29/11/2007

Le p’tit Coeur de Jeff Koons

hangingHeartJeffKoonsCe coeur vaut 23,6 millions de dollars.

Jeff Koons devient ainsi l'artiste vivant détenant le record de l'oeuvre la plus chère en vente publique.

Son "Hanging Heart", un énorme coeur étincelant pendu à un noeud parfait, a été acquis pour 23,6 millions de dollars. Ce faisant, il détrône le record que détenait jusqu'à présent (également chez Sotheby's à New-York) Damien Hirst avec "Lullaby Spring", une armoire à pharmacie vendue pour 19,2 millions de dollars à Londres il y a moins de cinq mois, le 21 juin dernier.

 

 Des tonnes d’amour

"Hanging Heart" mesure près de 3 mètres de haut au total et pèse environ 1,5 tonne. La conception de l'oeuvre a demandé dix ans, et sa réalisation plus de 6.000 heures. La perfection plastique est à ce prix.... puisque c'est bien la perfection que cherchait l'artiste. En effet, plastiquement, il n'y a rien à redire à ce coeur en acier couvert de plus de dix couches de peinture pour se présenter dans son chatoiement actuel.

 

 Ecoeurant

Fort à propos, le catalogue de Sotheby's cite en parallèle à "Hanging Heart" une pensée du cinéaste Sergei Eisenstein qui, à propos de Walt Disney, se disait effrayé par son travail, cela en raison d'une perfection absolue de celui ci tant au niveau technique que par rapport aux sentiments humains mis en jeu. Nous ne sommes guère éloignés de l'oeuvre de Jeff Koons.

Michael Jackson-Jeff KoonsNé en Pennsylvanie il y a 55 ans, Koons, héritier du Pop Art, utilise toutes les techniques contemporaines à sa disposition pour créer un univers idyllique où tout possède la perfection de la féerie enfantine.On se souvient de la statue de Michael Jackson en porcelaine, ou des sculptures en acier représentant ces ballons en forme de chien. Koons plonge dans une imagerie consumériste dont il a le chic pour retirer les éléments les plus porteurs d'émerveillement kitsch. Évidemment, de ce trop plein de bons sentiments résulte un second degré qu'avaient déjà expérimenté les artistes du Pop Art il y a presque cinquante ans.

 

 La série dans laquelle s'inscrit "Hanging Heart" s'intitule "Celebration", et a débuté en 1994. Son point de départ est le divorce que connut Jeff Koons de la porno star La Cicciolina qui emmena leur fils en Italie. Les formes sont inspirées des fêtes d'anniversaire et autres occasions de présents. Les vingt sculptures et seize peintures nées de cette séparation apparaissent comme autant de cadeaux d'un père à son fils qu'il ne peut voir. À nouveau, des cadeaux au kitsch affirmé et revendiqué.

JEAN VOUET - Art Press

 

 Ps : je ne signe donc pas ce texte.

Le décor du Palazzo Grassi donne l’échelle du Cœur.

 

 Mince! Plus moyen de trouver des photos de l'époque où Jeff Koons se photographiait en position scabreuse avec sa porno-wife.

21:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

25/11/2007

Faites comme si j'avais rien dit

BiennaleVenise2007Une photo prise sur le site des Giardini à la Biennale d'art contemporain de Venise.

Dormez sur vos 2 oreilles : il n'y en aura pas d'autre : mon appareil est tombé en panne après la 5eme et j'en ai jeté 3.

21:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

L'exhibitionnisme

Ca'Rezzonico Il y en a chez qui ça commence vraiment tôt. Houlà!

 

 Une photo faite à la Ca'Rezzonico.

21:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/11/2007

C'est pour quand encore?

new-york_decay1 Le nom de l'auteur ne figurait pas auprès de l'image. Dommage.....

20:32 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, art |  Facebook |

20/11/2007

Laisse les gondoles à Venise (et les vaches seront bien gardées)

pigeonVenise, c’est bien l’endroit où l’idée ne me viendrait pas de me rendre pour le plaisir. Il faut dire que j’en ai fait le tour à trois reprises et que du coup, genoeg is enough.

Ce qui est insupportable à Venise, c’est qu’ils ont tellement intégré le principe du tourisme de masse que, quoi que vous fassiez, vous vous faites pigeonner jusqu’à l’os. Il faut pourtant bien s’accorder le minimum vital dans le créneau dormir et manger.

 

 On m’a proposé une chambre d’une personne que j’ai refusée. Le terme « piccola » associé à « camera » m’avait, en effet, conduite à interroger sur la superficie de la chambre qu’on me proposait pour apprendre qu’elle faisait 6m2. Me voilà donc dans une chambre double pour 70 euros. A ce tarif-là, vous entendez les voisins (de maison) s’engueuler la moitié de la soirée et le voisin (de chambre) ronfler la moitié de la nuit. Quand vous vous éveillez, les radiateurs sont froids alors qu’il fait 1 degré dehors et…vous êtes prié d’aller déjeuner ailleurs car ce n’est pas compris dans le prix.

 

 Vous voulez 1 café ? C’est 2 euros. Vous voulez le prendre à table ? C’est 4 euros.

Vous avez faim ? La lasagne qu’on vous sert est froide au milieu et l’on espère que vous serez assez bête pour prendre la dinde de votre escalope milanaise pour du veau.

 

 Vous voulez vous venger de tant d’adversité ?

Pour l’instant, je n’ai rien de mieux à vous suggérer que de faire trois jours de déplacements en vaporetto avec un billet valable pour 24 heures.

 

 Dernières recommandations :

- dès deux personnes mieux vaut louer un appartement et faire vous-même votre tambouille. Ce que vous confectionnerez vous-même sera toujours plus gastronomique que ce qu’on vous propose dans les restos.

- Prenez votre parapluie : les gondoles n’empêchent pas les intempéries

- Pour prévenir l’ennui, emportez les œuvres de Sophie Calle et ne lisez pas « la correspondante » de Eric Holder, un livre d’une inconsistance à pleurer (très vénitien, tout compte fait).

23:36 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

19/11/2007

Prenez soin de vous

Sophie_calle2Vendredi, au cours (où je suis élève), ça a chahuté : le prof parlait de Sophie Calle, du projet des « dormeurs » et un élève s’est exclamé : « qu’est-ce que ça a d’artistique ? ». A l’heure actuelle, on pourrait poser la question au sujet de plein de gens. Sophie Calle, elle, dédie « les Dormeurs » à Bertrand Lamarche-Vadel, commissaire de la Biennale de Paris en 1979, qui lui a conféré le statut d’artiste. Et c’est ce que le prof à répondu au chahuteur : aujourd’hui, c’est le public – l’institution - qui désigne l’artiste.

 

 A la Biennale, j’ai trouvé deux autres réponses sympas. L’une disait en substance que l’art montre ce qu’il y a d’extraordinaire en l’ordinaire. L’autre disait que l’art apparaît comme compréhension critique de l’existence et de tout ce qui constitue l’expérience.

 

 Enfin… moi, j’aime ce que fait Sophie Calle.

Hier, j’étais malade : la découverte du pavillon français de la Biennale a donné de la légèreté et du sens à ce voyage que je regrettais d’avoir entrepris.

 

 Selon l’habitude, pour commencer, Sophie Calle explique l’idée qui a présidé à l’ensemble du projet : 'J' ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre. C'était comme s'il ne m'était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous.J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J'ai demandé à cent sept femmes - dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent, d'interpréter la lettre sous un angle professionnel. L'analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L'épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi.'

 

 Sophie Calle filme et photographie. Les autres écrivent et interprètent, chacune dans son langage. La lettre se trouve transcrite en braille, traduite en latin, en anglais, chorégraphiée, interprétée en langage des signes, analysée selon maints points de vue – juridique, prosodique, stylistique, psychanalytique, divinatoire, etc

 

 L’ensemble est intelligent, comique, cathartique et offre matière à un deuil en fanfare.

17:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie |  Facebook |

16/11/2007

Lettres d'Iwo Jima

Lettres d'Iwo Jima« Lettres d’Iwo Jima » et « Mémoires de Nos pères » sont deux films jumeaux réalisés en même temps par Clint Eastwood. Autour de la bataille d’Iwo Jima - un ilot stratégique situé à l’avant poste de la capitale - Eastwood a raconté l’événement du point de vue des Japonais, pour « Lettres d’Iwo Jima » et du point de vue des Americains, pour « Memoires de Nos Pères », une manière de rendre hommage à l’humanité des hommes qui ont été impliqués dans cette guerre, et dans la guerre en général.

 

 Je n’ai encore vu que « Lettres d’Iwo Jima », un film émouvant à plus d’un titre. Si le récit est classique – il retrace l’histoire d’une défaite annoncée et conduit donc à l’anéantissement des Japonais trop peu nombreux pour résister aux assauts des Americains – la narration est touchante par le motif original qui la sous-tend. Des lettres - seule trace de l’existence de ces hommes morts au combat – ont été ensevelies peu avant que l'ensemble des guerriers japonais ne soient anéantis. Leur publication a inspiré à Eastwood le désir de présenter l’événement d’un point de vue dialectique. Ces lettres lues au fil du récit ont pour effet de déployer l’espace bien au-delà du champ de bataille, en direction des personnes que chérissent les soldats, vers la vie dont ils sont séparés, les amitiés qui étaient les leurs, leur existence humble ou fastueuse. Bref, elles en font des êtres réels dans leur fragile simplicité, des êtres qui souffrent et ont peur, tombés là par malchance et à leur corps défendant… à cent lieues des machines à tuer suintant la testostérone dont les films de guerre nous gavent souvent.

 

  La distribution de « Lettres d’Iwo Jima » repose sur des acteurs réputés au Japon et dont l’implication est particulière parce qu’il s’agit d’une tranche honteuse de l’histoire de la guerre – des soldats chargés de défendre l’ilot jusqu’au dernier et cependant abandonnés par la hiérarchie – qui, de ce fait, n’a jamais eu l’honneur des manuels d’histoire. Personne au Japon n’avait entendu parler de la Bataille d’Iwo Jima. Les recherches qui ont été menées en vue de conférer à la restitution la meilleure authenticité ont pourtant permis de constater que des hommes remarquables figuraient parmi le commandement.

Hormis leur professionnalisme, on perçoit très nettement dans le jeu des acteurs une dignité qui ne traduit pas seulement celle des personnages mais semble constituer comme leur propre hommage à leurs pères.

 

 Au-delà de la qualité du casting, on est touché par la jeunesse des soldats autant japonais qu’américains. Les traits tendres de certains d’entre eux les montrent à peine sortis de l’enfance tel ce soldat américain recueilli par l’un des groupes de soldats japonais. Lorsque celui-ci succombe à ses blessures, on lit une lettre écrite par sa mère qui témoigne d’une existence en tous points semblable à celle des jeunes Japonais qui découvrent alors l’absurdité d’une guerre où s’opposent des hommes simplement humains qui n’ont pas demandé à être là.

22:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

13/11/2007

Yo! Un graphiste qui a des lettres, ça console.

Cette création de Max Tilgenkamp (à droite) est parue dans Le Soir de ce 13 novembre.Bacon-Tilgenkamp2 A gauche, un fragment de "3 études de figures au pied d'une crucifixion de Francis Bacon. (visez la gamme chromatique...)

22:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

12/11/2007

La faute à Courbet

Doris Mitsch

21:10 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

Ciceron à la sauce (professeur) Choron

lorem IpsumDe quoi témoignent les inepties rédactionnelles publiées à longueurs d'années dans les catalogues comme celui d'Ikea ou les dépliants des hypermarchés? De l'imbecillité des copywriters, de leur manque de motivation, du manque de coordination qui fait que des monstruosités pareilles accèdent à la publication?

 

 A défaut de comprendre, cultivons-nous : c'est de chez Ciceron que vient notre "Lorem ispum" cheri.

 

 nb : Pour la couette "Lorem Ipsum", l'offre est valable 10 jours : c'est écrit sur le machin!

21:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

Je me souviens

Du Palazzo Vecchio. Et Madame Bernard se retrouve sans le savoir avec un bout d'Italie renaissante dans son hall d'entrée. Ne pas mentionner ses sources!PatriciaMignone1PatriciaMignone2PatriciaMignone3PatriciaMignone4

20:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins, je n ecris pas, peinture, je m expose |  Facebook |

07/11/2007

Le Nouveau Monde

goyaJ’ai vu « Les Parasols », un carton de tapisserie de Goya qui m’a aussitôt fait penser au style de Giandomenico Tiepolo. Ca m’a donné envie de revoir une peinture inhabituelle de ce même Giandomenico où l’on voit un groupe de personnages vus de dos. Ces gens assistent à un spectacle forain. La fresque s’intitule « il mondo nuovo », fait 5 mètres de large et se trouve à la ‘Ca Rezzonico, un musée de Venise.

 

 Je me documente sur le sujet, me rappelle au passage que je viens de voir un beau film de Terrence Malik intitulé « The new world » et tombe sur deux beaux textes dont voici des fragments.

Pourquoi écrire quand d’autres le font si bien ?

 

 _tiepolo ca rezzonico« Ce qu’on voit ici, c’est l’envers, les coulisses, c’est le dos d’une trentaine de personnes, l’anti-portrait d’une foule.(…) nous sommes en coulisse, nous ne verrons rien du spectacle, nous n’en saurons rien, si ce n’est les mots que nous déchiffrons malaisément sur l’affichette, le titre de la fresque et, si nous prêtons l’oreille, le murmure qui monte de la foule curieuse : un monde nouveau ! Contentons-nous donc de regarder ces dos, ces nuques, ces jambes, mollets élégamment galbés des hommes, chevilles entrevues des femmes. Passons-les en revue indiscrètement puisqu’ils ne nous voient pas, qu’ils ignorent la présence d’un spectateur derrière eux.(…) Ce monde nouveau, alors que la révolution française renverse l’ordre ancien, alors que la République vénitienne décadente va tomber comme un fruit mûr devant Bonaparte, quel va-t-il être ? Une simple illusion, un rêve ? ou un gage de promesses, de bonheur, de liberté ? Cette peinture n’est qu’attente, que curiosité inquiète. »(1)

 

 Qorianka KilcherIl y a dans The New World la tentative d'une invention, ou d'une réinvention radicale de ce que peut vouloir dire « sentir » au cinéma, dégagée de toute considération spectaculaire, du sensationnel, de la recherche de « sensations fortes » justement. Là où la sensation, dans le « cinéma du spectacle », est provoquée par un assaut des sens, une accélération du montage et une explosion de décibels, ici, c'est grâce à la finesse avec laquelle chaque sens est tour à tour appelé, élevé, relâché puis repris, que la « sensation » advient.Il faut dire tout de suite que la sensation, telle que je l'entends, n'est pas qu'une vague impression sensible, on ne doit pas la confondre avec ce qui relève de la simple perception par les sens (l'ouïe, la vue, le toucher), ni de l'émotion que peut susciter un récit. La sensation serait plutôt de l'ordre de l'événement affectif et esthétique : elle résulte d'une perception complexe, envahissante, complète, et se présente sous le signe d'une expérience esthétique profonde, abolissant la distinction entre « le sentant et le senti ». Comme le note Deleuze, à propos de la peinture de Cézanne et de Bacon, la sensation est « à la fois je deviens dans la sensation et quelque chose arrive par la sensation. […] à la limite, c'est le même corps qui la donne et qui la reçoit, qui est à la fois objet et sujet. Moi spectateur, je n'éprouve la sensation qu'en entrant dans le tableau, en accédant à l'unité du sentant et du senti. »

Ce que The New World a de particulier, c'est que cet événement de la sensation provient tout entier de la « logique de la sensation », pour parler encore une fois comme Deleuze, que Malick a su déployer dans ce film et qui est au cœur de son sujet. En partant de ce constat, le film semble s'ouvrir, et sa force, apparaître intacte. Avant d'être politique, morale, littéraire, idéologique, romanesque, mythologique, ce qui intéresse Malick c'est de considérer la « relation » avec le Nouveau monde (Nouveau monde pour les Anglais, mais aussi Nouveau monde, à l'inverse, pour les Powhantas qui se déplacent en Angleterre) du point de vue de la « sensation » : filmer l'événement de sensations nouvelles (odeurs nouvelles, vue de végétations inconnues, textures nouvelles, mais aussi expérience du froid, de la peur, de la faim, de la douleur, de la folie), conjuguées à - ou engendrant - une rupture dans l'ordre et la saisie du temps (plongée dans ce qui semble être un rêve, ou encore un cauchemar).

Que peut vouloir signifier, sur le plan de la sensation, la découverte d'une nouvelle contrée, d'un nouveau peuple, d'une terre non défrichée à perte de vue ? Pour les autochtones, qu'a pu signifier l'apparition des premiers navires sur les côtes(2), le son d'une détonation d'un fusil, la vue des vitraux d'une cathédrale, des arbres taillés ?Comment rendre sensible ces complexes de sensation sans passer par des dialogues ou de l'action ? Comment rendre le temps d'une nouvelle expérience du temps, elle-même née du contact, du choc de deux compréhensions du temps, l'une cyclique, panthéiste, animiste, chevillée sur les processus de la nature ; l'autre calendaire, rationnelle, fondée sur la mesure, l'horlogerie, l'abstraction(3) ? Le mérite de Malick n'est pas seulement de présenter cette dichotomie et cette réflexion sur les « nouvelles sensations », mais de les faire passer uniquement par des moyens cinématographiques.

Il y parvient en intensifiant à un degré rarement atteint la « densité de réel » de ce qui est perçu grâce à l'utilisation (constant chez Malick) de la lumière naturelle, d'une pellicule 65mm(4)et à une direction photo stupéfiante qui donne le sentiment d'être constamment devant les choses, devant des peaux, des textures, de la lumière, d'entendre des sons neufs (« départ dans l'affection et les bruits neufs » écrit Rimbaud), se détachant l'un après l'autre sur fond de silence, ou pour « dialoguer » avec les voix des narrateurs et la musique. Le montage sonore et visuel est tout entier dédié à produire un rythme du monde, fait de battements, d'ellipses, d'entrecroisements lyriques, de temps superposés. C'est ce rythme qui organise les modulations de la sensation(5).

 

 1. Pour lire le texte complet, copiez-collez ce lien : http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/07/20/un-nouveau-monde-a-cote-de-la-biennale/

2. Pour lire dans son ensemble le texte d’André Habi, copiez-collez : http://www.horschamp.qc.ca/article.php3?id_article=213

00:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, cinema, peinture |  Facebook |

06/11/2007

Turner-Zao Wou Ki

Rien à voir...Turner-Zao Wou Ki

21:51 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art |  Facebook |

Turner-Rothko

Toute coincidence est purement fortuiteTurner-Rothko

21:33 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |