30/04/2009

Un mail qui ne vous est pas destiné

Je viens d'envoyer ce qui suit au Guide du Routard en guise de commentaire au chapitre minable qu'ils ont consacré à charleroi. Sur leur site, ils indiquent qu'ils offrent un exemplaire gratuit de la prochaine édition à ceux qui leur envoient les lettres les meilleures, pour la qualité et la pertinence des informations. Ah ah! Je vous tiens au courant.

 

Bonjour

Cela fait maintenant une vingtaine d’années que je voyage avec le Guide du Routard.
J’ai une première fois acheté le Routard Belgique il y a quelques années. Je viens d’acheter la version 2009 à l‘intention de mes hôtes : j’ai une maison d’hôtes à Charleroi depuis 5 ans.
J’ai été fort désagréablement surprise par le manque de sympathie dont vous témoignez vis à vis de ma ville et cela me rend perplexe quant à vos méthodes d’investigation.

Ici, à Charleroi, l’Office du Tourisme déploie des efforts considérables pour mettre en valeur cette ville qui n’est pas sinistrée du seul fait de son passé industriel. Or, tout, dans l’édition papier laisse croire que vous ne vous êtes pas donné la peine de consulter cette source simple et fiable que constitue cet établissement. Si vous n’aviez pas la possibilité de leur rendre visite, il vous restait à consulter leur site qui est fonctionnel et regorge de renseignements intéressants. Il vous suffisait de commander les tonnes de brochures qu’ils mettent à la disposition du public pour jouir d’une information à jour.

Les internautes peuvent charger ou commander de nombreuses brochures leur offrant une série de possibilités de visites et, chose singulière, de promenades sur les terrils que vous vous contentez d’évoquer alors qu’il suffirait de fournir un lien internet pour suggérer à vos  lecteurs des randonnées hors du commun sur ces mêmes terrils.
http://www.paysdecharleroi.be/web/fr/brochures/listing.aspx

Je suis fort déçue par les tables que vous renseignez qui sont tellement téléphonées. Vous ignorez totalement les enseignes qui plaisent aux Carolos et recommandez des adresses datant de Mathusalem. Juste à coté de la Machine, une adresse surfaite, rue du Grand Central, se trouve « La Feuille de Menthe », un charmant resto maghrébin au service zélé et au décor d’une virtuosité épatante : avez-vous seulement poussé leur porte ? Face à l’adresse éculée de Julot, se trouve un écailler qui déménage bien, le Zinc de la Mer. Boulevard Jacques Bertrand, le Dodoni offre une table grecque haut de gamme. La rue Charles Dupret possède également des adresses qui changent régulièrement mais sont toujours intéressantes. A la Ville haute, au niveau du Monument, on aime « Chez Duche » ainsi que « l’Inédit », plus haut, dont la statue du Marsupilami vous a caché la façade. Enfin, que dire de l’adresse délicate des « Deux fenêtres », rue Basslé ainsi que de ce traiteur intraitable, l’Impériale, Place du Manège ?

En ce qui concerne vos commentaires sur les hébergements, il m’inspirent de la honte. Jetez un œil sur ce lien. Vous y verrez si ce n’est pas aussi honorable ici qu’ailleurs :
http://www.paysdecharleroi.be/web/fr/hebergements/compara...

Enfin, ce que vous ignorez totalement, c’est que Charleroi a une vie culturelle effervescente, dont on trouve le détail dans le Latitude, un périodique gratuit que l’on peut charger ici :
http://www.charleroi-culture.be/Public/Page.php?ID=12

Quelle déception !
Je me demande si vous vous êtes seulement donné la peine de fouler le sol de Charleroi pour pondre ce chapitre de potache avachi.

Avec regret,
Patricia Mignone

Ps : on sait que vous êtes Français mais vos allusions à Verlaine et Rimbaud manquent singulièrement de pertinence pour introduire un chapitre consacré à une ville qui panse ses meurtrissures en bâtissant rageusement son avenir.
Dans la même veine, je m’étonne que vous n’ayez pas inauguré votre chapitre sur Mons par « Le Ciel est par-dessus le Toit », ce poème qu’écrivit Verlaine lors de son incarcération à la prison de Mons.

23:28 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/04/2009

Je pense et je ne suis pas

leffe_blondAllez, une Leffe après le spectacle et je dis à mes potes, André et Béatrice : « vous avez remarqué cette hégémonie des mecs dans le domaine artistique et culturel ? Il n’y a que des hommes à la tête des institutions artistiques de la ville et ils ne donnent la parole qu’à des mecs ». Béatrice dit : « Ah ? Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle mais c’est vrai : on ne peut que le constater ».  André dit : « Moi, je travaille avec des femmes et elles ne sont pas disponibles : elles ne sont préoccupées que de leurs enfants ». Il précise « Les enfants, pas la famille ». Et il cite sa fille en exemple. Et juste en passant, je dis « oui mais ses enfants ont des géniteurs mais pas de père ». Elle n’est pas en famille. Normal qu’elle ne pense qu’à ses enfants… ce qui est peut-être le cas de beaucoup de femmes actuellement.
Et je me rappelle cet échange avec une galeriste à Paris qui évoquait dans les mêmes termes l’ambivalence des femmes par rapport à la production artistique

Et puis, je dis que des femmes disponibles, décidées, intelligentes et enthousiastes, j’en connais - et j’en suis - et que le parcours est laborieux, voire impossible. J’ai des copines qui en sont toujours à quémander des subventions, autrement dit dont le statut n’est pas stabilisé, à l’âge de 48 ans. André, qui est le contraire d’un cornichon, dit : « Normal : vous passez pour des castratrices. Une femme qui a du caractère, ça nous fait peur. Il faut comprendre : vous êtes plus fortes que nous. Nous on est confus, approximatifs, paresseux. Quand on s’approche entre mecs, on sait rapidement comment on fonctionne. Une femme, c’est mystérieux. Ca nous faire peur. Alors, on l’écarte ».

Bon. La sortie se trouve où, encore ?

00:58 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/04/2009

Qui a vendu son âme?

Cote d'Or
à gauche à Coney Island (fief des Russes). A droite à Vienne.

20:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/04/2009

Des vagues d'amour

bashungC'est ainsi qu'il prit la route ces derniers mois, après l'annonce de la maladie, pour une suite de concerts chargés d'une énergie tragique et fantastique. A l'image de l'idole Dylan et de sa « tournée sans fin », Bashung semblait parti pour ne jamais s'arrêter.
Même quand ses jambes le portaient à peine, comme lors des dernières Francofolies de La Rochelle, le résultat était somptueux: un lent blues irradié, une voix grave et pulpeuse, une explosion de chaleur et une communion comme il n'en avait jamais connues. « J'crains plus la mandragore / j'crains plus mon destin /j'crains plus rien », chantait-il tous les soirs. A ses proches, il parlait d'un état second, comme un « nouvel âge où il sentait des vagues d'amour et d'émotion » bousculer les digues et monter vers lui.
Le beau crooner de Gaby atteignait toujours sur scène une forme d'oubli extraordinaire: «Je me sens plein d'une énergie bizarre, nous avait-il confié en 1995. Un drôle d'état. L'impression d'avoir en moi chaque spectateur. Je suis chargé comme une centrale atomique. »
A l'époque, il avait 48 ans et se sentait pour toujours animé du feu sacré. « A 50 ans, j'espère encore me rouler par terre. Je me sens bien ainsi. Ça n'inquiète personne. Au contraire. J'ai un peu de mal à m'extérioriser, alors quand je me laisse aller, mes proches disent: "Tiens, il est heureux!" »

Fragment de Laurent Rigoulet dans Telerama

 

13:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |