacques Van Gompel le convoquant pour obtenir sa démission. Quelques heures plus tard, la ville dépose plainte contre lui. Il se défend d'avoir voulu tromper qui que ce soit. Il était en campagne et représentait ceux qui le lui avaient demandé, comme le bourgmestre ou Jean-Claude Van Cauwenberghe qu'il côtoyait dans les cercles mondains. Il se sentait de leur monde.

 

Didier Albin- Charleroi, le séismeLa dérive de Giuliano pourrait amener à remettre en question la pédagogie du projet de conseil consultatif des jeunes de Charleroi. Pendant deux ans, son mandat de président lui a permis d'expérimenter l'engagement au sens noble du terme : s'investir pour la cause communale; contribuer dans l'ombre à faire avancer modestement les choses. La découverte des moeurs politiques du monde adulte semble lui avoir fait perdre tout sens de la mesure. Giuliano s'est mis à mener grand train, comme pour s'aligner sur le rythme de vie des gens de pouvoir avec lesquels il salonnait.. C'était sa façon de reproduire, avec les outrances maladroites de son âge, sa vision des mandataires élevés au rang de potentats. Dans le strass et les paillettes, les limousines et les réceptions, Giuliano a oublié les devoirs de la fonction pour ne plus en garder à l'esprit que les plaisirs. Mais n'était-ce pas le spectacle que d'aucuns lui offraient lors de ses missions de représentation : l'étalement de signes ostensibles de pouvoir et d'argent, le prestige des titres ou de la popularité des noms. Par mimétisme, il est entré dans le système. Il s'est inventé un univers, anticipant ce qu'il voulait devenir : député ou ministre. Il a fait une ardoise de plus de 20 000 euros. Cette histoire est une fable qui ouvre les yeux sur des déviances. D'aucuns y percevront les prémisses d'une décadence. La fin d'une conception de la politique.

 

21:56 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, je seme donc j entends |  Facebook |

23/12/2006

Annabelle - mon orgasme du 22 décembre

les mains de StephEmmeline m’avait prévenue : j’étais en condition. N’empêche : « être en condition » et « etre dans les conditions », c’est pas pareil (un peu comme « mettre au jour » et « mettre à jour », tiens….). L’autre soir, quand il a abordé le sujet, Raphael Charlier s’est moqué de Francis Lalanne qui aurait déclaré avoir un orgasme quand il était en scène (Je précise tout de même que Lalanne ne fait pas partie de mes 14 827 idoles….)… Le rôle de bouffon trash qu’il pratique sur Pure FM empêche peut-être RC de déclarer publiquement que quand il est sur scène, il voit bien de quoi parle Lalanne. Je préfère cette hypothèse là à l’autre….Il y a plein de gens qui peuvent s’offrir des orgasmes longs, cools, suavement toxiques (au point de laisser bruler le repas, ce qui fut mon cas hier. Ca…mes enfants l’ont expérimenté à l’envi) quand ils le souhaitent. Mon orgasme d’hier , je me le suis payé avec Annabelle, la sœur de Stephanie. Annabelle, c’est une photo de nu que j’ai gardée d’elle. Et hier, je passais à la couleur. Et comme j’aime Annabelle – sa fraicheur, sa modestie, son absence d’affectation – j’ai super envie que ça aille. (Euh ! En fait, j’ai toujours envie que ça aille..). Je n’ai pas de photo : en lieu et place, je montre des bouts de Steph qui – faudrait pas croire – approche de sa conclusion. les pieds de Steph

 

Oh Yeah !

 

(voilà le genre de bruits qui me font plaisir…Je crois que c’est la jeunesse et le coté joyeux qui me font de l’effet…J’ai même pas honte….)

 

http://www.youtube.com/watch?v=Hl102jW16fY

08:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, je peins |  Facebook |

Phone Plus

Phone PlusVoilà les nouvelles.

 

Le Directeur du Carrefour de Gosselies a admis qu’il y avait parfois des dérives lorsqu’ils louent leurs abords à des sociétés extérieures. Il m’a toutefois annoncé qu’il ne ferait rien car la décision ne lui incombait pas et m’a conseillé de m’adresser à Geneviève Bruynseels, directrice de la communication de l’ensemble des Carrefours de Belgique. Cette dame m’a annoncé sa décision de cesser toute collaboration avec Phone Plus. Mercredi, je lui ai retourné un mail en lui faisant remarquer cela protégeait les consommateurs futurs, hypothétiques, éventuels etc, mais que cela ne contribuait pas à la réparation du préjudice subi par les victime de Phone Plus et j’ai réitéré la demande que vous savez (mettre à la disposition des gens lésés des formulaires de plainte sous format papier) . No answer. Pas de cadeau de Noel pour ces gens-là, donc. Comme nous entrons dans la période la plus décadente de l’année, je n’aurai rien à ajouter au chapitre avant début janvier. Je ne vous annonce pas ce que je compte faire : j’en ferai état quand il y aura du concret.

07:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : phone plus |  Facebook |

21/12/2006

 

le tournis

22:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

17/12/2006

Phone Plus, un ennemi qui vous veut du bien

phone Plus LogoVous avez vu? Ils ont singé l'aura du logo de Belgacom. Et puis vous avez vu la tronche de leur logo ? En marketing électoral, on préconise la position frontale : de biais, ça fait pas net, faux-jetons, tordu. En plus, non seulement il n'a pas le courage de vous regarder en face mais il sourit de travers… Eh bien, tordus, ils le sont solidement : ces braves opérateurs de téléphonie pas chère ont bien compris combien nous – surtout moi – étions débiles et ont mis sur pied une stratégie marketing qui fait de vous des clients que vous le veuillez ou non.

 

Vous êtes servi en téléphonie et ne voulez pas écouter le baratin de la déléguée ? Qu’à cela ne tienne ! Son joli sourire vous fait fondre : vous acceptez de répondre à ses questions et elle finit par vous demander de laisser une petite trace qui « permettra à son employeur de vérifier si elle a bien fait son travail ». Elle est si souriante, si empathique que vous ne voudriez pas qu’elle ait des soucis. Et vous donnez vos coordonnées. Comme elle vous a certifié que ce papier n’aurait pas d’autre effet que la réception d’une documentation, vous signez.

 

Quelques enveloppes non ouvertes plus tard (les pubs et les spams, basta…), vous recevez une facture et, parallèlement, vous ne recevez plus de facture de votre fournisseur habituel. Au cas où vous auriez eu un accès d’Alzeimer, vous téléphonez et demandez une copie du contrat. Et comme vous n’en croyez pas vos yeux, vous passez chez Phone Plus où l’on vous montre un papier dûment signé de votre main : c’est le papelard que vous avez signé pour ne pas causer d’ennui à la gentille déléguée à cette nuance près qu’il a été complété : on y a ajouté votre numero de client chez Belgacom (que vous n'avez pas fourni au moment de la signature : vous ne vous baladez évidemment pas avec vos factures..) et l'on a coché la petite case qui signifie votre renom à Belgacom et votre adoption sans condition de Phone Plus comme fournisseur de téléphonie. Andouille que vous êtes : confiant dans le gentil sourire de la déléguée, vous n’aviez même pas lu ce qui était écrit en tout petit.

 

Au Ministère des Affaires Economiques, on vous dit que dans son état final le document en question semble recevable et que le seul moyen de prouver qu’il y a eu escroquerie réside dans le dépôt de plusieurs plaintes identiques.

 

Cette situation débile, je ne suis pas seule à l’avoir vécue : deux employées de Phone Plus me l’ont dit elles-mêmes, estimant peut-être dédouanner leur société en arguant que le problème était imputable à la société de marketing à laquelle Phone Plus délègue le recrutement de la clientèle. Mais le problème en question est d’autant plus douteux d’un point de vue éthique que la « clientèle » ainsi captive se compose essentiellement - selon les dires du directeur du Carrefour de Gosselies où ces manœuvres ont eu lieu – de femmes et de personnes âgées, autant dire des agneaux pour le loup, en tout cas pas des internautes alertes.

 

Ce serait bien si ce message circulait un maximum – y compris verbalement - de manière à faire en sorte que les personnes concernées sachent qu’elles peuvent déposer plainte. Le formulaire de plainte peut être téléchargé sur la page suivante :

 

http://www.economie.fgov.be/protection_consumer/complaints/complaints_fr_001.htm

 

En cas d’empêchement, je peux également faire circuler ce formulaire par mail.

 

Dans l’intervalle, j’espère obtenir que la Direction des Carrefours se désolidarise de ces actions et mette des formulaires de plainte à la disposition de la clientèle concernée.

12:54 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : phone plus |  Facebook |

16/12/2006

Mado, la plus belle

MadoJe n'ai pas mis de verbe dans le titre : ça continue à faire présent mais c'est du passé. Elle a disparu le 22 novembre et, malgré mes efforts, pas de nouvelles d'une trop belle : je suppose qu'une rombière la séquestre.

 

Comment l'oublier quand ses quatre canines m'ont définitivement marquée le jour où j'ai marché sur la queue de Céleste?

 

Comment rester heureuse? Plonger mon regard dans les grands yeux candides de Céleste et y oublier Mado?

 

Je commande au générateur de mots d'amour un acrostiche pour Céleste et c'est de Mado qu'il me parle.

 

Dommage, ma belle. Tu étais si douce et nous nous aimions.

 

Comment puis-je vivre sans toi?

 

Entends-tu mon coeur t'appeler?

 

Longue est la route loin de toi,

 

Etourdis par l'odeur des blés

 

Séparés, nous, invraisemblance!

 

Tu es l'oeuvre et moi le brouillon

 

Embrasse-moi, c'est une urgence!

 

Merci donc au gentil robot de Benjamin Gibeaux de m'avoir épargné des torrents de larmes en écrivant moi-même un poème à Mado.

11:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : miss millky way |  Facebook |

15/12/2006

Pierre Soulages

Soulages 1958un trompe l'oeil abstrait

21:33 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, j ai des visions |  Facebook |

14/12/2006

Sophie Calle excommuniée

Cindy Sherman... ou en tout cas expulsée de Saint-Sulpice. Je suis passé à midi dans l'église et j'ai trouvé, à la place de la plaque votive dédiée à l'artiste, une plaque de marbre vierge et assez sale. Je t'ai lancée à la quête d'un objet qui n'existe plus !

 

Voilà le mail catastrophé que m’envoie Thierry.

 

Mais rien de tout cela n’effraie une adepte de Paul Auster.Sophie Calle sort par la porte : Cindy Sherman entre par la fenêtre.Je l’ai croisée à la cafet du Grand Palais pas plus tard que jeudi dernier.Elle vous dira que la photo est apocryphe : ne la croyez pas. La voilà rayonnante de gloire …

 

Sophie Calle excommuniée...Cindy Sherman canonisée!

20:19 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j hallucine |  Facebook |

13/12/2006

signer ou manger

BMWEn 2004, je suis tombée raide devant cette photo publicitaire pour BMW. Elle occupait deux pages. Je l'ai scannée, reconstituée et elle m'a servi de fond d'écran jusqu'à ce que Vinciane passe par-là et l'élimine fougueusement : quand on fait de l'infographie, il faut un fond neutre. Point.

 

C'était une photo de Jean-Marie Vives. Elle n'était pas signée. Comme pratiquement aucune photo de pub n'est signée. On se retrouve face à cette antinomie entre "gagner sa croute" en mettant son savoir-faire au service d'un client et "faire oeuvre" sans nécessairement gagner sa croute. Ce clivage n'est pas si vieux que cela : avant le 19eme, les gens travaillaient à la commande et la question de l'expression d'une intériorité ou celle de l'inspiration ne se posaient pas. Cette simple formulation laisse, bien entendu, deviner que l'artiste est né dans la vague du romantisme.

 

Le Musée de la Publicité (section du Musée des Arts décoratifs, rue de Rivoli, Paris) organise une expo consacrée à la photographie publicitaire sous-titrée "de Man Ray à Jean-Paul Goude". Elle a notamment pour dessein de réhabiliter le photographe dans cette fonction-là et, sinon qu'elle n'est pas didactique du tout (des cartels plus documentés n'auraient pas fait de mal), l'expo est épatante. Pour les commentaires, il n'y a plus qu'à acheter le livre. Toutes les photographies exposées s'y trouvent.

 

22:32 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

Les Guillemots

guillemots-through_the_windowpane Imaginez la danse des pingouins dans Mary Poppins...Eh bin, c'est pas vraiment ça...Mais ce sont tout de même des imbéciles heureux comme je les aime. (A présent que mon coming out est accompli, je suis parfaitement décomplexée : ça me plait parce que ça me ressemble).

 

C’est une musique joyeuse, hétéroclite, dansante, tonique, interprétée par des gens (nombreux : 7) dont certains ne sont pas trop à l’aise en public et c’est touchant. La voix du tout jeune chanteur, Fyfe Dangerfield, se situe, selon les moments, entre celles de Liz Frazer (c’est dire…), de Rufus Wainwright (sans la solennité) et Leo Sayer (dont il pourrait être le petit fils - je me demande d’ailleurs pour qui ce nom évoquera quelque chose…). Et puis les sonorités du synthé m'ont également fait penser à Cocteau Twins.

 

Trop courts, les concerts au Bota ! Trop courts !

 

http://www.lesinrocks.com/DetailArticle.cfm?iditem=186797

 

http://www.youtube.com/watch?v=X_aHlHc_Vb4

13:02 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idoles |  Facebook |

12/12/2006

Quai Branly

Quai BranlyCa tangue : je l'avais dit!

08:39 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

11/12/2006

Will Wilson

will Wilson1

21:39 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, peinture |  Facebook |

10/12/2006

La liste de Paris

tour eiffelMercredi : Alix m’a appris à ne donner de thunes qu’aux musiciens (quand on n’en a pas trop, il faut bien se donner des critères…). Dans le metro, j’ai été envoûtée par une voix céleste : celle d’une chanteuse lyrique ukrainienne s’accompagnant à la bandura. Mais pourquoi les anges tombent-ils ?

 

Jeudi : Chez le marchand de fruits, le patron bouscule la vendeuse. Elle répond : « arrête ! j’ai assez avec mon mec ! » Sa copine demande si son mec la cogne. Elle répond : « c’est pas grave, je me laisse pas faire ». On quête mon avis du regard. Je dis : « C’est pas le meilleur moyen de communiquer. Se cogner, c’est caverneux ». La fille répond : « ouais ! C’est un cas nerveux ».

 

Vendredi : Danielle et moi, on avait repéré une expo intitulée : « l’artiste et son modèle ». Quand on a voulu prendre les billets, la caissière nous a signalé que l’expo avait eu lieu en 1998.

 

Samedi : nous sommes allées au Musée des Arts Premiers… un peu tard, certes. Difficile de s’orienter dans ce dédale à la scénographie parfaite par ailleurs. Certains objets dans les vitrines étaient éclairés par l’arrière, les commentaires orientés vers l’ombre. Ca ne m’a quand même pas empêchée de convoiter un collier d’incisives du meilleur goût. A peine Danielle avait-elle mis une borne interactive HS, une voix a annoncé l’évacuation imminente du bâtiment. L’ensemble avait déjà tellement l’allure du Titanic.

 

Dimanche : nous avons fait un jeu de piste à l’Eglise Saint Sulpice téléguidées via sms par Thierry : il s’agissait de trouver une plaque votive pour l’anniversaire de Sophie Calle supposée se trouver dans une chapelle à gauche juste après l’obélisque. Mais nous n’avons trouvé qu’une installation dont le thème était l’Annonciation…Pendant que je cherchais l’objet avec dévotion, Danielle s’est fait harponner par une mendiante avec une stratégie digne de l’Opéra des Gueux. La nana lui a serré la pince en lui demandant si tout allait bien, si elle n’avait pas un malaise, etc. Personne pleine de grâces, Danielle l’a remerciée chaleureusement. La dame lui a ensuite dit que, elle, cela faisait deux jours qu’elle n’avait pas mangé et n’avait même pas de quoi s’offrir un pain. Danielle a donc ouvert son porte-monnaie et lui a donné 6 euros. Il en restait : la femme les a réclamés. Danielle a fini par avoir l’idée de lui répondre qu’il faudrait peut-être qu'elle mange, elle aussi.

 

De retour à la maison, je trouvais le lien vers la fameuse plaque votive… c’est sur le blog de Thierry : http://bloc-notes.thbz.org/archives/2004/08/sophie_calle_a.html

 

ps : la tour Eiffel en guise de pré-Noel. Je vous trouverai pire le jour dit. Promis.

23:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

09/12/2006

Destino

J’ai omis d’évoquer un point qui m’a bien surprise : Disney et Dali ont collaboré sur un projet intitulé « destino » d’après des dessins de Dali et sur une musique d’Armando Dominguez. Si vous êtes curieux, cliquez sur les images. destino1destino.

10:45 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

07/12/2006

Disney au Grand Palais

Ce matin, j’ai visite l’expo « il était une fois Walt Disney » au Grand Palais. Je parie que vous ne vous y rendriez que forcés, dans le noir et avec un loup rouge mais moi, j’assume et j’ai bien fait.

 

Pour commencer, le concept intègre le débat culture savante/culture populaire qui a quand même toujours été pertinent au sujet du travail de Disney et ses gens : rabotage, euphémisation, visions pastorales, manichéisme, on sait. Donc, on passera rapidement sur le sujet et ça n’empêche pas que des gens talentueux et hyperdocumentés ont travaillé sur les dessins animés des studios Disney. C’était-là le sujet de cette expo : les racines culturelles (principalement) européennes des productions Disney. Eh bin, j’ai pleuré, les amis. J’ai trouvé tout ça super spirituel et merveilleusement éclairé. Et c’est très dommage qu’une production aussi inspirée culturellement que l’était « Fantasia » - la seule réalisation à prétention explicitement culturelle – ait été un échec commercial (« les mécanismes de la culture de masse » n’est pas le sujet du jour, n’est-ce pas… car Fantasia était trop « savant », of course).

Faust MurnauLes sources originales et ressources que mobilise l’expo sont très nombreuses : il y a de la video, des peintures, photos, dessins, esquisses, maquettes, des livres…L’un des dispositifs qui m’ont le plus émue est une salle où deux vidéos sont projetées conjointement : à gauche, des fragments, principalement de Fantasia, et à droite, les séquences de films expressionnistes allemands que le film de Disney adapte :King-Kong Le Faust de Murnau, le Cabinet des Figures de Cire de Leni, le Cabinet du Docteur Caligari de Robert Wiene, le Golem de Paul Wegener, Frankenstein de James Whale. On rit déjà moins, non ?….

stokes_Melisande-1Du coté des illustrateurs, j’ai pointé Arthur Rackham, Kay Nielsen, Beatrix Potter, John Tenniel, les frères Heath Robinson, Winsor Mackay, Benjamin Rabier, Gustave Doré, Granville, Daumier…

Du côté des peintres, Arnold Böcklin, Gustave Moreau, William Blake (les Symbolistes, quoi…), Whistler, Morris, Millais et les préraphaelites, Bouguereau…

Du coté de la photo, le principe la chronophotographie de Muybridge, les vues plongeantes sur paysage qu’autorisèrent les ascensions en montgolfières chères à Nadar…

nadar himself dans sa nacelleDans la mesure où des architectes faisaient partie des équipes, les réalisations des studios Disney sont très attentives aux paysages, à la perspective et à la profondeur de champ. Ils sont à l’origine de l’invention d’une camera dite « multiplan » adaptée à des grands décors panoramiques composés de plusieurs plans et le long desquels elle se déplaçait. Dans les vitrines sont donc exposés des cellulos peints à l’huile. J’ai trouvé très émouvant de voir les coups de pinceaux, les poils de pinceaux et les peluches qui, si l’on n’y prend garde, font de toute peinture à l’huile, de surcroit, une peinture en tweed. Du fait du caractère électro-statique des média (le pluriel de « médium »…je ne change pas soudainement de sujet), un tableau à l’huile aimante tout ce qui flotte dans l’air et ça, c’est le cauchemar du peintre à l’huile (j’ai d’ailleurs des pinceaux uniquement réservés à la récolte des poils…)…Alors, les poils sur les cellulos de Disney, dans le genre effet de réel, ça me dit :o)

ClochetteBref…il y a beaucoup trop à dire, les amis : je pourrais y passer plusieurs heures, je crois. Je parlerais bien encore de l’inspiration concernant la conception des architectures (Viollet le Duc, Louis II de Bavière,….), les modèles humains de personnages tels que Blanche-Neige (un mixte de Shirley Temple, Mary Pickford et Janet Gaynor…si Audrey Tautou avait été dans le circuit elle aurait résolu le problème…), et la Fée Clochette (un savant mixte des fées-elfes victoriennes et des pin ups contemporaines…)…Bref… je viens maintenant de constater que le boulot était déjà fait, alors, je cesse d’essayer de tout vous dire. Au mieux, si vous passez par là, allez-y : ne boudez pas ce genre d’émotion. Et si vous etes trop timide, je vous prête mon loup rouge et vous empruntez Fantasia à la Médiathèque… :o)

 

La page officielle  : http://www.dlrp.fr/actu_disney_exposition_grand_palais_814.html

18:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, j ai des visions, photographie |  Facebook |

Desiree Dolron

Elle est folle, cette fille! Eh oui ! Elle doit en avoir passé des heures et des jours pour atteindre un résultat d’une qualité pareille.

 

Dolron XteriorsJ’aime bien cette ascèse qui consiste à se dissoudre dans son geste jusqu’à accéder à quelque chose de surréel – dans l’état où l’on se met (la transe….), et ce qui en résulte- J’aime qu’elle exalte à ce point ce fabuleux outil qu’est photoshop et transcende le coté technique pour accéder à une perfection céleste. J’aime cette démarche aux antipodes de l’effet Disneyland qui consiste à poser le geste pour lui-même, à dépasser les clivages stereotypés (art vs technique) pour creuser la voie d’un artisanat d’un nouveau genre. Elle travaille, cette fille, sans prétendre à la fulgurance du génie : ses productions ne sont pas seulement des visions.

 

Comme c’est beau ! Et il faut le voir de tout près pour jouir de cet effet de sidération qui fut ma seule réaction devant chacune des photos. Elles sont très grandes : entre 1m et 1,5m. Ca permet d’apprécier la pureté des lignes, le délicat travail sur la lumière, le modelé dans les zones sombres et l’effet de sfumato qui a été apporté à l’ensemble du travail. dolron2Desiree Dolron travaille avec un effet de brume qui evoque l’univers des symbolistes en littérature : la sérénité des ensembles laisse filtrer du malaise, une sensation de moiteur, de maladie qui évoque en filigrane les univers, par exemple, de Maeterlinck. Je vous propose de suivre le lien associé à cette image Regardez le velouté du travail sur la main située en bas à gauche, le plissé de l’étoffe dans la même zone ainsi que le modelé de la lumière sur le visage en haut à droite.

 

Cette série s’intitule « Xteriors ». Chronologiquement, c’est la plus récente et la plus aboutie techniquement. Un peu comme Loretta Lux, dont la notoriété a également explosé au tournant du XXIeme siècle, Desiree Dolron a développé son savoir-faire alors que photoshop accède à une somptueuse maturité. On n’insistera jamais assez sur le labeur que représente ce type de travail. Cédant aux clichés, un profane pourrait croire qu’il suffit d’appuyer sur deux touches et que le résultat est au rendez-vous. Il n’en est rien : de tels résultats sont le fruits d’un très long travail.Demachy Et en cela, elles rejoignent la démarche d’un Richard Demachy, chez de file des pictorialistes, au tournant du 20ème siècle (pour les Belges, « notre » pictorialiste, c’est Léonard Misonne), qui à l’époque où Eastman faisait réellement de la photographie une pratique de masse, a choisi de revenir à une approche artisanale de la photographie et a tenté de l’exalter en tant que pratique proprement artistique. Demachy a travaillé à la gomme bichromatée, une technique qui met en œuvre les outils du peintre – brosses et pigments – mais cela sur une surface photosensible, ce qui interdit de conclure qu’il s’agit d’un travail de peinture. Ici aussi, on a donc affaire à une virtuosité technique, « laborieuse » (puisque Demachy multipliait les « accidents » dans l’idée d’obtenir des effets fortuits) qui s’exerce à d’autres fins que pragmatiques. On constate également que l’univers de Demachy s’inscrit largement dans la veine symboliste laquelle se développe d’ailleurs à l’époque où Demachy a exercé son art.

 

Dolron - StudyPour en revenir à Desiree Dolron, dans la deuxième moitié des années ’90, elle a réalisé la série des « studies », des photos faites sous l’eau qui lui ont été inspirées de l’univers de la transe religieuse qu’elle a beaucoup exploré au cours de ses reportages. L’idée consistait à soumettre les sujets à la privation de stimulations externes. Il suffit de peu de temps en compagnie d’un plongeur pour savoir qu’en plongée, on apprécie particulièrement les sensations liées à «l’ivresse des profondeurs ». Celles-ci sont dues à un accroissement de la production de gaz carbonique qui induit une modification dans la chimie sanguine laquelle met la personne en état de transe. Il en résulte les photographies que vous verrez sur le site de Desiree Dolron. Des photos dont les teintes plus chaudes, quasi-organiques associées au flou et à la sinuosité que l’eau imprime aux mouvements évoque à nouveau, en filigrane les obsessions symbolistes dans des teintes proches de celles d'un Gustave Moreau.

 

Via ce lien, vous accéderez à des documents video. http://www.creativtv.net/v2/05/dolron.html

 

Les photographies de Desiree Dolron sont visibles à l’Institut Neerlandais, 171, rue de Lille (à 2 pas de l’Assemblée nationale) à Paris 7ème.

00:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, idoles, photographie |  Facebook |

06/12/2006

Je suis une imbécile (enfin, je crois...)

woody_allen« L’avantage d’être intelligent, c’est qu’on peut faire l’imbécile alors que l’inverse est complètement impossible… ». Cette phrase de Woody Allen me plonge dans des abîmes de perplexité.

 

Quand on a fait une grosse bêtise, on dit parfois qu’on est un imbécile. Mais le dire, ce n’est pas le penser ou si on le pense, c’est très provisoirement. En fait, nous pensons des autres qu’ils sont des imbéciles et, probablement, ils pensent de nous que nous sommes des imbéciles.

 

Quand j’étais enfant, on disait : « seuls les imbéciles ne changent pas d’avis » et comme je suis une girouette, ça me rassurait. Ce n’est pas que je sois une indécise ou que je me complaise dans le flou. C’est plutôt que j’ai l’esprit dialectique et que j’opère des recadrages en fonction de différents paramètres.

 

Pour en revenir au sujet, j’ai lu quelque part sur internet – je sais : il ne faut pas croire tout ce qu’on lit sur internet surtout les articles à vocation scientifique - que les imbéciles ne se tiennent pas pour tels, en particulier parce qu’ils ne sont pas outillés pour s’auto-évaluer. Ils sont même plutôt enclins à s’estimer d’une intelligence supérieure à la moyenne. Eh bien, voici une confidence consternante : je m’estime d’une intelligence supérieure à la moyenne.

12:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

03/12/2006

Des mois de travail

Desiree DolronDans l’article de Luc Desbenoit (Telerama 2968) sur le très beau travail photographique de Desiree Dolron, je lis : « elle a travaillé pendant des mois à l’aide de l’outil numerique». Oui mais « des mois » à raison de combien d’heures par jour ?

 

Loretta LuxA une époque où je me piquais d’écrire, une romancière belge s’était étonnée que j’aie écrit en huit mois quelque chose qui prétendait au statut de roman. « Moi, il me faut 3 ou 4 ans », disait-elle. Umberto Eco, lui, a consacré 8 ans au "Nom de la Rose". Huit ans à raison de 2 mois par an puisque comme vous le savez, il est professeur, chercheur, conférencier et tout ce que vous voudrez. Loretta Lux dit également qu’elle passe « beaucoup de temps » sur la création d’une photographie. Et moi, qu’est-ce que ça fera quand je dirai que j’ai passé 200 heures sur « Stephanie » ? Ca n’a d’autre valeur qu’indicative. Vous penserez : « Il faut être siphonné pour consacrer autant de temps à ce genre d’activité » ou peut-être quelque chose de plus empathique si le terme « passion » vous parle.

 

Qu’ont-ils besoin de s’appesantir sur une information aussi floue (« 6 mois » à raison de combien d’heures par jour, donc… information dont je ne conteste nullement la véracité puisqu’il m’est arrivé de passer des jours sur Photoshop à travailler un photomontage) quand la précision n’exerce aucun impact sur la « valeur » de l’objet.

 

Henri MatisseC’est la notoriété qui fait la valeur. Qui ignore cette réalité ? (je ne prétends évidemment pas que les artistes reconnus sont médiocres...) Pour prendre un exemple très schématique, combien d’heures estimez-vous qu’Henri Matisse ait consacrées à l’un de ses découpages ? Je n’ai pas la réponse. Je crois toutefois que cela ne surprend personne de payer 30 euros pour une simple reproduction en poster de l’un d’eux.

 

 

moi en Claire ChazalA l’heure actuelle, Je jouis d’une gentille réputation en tant que peintre décoratrice qui fait que mes clients acceptent mes prix sans broncher. A mon niveau très modeste, je constate déjà que je fais l’objet d’un mini-processus de « mythologisation » : on parle régulièrement de moi dans des revues. Ca me confère une aura qui amène des gens à avoir envie de me connaître. Ce qui s’ensuit, c’est autre chose car, moi, je vis dans le réel et je ne corresponds pas nécessairement à ce qu’on imaginait (Rha la la ! Des fois, il faudrait que je songe à prévenir que je ne ressemble pas souvent à Claire Chazal – contrairement à ce que laisse croire le très joli portrait que Louis-Philippe Breydel a fait de moi - que je roule dans une Honda qui a 270.000 km au compteur , que, bien que j’aie renoncé à mes deux doudous et ma bouillotte, l’hiver, je nourris une allergie à je ne sais pas quoi qui me donne les yeux fripés et bouffis surtout le matin…)….Tout cela pour dire que le fait que mon nom et mon image circulent légitiment mes prix (qui sont ceux du marché, je le précise tout de même…). « Je suis connue : c’est normal » et en sus, les gens bénéficient de mon scrupule, de ma ponctualité, ce qui n’est pas nécessairement garanti dans le milieu. moi en artiste par Louis-Philippe BreydelPour les tableaux, je ne suis pas connue. C’est un public différent. Et les 200 heures ne font pas le poids. Le galeriste chez qui j’ai fait mon unique exposition – la première, la dernière et la plus récente - me dirait : « si vous voulez vendre, 800 euros, c’est bien ». Wim DelvoyeMais je ne veux pas vendre ! Ouf ! Je n’ai aucun besoin de brader ce qui m’importe le plus ! Je vais d’abord tenter d’opérer la jonction miraculeuse et, comme Wim Delvoye, ma référence ultime en matière de self-marketing, attendre que ma cote ait monté pour y songer. Rho ! Mais comme c’est trivial! Je parie que vous venez de cesser de m’estimer !

 

Là-dessus, je vous suggère une petite lecture dont je dois la découverte à Marco : « L’élite artiste – Excellence et singularité en régime démocratique » par Nathalie Heinich. Bib. des Sciences humaines - Gallimard. 2005

 

les photos de moi sont l'oeuvre de Louis-Philippe Breydel

16:09 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, je peins, j ai des visions |  Facebook |

02/12/2006

la bibliophagie

Celeste2une maladie congénitale qui fait des bulles dans le cerveau, occasionne des séquelles iréversibles - perte du rapport au réel, candeur dangereuse, état de lévitation mais non d'évitement - et dans les cas les plus sévères, cause des accès de glossolalie. "Au chapitre de ces bizarreries (qu'Artaud appelle ses "simagrées") figurent les "xylophonies vocales" - syllabes, onomatopées hurlées ou glapies sur tous les registres de la voix. Assistant à une séance poétique à la galerie Pierre Loeb en 1947, Pierre Boulez se souvient : "l'avoir vu et entendu lire ses propres textes nous a indique comment opérer une fusion du son et du verbe, faire gicler le phonèmes quand le mot n'en peut plus".

 

ACHTUNG, LES PETITS CHATS!

 

Ce dernier fragment provient d'un article de Gilles Macassar, Telerama 2966 - 15 nov 2006. Si ce pauvre vertige vous tente, il y a une expo Artaud jusqu'au 4 février à la Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterand, Quai François Mauriac, Paris 13.

07:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

01/12/2006

words

ti amo piccolascripta manent

07:48 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : how do i love thee |  Facebook |