02/04/2009

Des vagues d'amour

bashungC'est ainsi qu'il prit la route ces derniers mois, après l'annonce de la maladie, pour une suite de concerts chargés d'une énergie tragique et fantastique. A l'image de l'idole Dylan et de sa « tournée sans fin », Bashung semblait parti pour ne jamais s'arrêter.
Même quand ses jambes le portaient à peine, comme lors des dernières Francofolies de La Rochelle, le résultat était somptueux: un lent blues irradié, une voix grave et pulpeuse, une explosion de chaleur et une communion comme il n'en avait jamais connues. « J'crains plus la mandragore / j'crains plus mon destin /j'crains plus rien », chantait-il tous les soirs. A ses proches, il parlait d'un état second, comme un « nouvel âge où il sentait des vagues d'amour et d'émotion » bousculer les digues et monter vers lui.
Le beau crooner de Gaby atteignait toujours sur scène une forme d'oubli extraordinaire: «Je me sens plein d'une énergie bizarre, nous avait-il confié en 1995. Un drôle d'état. L'impression d'avoir en moi chaque spectateur. Je suis chargé comme une centrale atomique. »
A l'époque, il avait 48 ans et se sentait pour toujours animé du feu sacré. « A 50 ans, j'espère encore me rouler par terre. Je me sens bien ainsi. Ça n'inquiète personne. Au contraire. J'ai un peu de mal à m'extérioriser, alors quand je me laisse aller, mes proches disent: "Tiens, il est heureux!" »

Fragment de Laurent Rigoulet dans Telerama

 

13:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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