30/07/2008

Balzac et le vieil Inuit

Balzac et la petite tailleuse chinoiseToujours en retard d’une guerre, je viens de découvrir les programmes TV de cette semaine.

Et donc, je n’ai pas attiré votre attention sur Balzac et la petite Tailleuse chinoise qui est passé sur ARTE dimanche dernier. C’est un film que Dai Sijie, ancien « ennemi du peuple » a réalisé - d’après son livre à caractère autobiographique - et tourné sur les lieux même de l’histoire originale. Il sera rediffusé sur ARTE le 4 aout à 14h55 mais à cette heure-là, en principe, on déborde de tonus. Moi, sauf en période d’alitement forcé, je ne regarde pas un film à 15h….

Ce soir, France 3 présente Mar Adentro d’Alejandro Amenabar.
J’avais choisi de ne pas le voir à sa sortie (moi, les gens alités….) mais ma revue favorite en fait un tel éloge… Et puis, depuis que j’ai vu les Fantomes de Goya, je suis amoureuse de Javier Bardem (quand il a une tête d’horrible cervidé).
Ce soir, je ne cherche pas de téloche : je vous prépare mon CR sur les mœurs des Inuit en 1950. Ca n’est pas sans lien avec ce livre de Norbert Elias dont j’avais parlé à certain(e)s d’entre vous, la Civilisation des Mœurs. On a des choses à apprendre en matière d’hygiène, de manières de table, de régulation des naissances, du rapport aux personnes du 4eme âge.
Voilà un avant goût : pour ne pas être une charge pour la communauté, qui était souvent au bord de la disette, les aînés se laissaient mourir.

09:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/07/2008

Ashes and snow

Ashes and snow
Quand la fenêtre du site s'ouvre, cliquez sur "explore".

06:16 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

24/07/2008

Martine à Arles

Martine et moi avons passé la journée à Arles. Martine pour le musée Réatu qui avait été entièrement colonisé par Christian Lacroix. Moi pour les rencontres photographiques dont le commissaire était Christian Lacroix.
Martine a découvert la cuisine libanaise. Moi, j’ai mangé des abricots devant un ventilateur du musée Réatu.

En photo, je n’ai pas vu ce que je connaissais (snif, Avedon) et n’ai donc fait que des découvertes. Je n’évoquerai que ce qui m’a touchée.

Première expo dans une chapelle réaffectée : Marcus Tomlinson. Quelques grandes photos qui avaient la luminosité des diapositives.  Un spot projetait une lumière de couleur variable sur chacune des photos et, suivant la couleur, différentes zones des volumes étaient mises en lumière.
Au centre, sur un écran, défilaient une série de photos dont la succession constituait un film où l’on voyait des personnes costumées façon Philippe Decouflé effectuer une chorégraphie expressionniste sur une musique qui m’a plu et dont je ne sais plus rien dire… Regardez le site de Marcus Tomlinson : ce ne sont pas les photos que j’ai vues mais cela vous aidera à comprendre de quoi je parle.

Tim WalkerMartine s’est passionnée pour les photos de Tim Walker qui crée des mises en scène ironiquement inspirées de l’univers des contes. C’est ludique et pétillant comme l’univers de Martine. En cliquant sur la photo de Tim Walker vous en verrez une série d’autres. En grand format, c’est mieux.
Jean-Eude(Tiens, en passant, voilà une photo de l’intérieur de « Petit Béguin », la boutique de Martine à Uzès. Dans le miroir, à droite, on devine le buste impudique d’hier).

Pas particulièrement esthétiques mais intéressants et ludiques : les autoportraits de Samuel Fosso. Enfin…ce ne sont pas des autoportraits : Fosso crée des situations impliquant des personnages ou des types connus : Bokassa, Mobutu, Césaire, le play-boy, la femme libérée… et il s’attribue le rôle. Ces mises en scène évoquent celles de Malick Sidibé qui, dans son studio de Bamako mettait en scène ses contemporains. Ce style n’est d’ailleurs pas étranger à la photo de studio telle qu’elle se pratiquait naguère chez nous. Les mises en scène de Fosso sont assez comiques et, dans la mesure où Fosso est plutôt beau gars, c'est assez plaisant.

Avec Pierre Gonnord, et Guido Mocafico, nous entrons dans la catégorie des « idoles ». Ce sont mes découvertes fabuleuses de ces rencontres.

Pierre GonnordPierre Gonnord vit et travaille en Espagne. La série exposée à Arles se compose de portraits de laissés pour compte rencontrés dans la rue. Les photos font plus ou moins 1 mètre de coté. Les personnes posent devant un fond neutre. Elles sont éclairées en clair-obscur et photographiées avec une précision étourdissante. La plupart des visages portent des blessures, des cicatrices; des dents manquent ; les cheveux sont ébouriffés. Les personnes sont visiblement éprouvées par l'existence. En même temps, ainsi photographiés, la plupart de ces visages dégagent une dignité qui donne une puissance étonnante aux portraits de Gonnord. Ce style très pictural me fait penser aux portraits d’Ingres.
 

Pour les photographies de Guido Mocafico, je copie-colle paresseusement le texte de la fiche des Rencontres : “Le jour où un spectateur regardant mes tirages m'a demandé pourquoi j'avais photographié des tableaux, j'ai compris que mon but, l'illusion, était atteint» dit Mocafico.

Guido Mocafico revisite les grands peintres de nature morte des XVlle et XVlIle siècles. Natures mortes de table, bouquets et vanités reprennent, dans une étude obsessionnelle des rapports de lumière, de couleur et de texture, les codes de composition des natures mortes de Pieter Claesz, Jan Bruegel, Jan Davidsz de Heem, Jean Baptiste Siméon Chardin ou Abraham van der Schoor...
Ces peintures imitaient la nature. Guido Mocafico imite la peinture, d'après nature. La mise en abyme est double, le spectateur induit en erreur.

Notez que Mocafico a realise ses images avec le concours d’un styliste culinaire, d’un set designer et de stylistes fleurs.

Ca se passe ici

22:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie, j ai des visions |  Facebook |

21/07/2008

"A cette époque-là,

Willy Ronis

je songeais souvent tristement à l'aridité des relations entre les sexes, à la distance qui semblait séparer même la plupart des gens mariés. Je pensais que c'était lié au fait qu'il n'y avait pas de bidets dans les salles de bain".

Un fragment de "Eloge des Femmes mûres" de Stephen Vizinczey, un roman que Pierre a mis entre les mains de Martine qui l'a déposé sur ma table de nuit.
C'est un roman initiatique pudique, plein d'ironie et d'humanité et surtout superbement écrit.

Une photo de Willy Ronis

16:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : texte, photographie |  Facebook |

20/07/2008

Weegee

wg1-7 L'univers de WeeGee assorti de commentaires sympas.

Cliquez sur l"image

19:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

19/07/2008

minis minous et autres sujets captivants

minuit Pendant que j’étais au loin, occupée à me faire perforer les tendons d’Achille par les moustiques d’Uzège, the dark side of my mind – entendez Minuit, ma mini chatte noire – a fugué durant 4 jours. 4 jours d’inquiétude pour la voir rappliquer avec de grands cris dès que je l’ai appelée.

Une autre surprise sur laquelle on ne va pas s’énerver : J’ai vu de mes yeux « l’Origine du Monde » de Gustave Courbet. Eh bien, le tableau est tout mini – grandeur « nature », en fait : quelque chose comme 40/50 cm.
L’expo est coproduite par le Metropolitan de New-York et le Grand Palais à Paris et elle achève son parcours au Musée Fabre à Montpellier où je l’ai vue.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sinon le plan minou – qui est loin d’être le seul sujet d’intérêt et le seul motif pour lequel Courbet fut mis au pilori - l’expo présente de nombreux autoportraits lesquels, un peu à la manière des autoportraits de Rembrandt, permettent de constater les ravages du temps. L’ensemble conjoint fonctionne un peu comme une vanité. Par ailleurs, il y a une toute grande différence avec la façon dont procédait Rembrandt : à l’époque de Courbet, les peintres collaboraient avec des photographes et travaillaient finalement peu sur le motif.
On a particulièrement reproché à Courbet le réalisme « répugnant » avec lequel il figurait le corps féminin : l’hypertrophie des hanches, les fossettes dans le dos (c’est le langage de Théophile Gauthier), la lascivité des postures, les corsages défaits… Tout cela va à l’encontre de la figuration académique qui soumettait la représentation à des canons.
A l’opposé d’un Ingres qui, par souci esthétique, trahissait parfois la vérité anatomique, Courbet n’estompe pas les formes dans le sens d’une esthétisation mais, fréquemment, les accentue, au contraire, notamment par le travail sur la lumière. L’influence de la photo y est pour quelque chose : celle-ci permet de s’attarder sur ce que l’on voit et de s’approcher davantage du réel.
Par ailleurs, le fait de figurer des scènes de genre d’après une mise en scène photographiée met également à mal la représentation académique : dans la réalité, les gens ne sont pas tous tournés dans la même direction (à savoir, face au spectateur, comme dans la mise en scène dramatique classique)…ce qui nous donne parfois des gens vus de dos…de la même manière que chez Degas - qui fait intervenir la notion de hors champ - on a des gens, des objets, des chevaux, coupés en 2 ou dont on ne voit pas le visage.

A Montpellier, juste en face du très beau musée Fabre, j’ai visité l’expo consacrée aux photographies de WeeGee qui pratiquait une forme de réalisme d’un genre parfois comparable à celui de Courbet. Parmi les reproches exprimés à l’encontre de Courbet, on note l’intérêt pour des sujets mineurs (« Un enterrement à Ornans » est comme la réponse en mode mineur au « Sacre de l’Empereur » de David. On n’y voit que des inconnus célébrant un événement sans intérêt pour la nation et l’Histoire…). De même, si l’on compare la correspondance de Courbet aux déclarations de WeeGee, on s’aperçoit que l’intérêt pour les sujets mineurs (chez WeeGee, la fréquentation des milieux interlopes et, à titre de photographe de presse, le travail de nuit qui l’amenait à se cantonner à l’univers du fait divers) relève d’une stratégie ayant pour vocation de faire la différence et, donc de se distinguer. Dans sa jeunesse, Courbet se réjouissait de susciter la polémique qui, disait-il, donnait le mesure de l'importance qu'on lui prêtait.

23:01 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

06/07/2008

the 11th hour


the-11th-hourLeonardo DiCaprio est connu comme un  militant écolo. Dans un autre créneau, il agit à la façon de Georges Clooney : ses films commerciaux servent des desseins plus consistants.
Dans la veine de « An unconvenient truth », « we feed the world » et, bien avant cela, à la fin des années ’70, les films de Godfrey Reggio , « Koyaanisqatsi » et « Powaqqatsi »,  DiCaprio a produit « the 11th hour », un film consacré aux effets de l’industrialisation, de la mondialisation et à la dégradation de la vie au sens global, qu’il s’agisse du rapport à soi-même, du rapport à autrui et de l’interaction avec le milieu, la nature. En cela, il rejoint le propos de Felix Guattari dans « Les 3 Ecologies », un livre déjà ancien, où Guattari soulignait la solidarité de ces trois instances.

Comme cela arrive parfois, la traduction du titre en français trahit le propos : « the 11th hour » a été traduit par « la onzième heure » alors qu’il aurait fallu écrire « la vingt-troisième heure ». Peut-être était-ce trop long…Pourtant, ce que veut précisément signifier ce titre c’est : « Il est 23h59 et 59 secondes sur l’horloge de l’histoire de l’humanité… » selon les dires de l’un des intervenants du film. Sous-entendez : « il est temps de se manier le derrière».

Le film de Leonardo est mal fichu. Selon moi, il n’offre aucun plaisir cinéphilique. Leonardo n’est pas un communicateur et son film n’arrive pas à la cheville de celui d’Al Gore. Il n’a pas non plus le talent de Georges Clooney.
Leonardo mise sur son charisme : il apparaît à maintes reprises dans le film avec une fraicheur et une conviction qui plairont peut-être.
L’une des faiblesses du film - et en même temps l’un de ses intérêts - réside dans le nombre invraisemblable d’intervenants qui rend le propos indigeste.
Mais le message y est. Le film ose, par exemple, présenter le point de vue de différentes religions. Et, en raison de son intérêt, je vous encourage à le regarder si vous parvenez à mettre la main dessus. En effet, dans la mesure où Léonardo a opté pour la congruence (genre : « je fais ce que je dis »), le film n’a pas été édité sur pellicule, n’a donc pas été distribué via les réseaux propres au modèle décrié. Il a été édité sur des matériaux recyclables via des réseaux de proximité relative. Mon exemplaire faisait partie d’un package proposé par Le Vif l’Express. 

Dans la mesure où je me vois mal résumer l’ensemble du propos, les prochains jours, je proposerai ici des bribes d’informations que j’ai retenues. Pour le reste, je vous suggère d’aller faire un tour sur le site et de vous procurer le dvd qui, d'après Philippe, est disponible à la Médiathèque.

Le lien sur l'image vous donne accès au site.
On y trouve des idées d'actions accessibles au citoyen Lambda.

 

20:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

05/07/2008

Il n'y a pas de vérité en photographie

avedon3Et il n'y a pas une seule vérité chez quelqu'un.
Mes portraits sont davantage un reflet de moi-même que des personnes que je photographie".

Richard Avedon

(Au Musée du Jeu de Paume jusqu'au 28 septembre). 

14:22 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

03/07/2008

Aurore, Lisa et Zekyie

 lisa. Patricia Mignone

 

 

C'est vrai , j'ai déjà montré le portrait de Lisa. Mais là, il est fini.

 

aurore.Patricia MignoneVoici celui d'Aurore qui est également terminé. 

 

 

 

 

zekyie Ici, c'est un tableau qui est en cours de réalisation.
Je viens juste de passer le premier glacis  de couleurs.
Dans son état actuel, il a l'étrangeté d'un portrait de vierge de...je sais plus qui! Il faut que je retrouve!
J'aime bien travailler sur ce tableau parce qu'il est d'une netteté dont je n'ai pas l'habitude : le fond était très lisse, je le ponce entre chaque couche pour éviter les reliefs intempestifs. Je ne me rappelle pas avoir eu un tableau aussi propre... (les portraits d'Aurore et Lisa sont très sales, par exemple...Je ne vous souhaite pas de les voir de près... ;o) )

C'est le portrait d'une jeune Turque. Il y en a un deuxième.

Il fait partie de la série inaugurée avec "Stephanie" où je joue avec les portraits féminins de Primitifs flamands.
Là, ce sont des portraits réalisés dans le style des Primitifs flamands.

Ils mesurent plus moins 25/35 cm 

19:56 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je m expose, je peins |  Facebook |