02/01/2007

La PSPDD, vous allez adorer

pspddVous êtes branché développement durable? Vous raffolerez de la PSPDD, la console de l’avenir. Simple, maniable, d’une autonomie incomparable, avec son galbe ergonomique, ses thèmes hyper branchés, ses coloris stimulants et son prix hors concurrence, elle a tout pour plaire. Avec un peu de chance, vous la trouverez sous peu dans votre barril (de détergent).

 

Si vous n’êtes pas branché développement durable (ce que je ne conçois pas car ce lieu n’est destiné qu’à des gens qui me ressemblent), voici, avec certes un petit air d’épitaphe (c’est ma manière très sincère de vous présenter mes vœux pour l’avenir qui menace à nos portes), des arguments pour vous inciter à le devenir au plus vite.

 

Tout d’abord, ne consommez pas comme des porcs décérébrés que vous n’êtes pas….Mais ça, vous le saviez. Ce conseil est également valable pour la période des soldes. « Mais si j’ai des sous, je peux me faire plaisir, quand même… » objectera Amandine. Moi, je trouve qu’il est utile dès à présent de faire des exercices d’ascèse et d’austérité : un jour l’une, le lendemain l’autre, et vice versa. Les chouchous, après l’abondance nauséabonde dont le pouvoir économique continue à nous faire croire que nous jouirons jusqu’à la prochaine glaciation, nous allons être confrontés – en vrai dans pas bien longtemps - à une période de pénurie dont nous n’avons pas idée. Pour ceux qui, comme moi, durant toute leur enfance se sont entendu objecter « quand on sera riche » à toutes leurs demandes, ce sera un jeu d’enfant. Pour ceux qui sont nés le fondement dans l’ingrédient principal de la bûche de Noel (1), il est temps de s’y mettre.

 

Voilà trente ans qu’une vue paresseusement simpliste discrédite le mouvement écologiste en le réduisant à la bouffe macrobiotique et au recyclage des déchets.

 

Tout en bas, je vous donne le lien vers un récent dossier de Télérama consacré à l’absence d’implication des intellectuels dans cette problématique. Je me souviens pourtant d’un livre de Félix Guattari intitulé "Les trois écologies" (Paris, Galilée, 1989) où l’auteur explorait une notion d’"écosophie" reposant sur l’interaction de trois écologies. La première, dite « environnementale », correspond à la démarche écologique telle qu’on se la représente couramment. La deuxième, dite « sociale », s’oppose au capitalisme mondial intégré et recrée des espaces d’économie individuelle, autonome et des rapports sociaux ou familiaux "réinventés". La troisième écologie dite « mentale » a pour objet la réhabilitation de la subjectivité et de la singularité. Selon Guattari, ces trois écologies devraient être conçues d’une seul tenant par le biais d’une "écosophie" de caractère éthico-politique.

 

L’ennui réel, c’est que Guattari n’a pas échappé au paradoxe qui opposait son objectif à son statut (dont fait partie le besoin de reconnaissance des pairs). Pour atteindre son objectif, le message des Trois Ecologies méritait d’être largement diffusé, ce qu’a empêché le caractère hermétique qui définissait le style même de L’auteur…. Mais comme à l’heure actuelle on n’a toujours pas surmonté l’opposition « notoriété = médiocrité, opportunisme et démagogie » vs « diffusion confidentielle = qualité et reconnaissance des pairs »…

 

Ce que j’apprécie dans mes lectures relatives à ce sujet, c’est le point de vue qui consiste à considérer que tout se tient.. que prendre soin de soi est compatible avec une engagement vis à vis du collectif. J’aime l’idée de responsabilité, la nécessité de se mobiliser contre l’entropie, la capitulation, le laisser aller…(Je sais que pas mal de mes petits potes rêvent d’avoir des enfants : c’est à eux qu’il s’agit de penser…Il ne faudrait pas les accueillir dans une poubelle, tout de même…). Le fait d’avoir peu de pouvoir ne peut pas nous inciter à capituler : à notre échelle microscopique, nous avons quand même un champ d’action. A ce sujet, je retiens ce fragment de la citation de Guattari à laquelle je vous renvoie en lien :« Une condition primordiale pour aboutir à la promotion d’une nouvelle conscience planétaire résidera donc dans notre capacité collective à faire réémerger des systèmes de valeurs échappant au laminage moral, psychologique et social auquel procède la valorisation capitaliste uniquement axée sur le profit économique. La joie de vivre, la solidarité, la compassion à l’égard d’autrui doivent être considérées comme des sentiments en voie de disparition et qu’il convient de protéger, de vivifier, de réimpulser dans de nouvelles voies ».

 

 

Mes vœux :

 

Je ne souhaite pas qu’une intervention magique vous dispense d’œuvrer pour votre l’avenir :

 

- Prenez intelligemment soin de vous (par exemple, ne cultivez pas vos idées noires..)

 

- Sentez vous responsables de vous, de vos choix, de ceux qui vous entourent et de ceux que vous ne connaissez pas

 

- Engagez-vous dans des lobbies citoyens : c’est notre seul moyen de faire savoir collectivement que nous ne sommes pas des zombies lobotomisés et que nous sommes concernés par la paix, la solidarité, la justice, l’avenir et tout ce qui vous mobilise à titre personnel.

 

 

(1) traduction en belge : « le cul dans le beurre »

 

 

Un peu de lecture en plus :

 

- Télérama : sur l’absence d’implication des intellectuels dans la cause verte :http://www.telerama.fr/livres/M0612121008400.html

 

- Un fragment des « Trois Ecologies » de Guattari : http://cst.collectifs.net/article.php3?id_article=93

 

- Une petite video crado :http://www.dailymotion.com/video/xullv_petit-caca-noel

01:24 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je seme donc j entends |  Facebook |

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