19/07/2008

minis minous et autres sujets captivants

minuit Pendant que j’étais au loin, occupée à me faire perforer les tendons d’Achille par les moustiques d’Uzège, the dark side of my mind – entendez Minuit, ma mini chatte noire – a fugué durant 4 jours. 4 jours d’inquiétude pour la voir rappliquer avec de grands cris dès que je l’ai appelée.

Une autre surprise sur laquelle on ne va pas s’énerver : J’ai vu de mes yeux « l’Origine du Monde » de Gustave Courbet. Eh bien, le tableau est tout mini – grandeur « nature », en fait : quelque chose comme 40/50 cm.
L’expo est coproduite par le Metropolitan de New-York et le Grand Palais à Paris et elle achève son parcours au Musée Fabre à Montpellier où je l’ai vue.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sinon le plan minou – qui est loin d’être le seul sujet d’intérêt et le seul motif pour lequel Courbet fut mis au pilori - l’expo présente de nombreux autoportraits lesquels, un peu à la manière des autoportraits de Rembrandt, permettent de constater les ravages du temps. L’ensemble conjoint fonctionne un peu comme une vanité. Par ailleurs, il y a une toute grande différence avec la façon dont procédait Rembrandt : à l’époque de Courbet, les peintres collaboraient avec des photographes et travaillaient finalement peu sur le motif.
On a particulièrement reproché à Courbet le réalisme « répugnant » avec lequel il figurait le corps féminin : l’hypertrophie des hanches, les fossettes dans le dos (c’est le langage de Théophile Gauthier), la lascivité des postures, les corsages défaits… Tout cela va à l’encontre de la figuration académique qui soumettait la représentation à des canons.
A l’opposé d’un Ingres qui, par souci esthétique, trahissait parfois la vérité anatomique, Courbet n’estompe pas les formes dans le sens d’une esthétisation mais, fréquemment, les accentue, au contraire, notamment par le travail sur la lumière. L’influence de la photo y est pour quelque chose : celle-ci permet de s’attarder sur ce que l’on voit et de s’approcher davantage du réel.
Par ailleurs, le fait de figurer des scènes de genre d’après une mise en scène photographiée met également à mal la représentation académique : dans la réalité, les gens ne sont pas tous tournés dans la même direction (à savoir, face au spectateur, comme dans la mise en scène dramatique classique)…ce qui nous donne parfois des gens vus de dos…de la même manière que chez Degas - qui fait intervenir la notion de hors champ - on a des gens, des objets, des chevaux, coupés en 2 ou dont on ne voit pas le visage.

A Montpellier, juste en face du très beau musée Fabre, j’ai visité l’expo consacrée aux photographies de WeeGee qui pratiquait une forme de réalisme d’un genre parfois comparable à celui de Courbet. Parmi les reproches exprimés à l’encontre de Courbet, on note l’intérêt pour des sujets mineurs (« Un enterrement à Ornans » est comme la réponse en mode mineur au « Sacre de l’Empereur » de David. On n’y voit que des inconnus célébrant un événement sans intérêt pour la nation et l’Histoire…). De même, si l’on compare la correspondance de Courbet aux déclarations de WeeGee, on s’aperçoit que l’intérêt pour les sujets mineurs (chez WeeGee, la fréquentation des milieux interlopes et, à titre de photographe de presse, le travail de nuit qui l’amenait à se cantonner à l’univers du fait divers) relève d’une stratégie ayant pour vocation de faire la différence et, donc de se distinguer. Dans sa jeunesse, Courbet se réjouissait de susciter la polémique qui, disait-il, donnait le mesure de l'importance qu'on lui prêtait.

23:01 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

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