29/07/2007

P comme

Edward Lear "petit cochon".

D'un alphabet nonsensique d'Edward Lear

ps : le morceau de Chris Letcher sous l'image est destiné aux seuls véritables petits cochons.

23:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

28/07/2007

Vuarnet et De Keukelaere

SylviaVuarnetEtMarnixDeKeukelaere Cliquez sur l'image

12:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

27/07/2007

Le kinétec royal

AlbertIIQuand on se revalide le membre (surtout avec le souci dont était affligé le roi), on commence par faire immédiatement des (génu)flexions passives au moyen d'un appareil dénommé "kinétec".

Figurez-vous que le kinetec que je viens de recevoir en prêt de la Croix Rouge provient en ligne directe du Palais royal.

A choisir, je préfèrerais que le roi fasse une génuflexion devant mon oeuvre mais bon...on va considérer que c'est un début....

 

 Pour un souvenir aussi belge que la blague d'Yves Leterme, cliquez sur l'image.

17:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Urgences (le 24 juillet)

LES INFOS TECHNIQUES : je réside donc pour une durée indéterminée en un lieu qui ressemble à un hopital en plus hospitalier, où le personnel soignant est plus nombreux, attentif et ne passe pas ses humeurs sur les gens et où l’on fait beaucoup de kiné orientée revalidation. Bref, comme je suis active, j’en suis moins réduite à regarder le temps passer. J’ai appris que l’hopital que j’ai quitté avait transmis un dossier fantaisiste au centre où je suis maintenant : J’aurais été victime d’un accident de la route. Aucune allusion à la fracture du poignet. On m’attribue par contre une opération à la cheville dont je n’ai pas connaissance….Et aucune radio post-opératoire n’accompagnait ce maigre dossier. Ici, on ignore ce que j’ai. Ca m’inquiète un peu, tiens….

 

 FANTASMATIQUEMENT, ça va moyen moyen aussi…

Depuis la belle Hélène, je n’ai apprécié aucune de mes compagnes de chambre.

Celle qui a succédé à Helène était une espèce d’épave à la voix éraillée qui radotait et avait un défaut de prononciation puéril. Elle était à peine installée, sa fille lui a proposé d’aller s’en fumer une, peut-être histoire de hausser son taux d’oxygène dans le sang. Et puis, j’ai pas eu besoin que Herman commette une indiscrétion pour deviner que c’était une alcoolo.

La suivante est arrivée en pleine nuit. Elle a dit « aie, aie, aie, ouille, ouille, ouille » pendant deux heures. J’ai cherché le 3eme programme sur mon GSM (vu l’heure, Pure, ça le faisait moins) pour tenter de me bercer en faisant diversion mais j’ai quand même fini par lui dire que, moi aussi, j’avais mal. Elle m’a alors répondu : « beh ! Je ne dis rien ! ». J’ai répondu : « ne dites rien mentalement, ce sera encore mieux ».

Après son opération, elle m’a dit ce qu’elle avait l’habitude de manger au petit déj et m’a signalé qu’elle ne buvait que de l’Evian tempérée.

Ah oui ! Elle m’a tutoyée, tant qu’à faire….

Et puis, les circonstances de son accident, c’est ça qui est vraiment passionnant. Il était l’heure d’aller se coucher. Elle a bu son verre de lait, avalé son somnifère, fermé toutes les portes à clé, mis la petite chaine à la porte d’entrée et puis, elle s’est pris les pieds dans le tapis. Comme elle portait son GSM, elle a appelé le 100 qui, pour entrer, a défoncé sa porte d’entrée.

Le gentil monsieur de l’accueil m’a dit que, ne parvenant pas à atteindre le téléphone, des gens mourraient souvent de cette manière, de faim et d’épuisement.

 

 ENFIN, ME VOILA ICI OU NOUS NOUS HAUSSONS ENCORE D’UN DEGRE dans le genre fantasmagorique (tout dans la tête…la mienne, of course).

douairiereflamandeElle était à la kiné quand je suis arrivée si bien que, quand elle est revenue, je l’ai bien vu débarquer dans sa splendeur altière, le front baissé (quand on a des difficultés à marcher, on regarde ses pieds, par exemple ou éviter de les poser n’importe où ou de poser les béquilles en porte à faux…). Elle a le front très haut et le visage d’une austérité hostile comme les douairières de la cour de Philippe le Bon (ou son cousin) telles que les ont représentées certains Primitifs flamands (Elle est pire que les deux douairères de Memlig et Van Eyck réunies). La peau blême, le menton effacé, les mandibules serrés, juste l’air d’une MB (selon un code convenu avec une mini-classe que j’ai eue).

Le front très haut, ça me fait tout de suite penser à un échantillon d’analyse morpho-psychologique dont j’ai bénéficié dans le contexte d’un séminaire il y a quelques années. Avec le plus grand sérieux, sans la moindre précaution oratoire ni le moindre doute dans le dessin des sourcils, la bonne femme m’avait dit que le maxillaire prononcé indiquait chez moi une grande avidité et de l’ambition s’exerçant uniquement sur le plan matériel et que le front court témoignait d’une absence d’élévation et d’envergure tant spirituelle qu’intellectuelle….Bon, eh bin cette dame, elle doit avoir beaucoup d’envergure intellectuelle et spirituelle. D’ailleurs, elle lit « the Economist » et se soigne les ongles avec une application qui a quelque chose de paradoxal compte tenu de sa laideur, du fait qu’elle laisse des traces de son passage dans les toilettes et qu’elle recycle les cotons-tiges. Là, elle git sur son lit, la bouche ouverte et la nuque baignant dans les frais draps bleus. Elle ronfle. Et ses doigts gracieux se déploient comme une corolle sur son ventre sec. On dirait un gisant. Mais les gisants, on se donne la peine de leur fermer la bouche. Alors là, la bouche ouverte, elle me fait penser à Scrooge (du « Conte de Noel » de Dickens) dans la déclinaison de Lisbeth Zwerger qui l’a représenté la tête entourée d’un linge noué sur le sommet du crâne, ce qui lui donne l’air d’un œuf de Pâques, (sinon que c’est l’appareil dans lequel il est mort ; le nœud servait à maintenir le maxillaire inférieur). On dirait le masque mortuaire de Voltaire, la bouche ouverte et en moins bonnasse. C’est dire.

 

 LA KINE M’A DIT QU’ELLE N’EVOLUAIT PAS BEAUCOUP parce qu’elle n’a jamais fait de sport. Ca lui fera les pieds.

 

 LA CHAMBRE EST EQUIPEE D’UNE HORLOGE (de marque Ikea) dont le petit mécanisme est très bruyant. J’ai tout de suite demandé à ce qu’on enlève la pile, ce genre d’engin exerçant sur moi une fascination hypnotique qui capte imbécilement mon attention. Quand elle a constaté que l’horloge avait disparu, elle a dit que ça ne pouvait pas se passer comme ça parce qu’elle a besoin de voir l’heure quand elle se lève la nuit. L’infirmière lui a dit : « vous avez une montre ». Elle a répondu : « ça m’oblige à mettre mes lunettes ». L’infirmière a dit : « on peut peut-être vous procurer un réveil à affichage digital ». Elle a répondu : « ça m’obligerait aussi à mettre mes lunettes ». Bref, Madame a besoin de voir l’heure quand elle pisse : ça la rassure. Elle se dit « qu’il n’y a plus qu’autant d’heures ». Avant quoi, donc ?

 

 LE POINT SUIVANT, CE FUT LA TEMPERATURE DE LA CHAMBRE. Je l’ai entendu dire à sa copine que la nuit précédente, elle avait dormi avec la fenetre ouverte et qu’elle avait crevé de froid. Elle a précisé qu’elle était couverte de son seul drap du fait qu’elle n’avait pas remonté la courtepointe sur elle, ce qui supposait un effort musculaire qui n’était pas dans ses cordes.

Du coup, interdiction d’ouvrir la fenetre. Or, il faisait torride. Je me suis donc mise en nuisette courte sans manches. Imaginez l’indécence. Mais moi, j’ai mal. Je n’ai pas seulement mal au genou, j’ai aussi mal aux fesses. Une douleur musculaire permanente tellement intense que quand je me couche, j’ai l’impression d’avoir un objet sous moi. Quand je passe la main pour le retirer – manque de bol – il n’y a rien. Ce sont mes muscles qui souffrent et il n’y a rien pour me soulager. Et ça dure depuis des jours. Alors, la chaleur et mes douleurs conjointes aux bruits organiques de ce personnage ont fait de ma nuit un enfer. Je n’ai pas dormi ou si peu. Vers 4 heures, j’ai ouvert la fenetre et me suis flanquée à poil sous le drap pendant que ma voisine ronflait sous son seul drap. Mais je continuais à avoir mal. Quand l’infirmière est arrivée vers 7 heures, je m’étais calmée depuis peu de temps. Je lui ai demandé de fermer la fenetre. Et quand la fenetre a été fermée, je me suis rendu compte que j’avais peur de ma voisine…,que j’aurais préféré avoir encore de l’air mais que j’avais demandé ça par crainte… de je ne sais quoi….J’ai pleuré. Je me sentais aussi entravée qu’à l’internat quand j’étais enfant. Hier l’infirmière m’a dit : « vous pourrez sortir : ici, ce n’est pas le pensionnat ». Et le Carnaval d’Ensor s’est débondé.

C’est le mot « pensionnat » qui a du être le sésame de ma dérive. Je ne veux pas savoir comment les souvenirs de cette période s’articulent. Je préfèrerais d’ailleurs avoir tout oublié. Entre autres cauchemars, je garde le souvenir de reproductions de tableaux que je trouvais horribles et qui sont tous liés à des heures d’exclusions des études, à des déplacements peut-être dépourvus d’affects quand je les accomplissais mais tellement liés dans mon souvenir à ma déréliction d’enfant.

BBuffetjpgDoraMaarDans le très vaste hall où l’on m’oubliait la nuit à l’internat, il y avait un portrait cubiste de Dora Maar en couleurs primaires et un clown pathétique de Bernard Buffet. Quand les lumières s’éteignaient, la présence de ces tableaux dans ce couloir à peine éclairé par la lumière nocturne me glaçait d’effroi.

 

 Dans les couloirs de l’école primaire, se trouvaient des scènes de chasse anglaises où l’on voyait des chiens dévorer les entrailles d’un cerf ou d’un sanglier ainsi, je me le rappelle en particulier, que la reproduction de la Chute d’Icare. Je peux m’imaginer ouvrant la porte de chaque classe. J’ai des mauvais souvenirs dans chacune d’elle.

On pourrait se dire : « elle a focalisé ses souvenirs sur des peintures…C’est une artiste dans l’âme ». La vérité, c’est qu’ayant passé toute ma jeunesse à l’internat, on voit mal quel apprentissage non formel pourrait être dissocié de ce contexte.

Je me rappelle de scènes de torture en place publique où les gens s’affairent tandis que les outils sont disposés là autour de l’homme que l’on écorche. Et quand la dame à la prothèse du genou m’a raconté son opération, c’est à cela que je pensais. Quand Aurore m’a proposé de faire un petit boulot avec des perles pour mon poignet, un moment dans la position de ma main m’a fait penser à ce tableau où l’on voit deux jeunes femmes nues en bustes dont l’une tient délicatement le mamelon de l’autre.

 

 cour de BourgogneQuand j’étais enfant, ma mère collectionnait également les points artis.

Lorsqu’on avait de quoi faire, on échangeait les points contre des photos à coller dans des livres que l’on achetait. Ma mère avait choisi deux thèmes : les passereaux et les Primitifs flamands. Je trouvais tout moche. Les pages des livres étaient rugueuses. Les Bourguignons avaient des visages affreux. Ils semblaient malades. Leur collants et leurs chaussures plates à pointes étaient ridicules. Les femmes semblaient toutes moribondes et enceintes. Bref, ces livres, inutile de préciser que je ne les ai pas lus. Aujourd’hui, j’ai pourtant peint des passereaux et j’aime les Primitifs flamands.

 

 I said « yeah yeah ! »

16:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/07/2007

Stupid Girl

garbagePOUR COMMENCER, il y a le mystère des codes barres des bas de contention : certains les ont bleus, d’autres verts, d’autres orange, une femme en a des rouges. Et puis, manque de bol, moi qui me tenais pour une exception en matière de galbe, j’ai constaté qu’ils font de jolies jambes même aux nonagénaires et aux hommes. CE MATIN, il y avait la foule à la salle de kiné. Si Herman et Aurore se sont si bien occupés de moi la semaine dernière, c’est que l’après-midi, il y a peu de gens. Ce matin, les gens ont défilé, plus ou moins vêtus, plus moins valides. Tout le monde a mal mais la plupart ont la force de faire bonne figure. Les dames font les exercices menus menus. Parmi elles il y a Madame Minne, maquillée, gros ventre, déshabillé rose bordé de duvet de marabout rose. Et puis, Madame Minne se maquille, dit « bonjour » à tout le monde et sourit. UNE TRES VIEILLE DAME MARCHE pour la première fois. D’un côté, Bernard la soutient, de l’autre coté, Herman transporte la perfusion, la bonbonne d’oxygène, le sachet d’urine et le redon, ce biberon immonde qui, via le drain, recueille les humeurs affluant dans la zone sinistrée. Pareil pour le bonhomme qui provient des soins intensifs. Lui est juste capable de se lever. On lui dit de regarder devant : il se redresse comme un caporal. On ajoute « tendez les genoux » : il prend quarante centimètres. Et puis – ce scénario-là, on le connaît - ce monsieur est tout nu sous sa petite tunique d’opéré, alors, Aurore vient à la rescousse pour lui draper impérialement le dos. La toge n’est pas pourpre et c’est beaucoup mieux comme ça.BERNARD M’A DIT « REPOSEZ-VOUS DE TEMPS EN TEMPS » mais je trouve le tempo de Garbage tellement motivant que je poursuivrais durant des heures. HIER SOIR, J’AI SYMPATHISE avec le réceptionniste de l’hopital qui m’a permis de regarder Justin Timberlake, Missy Eliott, Timbaland, Black Eyed peas et Outcast, de quoi m’inspirer une chorégraphie triadique super joie de vivre. Et puis, j’ai regardé deux épisodes de « Urgences » sans même vomir et j’ai promis au monsieur de venir lui dire « au revoir ». A partir du 23 juillet, je suis en revalidation ailleurs pour une durée réputée indéterminée…hum hum.COUCHEZ VOUS. Posez un boudin de mousse sous les genoux. cliquez sur l'image : la video démarre. Soulevez alternativement un pied puis l’autre sur le rythme de « stupid girl »

18:50 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/07/2007

Rufus Wainwright

rufus

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10:51 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/07/2007

J’adore ! (inventaire du 21 juillet)

Me faire servir

Me faire laver le dos

Me prélasser

Ne pas avoir mal

Me faire malaxer le piriforme par Herman

M’entendre dire par Miss Aurore que si elle était un monsieur, elle m’épouserait illico

Voir ma bonne tête

Ecouter Violette me raconter ses salades hédonistes

Me faire masser le pied par Danielle et Amandine

Savoir que mes stagiaires font leurs petits devoirs malgré l’état de leur prof

Que mes amis m’aiment

« Les Cotelettes » de Blier

Les livres et CD qu’MI m’a prêtés

Ecouter les Arctic Monkeys dans mon GSM

Lire les Inrocks et Telerama

Visiter la Biennale de Venise en livre grâce à MI

Choisir les films que je ne verrai pas. Mes hits : « 2 days in Paris » et « les chansons d’amour ».

Choisir les CD que je n’écouterai pas avant longtemps. Comme « Release the stars » de Rufus Wainwright.

J’abhorre avoir mal ! Et j’ai mal !

19:39 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/07/2007

Ongeloofelijk !

DEPUIS 3 JOURS, le même type se pointe à la salle de kiné uniquement vêtu de la chemise de salle d’op’ (un vêtement pas cousu dans le dos) et donc sans slip. Ce matin, Aurore, 24 ans, a fini par l’engueuler. A COTE DE MOI, se trouvait une dame de 70 ans à qui on avait mis une prothèse du genou en inox et cela sous péridurale. Elle a vécu ce que j’ai voulu éviter en demandant l’anesthésie totale : elle a tout entendu : forer, scier, limer, visser…en plus de sentir qu’elle crevait de froid….Au moins, moi, je ne l’ai senti qu’au réveil. ET MOI, Herman m’a massé le piriforme… et j’ai partagé mon vaution avec lui. Isn’t it wonderful ?

23:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L’EMBALLAGE ET LE CADEAU

SAMEDI -14/7 – VOILA, J’AI QUITTE LE STATUT D’OBJET DOLENT NON IDENTIFIE et opéré mon retour à l’humanité. ON A PLACE MON ATELE (je plie donc un peu la jambe) et des bas de contention comportant au talon un rectangle violet qui a un petit air de barre code. Je m’imagine vêtue d’une mini jupe orange et m’érigeant – avec le poignet droit enserré dans une atèle noire de skateuse (à Charleroi, on dirait « sketteuse »avec le ‘e’ ouvert et ça signifierait « casseuse » mais je suis à Uccle et ça change tout…) en nouvelle icône robot-pop. DROLE D’AVENTURE QUI CONSISTE A « RETOURNER A L’USINE ». Ca a un petit coté Disney…(Celui que j’ai découvert en décembre au Grand Palais et qui m’a fait pleurer, non l’eunuque vénal auquel l’a réduit la culture de masse). Petite, j’ai bien du regarder une fiction où l’on voyait le père Noel rafistoler des jouets dans le style psychédélique de Fantasia. Ici, c’est un peu mâtiné de gore : la morphine coupée, l’euphorie l’est aussi. On est bien là et c’est votre jolie jambe qu’on a recollée. La couture expressionniste, c’est sur vous qu’elle se trouve.C’EST LA QUE SE SITUE TOUTE LA DIFFERENCE entre moi et une poupée. La poupée est une forme qui n’a d’autre finalité que sémiologique. Quand vous la démantelez, l’intérieur est creux : tout ce que l’on voit, c’est l’autre coté de la matière moulée dont la poupée est faite. Dans une poupée, l’essentiel, c’est l’image, la forme, le moule. La poupée, c’est du packaging à l’état pur. Ce qui ne signifie pas que ce soit du vent : c’est un objet de projection. Son vide intérieur est compensé par le désir que l’on projette à sa surface, que l’auteur du fantasme soit enfant ou adulte…. Dans la mesure où je ne dispose ni de mes livres ni d’internet pour confirmer mes intuitions, je me contenterai de noter que dans leur large majorité, les poupées sont des filles. Pourquoi ? Voilà la question que j’aurais aimé explorer.NOTEZ L’AFFINITE DE LA POUPEE COMME SUPPORT DE PROJECTION FANTASMATIQUE avec le rôle de l’acteur et de la représentation tel que l’a envisagé Aristote. Quand Umberto Eco défendait l’existence de jouets représentant des armes ainsi que la violence dans la fiction télévisée, il le faisait en référence à la catharsis aristotélicienne….Comme si la violence, la libido déchargée dans ce cadre-là avait pour vertu de pacifier et, sait-on jamais, de produire l’homme nouveau. Remarquez que ce sont les garçons qu’il s’agit de pacifier….EN CE QUI CONCERNE LA POUPEE, ON SAISIT TOUT DE SUITE LE GENRE DE MUTATION qu’a subie l’image de la femme depuis les années ’80 (et, du coup, la régression par rapport aux acquis du féminisme). Ce sujet-là, parce qu’il me met en colère, je ne l’explorerai pas ici pour l’instant.LA DIFFERENCE ENTRE L’ETAT DE FINITION PARFAITE DE LA POUPEE ET NOUS, c’est que nous sommes de chair comme les vaches de Rembrandt et celles de Damien Hirst…et même celles du Delhaize dont les fragments couchés sur barquette de polystyrène immaculé frisent l’abstraction. Ca saigne, ça palpite et ça souffre. Ca vit malgré vous, sans vous demander votre avis. Et ce truc qui vit malgré vous, humblement, c’est vous. Sans « cela », vous ne seriez pas là.ALORS JE M’EMERVEILLE. A lire sur le mode transitif : je deviens source d’émerveillement à mes propres yeux. Moi qui prends soin de moi avec une rudesse assez virile, je me dis que la vie est une fille avec un nœud rose sur la tête et qu’il faut que je prenne soin de la mienne autant que de celle des araignées auxquelles je crains d’infliger une fracture du crane quand je les évacue d’un peu haut.ME VOILA UNE PETITE CHOSE PRECIEUSE. Quand il est arrivé qu’on me dise que j’étais unique, cela ne me disait rien. Maintenant, je comprends que je n’aurai pas deux chances d’exister et qu’il n’y en aura pas deux comme moi, ni biologiquement ni autrement. Je suis unique, vulnérable, éphémère. Peut-être mon éternelle témérité (un autre mot contenant « mère ») viendra-t-elle désormais buter contre cette évidence.AMANDINE M’A APPORTE UN MIROIR. J’y parerai désormais avec vénération ces yeux aux cils trop courts et aux iris d’un brun commun qui ont le bon gout de voir le monde en couleurs. Je pommaderai gentiment (gently) cette peau trop blanche sous laquelle frémit ma vie. JE SUIS PLEINE DE GRACES, ma fille est un ange et mon chat est Celeste.

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18/07/2007

Hélène

15/7 - CE MATIN, HELENE VA A L’EUCHARISTIE. Elle a eu pitié de la prosélyte de l’équipe pastorale et a accepté qu’on vienne la chercher ce dimanche. On m’a demandé si je souhaitais qu’on m’apporte l’Eucharistie. J’ai décliné : Dominique et Bernard s’occupent du salut de mon âme. Ca suffit comme ça.HIER, ON A VU UN BLACK ALERTE EN COSTUME DE FOOTBALLEUR (entendez short et Tshirt de couleurs vives) cheminer vers le local des infirmières. Hélène et moi, on a aussitôt demandé des comptes : pourquoi avait-il les jambes nues et pas nous ? On a reçu la seule explication possible : ses bas sèchent, c’est le seul moment où l’on admet les jambes nues. N’empêche : quand le médecin est passé, on lui a demandé s’il avait au moins essayé de porter ces fameux bas de contention. Quand j’étais enfant, je trouvais cinglées les dames qui portaient délibérément des bas de contention (j’ai pas encore dit que mon grand-père vendait des bas sur les marchés….). L’opacité, c’était déjà moche mais, en plus, la chair paraît tellement comprimée (Ca maintenant, je vous le confirme). Le tout gros avantage, par contre, c’est que ça vous fait un galbe d’enfer. C’est l’aimable commentaire que m’a fait Amandine la première fois où elle m’a vu porter ces bas. Et puis, j’ai des yeux pour voir : comme je suis le clone de ma mère, je sais à quoi ressemblent mes jambes…Enfin… ressemblaient….Car en matière d’amincissement, j’ai trouvé la solution : l’immobilité ça vous bousille le résultat de mois d’activité sportive. Amorphe, ma guibolle ressemble à celle des BB ou des vieillards, au choix : le mollet et la cuisse effacés et les articulations enflées. Bref, une jambe de Marilyn, c’est peu pour faire joli, d’autant plus que comme c’est le bas - et non la robe – qui est blanc, c’est plutôt à la Ur-Marilyn qu’il faut penser, genre Bécassine sortie de son Wisconsin natal (ou l’état voisin, on s’en fiche).POUR COMPLETER L’OUTRAGE, HELENE ET MOI, ON A RECLAME UN PORTE-JARRETELLES. Le médecin a répondu que ça avait été tenté, à une époque. Les gens portaient comme une ceinture sur les hanches auxquelles on venait accrocher les bas….Mais ça n’a pas fonctionné. Nous voilà donc réduites (notez que les hommes aussi, y’a pas de raison) à porter des Dim’Up de Becassine qui garrottent affreusement le haut des cuisses de telle sorte qu’un jour, ni vu ni connu, quelqu’un finira par perdre la jambe….à la façon dont certains éleveurs inspirés castrent les chevaux. IL EST 9H15- HIER SOIR, DANS L’OBSCURITE, Hélène a dit : « chouette ! demain, c’est dimanche : on aura du bon beurre ». Elle a expliqué : « le dimanche, c’est mieux. Dimanche dernier, on a eu du cramique et du beurre ». Mais quand le petit déj’ est arrivé, il n’y avait pas de beurre sur son plateau. Elle m’a dit : « Et sur le votre, il y en a ? ». Mais moi, j’ai demandé à manger sans lactose, alors, je ne risquais pas d’en avoir. J’ai répondu : « regardez dans votre assiette ! Vous avez des sandwiches et moi des tartines (c’est déjà ça) ». Hélène commence à ingurgiter son petit déj’ à la marga puis elle bondit : « c’est quand la pastorale, encore ? ». Et voilà : les sandwiches sont restés là : de toute façon, le corps du Christ attendait Hélène.

20:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Meneer Plateau

LA NUIT, L’HOPITAL BRUISSE DIFFEREMMENT : on entend des bébés crier. Pareil pour les gens qui souffrent. LA NUIT DE L’ENFER, j’ai entendu une complainte qui n’en finissait pas. Toujours le même son. Ca ressemblait à un grognement plaintif. Ca m’évoquait la jouissance néanderthalienne d’un amant que j’ai eu. Le matin, j’en ai parlé à une infirmière qui m’a dit : « derrière vous, ce n’est pas possible. Devant, il y a une personne âgée ».CE MATIN-LA, on a vu un engin inconnu d’Hélène qui, dans la mesure où elle était kiné était supposée en connaître un bout. Les infirmières consacrent une énergie infernale à ce type de la chambre voisine : elles y passent beaucoup de temps, nombreuses, et se couvrent complètement pour entrer dans sa chambre. Hélène a demandé à quoi servait cet engin dont la configuration ne lui inspirait aucune hypothèse. L’infirmière a répondu que cela permettait de soulever. HELENE N’ENTENDAIT PAS LES CRIS INCESSANTS DE CE BONHOMME. Elle m’a répondu plusieurs fois : « ça, ce n’est rien du tout en comparaison avec « Canari » ». « Canari » s’exprimait sur le même mode litanique mais dans le registre strident. Quand elle évoquait Canari, Hélène soupirait de soulagement. Elle était partie et rien n’avait plus d’importance.UN MATIN, sans avoir actionné le bouton qui lui aurait amené une infirmière, le type a répété ad lib : « viens me voir ! ». Une autre fois, il criait « Madame ! » ou « Viens ! ». J’ai fini par comprendre qu’il demandait de la compagnie.PUIS, HELENE EST PARTIE et l’autre dame lui a succédé.Sa douleur l’empêchait de dormir, alors, je suis allée ouvrir la porte du voisin et, sans franchir le seuil, je lui ai dit que d’autres personnes souffraient et qu’il serait aimable d’en tenir compte. Tout le monde a droit à la paix, pas vrai ?MA VOISINE A DIT : « il a fait celui qui ne comprend pas ? ». J’ai dit : « bien vu » .CET APRES-MIDI, j’ai été emmenée à la salle de rééducation.En 15 secondes, j’ai eu le temps de me frapper la tête avec la béquille et d’écraser l’orteil du kiné. Je n’avais encore rien fait de tel en presque 3 semaines. Je lui ai dit : « ne me traitez pas comme une handicapée : c’est le meilleur moyen pour que je fasse des gaffes ».Il m’a dit : « la kiné m’a signalé qu’il y avait une jeune ».J’ai dit : « c’est moi, ça ? »Il a répondu : « ici, les gens ont entre 80 et 105 ans. Alors, les accidents comme le votre, c’est la fête… »EN MEME TEMPS QUE MOI, on amenait une momie alitée avec une verrue sur le front. Un truc qui n’a plus grand chose d’humain quelque part entre la représentation que le cinema a donnée de Golum et une espèce de larve indéfinie.Le kiné me prend en sympathie. On fait un peu les idiots. Je lui demande si la momie larvaire est mon voisin. Il me dit « oui : monsieur Plateau ». Je lui raconte nos déboires sonores et j’apprends que monsieur Plateau est dément. Il y a foule à la salle de revalidation.Un bonhomme qui doit avoir dans les 80 ans ventru, le volume des jambes réduit à peu de choses…un peu comme meneer Plateau. Je dis : « il a les jambes nues ! ». Le kiné répond : « il refuse les bas… »….Tiens tiens…Et il ajoute : « il y a plus de risque de phlébite chez les jeunes ». Il met ce type à l’ouvrage et va s’occuper de monsieur Plateau. « U slaapt, meneer Plateau ? ». Monsieur Plateau se réveille : il s’est endormi pendant son exercice. « Zeg, Meneer Plateau, u moet niet zoveel lawaai maken ! U moet aan uw buren denken… C’est vrai, hein ! Faites bien votre exercice ! Vous devez vous fatiguer, sinon, vous embêtez les autres ! ».

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11.000 roses

matin au soleil//doux murmure satiné//terre et paix au noir41

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16/07/2007

L’INFIRMIERE EST UN ANGE.

L’INFIRMIERE EST UN ANGE. (C’EST POURQUOI ELLE MERITE SON PRENOM)/ET SES YEUX SONT BRUNS. (VOUS Y LIREZ MA VIOLENCE)/COMME ELLE SAIT TOUT FAIRE, ELLE A ACCEDE AU TITRE DE « POLYVOLANTE »/QUAND JE SERAI GUERIE, DES AILES LUI POUSSERONT//A LIEGE, SUR LA FOIRE ANNUELLE, plusieurs baraques servent des laquements. Personne n’est d’accord sur la graphie du terme. Est-ce « laquemans », « lackmans » ou autre chose ? Personne ne sait non plus de quoi se composent ces hideuses doubles gaufres farcies mais tout le monde s’en régale. C’est un must. A Bruxelles, c’est un peu pareil. Ils ont le « bodding », ou « pudding », ou « poudingue », un gâteau extremement dense composé selon la légende de restes de patisseries. A priori, c’est dégueulasse, non ? Si l’on en vend toujours, c’est pourtant que certains s’en régalent….SI TU Y CONSENS, Chère Lectrice, Cher Lecteur chéris, je t’invite à m’accompagner dans l’étrange expérience que je vis ici et qui se traduira pour toi par une absence de mise en forme. Tu bénéficieras de tranches épaisses de texte sans le levain des images et de la mise en page : du bloc posté dans son jus par Amandine à qui je ne vais pas demander l’effort supplémentaire de contourner les pièges que cet interface conçu pour PCusers tend aux gens qui ont du gout.VOICI DONC SEULEMENT DU TEXTE AU KILOMETRE pour plusieurs semaines.Ceux qui m’aiment y verront peut-être une expérience. La leur.

21:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/07/2007

Delvoye IV : Cloaca

Tout est économie, dit Delvoye. On ne peut y échapper. Fort de ce constat, ill fait coter en bourse Cloaca. C’est une manière de jouer avec la logique capitaliste.

 Comme artiste, il aime réfléchir sur l'art, sur la mythologie qui entoure l’artiste. Par exemple, pourquoi les artistes sont-ils pauvres étant donné le prestige dont ils jouissent et l'argent qui est brassé autour d'eux ?

 

 300px-Leonardo_da_Vinci_helicopter_and_lifting_wingEn ce qui concerne la conception de Cloaca, certains apparentent Wim Delvoye à Leonard de Vinci. Mais Vinci avait un objectif pratique : il concevait des machines supposées utiles.

 

 Cloaca existe en plusieurs exemplaires. C’est une reconstruction de l'appareil digestif humain réalisée avec le concours d’une équipe d’ingénieurs. La machine se nourrit de plats cuisinés qui, au fil de son parcours intestinal, passent de cuve en cuve, se transforment au fur et à mesure pour finir en excréments. « Cloaca est une hybridation homme-machine », dit l'artiste. Au terme du processus, les excréments sont mis en vente.

 Pour voir, copiez-coller la phrase suivante dans votre navigateur :

  http://www.cloaca.be/machines.htm

 

 A l’origine de Cloaca, Delvoye, lui, était fasciné à l’idée de concevoir une machine qui coute beaucoup d’efforts et ne serve à rien. « Quand j'étais étudiant, dit-il, j'avais l'exemple de Christo. Il m'épatait. Je n'avais pas compris que lui et d'autres vendaient des dessins autour de leurs grands projets. Je me disais que je ne pourrais jamais travailler pendant des années pour installer une œuvre qui doit durer six semaines. J'étais fasciné par ce choix de l'éphémère, mais j'avais un peu trop d'ego pour l'accepter pour moi-même. Je n'ai jamais oublié ces artistes. Cloaca est peut-être une façon de faire comme eux ». Ce que Delvoye ignorait à l’époque mais qu’il a donc parfaitement intégré par la suite, c’est qu’une démarche comme celle de Christo est la partie visible d’un énorme travail de production (en l’occurrence, accompli par la femme de l’artiste).

 

 dyn007_original_263_263_jpeg_2563798_437b017a55d7993501e3aed0395a0e95« J'ai cherché un truc compliqué, poursuit Delvoye, difficile à faire, cher, et qui ne mène à rien. J'ai d'abord eu l'idée de faire une machine sans finalité avant de concevoir une machine à faire du caca. J'ai pensé aux Temps modernes, à Chaplin, à sa machine à manger, à cette fascination du début du XXe siècle pour la machine.

 Des artistes comme Piero Manzoni, avec sa merde d'artiste en boîte, et Marcel Duchamp, avec La Mariée mise à nu par ses célibataires ainsi que La Broyeuse de chocolat ont plutôt été une source de légitimation de mon travail ».

 

 Cette idée de caca vient d'une autre histoire, poursuit Delvoye : c'est le meilleur garant de l'égalité.

 A l’époque, je parlais toujours d'égalité, c'était ma période des "objets démocratiques". Plébéiens. Prolétariens. J'en faisais beaucoup. Ils tombaient très bien dans cette époque de fascination pour l'objet. C'était le moment où Baudrillard parlait de l'objet qui nous séduit. Je faisais des scies circulaires, des buts de foot, des armoires, des objets un peu prolos. Tout le monde connaît un but de football ou une bonbonne de gaz.

 Ce sont des objets qui ont une "crédibilité de la rue".

 Ce n'est pas comme l'œuvre d'art : elle ne vaut rien dans la rue. En revanche, la cocaïne, ça vaut beaucoup.

 Et moi, je veux que l'art soit comme la cocaïne : s'il vaut beaucoup dans les musées, il doit aussi valoir beaucoup dans la rue. Je cherche à faire en sorte qu'il ait un "currency", une cotation. C'est un terme économique. Je le fais exprès.

 

 ps : la "broyeuse de chocolat" est un dispositif monté sur une plateau orné de pieds de style Louis XV. Il fait partie d'une installation de Marcel Duchamp intitulée "La mariée mise à nu par ses célibataires"

13:48 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, art |  Facebook |

Smile!

smileVite! Que je vous dise, les loups! Comme je sais que beaucoup d'entre vous m'aiment au point d'être bien stressés à l'idée de mon opération, je vous dis tout de suite que c'est pour demain.

 Par un concours de circonstances dont j'ai la spécialité, mon orthopédiste est tombé suffisamment malade pour se faire à son tour embarquer aux urgences...et donc, ses malades sont répartis sur ses collègues. Je serai opérée demain même heure. Comme ma présence à l'hopital était superflue, je suis rentrée.

 M I m'a écrit : "voilà encore un peu de temps pour bien manger et te reposer". Ce sera le haïku du jour.

 En ce qui concerne l'alimentation, eu égard à mon petit cahier de charges d'invalidité, je ne sais évidemment pas si je perds du poids...mais l'efficacité du régime sans lait se vérifie en tout cas sur Amandine....Des kilos s'effacent quelque part! Si c'était sur moi, ce serait bien!

 

 

 

 En attendant, voici de quoi nous divertir les neurones.

 L'image du jour est une photo "vernaculaire" : c'est le nouvel euphémisme qu'on a exhumé pour désigner les productions anecdotiques et locales réalisées sans référence à aucune norme ou aucun "idéal" esthétique.

 Dans le contexte de la globalisation, le terme "vernaculaire" trouve une valeur et des résonances qu'il n'avait jamais eues aupararavant. Sur certains points, il recouvre la notion de "kitsch" abordée dans le post du 1er juillet 07 consacré à Wim Delvoye

 Pour en voir des tonnes d'autres cliquez sur le sourire de la dame.

07:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

10/07/2007

Don't worry : be happy!

Damagedtomorrow is the day

 everything is gonna be OK

 Oh Yeah!

19:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2007

Melting potes marins

Au regard de l’histoire de l’humanité, le désenchantement est récent…. Il est né à la Renaissance, a continué à se lézarder avec les Lumières. Or, les Lumières, ce n’est pas si loin.

 

 

 Au Moyen-Age, en tout cas, on naviguait dans le Merveilleux.christensen_-_st_brendan_the_navigator

 

 Au 6eme siècle, un moine irlandais, Saint-Brendan, et quelques potes, sont partis à la recherche du Paradis. Et ils l’ont trouvé, figurez-vous.

  « Odyssée merveilleuse en même temps que quête, le « Voyage de saint Brandan » est un véritable bijou de la littérature médiévale.

 Brandan naquit au VIème siècle et devint abbé dans son pays, l'Irlande. Fort sage et bon, il avait pourtant une idée peu banale : visiter le Paradis avant sa mort. Sa quête est prétexte à un voyage fabuleux dans l'océan atlantique. On y rencontre diables et saints, griffons et dragons, volcans et icebergs.

 La mythologie grecque a inspiré ce récit qui reste cependant typiquement de son époque, mêlant la culture celtique aux miracles chrétiens.

 Célèbre durant tout le Moyen-Âge, le « Voyage de saint Brandan » a été conté avant d'être rédigé, en latin d'abord, puis en dialecte français en usage en Angleterre après la victoire de Guillaume le Conquérant », écrit Dominique Tixhon.

 Si cela vous intrigue, découvrez tout ça en détails sur le site passionné de Dominique Tixhon

 http://mypage.bluewin.ch/a-z/brandan/

 

 Croyez-vous que le Merveilleux ait à ce point déserté nos représentations?

 Quand j’étais petite, j’ai chanté « il était un petit navire », un grand classique des chansons pour enfants sages.

 A l’origine, ce n’était pas une chanson pour enfants mais un chanson populaire. Le contenu de la chanson indique qu’elle est de tradition orale (la mélodie, le tempo et les répétitions contribuaient à la mémorisation) et, sinon très ancienne, qu’elle véhicule des croyances et valeurs anciennes propres à la culture populaire, ce dont témoigne le caractère grandguignolesque de l'idée consistant à manger un compagnon (imagerie très proche de celle de la presse à sensation contemporaine...on imagine l'événement en couverture de "Détective"...) ainsi que l’issue de la chanson où le mousse obtient l’aide de la Sainte-Vierge….(suis même pas jalouse puisque Dominique et Bernard prient pour moi, pauvre pêcheuse...)

 

 Il monta sur le grand hunier

 Il fit au ciel une prière

 Interrogeant l'immensité

 O sainte Vierge, ô ma patronne

 Empêchez-les de me manger

 Au même instant un grand miracle

 Pour l'enfant fut réalisé

 Des p'tits poissons dans le navire

 Sautèrent bientôt par milliers

 On les prit on les mit à frire

 Et le p'tit mousse fut sauvé

 

 Si les faits relatés ne sont pas, eux aussi, fabuleux, il se peut que, de retour sur la terre ferme, le mousse soit allé déposer un ex voto.

15:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, litterature |  Facebook |

08/07/2007

Jussi Lehtiniemi

JussiLehtiniemiMy name is Jussi Lehtiniemi, 24 years old. I’m from Finland where I first attended a university course leading to an MA in Architecture. Although architecture interests me greatly, I always felt it took me away from my true calling, which is telling stories with images and fleshing out non-existent worlds.

 

  cliquez sur l'image pour l'agrandir.

03:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

07/07/2007

Certes

M146

09:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

06/07/2007

Des nouvelles du front

En l'occurrence, c'est plutôt "du genou"i922_2....Ce message s'adresse à mes amis, mes fans, mes élèves chéris... et les curieux....

 J’ai vu l’orthopédiste aujourd’hui qui estime les fractures trop vilaines pour les laisser faire leur chemin. Il dit qu’il faut d’autant plus intervenir que je suis quelqu’un d’énergique et précise que la guérison osseuse ne donne pas de garantie quant à l’intégrité des cartilages.

 

 Le probleme se situe sur la jambe gauche.

 

 Sur le dessin en annexe, j’ai tracé en rouge les deux fractures.

 Les pointillés rouges indiquent que la zone est affectée de fractures multiples.

 

 En bleu (il faut imaginer des objets plus rectilignes…), j’ai représenté les interventions envisagées : une plaque et deux vis pour tout resserrer.

 

 Je séjournerai trois jours à l’hopital, de mercredi à vendredi prochains.

 L'opération aura lieu sous péridurale (au secours! Je veux pas entendre qu'on fore dans moi!)

 J’aurai une atèle articulée d’un angle (pour commencer) de 30 degrés, et progressivement, on augmentera l’angle.

 Une cicatrice de 10 centimètres à l’extérieur de la jambe gauche.

 6 semaines de convalescence (chez Amandine).

 

 Au programme :

 Faire une prière à Saint-Sulpice (c'est une mission pour Dominique et Bernard, ça),

 Peindre,

 Dormir,

 Ecrire,

 Faire un remake de la tapisserie de Bayeux,

 Ecouter pousser mes cheveux soyeux,

 Ah oui ! Depuis que je ne mange plus lacté, perdre 5 kilos.

 Au bout du parcours, aller déposer mon atèle en guise d'ex voto à Saint-Sulpice, comme Sophie Calle (quoique...au prix où c'est, dit Amandine, ce serait plus pratique de la mettre aux enchères sur e-bay. En plus, ça ferait certes un peu moins installation... mais beaucoup plus marketing façon Wim Delvoye. Allez, hop! Je me tâte)

 

 Mercredi matin, autant mobiliser toutes les ressources imaginables.

 Merci de dire « Aom ! » à 10h08 et la force sera avec moi.

16:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/07/2007

Ciel d’orage pour Celeste

CelesteC’est une info pour le petit fan club de Celeste dont Robert est le président.

 Ce n’est pas Céleste qui nous donnera le petit Minuit, les amis.

 Le veto explique ça par la précocité, un accident de la nature ou tout ce qu’on voudra : Celeste a mis bas10 jours trop tot. Elle n’a pas pris soin des BB. Amandine et moi en avons extrait 2 de leur membrane mais Céleste les a négligés de telle sorte que le matin il n’en restait qu’un vivant. Je l’ai pris, lui ai apporté la chaleur et le soin dont j’étais capable mais c’est leur mère dont les prématurés ont besoin, si bien que ce dernier est mort, lui aussi.

 Comme Celeste saignait, le veto a supposé qu’elle en avait gardé un et a estimé qu’il fallait l’opérer. Voilà donc Celeste stérile.

 No kitten diary this time.

 Si cela vous dit, clickez sur l'image.

12:11 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs funebres |  Facebook |

03/07/2007

démocratie vs démagogie

PabloEtAuroraSur son blog, Ingrid Colisis a posté cette lettre envoyée il y a deux mois à la Ministre Fadila Laanan. (si cela vous dit, copiez-collez la phrase suivante dans votre fenetre de navigation)

 http://www.ingridcolicis.be/professionnel/folder.2005-08-10.6642708153/folder.2005-10-08.5869468621/plonearticle.2007-05-25.2628944182

 

 Je trouve la réponse de la Ministre adroite et pertinente : la politique de Pierre Bolle n’est pas élitiste : elle est démocratique. Les gens sensés savent que la démocratie est l’opposé de la démagogie.

 

  Sans être aucunement impliquée dans la gestion du personnel du PBA et n’entretenant avec Pierre Bolle qu’une relation courtoise, j’ai été assez proche de lui professionnellement pour savoir qu’il a une conception passablement pragmatique de la gestion des ressources humaines : Pierre considère que quand on a affaire à des adultes, ceux-ci doivent être en mesure de gérer leurs conflits eux-mêmes. Il estime également que les gens sont supposés faire ce pour quoi ils sont payés.

 La rationalité de ce point de vue s’oppose, bien entendu, à la réalité : le souci, c’est que les gens fonctionnent à l’affectif, un affectif régressif et complaisant quand on vient les déranger dans leur routine.

 Alors, ils adoptent des comportements de mauvaise foi qui confinent au harcèlement. Et quand un groupe se mobilise dans cette attitude on vire au phénomène du bouc émissaire : c’est plus facile de désigner un seul “coupable” (et en effet, Pierre Bolle a le mauvais gout de ne pas “reconnaitre les personnes”, ce qui est pourtant, chez chacun, un besoin de base) que d’envisager, pour le groupe concerné, de mettre en cause sa propre attitude (qui consiste en l’occurrence à défendre son bout de gras, ses anciens privilèges, sans s’interroger sur l’adéquation de ses pratiques au besoin du terrain).

 

 Cela dit, Pierre Bolle a une politique culturelle réellement démocratique : dans la programmation de l’Eden/PBA, il y en a pour tous et les approches sont variées.

 

 De plus, depuis les tout débuts de la première mouture du Centre culturel (dans les années ‘70, je crois), une politique d’éducation à la culture et d’accompagnement du public a toujours été menée.

 En direction du public jeune, elle consiste en une programmation spécifique (à ce titre, la Communauté française de Belgique peut se prévaloir d’un ensemble de compagnies de spectacles pour jeunes publics d’une qualité reconnue largement au-delà de nos frontières) accompagnée d’un travail d’animation.

 En direction du public adulte, cette conception démocratique de la culture se traduit ponctuellement par un travail de décentralisation dans les communes, par un événement populaire tel que le festival Bis Arts ainsi que par l’action de l’Agence Sambraisie.

 

 Cette démarche s’inscrit dans la ligne d’une politique culturelle héritée de Malraux qui visait à permettre au plus grand nombre d’accéder à la culture (avec, pour visée, l’accès à un “plaisir intelligent” s’opposant à la jouissance fate qu’offre la culture de masse aux cerveaux paresseux).

 En cela, elle constitue un ilôt de résistance parmi d’autres à la politique de laminage cérébral qui résulte de la prégnance des médias de masse.

 

 Il faudrait d’ailleurs se rappeler que ce sont des idéologues de gauche (Brecht en tête) qui ont assigné à l’art et à la culture la tâche d’inciter à réfléchir sur l’état du monde. Ce n’est certes pas en servant au public carolo du mou narcoleptique comme certains sont enclins à le suggérer que l’on réveillera sa conscience politique.

 

  Ps : je constate que, dans une récente parution du Vif, Pierre Bolle ne figure pas parmi "les 30 personnalités qui comptent à Charleroi".

 Je peine à y voir autre chose qu’un choix délibéré : Pierre Bolle agit pertinemment pour la culture à Charleroi depuis bien plus longtemps que toutes les personnes mentionnées, qu’il s’agisse de Jacques Cerami, de Xavier Canone, de Pierre-Olivier Rollin ou Patrick Descamps – des personnes dont il ne s’agit évidemment pas de contester l’action.... - Il en va de même pour les personnalités politiques et médiatiques.

 C’est un casting hâtif et partisan.

 Je trouve cette exclusion déplorable, de même, du reste, que celle de Charleroi-Danse.

12:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

01/07/2007

Delvoye III : kitsch et glocal

8 grueL’œuvre de Delvoye se définit par la mise en œuvre d’un kitsch délibéré. Le dictionnaire définit comme « kitsch » un style et une attitude esthétique caractérisés par l'usage hétéroclite d'éléments démodés ou populaires considérés comme de mauvais goût par la culture établie et produits par l'économie industrielle ».

 

 Wim Delvoye souligne que le kitsch, le populaire et le folklore représentent tout ce que le modernisme a ignoré, ce qui fait de l’usage du kitsch dans l’art actuel une stratégie postmoderne.

 

 Alors que Greenberg opposait l'avant garde – comme dernier lieu de sauvegarde de la culture face à l'idéologie capitaliste - au kitsch, produit de la révolution industrielle, Wim Delvoye, lui, penche pour l'inclusion comme moyen d'interrogation.

 

 3S00098Pour Greenberg, la révolution industrielle, et l'exode qu'elle provoqua, annonçait l'avènement du kitsch comme réponse culturelle au désir des nouvelles masses urbaines ayant quitté leurs campagnes.

 Au temps de l'industrialisation a succédé le temps de la globalisation.

 Objets nomades, les oeuvres de Wim Delvoye manifestent alors les symptômes schizophréniques d'une époque dite offshore (qui emprunte ses référents tant dans la culture de masse que dans l'underground) dont ils sont en quelque sorte les pendants artistiques.

 

 Comme pour répondre à la globalisation, Delvoye s'invente « glocal », mot valise qui assemble « global » et « local » et désigne un point de convergence entre la culture majeure et la culture mineure, entre l’industriel et l’artisanal ». Il postule alors qu'être international à l’ère de la globalisation, n'est possible qu'en étant provincial.

 

 delvoye01De ce fait, ses oeuvres sont construites sur base d’un assemblage de signes de la culture populaire et de l'histoire de l'art résultant de choix tactiques.

 

 Ainsi, la série des Marble floor (cfr premier post sur Delvoye) est constituée de charcuteries diverses découpées, arrangées et photographiées de telle sorte qu'elles composent les motifs de sols marbrés évoquant inévitablement le faste architectural de grands palais.

 Cette rencontre de deux langages (celui du quotidien et celui du luxe) permet un nouveau regard qui séduit et fait sourire par l'écart qu'il contient.

 Il s'agit là d'inventer une forme sans antagonismes avec des éléments contraires.

 

 En ce qui concerne le kitsch, l'analyse de Baudrillard (1970) actualise celle de Greenberg : d'une mobilité géographique (celle de l'exode rural), on est passé à une mobilité sociale : pour Baudrillard, la progression sur l'échelle sociale, le changement de statut et la nécessité de manifester ce statut par des signes fonde la prolifération du kitsch.

 Résultat de la révolution industrielle, il devient ainsi le marqueur de la société de consommation.

 trophyDe plus, précise Baudrillard, le kitsch permet de donner une valeur à l'objet rare, il complète le diptyque de la valorisation marchande. « Kitsch et objet authentique » organisent ainsi à eux deux le monde de la consommation, selon la logique d'un matériel distinctif aujourd'hui toujours mouvant et en expansion.

 

 L’œuvre de Wim Delvoye pose des questions du style :

 -Qu'advient-il quand on réalise des oeuvres d'art (qui ont une valeur distinctive riche, car rares) avec des codes visuels populaires ou des objets de masse?

 - Que se passe t-il quand l'artiste use de formes culturelles « hautes » (le style Louis XV) pour ornementer des objets du quotidien ?

 

 6.cloacaExemples : Le Caterpillar devient unique grâce à son « croisement » avec une cathédrale. La Bétonnière s'extrait de sa banalité par son style Louis XV réalisé en Indonésie comme un faux antique baroque des Pays-Bas mais avec un répertoire local (la feuille de lotus a remplacé la feuille de chêne)...

 

 Delvoye inverse les référents, confond les catégories. Ce faisant, il dévoie les modèles de la société de consommation.

 

 Le paroxysme de cette parodie consiste à vendre sur internet les excréments produits par Cloaca (qui renvoie au symbole marchand par excellence, Coca Cola, dont Delvoye a parodié le logo) lesquels étaient en vente (sold out) sur Internet.

  http://www.cloaca.be

 

 Par sa mise en forme, Delvoye provoque la contamination de la valeur de l'objet kitsch par la valeur de l'objet rare, et réciproquement.

17:33 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, j ai des visions |  Facebook |