30/05/2008

Guernica

guernica

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13:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

29/05/2008

I’m not Ada

Patricia Mignone - MadoCe n’est pas facile de trouver des modèles enfants.

Les amis me prêtent leur corps et leurs enfants les yeux fermés, les autres beaucoup moins. L’ombre de qui-vous-savez alourdit tout et, tant qu’à faire, même une femme, même en présence des parents semble capable de tout.

Un jour, J’ai obtenu qu’une petite fille pose pour moi, en présence de ses parents, of course.

Elle devait avoir deux ans et demi.

A l’époque, j’avais un projet. J’aurais voulu qu’elle prenne une pose précise mais elle ne l’a pas fait : les enfants, c’est turbulent. Alors, j’ai pris le parti de m’accommoder de ce qu’elle me donnait, de créer autour des postures qu’elle adoptait.

Patricia Mignone -Mado1Parmi tout ce qu’elle m’a inspiré, j’ai réalisé le tableau qui contient du texte. Quand je l’ai montré aux parents, ils ont eu peur. Ils trouvaient que ça mettait trop en valeur la féminité de leur petite fille et m’ont demandé de ne dévoiler ni son nom ni son adresse. Moi, c’est justement l'innocente évidence de sa féminité qui m’avait touchée. Cette petite fille m’avait beaucoup inspirée et j’avais en tête pas mal de projets mais…cette histoire m’a coupé le sifflet : je n’ai plus eu envie de rien.

Patricia Mignone- Mado21 tableau et deux photo-montages inspirés par la demoiselle en question.

20:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, peinture, je peins, je m expose, photographie |  Facebook |

27/05/2008

« Quelqu’un s’est couché sur mon lit…. »

L'atelier de NormaAu parcours d’artiste de Saint-Gilles, j’ai découvert le travail de Norma. Comme souvent, pour comprendre, on a besoin d’une explication. J'ai demandé. Les productions exposées là sont faites de peaux de bêtes. On voit bien que ce sont des peaux de récup. glanées aux puces. Elles sont montées en coques et forment comme des casques, des coquilles vides.

Norma dit : « c’est la suite logique de ce que je faisais juste avant » et qui est exposé là aussi : des sculptures de cheveux et paraffine.

Norma dit : « j’ai commencé à faire ça comme pour conjurer mon dégoût des cheveux ».

Ca a quelque chose de morbide. Je pense aux réalisations en cheveux telles qu’on en découvre au Musée de la Vie wallonne à Liège où se trouvent des vitrines pleines de souvenirs faits avec des cheveux de filles parties au couvent, de filles mortes. Jadis, on réalisait des œuvres minuscules et minutieuses qui tiennent de l’art brut. Attention : « art brut » ne signifie pas du tout « grossier ». Je pense à la Collection Prinzhorn, un ensemble d’œuvres réalisées en milieu psychiatrique, dans le service du docteur Prinzhorn juste avant la 2eme guerre mondiale. Elles sont réalisées avec des matériaux et des techniques multiples : dessin peinture, gravure, sculpture, broderie, découpage, assemblages... C’est souvent d’une minutie obsessionnelle. Et c’est d’autant plus émouvant que les auteurs de ces réalisations ont été éliminés dans le cadre des grands nettoyages nazis.

Norma dit : « les gens me disent ce que ça leur inspire mais je ne veux pas savoir. Je veux produire dans la candeur, sans projet, sans concept ». Je dis : « Bien sûr, ce que les gens y mettent, c’est de l’interprétation (s’ils sont éclairés, c’est de la sémiotique) ». Elle dit : « oui, ça m’est étranger ».

Mais quand elle évoque certaines de ses réalisations, on constate ce qu'il y a d'énorme à refuser de s'interroger sur ce en quoi le travail "fait signe".

Les théories de la réception ont bien planché sur le sujet : on décode avec son bagage culturel, idéologique etc, bagage qui s’inscrit très largement dans la dimension collective. Lorsqu’on produit, c’est pareil, même si on le fait « innocemment » : la culture, on ne peut s’en défaire. Dès lors, on code sans le vouloir, sans le savoir.

Norma dit qu’elle a récemment réalisé une installation composée d’un damier de cheveux et qui s’intitulait « où sont-ils ? ». Elle ne s’était pas rendu compte des associations qu’elle manipulait. A quand la montagne de chaussures?

L’univers de Norma est en résonance avec ceux d’Annette Messager, de Christian Boltanski, de Jan Fabre, de Didier Mahieu…. Mais peu lui chaut : elle ne veut pas savoir.

Cette revendication d’une production pulsionnelle abstraite est devenue possible à partir de la 2eme guerre, quand les Surréalistes se sont réfugiés aux USA. Le travail de Pollock est l’émanation d’une telle vision. Si l’on s’informe sur le bagage de Pollock, on s’aperçoit pourtant que non seulement il connaissait les Surréalistes, les Cubistes, mais aussi l’art africain, l’art des Indiens des USA. Bref, bonjour la pulsion.

Quelqu’un m’a dit : « en art, aujourd’hui, il n’y a plus d’innocence possible. C’est une revendication risible ». Dans « La Guerre du faux », Umberto Eco étend cette considération à l’ensemble de la culture ("on ne peut plus dire "je t'aime" innocemment : toute la mythologie flotte dans l'air et donne à tout un air de déjà vu". C'est l'essence du post-moderne).

Désormais, le terrain n’est plus vierge : tout a été dit. Aujourd’hui, comme dans « Boucle d’or et les 3 ours », quelqu’un s’est toujours déjà couché sur votre lit.

Pas de photo des oeuvres de Norma, juste une image prise dans le lieu où elle travaille

05:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, art, je n ecris pas |  Facebook |

25/05/2008

Vraiment ?

MattJe comptais déposer un fragment d’interview de Sébastien Tellier où il parlait de sa découverte des vertus du sexe…mais, avec le recul, ça ne m’amuse plus. A défaut, convainquez-vous des vertus du sexe en lisant « l’Art de l’Extase sexuelle » de Margo Anand Naslednikov et contemplez l’azur dans le regard de Matthieu.

21:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

24/05/2008

la compassion

"J'ai été invitée par l'université de Linz à l'occasion de l'anniversaire de ce qu'on nomme la «nuit de cristal » et que je préfère appeler le «Pogrome de 1938 ».

ROMAN VISHNIACUn haut dignitaire de l'Église en Autriche raconta la scène suivante qui illustre le parallélisme entre l'écran de verre et le totalitarisme. II est enfant. Sa mère vient le chercher à l'école, et dans la rue il est témoin d'une scène inoubliable : des jeunes nazis s'acharnent à coups de poing et de pied sur un vieillard au sol, un vieux juif orthodoxe avec ses cheveux blancs ruisselant sur son visage, un de ces beaux visages du judaïsme d'antan. Cet homme frappé gît au sol et regarde avec effroi autour de lui.

« Ma mère m'entraîna, raconte le narrateur, sans répondre à mes questions. Qui était-ce ? Et pourquoi ? Elle répétait: "Tais-toi, tu n'as rien vu." »

Pendant que ce haut dignitaire de l'Église racontait cette histoire, je la voyais se dérouler sous mes paupières et, dans le ton de ses paroles, j'entendais une deuxième trahison plus policée, plus amène - plus inconsciente de sa portée. «Il fallait comprendre, disait-il, cette mère avait charge d'enfants. Vous vous rendez compte du danger encouru! Il fallait passer au plus vite pour n'être pas pris à partie par ces jeunes casseurs ! »

Quand vint mon tour, je fus contrainte de dire que cette histoire prolongeait la vieille histoire grinçante et n'apportait pas de délivrance. Il n'était pas question de condamner la femme qui avait été sa mère. Sa loyauté envers elle honorait le narrateur. II lui fallait seulement à lui, homme adulte, homme d'Église, franchir un autre pas, et retourner sur ce lieu de son enfance, y retrouver le vieil homme gisant au sol, lui tendre la main, l'aider à se relever et s'incliner devant lui du plus profond de sa compassion et de sa vénération. Et tant que cette scène n'aurait pas lieu, les plaies de la mémoire continueraient de puruler. Je ne sais pas si j'ai atteint celui auquel je m'adressais ; peu importe, car le message, même s'il n'atteint pas celui auquel on l'adresse, parvient toujours à quelque destination. Dans les affaires du coeur et de l'esprit, on s'adresse à la personne qu'on a devant soi et, par ricochet, c'est un autre qui reçoit le message en plein coeur c'est ce qui importe. Il ne s'agit pas de tenter de persuader qui que ce soit de quoi que ce soit mais de cultiver ardemment cette espérance que même le passé reçoit encore aujourd'hui de nous, les vivants, consolation et réparation.

A la fin de cette soirée à Linz, un vieil homme enrôlé autrefois à seize ans dans les armées du Führer est venu pleurer dans mes bras sans un mot. Je ne sais ni ce qu'il avait commis, ni ce qu'il avait subi, mais je sais que nous pleurions avec et pour beaucoup d'autres.

- Un fragment de " OU COURS-TU? NE SAIS-TU PAS QUE LE CIEL EST EN TOI" de Christiane Singer

11:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, j hallucine, photographie |  Facebook |

12/05/2008

L'inventaire du 8 mai

vis et plaques

Voilà ce qu'on vient de m'enlever de la jambe.

Et maintenant, Amandine et moi, on va aller déposer tout ça au pied de Notre-Dame de Walcourt pour la remercier d'avoir retrouvé deux jambes de Marilyn.

Si vous aussi vous voulez déposer un ex voto à Notre-Dame de Walcourt, cliquez sur la photo : tous les renseignements s'y trouvent.

Vous aussi, gagnez deux jambes de Marilyn!

11:40 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mes reliques, j hallucine |  Facebook |

04/05/2008

du vent

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10:39 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

01/05/2008

recto/verso

P1012539P1012540(par grand vent)

14:41 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |