17/04/2008

Qui paie la note ?

Ce jour-là, en quittant la classe, j’ai demandé aux étudiants de verifier si les radiateurs étaient fermés et j’ai éteint. L’un d’eux m’a dit : « c’est toi qui paies ? ». Je n’ai pas eu la présence d’esprit de répondre que j’avais honte de vivre à crédit sur le compte de ses enfants.

Ce n’est pas agréable de voir mes appréhensions confirmées à travers tout ce que je découvre actuellement : « Into the wild » un film de Sean Penn, « Manufactured landscapes » un documentaire que Jennifer Baichwal a consacré aux photographies d’Edward Burtynsky et un livre de Jean-Jacques Crèvecoeur consacré à la santé : « le langage de la guérison ».

Quel point commun?

intothewildSi le film de Sean Penn touche par son romantisme (au sens littéraire), ce qui m’a frappée, moi, ce sont les raisons qui poussent un garçon à entreprendre un voyage suicidaire. C’est commode de se contenter d’ancrer l’imaginaire de ce film dans la mythologie américaine : les grands espaces, la nature vierge et âpre, la liberté (ou l’illusion de), Thoreau, London, etc. Après l’obtention de son diplôme, Christopher Mac Candless se défait de tous les liens avec la civilisation – il brule ses cartes de crédit, fait don de ses économies et abandonne sa voiture. A partir de là, il se fait appeler « Alex Supertramp » et voyage à travers les Etats Unis durant presque deux ans pour finir par atteindre le lieu qui constitue son objectif ultime : l’Alaska. Ce qui ronge Christopher est d’origine familiale : ses parents leur ont offert, à lui et sa sœur, le spectacle d’un couple en conflit permanent, le spectacle de gens qui ne pensaient pas, ne se préoccupaient pas de leur responsabilité ni de l’incidence de leur absence de scrupule sur leurs enfants. Christopher est définitivement écoeuré par l’hypocrisie et le conformisme collectifs qui ont pour effet d’amener les gens à emprunter des parcours stéréotypés pour s’épargner de prendre leurs responsabilités.

manufactured landscapesLes « Manufactured landscapes » de Burtynsky pourraient constituer une préfiguration de ce que sera le monde quand la cupidité inconséquente des lobbies industriels aura engendré le changement de paradigme que l’on pressent aujourd’hui. En Chine, des usines d’une surface sans référence où des milliers d’ouvriers travaillent dans des conditions pathétiques, des paysages bouleversés par la construction d’un barrage d’une ampleur tellement mégalomaniaque que sa mise sous eau a provoqué une anomalie dans la rotation de la terre ; au Bengladesh, des sites où des ouvriers démantèlent des cargos, les pieds nus dans le pétrole à longueurs de journées. C’est macabre, pestilentiel, cauchemardesque.

JJCCe qui filtre à travers les propos de Jean-Jacques Crèvecoeur – et particulièrement dans les développements consacrés à la Médecine nouvelle du Docteur Hamer – c’est d’une part le constat que nous sommes manipulés, qu’on nous cache des choses qui – si nous les savions en masse- nous affranchiraient et réduiraient amplement notre consommation. Crèvecoeur insiste également sur ceci : le fait que nous nous refusions (à nous-même) l’attention dont nous avons besoin (par une hygiène de vie approximative, une alimentation et des consommations diverses toxiques, le surmenage, l’absence d’activité physique, l’absence de vie spirituelle…) a pour effet de restreindre notre vigilance, notre présence au monde et notre engagement, notre responsabilité. Nous ne prenons pas soin de nous, des autres et de notre contexte de vie. Tout cela, nos enfants le paieront.

(J-J Crèvecoeur. "Le Langage de la Guérison". Ed. Jouvence)

07:32 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, cinema |  Facebook |

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