29/01/2008

Janvier, c’est le mois des funérailles.

tilleulIl y a un an, nous assistions à l’enterrement calamiteux de Tristan.C’est aussi l’époque où j’ai travaillé pour l’entreprise de pompes funèbres et où j’ai vu mon premier macchabée, une espèce de Scrooge tout rose et sans nœud autour de la tête.

Entre temps Philippe m’a fait découvrir une série télévisée dont les protagonistes sont une famille qui pratique l’art funéraire. C’est « Six feet under », une série passée sur Canal Plus et qui, à mesure que les épisodes s’égrènent est de plus en plus bâclée. Je crois d’ailleurs que je viens d’emprunter mon dernier dvd.

Maintenant, le plan macchabées n’a plus de secrets pour moi.

Je dirais même plus : maintenant que j’ai bon moral et même mieux, pourquoi pas la mort ?

 

 J’ai récemment assisté aux funérailles d’un type que je n’avais pas vu depuis 15 ans.Quand notre amie commune m’a signalé l’événement, je ne me suis pas demandé si je me déplacerais : j’ai pris mon agenda et j’ai noté : samedi 10h30.

 

 Je n’avais pas d’affection pour ce gars. Il n’était pas sympathique et je n’avais pas de bons souvenirs de lui. C’était un humaniste misanthrope. Une usine à idées, toutes plus écolo les unes que les autres. Et, en même temps, il était d’une rugosité et d’une arrogance extrêmes.

En dépit du manque d’affinité, ce type a donné de l’épaisseur et de la réalité à des tendances que j’ai faites miennes – sous bonne influence – depuis mes 16 ans : il a mis en place au sein de la communauté villageoise et locale les conditions d’exercice de pratiques propres au developpement durable, si bien que je suis quelque chose comme fière de faire partie de la poignée de Belges qui pratiquent le recyclage des déchets ménagers depuis plus de 25 ans.

 

 C’était en fait la plus belle cérémonie d’enterrement à laquelle j’aie assisté. Elle était organisée par les 4 enfants du défunt. L’église était parée comme pour un mariage. Sans autre lien que celui du souvenir, j’ai pleuré durant toute la cérémonie. J’étais peut-être émue de sentir l’amour de tous ces gens ou peut-être réceptive parce que je suis heureuse de vivre. Qui sait ? Cette cérémonie fut un moment de bonheur.

 

 A la fin, les enfants ont offert à tous un jeune tilleul à planter.

Et puis, j’ai noté qu’on projetait de l’eau sur le cercueil comme on baptise les bébés.

 

 Au cours de la cérémonie, la fille du défunt a lu un petit récit de Dino Buzzati que voici.

 

 

les journées

 

 A la fin de cette lecture, elle a exprimé le regret que leur père leur soit tellement inconnu et a demandé à ce que les gens qui avaient partagé quelque chose avec lui en fassent part à ses enfants.

17:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs funebres |  Facebook |

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