28/06/2008

Maître / Maîtresse

Patricia MignoneC’est bête que l’usage refuse à « maîtresse » certaines nuances propres à « maître » : on dit « un tableau de maître », pas « de maîtresse »…Heureusement, grâce à moi, ça va changer.
Votre primitive wallonne préférée vend son premier tableau.

Le monsieur l’a vu il y a un an. Je crois que son souvenir est légèrement biaisé : il le croit beaucoup plus grand qu’il n’est. Or, c’est un tout petit format : 14/15 cm.
En plus, il semble avoir oublié que le personnage a le crâne fendu…

J’ai dit : « ça me flatte ». Il a répondu : « c’est moi qui suis flatté que tu acceptes de me le vendre ». Je sais pas ce qu’ils ont, tous ces gens, à croire que je ne veux pas vendre….

Appelez-moi désormais « maîtresse » : je ne vous frapperai  que si vous me le demandez.

00:50 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, je m expose, je peins |  Facebook |

27/06/2008

certes

ArteA l'époque du Loft, j'avais parlé, en me référant à la télévision berlusconienne, de "fascisme rampant". Cette expression avait fait beaucoup de bruit. Or, je la maintiens : je pense que le fascisme commence par le décervelage et l'abêtissement des esprits.

Jérôme Clément, vice président de Arte.

16:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

26/06/2008

la langue

MomuLe chemin secret pour toucher l'autre, pour lui ouvrir les yeux, c'est la langue. La langue est pour moi un outil qu'on propose au lecteur, afin de l'aider à comprendre l'univers dans lequel il vit, donc à mieux vivre. Peut être que je me trompe complètement, mais c'est ainsi que je vois la littérature. En tout cas, c'est comme ça que, moi, je l'ai reçue. Quand j'avais 20 ans, je ne voyais pas bien le monde autour de moi, il était comme flou et incompréhensible. En fait, je ne savais pas où me placer pour le regarder. Et ce sont des écrivains qui m'ont montré à quoi il ressemblait. Des gens comme Salinger, Kerouac, Carver ou Hemingway. N'importe quel écrivain un peu sérieux se doit de travailler à cela. Occuper cette fonction là dans la société, à savoir être capable de décrire le monde dans lequel nous vivons, c'est vraiment une responsabilité importante. Parce que, quand vous ne disposez pas d'outils pour le comprendre, vous vous comportez mal envers les autres, vous êtes incapable d'affirmer et de confirmer votre attitude face à l'existence.

(...) Je ne comprends pas comment on peut être un individu vivant en société sans s'intéresser aux autres, sans apporter à la collectivité sa pierre à l'édifice.
A un moment de ma vie, je me suis dit que, peut être, maîtriser ma langue, le français, faire en sorte qu'elle ne meure pas et qu'elle continue à se revitaliser, était une fonction que je pouvais occuper dans ce monde. Il n'était pas certain que je sache le faire, mais il fallait essayer.
Aujourd'hui, j'écris depuis trente ans, mais je ne suis jamais vraiment satisfait. Ecrire, c'est un énorme travail. J'y pense tout le temps, je ne l'oublie pas même le temps d'un week end, je ne sais rien faire d'autre que m'asseoir devant ma machine et essayer de faire une phrase qui se tient, une phrase qui soit, d'une certaine façon, un miroir du monde dans lequel on vit. Une phrase qui contient le monde entier, comme celles de Carver. Et chaque phrase me pose problème, car chaque phrase doit être ainsi, parfaite. Une phrase seule, ce n'est rien, ça ne sert à rien. Il faut parvenir à tenir la note.   

Un fragment d'interview de Philippe Djian parue dans Telerama du 19 juin et une photo réalisée au Momu à Anvers.

22:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature |  Facebook |

23/06/2008

Passez par ici

Image 1
Et consacrez-y une minute de temps en temps : ça peut aider.

Cliquez sur l'image. 

22:10 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/06/2008

De biais


Saint LeuCes quelques jours, ça s ‘est passe dans la rue à Amiens.
C’est une jolie ville qui est en rénovation depuis pas mal de temps déjà et qui, donc, a fière allure avec ses espaces verts joliment aménagés, ses vieux quartiers relookés, ses commerçants inspirés (Immo Emois, Petite Nature, La Bergère et le Crapaud…) . Amandine trouve qu’avec les canaux et la Somme toute fraîche, le quartier Saint-Leu a quelque chose de l’Isle sur la Sorgue.

Mais bon, avant d’arriver à Amiens, on traverse une  partie de la Somme, l’occasion de se rappeler ce qui s’y est passé. Le nombre de cimetières militaires a effaré Amandine. C’est la moindre des choses.

Dans la rue, à Amiens, le spectacle n’est pas qu’en face.
Voici quelques gentils minois vus de biais.

8 29363741511135

22 182328

21:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

14/06/2008

Leonard o' once again

Image 3

Cliquez sur l'image pour en voir une ribambelle de variantes.

 

 

 

07:06 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

13/06/2008

« Mon amoureux est un pompier

…Mais je sais pas où le trouver… »

elle s'appelle Sabine
Vous les avez déjà entendus ces mots?
C’est Sabine qui les prononce, dans « Elle s’appelle Sabine », un documentaire que Sandrine Bonnaire a consacré à sa sœur autiste. (En principe, vous auriez pu le voir à la télévision. Vous me direz que moi aussi, j’aurais pu le voir à la télévision mais…non : je figure parmi les 2% de Belges qui n’en ont pas).


Je n’ai pas trop aimé ce film.

J’ai récemment vu quelques films où il est question de personnes souffrant de maladies psychiatriques, internées ou non. Je me rappelle pêle-mêle « Fragments d’Antonin » (Gabriel le Bomin), « la Meglio Gioventù » (Marco Tullio Giordana), « Tarnation » (Jonathan Caouette), et « La moindre des choses » (Nicolas Philibert)… Les deux premiers sont des fictions - certes documentées - ce qui signifie que l’on cultive l’effet de réel et que le dispositif technique est écarté de la matière narrative. Dans la mesure où ce sont des fictions, ces deux films présentent également la différence avec les 3 autres que les protagonistes sont des comédiens. Du coup, même dans les moments les plus durs, ils restent regardables, ils gardent un coté attendrissant : Antonin est toujours mignon, même au pire de ses symptômes. Et chacun sait que la beauté est un bon moyen pour s’attirer la sympathie.

Les trois autres films sont des documentaires dans le cadre desquels les personnes concernées - les sujets du film - ne se préoccupent pas de l’image qu’elles donnent et soulignent régulièrement la présence de la camera en la regardant et en adressant la parole à la personne qui la manipule. Parfois, elles se mettent même en scène. Et elles sont moches. Sabine a toujours la bouche ouverte ; sa tête s’affaisse comme si elle s‘endormait, elle bave, tremble, crie, est agressive. Vous me direz que le but consistait justement à montrer à quel point cinq ans d’internement l’ont aliénée.
J’ai pourtant préféré les films de Nicolas Philibert et de Jonathan Caouette et je crois que cela tient au point de vue.

Jonathan Caouette entraine le spectateur dans une mélasse émotionnelle qui ne peut que rendre attachante sa mère, Renée, internée à l’initiative de ses parents à elle. Nicolas Philibert consacre son film à la préparation du spectacle d’été à la clinique psychiatrique de La Borde. Le physique expressionniste et la posture hypotonique laisse deviner le poids qui pèse sur les épaules de ces gens qui ne manquent pourtant pas d’humour (« noir, c’est noir. Il n’y a plus d’espoir » dit flegmatiquement l’un des pensionnaires) et de gaîté et entre lesquels on devine des liens, de l’affection.  Le regard de Philibert sur ce monde suscite un intérêt respectueux, un attendrissement curieux.
Bien qu’il s’agisse de sa sœur, Sandrine Bonnaire a adopté un point de vue trop détaché. Elle évoque, interroge, montre mais, singulièrement, son attachement ne filtre que dans les mots, pas dans le regard de la camera.

ps : un coq à l'âne à propos du fait ne ne pas avoir la TV.  Il est arrivé que des élèves me demandent si j'avais - au moins - l'électricité. On m'a aussi demandé (avec effroi) à quoi je consacrais mes soirées...

09:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j ai des visions |  Facebook |

12/06/2008

Chaque jour devrait être le 8 mars

Le Ligueur

Une annonce parue dans Le Ligueur il y a qq années 

09:20 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

11/06/2008

Les Filles de Leucippe déménagent encore...

 

Jerome Considérant
Elle en tentent du monde, ces filles....

Ici, un pictogramme de Jérome Considérant.

cfr : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5161785/ruben...

 

10:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j ai des visions |  Facebook |

08/06/2008

Peindre et faire l’amour

Non pas peindre ou faire l’amour : j’ai pas vu ce film. A priori, le troc, j’aime ça mais bon… l’échangisme, non merci.
La palette de Delacroix
Il y a quelque temps, un petit Julien de 8 ou neuf ans me regardait peindre et m’a dit : « toi tu es célibataire ». J’ai demandé d’où cela lui venait. Il m’a répondu : « quand on peint, on n’a pas besoin d’amoureux. » Sa tante lui avait expliqué que quand on peint, on est comblé. Eh oui ! J’en ai parlé avec d’autres à plusieurs reprises qui m’ont confirmé qu’eux aussi connaissent un état de jouissance qui dure bien au-delà du temps de l’acte. Ca fait donc quelques heures de félicité. Et puis, on a une bonne tête et on distribue de la joie de vivre avec ses yeux qui papillonnent.
Récemment, un copain m’a demandé comment je faisais pour « m’y mettre ». (Chez lui, il est plutôt question d’écriture et c’est du genre laborieux). La réponse est un peu insolente puisque je n’ai que ça en tête….Quand je suis en phase de production, je suis intoxiquée ! En manque ! Et donc, j’y suis déjà avant de m’y mettre puisque j’y pense tout le temps… Je suis amoureuse, quoi !
Peindre = faire l’amour.

Voilà comment on devrait recycler les pulsions des malfrats : en les mettant devant un chevalet. Ca, c’est l’idée du jour.
(Mince ! je crois que d’autres y ont pensé avant moi…)

En illu, la palette de Delacroix. (La mienne est beaucoup moins glamour).

22:58 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins |  Facebook |

06/06/2008

petite souris

sourisqui dansait sur un cromorne.

Cette photo a au moins 25 ans.

Elle a été prise par Michel Waldmann chez les Baladins du Miroir.

J'ai recadré : ça ne se fait pas. Sorry, Michel.

11:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

05/06/2008

Prenez soin de vous – (les malheurs de Sophie - le retour)

Ca s’est déjà passé ici : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5235491/prene....

J’y reviens parce que j’ai le livre entre les mains.

 

sophie-calle-venise« Prenez soin de vous », c’est l’histoire d’une vengeance déployée avec une puissance inédite dans l’univers de Sophie Calle, démultipliée comme dans une chambre d’écho par l’interpellation organisée de plus d’une centaine de femmes ainsi que la mobilisation de supports d’expression dont on ne disposait pas jusqu’ici : à l’installation – actuellement montée à la Bibliothèque Nationale et dont on ne dit pas que du bien - succèdent un livre-objet contenant non seulement ce à quoi Sophie Calle nous a accoutumés - du texte, des fac simile, de la photo – mais aussi des dvd, autrement dit l’ensemble du contenu de l’installation hormis la scénographie. A cela, il faut ajouter que « Prenez soi de vous » a représenté la France à la Biennale de Venise, événement qui convertit cette vengeance en institution nationale, autant dire un séisme.

Dans l’intervalle j’ai découvert l’ensemble de ce qu’on peut trouver de Sophie Calle. On garde l’ironie, la poésie, le délire, une façon tellement unique de donner de la valeur à quelque chose d’insignifiant.

 

L’ampleur de l’événement donne-t-elle la mesure de cette douleur qui est loin d’affleurer pour la première fois dans l’oeuvre de Sophie Calle ?

Voilà ce type joliment tancé, démasqué, moqué. Voilà un beau lynchage intellectuel, une belle manière de dire collectivement à la confrérie informe des types sans courage qu’il vaut mieux rester seule qu’en compagnie de personnes qui se leurrent tellement qu’elles croient sauver la face en enrobant leur lâcheté dans une prose qui n’abuse qu’elles-mêmes. J’espère qu’après cela, la grande Sophie est soulagée. Mais, à dire vrai, j’en doute. A contempler le détachement (Laurie Anderson), le scepticisme (Ariane Ascaride), l’hébétude (Yolande Moreau), le sentiment d’humiliation (Aurore Clément) sur les visage et dans la voix de ces femmes, on comprend que la douleur subsiste et qu’on n’est pas en paix. Encore faudrait-il que le soulagement soit le but. Mais non : la lettre aura donné lieu à un événement.

 

Le carnet d'adressesAu moins aura-t-on ri, fait rire, penser ceux qui pensent et laissé dormir les premiers concernés sauf un, espère-t-on, qui se consume peut-être à jamais sur le bûcher de la honte, le foie rongé par un aigle noir (laissez-moi tout mélanger en paix). C’est si peu.

 

Notez que Sophie Calle elle-même, se défend d’avoir mis en cause cet homme : en dernière page du livre, elle écrit : « Il s’agissait d’une lettre. Pas d’un homme ». C’est rarement uniquement d’une lettre qu’il est question, en fait. Mais bon, le triste livret censuré de 4 pages évoquant la mésaventure du « Carnet d’adresses » a sans doute fait des petits. Pour rappel, Sophie Calle avait trouvé un carnet d’adresses qu’elle avait photocopié avant de le rendre à son proprio. Elle avait alors demandé à des personnes dont les coordonnées figuraient dans ce carnet de dresser le portrait écrit de son propriétaire. Rien de méchant. Les textes étaient parus dans Libération. Mais le proprio l’avait très mal pris et a fait empêcher la publication de ces textes. D'où ce livret maigrelet en mémoire.

23:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |