29/03/2009

Trois heures à Anvers

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Toujours prévoir du temps en plus quand on fait un bout de route un peu long.

OLAF 1Au programme, il y avait donc Erwin Olaf au Musée de la Photo (rien à voir avec le Ssssomptueux Musée de Charleroi) situé Waalse Kaai, 47 où l’on se sent tout de suite bienvenu.

Depuis que je le connais, vu son nom de pirate, je croyais qu’Erwin Olaf était Scandinave mais non : il est Hollandais et il a moins de 50 ans.

David-LachapelleQuoique que moins mégalo par l’ampleur des moyens mis en œuvre, son univers photographique n’est pas étranger à celui de David LaChapelle actuellement exposé à La Monnaie à Paris : ils travaillent tous deux pour la pub et pratiquent dans leur approche artistique la même esthétique, le même gout pour les images léchées, le même regard, le même discours fondé sur le trash, la provocation, le porno chic (plus ostentatoire chez Erwin Olaf).
Nourri au lait de la culture de masse, depuis quelques années, LaChapelle s’est assigné une vocation messianique qui s’exprime à travers des compositions grandiloquentes requérant des moyens pharaoniques et inspirées d’une manière ou d’une autre de la peinture renaissante et classique avec quand même – toujours – des Blacks qui bandent et des femmes à poil… Non mais !


Chez Erwin Olaf, c’est un peu différent : plus intimiste et plus franchement orienté queer et SM : la focalisation sur les attributs sexuels est donc plus explicite, il y a du cuir, de l’appareillage SM et des gens qui tirent de vilaines têtes. Le SM, ça n’a pas l’air rigolo du tout.

Le mérite de cette expo consacrée à Olaf, c’est de montrer beaucoup de photos neuves.
Pour David LaChapelle, eh bin empruntez plutôt le DVD de Rize à la Médiathèque.
Allez ! Pour le rayon porno-chic, je serai parvenue à ne pas placer une seule fois le mot « cul ».

Ensuite, si vous êtes aussi tête en l’air que moi, vous traversez la grande place et vous rejoignez le Musée Royal des Beaux-Arts.
Une grande banderolle indique « Goya-Redon-Ensor ».
Je me demande ce qui m’arrive… Je commence à fonctionner de façon fort inquiétante comme un consommateur de culture de masse - vision confuse, absence de sens critique - : j’ai pris mon billet sur le nom de « Goya » sans tenir compte du fait que je n’aime pas du tout Ensor et que Redon est peut-être le seul symboliste que je n’aime pas. Ce type n’avait aucun talent. Je me demande comment il a fait pour passer à la postérité. Quant à Ensor, certains le tiennent pour le peintre belge moderne le plus important. Ah bon ?
Et puis, pour Goya, vous savez quoi ? Je n’ai même pas pensé que l’ensemble le plus important était au Prado où je les ai contemplées.
Et donc, c’est une expo de choses moches et rikiki mochement exposées dans une scénographie qui évoque les pays de l’Est dans les années ’50.
En résumé : n’y allez pas !

 

BEL400002D_1Je m’étais fendue de la location d’un audio-guide.
Quand je l’ai rendu, les deux personnes préposées à la gestion de la chose m’ont demandé si j’étais satisfaite. La dame m’a alors confessé qu’elle non plus n’aime pas Ensor. Pour me consoler, il m’ont indiqué une curiosité anversoise ou l’autre. Ils ont évoqué la gare. J’ai répondu que s’ils étaient branchés « gare », ils devaient voir celle de Liège, ce qui a donné l’occasion à la dame de me dire qu’en Féronstrée il y a un deuxième musée qu’elle n’a jamais trouvé. Voilà pourquoi j’étais là : pour indiquer à deux Anversois où se trouve le Musée d’Ansembourg : au bout de la rue Féronstrée sur la droite, face à un antiquaire, juste avant une place située sur la gauche où se trouve une église dont l’extérieur est polychromé.
Eh bin voilà ! Après Erwin Olaf, à Anvers, allez à Liège visiter le Musée d’Ansembourg, un très joli musée des arts décoratifs du 18ème.

Pour en savoir plus sur Erwin Olaf, cliquez sur la première photo

11:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, cinema |  Facebook |

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