24/06/2007

Be with me

"be with me, my beloved love,

 that my smile may no fade"

 

 Be+With+Me+19Encore un ovni cinematographique….dont je n’ai jamais entendu parler. Si cela vous dit, vous pouvez le regarder en mandarin ou en cantonais, à moins que vous ne préfériez le regarder en français en mangeant un canard laqué au riz cantonais.

 

 C’est un film presque muet où le verbal – rare- n’est que fonctionnel ou se présente sous forme écrite : mails, sms, courrier, roman en train de s’écrire sur une machine mécanique et dont l’auteur ne peut déchiffrer les mots parce qu’elle est aveugle.

 

 « Be with me » met en scène quelques histoires d’amour sans effusions extrêmes où se lit le désir de proximité de l’être aimé, l’infini chagrin de le perdre ainsi que l’espoir soutenu par le personnage de Theresa Chan, une aveugle sourde qui est parvenue à se bâtir une vie digne et dont l’existence est rythmée par des visites quotidiennes, notamment celles du fils d’un vieil épicier veuf qui n’ouvrira pas la bouche durant tout le film.

 

 Ces quelques récits sont amenés à se croiser le jour où, brisée d’être éconduite, une jeune fille dont on a vu naitre l’histoire d’amour, se suicide en se jetant du haut d’un immeuble. Elle atterrit sur les épaules d’un jeune homme boulimique dont nous avons également accompagné les hésitations amoureuses. Lui meurt, elle pas. Inspecteur à la police, le fils de l’épicier se voit confier l’affaire si bien qu’il est empêché d’apporter à Théresa le repas que son père prépare à son intention depuis quelques semaines. Le père s’en vient donc apporter lui-même le repas et puisqu’il ne peut se faire entendre ni connaître, Théresa le touche.

 

 « Be with me » ne met en place aucune stratégie didactique. Le spectateur n’est pas pris par la main : il est libre de s’égarer en cours de chemin et de se demander où tout cela conduit, pourquoi le personnage de Theresa prend tant de place et comment, si dépourvue de charme, elle fait pour être si émouvante et si troublante la poésie de ses propos.

 

 Par son absence de glamour et d’ostentation, « Be with me » dégage une puissance discrète : celle de la bonté, de la vérité, de la foi et de l’espoir qui préservent le sens de l’existence.

 

 Un film d’Eric Khoo, avec Theresa Chan dans son propre rôle.

14:54 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

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