10/02/2007

Roman Vishniac

Vishniac1Roman Vishniac est né en 1897 à Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg. Fuyant les persécutions dont est victime la population juive, il s’installe à Berlin en 1920. Lorsqu’en 1933 il sent le danger qui menace les Juifs d’Europe, il se donne pour mission de photographier les communautés d’Europe centrale et orientale, parcourant la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Il en rapporte 16 000 clichés.

 

Réfugié en 1940 aux États-Unis, il essaie sans succès d’attirer l’attention sur le sort des Juifs européens. Ce n'est qu’en 1947 qu'il peut publier ses photographies, dans un ouvrage qui ne peut plus s’appeler désormais qu’Un monde disparu (The Vanished World : Jewish Cities, Jewish People).

 

 

“Je n’ai pas pu sauver mon peuple, j’ai seulement sauvé son souvenir. Pourquoi ai-je fait cela ? Un appareil photo caché pour rappeler comment vivait un peuple qui ne souhaitait pas être fixé sur la pellicule peut vous paraître étrange. Était-ce de la folie que de franchir sans cesse des frontières en risquant chaque jour ma vie ? Quelle que soit la question, ma réponse reste la même : il fallait le faire. Je sentais que le monde allait être happé par l’ombre démente du nazisme et qu’il en résulterait l’anéantissement d’un peuple dont aucun porte-parole ne rappellerait le tourment. [...] Je savais qu’il était de mon devoir de faire en sorte que ce monde disparu ne s’efface pas complètement...” ROMAN VISHNIACVishniacGirlsVishniacBoys

 

une expo est consacrée à une septantaine de photographies de Vishniac au Musée d'Art et d'Histoire du Judaisme.

 

http://www.mahj.org

 

les textes ci-dessus proviennent de ce site

23:08 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie |  Facebook |

Ce n'est pas que Paris m'affole ...

(D'ailleurs, cette fois, je ne vous mets carrément pas de Tour Eiffel).... mais là c'est un peu particulier.

 

night on Paris

 

L'image est lourde : lui laisser le temps de se charger.

 

Et puis, si samedi soir vous contemplez toujours votre lucarne, vous aurez la chance d'y voir mon félin préféré qui, vous le savez, est de tous les plans. Derrière la queue de ma céleste comète, avec un peu de chance, vous entreverrez la Reine des Chats en motion picture. C'est sur rtbf1 dans l'émission "une brique dans le ventre".

01:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

un mythe s'effrite...

http://www.acausedesgarcons.com/2007/01/daniel_radcliff.html

00:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

09/02/2007

Istvan Sandorfi

IstvanSandorfi.Charade

14:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

07/02/2007

Je veux voir Bloc Party à l'AB

Et c'est sold out! Si vous avez un tuyau, merci de m'en faire bénéficier.

 

TwoMoreYearsBlocParty

23:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Why does it always rain on me?

(Is it because I lied when I was seventeen?)

 

Travis

21:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

06/02/2007

OGM : Bon appétit!

Regardez vite ceci : http://video.google.fr/videoplay?docid=-8996055986353195886

12:13 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le marché des vanités

WillemDeKooningLa vraie nouvelle donne de l'année 2007? Les plus values sont si importantes dans le marché de l'art en vogue que tous les plus grands collectionneurs d'art contemporain - ou presque - font du commerce. La tentation est trop grande. Il n'est plus nécessaire de posséder une maison de ventes pour être prêt à céder au plus offrant tous ses Warhol et tous ses Basquiat. Pour le goût du jeu, pour le goût de l'argent. Pour acheter plus encore de jeunes artistes qui vaudront cher et qu'on pourra revendre et encore et encore. Je vends, tu vends, j'existe et je profite de la venue des nouveaux amateurs riches, nombreux et décidés à posséder.

 

C'est dans cette ambiance tumultueuse, hystérique et show off que s'est tenue la foire de Miami. Nourrie par cette anxiété du bénéfice, elle donne naissance à la professionnalisation du statut de collectionneur.

 

Art Basel Miami Beach est une foire à rallonges, dans toutes les acceptions du terme. (…) La palme de la proposition pertinente revient cette année à la galerie new-yorkaise Gavin Brown. L'oeuvre signée du Suisse Urs Fischer (né en 1972) occupait un espace de 8 m2, le reste du stand étant vacant. En fait, il s'agissait d'un espace vide dans lequel, en insistant du regard, on pouvait voir sautiller un paquet de cigarettes vide. Il était décoré d'un dessin caractéristique de chameau, tout ce qu'il y a de plus commun, pendu par un fil transparent qui le reliait très haut à un grand bras électrique qui permettait sa mise en mouvement. La jolie assistante de la galerie a parlé du principe d'addiction provoqué par la cigarette. Elle a aussi évoqué, en pouffant derrière ses mains, l'idée d'une blague de l'artiste. Un post ready-made vendu très rapidement pour 160 000 dollars.

 

A la plage, toutes les dames avaient les escarpins pleins de sable pour visiter les containers, version cheap de la foire. Le grand prix dans la catégorie, « Les pieds dans le sable» est décerné à Aaron Young et à sa galerie de New York Harris Lieberman. Le jeune homme s'est contenté de faire un trou sur le toit du container qui laissait écouler du sable dans la pièce rectangulaire vide dans laquelle entraient les visiteurs. Un sablier géant. Une préfiguration de la mort aussi avec le bruit des pelles des ouvriers qui versent le sable sur le toit métallique. Un excellent exercice de vanité pour cette foire qui le vaut bien.

 

Un papier de Judith Benamou-Huet dans « Art Presse 331 » - février 2007

 

Notez pour info que, quoi qu’en dise Paul Mac Carthy, dans le contexte décrit par Judith Benamou- Huet, un De Kooning ( Untitled XXV) s’est vendu en novembre pour 21.153.600 euros chez Christies à New-York. Si vous avez oublié le genre, le tableau en question est de la même eau que cet autre tableau de De Kooning. Et puis, si vous ne pouvez pas vous figurer ce que représentent 21.153.600 euros, rassurez-vous : on doit être nombreux dans le cas.

07:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art, je n ecris pas |  Facebook |

04/02/2007

Merde d'artiste

PieroManzoniCertes, je n'ai rien inventé. Paul Mac Carthy non plus. C'est dimanche : je chipote et je laisse travailler les autres. Je vous copie-colle un texte joliment écrit concernant le travail de Piero Manzoni. On avance.

"On entend souvent parler de personnes qui ne comprennent rien à l’art contemporain mais adorent celui du passé. Cela provient d’une incompréhension fondamentale de l’art lui-même et nous pouvons être sûrs que ces personnes qui disent ces choses ne comprennent pas plus l’art du passé que celui de notre temps.

 

Parce que comprendre une peinture ou n’importe quelle œuvre ne signifie pas comprendre son sujet mais assimiler son sens.

 

L’art est fait pour communiquer et non pour fournir un décor luxueux.

 

L’art est et a toujours été magique, un objet religieux. Mais les dieux changent, ils changent continuellement, évoluant de la même façon que la société évolue. Chaque instant est une nouvelle étape, à chaque instant une nouvelle civilisation naît.

 

L’artiste est le héraut des nouvelles conditions humaines. Il découvre les nouveaux totems dont chaque époque possède les graines mais de façon inconsciente.

 

Et donc, le concept de l’art, de faire de l’art, le concept de la poésie, ne peuvent pas avoir de sens pour nous, le moment artistique ne réside pas dans ces notions mais en éclairent, en réduisant en images, les mythes universels préconscients". - PIERO MANZONI - 1961

 

 

Piero Manzoni est né à Cremone en 1933 et est décédé brusquement en 1963 à Milan. Après ses premières œuvres, réalisées en 1956, il développe avec son collègue Enrico Baj le groupe Arte Nucleare. Ensuite, il fondera avec l’artiste Enrico Castellani la revue Azimuth qui fut extrêmement importante pour la diffusion et le rassemblement d’une nouvelle esthétique en Europe, celui des mouvements Nul en Hollande, Zero en Allemagne, du Nouveau Réalisme en France et du spatialisme en Italie. Manzoni est considéré comme un artiste pré-conceptuel et ses actions provocatrices rappellent l'esprit dadaïste.En 1957, il crée ses premières œuvres singulières, les achromes, des toiles préparées, fripées et trempées dans du sulfate de calcium et de la colle. Ces œuvres le mettaient en contact avec les artistes qu’il admirait comme Yves Klein pour les monochromes, Lucio Fontana pour ses concepts spatiaux perforés ou incisés et Alberto Burri pour ses sacs suturés et cousus.

 

Souffle d’artiste constitue la première utilisation par Manzoni d’un produit de son corps, présenté sans altération, certifié authentique, exploité en quantité. Alors que 50 cc air de Paris (1949) de Marcel Duchamp avait une charmante connotation culturelle, Manzoni ne plaisantait pas et restituait réellement l’anima ou l’inspiration de l’artiste.

 

C’est un désir naturel des artistes que de vouloir que leurs œuvres leur survivent. Le raisonnement inverse conduisit Manzoni à s’assurer qu’il survivrait à ses corpi d’aria quand il choisit des ballons bon marché qui restituaient l’anima à l’atmosphère et qui retombaient flasques au bout d’un moment.

 

En mai 1961, Manzoni réalisa 90 boîtes de « Merde d’artiste » d’un poids de 30 grammes chacune qu’il proposa à la vente au prix courant de l’or. Après son souffle et les empreintes de son pouce, c'était la troisième et de loin la plus choquante des offrandes de l’artiste, encore que parfaitement compatibles avec celles qui l’avaient précédée. Rappelons que personne ne fit attention au Porte-Bouteilles de Duchamp ni à sa Roue de Bicyclette jusqu’à l’exposition scandale de son célèbre urinoir.

 

Manzoni n’avait aucun besoin de se rebeller contre son environnement ou de s’en exclure ; tout au plus agissait-il selon sa conscience et quelquefois d’une manière insouciante. Il ne voyait aucun conflit fondamental, aussi longtemps qu’il y eut des acheteurs, entre une quête de l’absolu et l’échange de merde contre de l’or.

 

l'origine de ce passage = http://www.i-art-c.org/exposition/0104BB/manzoni.html

17:01 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, art |  Facebook |

03/02/2007

J’ai vu une merde

Un truc de McCarthyCa me soulage de vous le dire. C’était un film d’un Paul Mac Carthy, peintre performer américain (of course), qui s’intitulait « painter » et constituait un objet artistique en soi. L’entreprise est élaborée : il accomplit une performance et la filme. La performance est subventionnée par le Moma de New-York, le film projeté au Moma et les merdes réalisées pendant la performance siègent au Moma sous le statut d’œuvres. Il ne perd pas le Nord ce type.

Dans le film, le type est jambes nues. Il porte une camisole blanche ainsi qu’une perruque et un maquillage dont la trouvaille est constituée d’un gros nez et de gants en latex qui donnent au personnage un coté pataud évoquant la Bécassine de Chantal Goya. Par son look, il fait référence à certains éléments de la culture de masse américaine que nous avons la chance de ne pas connaître. Il prétend devoir faire émerger quelque chose et scande des sons sur un mode frénétique sans oublier le nom de De Kooning qu’il répète en se donnant un air de malade mental, le tout assourdi par le latex. Dans la foulée, il balance des quantités de peinture sur des toiles de 4m2. L’idée générale consistant à parodier l’expressionnisme abstrait. Il singe les rapports névrotiques qu’entretient l’artiste avec son agent, pisse dans une plante, feint de se trancher un doigt au hachoir à viande et se fait humer le cul par un type qui joue le rôle du marchand. Dans la salle, des gens riaient. Tant mieux pour eux.

 

Les notions de « travail » ou de « qualité » n’ont plus cours dans le contexte actuel. Quand un artiste utilise Photoshop, c’est dans ses fonctions les plus rudimentaires et tout le monde s’en contente parce que – à commencer par les galeristes – sinon ses usagers habituels, personne ne connaît la complexité de cet outil. Dès lors, il suffit à un Paul Bury de touiller 3 secondes dans « le Bain » de Ingres avec le filtre «fluidité» et une œuvre est née.

 

C’est l’ombre de Duchamp qui hante tout ça. (Pour lui faire les pieds, j’ai passé son urinoir au filtre « fluidité » (celui de Bury). Ca a donc bien pris 3 secondes).

Inutile de dire que l’impression et l’encadrement prennent plus de temps que la réalisation et que le prix auquel un Bury a pu vendre son touillage du « Bain » n’a pas d’explication rationnelle. Ce n’est pas une œuvre qui se vend mais un nom.

Je n’ai pas vu le film de Matthew Barney. J’ai lu à son sujet qu’on avait eu le tort de le présenter dans une salle de cinema, ce qui amenait forcément les gens à le décoder avec les exigences qu’on impose aux films qu’on voit en salle. Or, disait le commentateur, le film de Barney était d’une indigence technique telle qu’une seule conclusion s’imposait : la place de ce qui prétend au statut d’œuvre est au musée, pas dans la ville. Le film de Mac Carthy m’a fait le même effet : si j’avais filmé le couple de morses qui me sert de voisins au saut du lit avec ma webcam, ça n’aurait pas été pire. C’était d’une indigence à gerber.

 

L’art n’a plus à faire état d’un quelconque savoir-faire. Ca c’est une idée complètement réac. Le propre de l’art aujourd’hui consiste à manifester le génie conceptuel de l’artiste et à se trouver dans des lieux qui proclament « ce que vous trouvez ici est de l’art ». Il ne s’agit que de continuer à vérifier la prégnance hypnotique du ready-made. Et tant qu’à faire, je parie que le fait de pisser dans la plante était un hommage à Duchamp, le Père Eternel.

 

Marcel Duchamp - LaToilette ready-made en 1917 et son avatar fluidifié

17:28 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art |  Facebook |

01/02/2007

Rififille à Ubuland

Ingrid Colicis"Un show qui jette un froid", titre un Didier Albin goguenard.Il y avait des sous pour l'hébergement d'urgence à la Région wallonne : la Ville n'a rien sollicité. Colicis dénonce. En réclamant le mois dernier un « plan Marshall de la grande pauvreté» à Charleroi, Ingrid Colicis (PS) avait déjà annoncé à sa majorité communale la couleur d'une mandature qu'elle entendait placer sous le signe du « retour du coeur ».

Ses camarades qui avaient condamné son impertinence ont dû la trouver plus arrogante encore ce lundi, lors du conseil. Profitant d'une interpellation de la conseillère Ecolo Anne Cattiez sur la problématique du « sans-abrisme », Colicis a littéralement carbonisé le collège sous les applaudissements d'une poignée de SDF et de travailleurs sociaux venus assister aux débats. Ils ont soutenu avec la même ferveur celles qui partagent leurs tentes en bord de Sambre : Anne Cattiez et Fabienne Manandise (CDH) qui ont relayé leur impatience de voir changer les choses et « d'obtenir du concret dès demain ».

C'est Ingrid Colicis qui s'est montrée la plus revendicative. Le ton de ses répliques a fait monter la tension dans le groupe socialiste, après une explication entre leséchevins Parmentier et Massin sous le regard d'un bourgmestre imperturbablement souriant.

Il faut dire que Marc Parmentier, le président du CPAS, avait cherché l'incident : à l'entendre, la proposition de convoquer une table ronde sur la coordination entre les intervenants sociaux du « sans-abrisme » satisfaisait les revendications des SDF. Pour le reste, il s'était réjoui de la décision d'établir dans les communes de l'arrondissement un inventaire des bâtiments publics inoccupés, à l'initiative des présidents de CPAS. Et il avait appelé de ses voeux l'amorçage d'un fonds de cohésion sociale, financé par l'Europe, pour améliorer les conditions de vie des pauvres.

Un supplément de 1,72 million d'euros

Marc Parmentier avait surtout commis l'erreur d'inviter Ingrid Colicis, élue à la Région, à demander des comptes à la ministre de tutelle, Christiane Vienne. Or, des comptes, Ingrid Colicis en demande régulièrement depuis 2005. En 2 ans elle a interpellé la ministrte Vienne a cinq reprises à ce propos. Ingrid Colicis a ainsi appris qu'un montant de 1,72 millions d’euros avait ete affecte à l'accueil et à l'hébergement d'urgence dans le cadre du budget 2007, qu'une augmentation du même ordre était réservée pour les cinq relais sociaux, que les six services d'insertion allaient profiter d'une majoration de 71.000 euros, Elle a enfin, et surtout, appris que Charleroi ne s'était pas donné la peine de demander quoi que ce soit.

Un silence de quelques seconde a glacé sa majorité quand elle a balancé cette vérité dans la salle du Conseil. C 'était dur. Colicis s'est ensuite attaquée à l’échevin du logement, avec la même rage au ventre, pour déplorer son manque de volonté politique d'agir dans l'urgence. Massin en est resté coi".

Un papier de Didier Albin paru dans Le Soir de mercredi.

Youhou!

18:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

30/01/2007

Phone Plus....Ca vient

Phone Plus

Pf ! Si un journaliste lit ces lignes, qu’il sache que je lui flanque un coup de pied au cul (ca me fait du bien).

Récemment j’ai passé du temps avec des journalistes que je ne connaissais pas et je leur ai fait part de ce constat paradoxal = « vous cherchez de l’info et quand on vous en apporte, vous faites la fine bouche ». La personne n’a rien trouvé de mieux que de me dire : « C’est vrai, ça… ».

Donc, Heureusement que j’ai des potes journalistes…Ca a permis de faire un peu de bruit…je relance encore sans conviction une ou deux personnes mais bon… personne ne m’a rien demandé après tout…Qu’est-ce que j’ai besoin de jouer les Don Quichotte au lieu de m’amuser avec mes legos?

SudPresseEn annexe, l’article pas mal torché du groupe Sud Presse pour lequel la Reine des Chats a accepté de passer pour une quidame Lambda. Je retire la photo par pudeur. (Je sais = 32.849 personnes l'ont vue, ma tête....Mais, je sais que je peux compter sur votre indulgence, vous qui savez qui je suis....‘Toute façon, préparez-vous : vous pourrez bientôt assister à l’épiphanie de la Reine des Chats et de son félin préféré dans votre lucarne. Et tout ça, sans loup rouge ni déguisement de quidame Lambda. Oulà !)

Ici en-dessous, du neuf, tout de même….

Suite à ma plainte, un inspecteur du Ministère des Affaires Economiques m’a adressé un courrier annonçant qu’ils allaient procéder à une enquête auprès de PhonePlus eux-mêmes…..

Pour le chauffer un peu, je lui ai envoyé une petite réponse que voici :

«Suite à votre récent courrier, je souhaite vous apporter les informations suivantes.

Conformément à ce que j’avais laissé entendre à Geneviève Bruynseels, directrice de la communication des Carrefours où les faits ont eu lieu, j’ai « fait du bruit ». J’ai ainsi contacté des journalistes. Les quelques-uns qui ont réagi m’ont tous rapporté la même situation : quand ils ont cherché à vérifier mes dires en s’adressant à Phone Plus, les employés ont fait barrage et ne les ont jamais dirigés vers un interlocuteur qualifié. Ces journalistes sont Didier Albin du Soir de Charleroi, une jeune stagiaire qui travaillait pour Françoise Baré de la Rtbf Charleroi ainsi que Michel Declercq qui signe l’article du groupe SudPresse ci-joint. Lorsqu’ils se sont adressés à Monsieur Bertrand, directeur du Carrefour de Gosselies, ils se sont également heurtés à un mur de silence.

Dans la mesure où il y a eu une parution dans la presse, pas mal de gens m’ont parlé. J’ai ainsi découvert que ces actes sont extrêmement fréquents et concernent bien d’autres fournisseurs de services que Phone Plus qui vont jusqu’à sonner aux portes des particuliers lesquels signent, cédant à l’intimidation (c’est du moins ce qui m’a été rapporté). Les uns ont mentionné Essent, les autres Electrabel…Cette énumération n’est pas exhaustive : dans la mesure où je ne suis mandatée par personne et n’ai pas la force à moi seule de me mobiliser efficacement, je n’ai pas poursuivi. En ce qui me concerne, les procédés de Phone Plus ne m’ont pas été préjudiciables financièrement. S’ils avaient agi différemment, je les aurais probablement adoptés pour l’ensemble de mes besoins en téléphonie. En ce qui concerne d’autres fournisseurs de services, beaucoup de gens se sont plaints de l’augmentation des coûts que cela avait entrainée.

J’ai par ailleurs constaté que les gens sont peu enclins à se plaindre : ils sont résignés ou craignent les représailles, ce qui, je crois, rend un peu vaine la petite mobilisation citoyenne que je suis péniblement parvenue à susciter.

En espérant que cela puisse amener des mesures qui protègent davantage le citoyen, je vous remercie pour les suites que vous donnerez à ma plainte, »

Et c’est ainsi que mon chat est céleste.

21:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : phone plus |  Facebook |

29/01/2007

Night on Earth

EarthFromAboveSi on ignorait ce que ça implique on finirait par trouver ça beau.

 

Allez! Changeons-nous les idées! http://www.youtube.com/watch?v=agKs4Nr22jQ

22:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, cinema |  Facebook |

28/01/2007

Peindre, ça vous inspire ?

Villa dEsteJ’organise un stage fin septembre 2007 en Italie.

 

Voilà l’occasion de cumuler de belles aventures : apprendre sur de vrais murs (et non sur des panneaux rikiki qui ne vous laissent aucun souvenir) dans un lieu sympa pour plein de raisons et, of course, dans une ambiance détendue et néanmoins attentive.

 

Vu le contexte, j’ai prévu un séjour de 7 jours : 5 pour le stage et deux pour la détente.

 

Si cela vous dit, ouvrez le pdf d’info dont voici le lien :

 

http://www.tiepolo.be/stages/Stage.de.peinture.en.Italie.pdf

 

18:55 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins |  Facebook |

Le géant egoiste

ZwergerLeGeantEgoisteTous les après-midi, en revenant de l’école, les enfants allaient jouer dans le jardin du Géant.

 

C’était un grand et ravissant jardin avec une douce herbe verte. Çà et là, sur l’herbe, il y avait de belles fleurs qui ressemblaient à des étoiles,et il y avait douze pêchers qui, au printemps, s’épanouissaient en délicates floraisons couleur de rose et de perle, et, en automne, portaient des fruits magnifiques. Les oiseaux, assis sur les arbres, chantaient si joliment que les enfants s’arrêtaient de jouer pour les écouter. « Comme nous sommes heureux ici ! » s’écriaient-ils.

 

Un jour, le Géant revint. Il était allé visiter son ami, l’Ogre de Cornouailles, et était resté sept ans avec lui. Au bout de sept ans, il avait dit tout ce qu’il avait à dire, car sa conversation était limitée, et il avait décidé de retourner dans son château.

 

Quand il arriva, il vit les enfants jouer dans le jardin.

 

« Que faites-vous ici ? » s’écria-t-il d’une voix très rude, et les enfants s’enfuirent. « Mon jardin à moi est mon jardin à moi », dit le Géant ; « tout le monde peut comprendre cela, et je ne laisserai personne d’autre que moi y jouer. » Et il construisit tout autour un mur très haut et mit un écriteau :

 

DEFENSE D’ENTRER SOUS PEINE D’AMENDE

 

C’était un Géant très égoïste.

 

Les pauvres enfants n’avaient plus d’endroit pour jouer. Ils essayèrent de jouer sur la route, mais la route était très poussiéreuse et pleine de gros cailloux et ils n’aimaient pas cela. Après avoir appris leurs leçons, ils erraient autour du mur en parlant du beau jardin qui était à l’intérieur. « Comme nous y étions heureux ! » disaient-ils entre eux.

 

Puis vint le Printemps, et partout dans les champs il y avait de petites fleurs et de petits oiseaux. Dans le seul jardin du Géant Egoïste c’était encore l’Hiver. Les oiseaux se souciaient peu d’y chanter, puisqu’il n’y avait pas d’enfants, et les arbres oubliaient d’y fleurir. Un jour, une belle fleur sortit sa tête de l’herbe, mais quand elle vit l’écriteau, elle fut si peinée pour les enfants qu’elle se glissa de nouveau dans la terre et se remit à dormir. Les seuls satisfaits étaient la Neige et le Gel. « Le Printemps a oublié le jardin », s’écriaient-ils, « de sorte que nous vivrons ici toute l’année. » La Neige couvrit l’herbe de son grand manteau blanc et le Gel peignit d’argent tous les arbres. Puis ils invitèrent le Vent du Nord à demeurer avec eux, et il vint. Il était enveloppé de fourrures et mugissait tout le jour dans le jardin, et renversait les cheminées. « Voilà un endroit délicieux », dit-il, « il faut que nous invitions la Grêle. » Et la Grêle vint. Tous les jours, pendant trois heures, elle crépitait sur le toit du château jusqu’à ce qu’elle brisât la plupart des ardoises, puis elle courait tout autour du jardin aussi vite qu’elle pouvait. Elle était habillée de gris et son haleine était comme de la glace.

 

« Je ne comprends pas pourquoi le Printemps tarde tant à venir , disait le Géant Egoïste, tandis qu’il restait assis près de la fenêtre et regardait son jardin froid et blanc. J’espère que le temps va changer. »

 

Mais le Printemps ne vint jamais, pas plus que l’Eté. L’Automne donna des fruits d’or à tous les jardins, mais n’en donna aucun au jardin du Géant. « Il est trop égoïste », disait-il. Aussi l’Hiver y régnait-il toujours et le Vent du Nord, la Grêle, le Gel et la Neige y dansaient-ils parmi les arbres.

 

Un matin, le Géant était éveillé dans son lit quand il entendit une musique ravissante. Elle résonna si agréablement à ses oreilles qu’il pensa que ce devaient être les musiciens du Roi qui passaient par là. En réalité, ce n’était qu’un petit linot qui chantait dehors, près de la fenêtre, mais il y avait si longtemps qu’il n’avait entendu un oiseau chanter dans son jardin que cela lui parut la plus belle musique du monde. Alors la Grêle s’arrêta de danser au-dessus de sa tête, et le Vent du Nord cessa de mugir, et un doux parfum monta jusqu’à lui par la fenêtre ouverte. « Je crois que le Printemps est enfin venu », dit le Géant ; et il sauta du lit et regarda dehors.

 

Que vit-il ?

 

Il vit le plus merveilleux spectacle. A travers un petit trou dans le mur, les enfants s’étaient glissés à l’intérieur, et ils étaient perchés sur les branches des arbres.

 

Dans chacun des arbres qu’il apercevait, il y avait un petit enfant. Et les arbres étaient si contents du retour des enfants s’étaient couverts de fleurs et agitaient doucement les bras au-dessus de la tête des enfants. Les oiseaux voletaient et gazouillaient avec délice, et les fleurs regardaient à travers l’herbe verte et riaient. C’était un bien charmant spectacle, mais dans un seul coin c’était encore l’Hiver. C’était le coin le plus reculé du jardin, et il y avait là un petit garçon. Il était si petit qu’il ne pouvait atteindre les branches de l’arbre, et il errait tout autour en pleurant amèrement. Le pauvre arbre était encore tout couvert de neige et de givre, et le Vent du Nord soufflait et mugissait au-dessus de lui. « Grimpe, petit garçon », disait l’Arbre, et il abaissait ses branches aussi bas qu’il pouvait, mais l’enfant était trop petit.

 

Et le coeur du Géant s’émut en regardant dehors. « Comme j’ai été égoïste », dit-il ; « maintenant je sais pourquoi le Printemps ne voulait pas venir ici. Je vais mettre ce pauvre petit garçon tout en haut de l’arbre, et je démolirai le mur, et mon jardin sera à jamais la cour de récréation des enfants. » Il était vraiment très fâché de ce qu’il avait fait.

 

Alors il descendit sans bruit l’escalier, ouvrit très doucement la porte et pénétra dans le jardin. Mais quand les enfants le virent, ils furent si effrayés qu’ils s’enfuirent, et dans le jardin ce fut de nouveau l’hiver. Seul le petit garçon ne s’enfuit point, car ses yeux étaient si pleins de larmes qu’il ne vit pas le Géant s’approcher. Et le Géant s’avança sans bruit derrière lui, le prit doucement dans sa main et le posa dans l’arbre. Et l’arbre se couvrit aussitôt de fleurs, et les oiseaux vinrent y chanter, et le petit garçon étendit ses deux bras et les jeta autour du cou du Géant, et l’embrassa. Et quand les autres enfants virent que le Géant n’était plus méchant, ils revinrent en courant, et le Printemps revint avec eux. « C’est votre jardin, maintenant, petits enfants » dit le Géant, et il prit une grande hache et fit tomber le mur.

 

Et quand tous les gens allèrent au marché à midi, ils virent le Géant en train de jouer avec les enfants dans le plus beau jardin qu’ils eussent jamais vu.

 

Ils jouèrent tout le jour, et, le soir, ils vinrent dire au revoir au Géant.

 

« Mais où donc est votre petit compagnon ? » demanda-t-il, « celui que j’ai posé dans l’arbre. » Le Géant l’aimait mieux que les autres parce qu’il l’avait embrassé.

 

« Nous n’en savons rien, répondirent les enfants, il est parti. »

 

« Il faut que vous lui disiez de venir demain », dit le Géant.

 

Mais les enfants répondirent qu’ils ne savaient où il habitait et ne l’avaient jamais vu auparavant et le Géant en fut très triste.

 

Tous les après-midi, après l’école, les enfants vinrent jouer avec le Géant. Mais on ne revit jamais le petit garçon que le Géant aimait. Le Géant était très bon pour tous les enfants, mais il désirait revoir son premier petit ami et parlait souvent de lui. « Comme j’aimerais le voir ! » disait-il.

 

Les années passèrent, et le Géant devint très vieux et très faible. Il ne pouvait plus jouer, de sorte qu’il restait assis dans un fauteuil immense, regardait les jeux des enfants et admirait son jardin. « J’ai beaucoup de belles fleurs », disait-il, « mais les enfants sont les plus belles fleurs de toutes. »

 

Un matin d’hiver, il regardait par la fenêtre en s’habillant. Il ne détestait plus autant l’hiver, car il savait que c’était simplement le Printemps endormi, et que les fleurs se reposaient. Soudain, émerveillé, il se frotta les yeux et regarda fixement. C’était certainement une vue merveilleuse. Dans le coin le plus reculé du jardin, il y avait un arbre tout couvert de ravissantes fleurs blanches. Ses branches étaient toutes dorées et des fruits d’argent y étaient suspendus, et, au-dessous, se tenait le petit garçon qu’il avait aimé.

 

Dans sa joie, le Géant descendit en courant l’escalier et pénétra dans le jardin. Il traversa l’herbe en toute hâte et arriva près de l’enfant. Et quand il fut tout près, son visage rougit de colère, et il dit : « Qui a osé te blesser ? » Car sur les paumes de l’enfant il y avait l’empreinte de deux clous, et il y avait aussi l’empreinte de deux clous sur les petits pieds.

 

- Qui a osé te blesser ? s’écria le Géant, dis-le-moi afin que je prenne mon grand sabre et que je l’abatte !

 

- Non ! répondit l’enfant, car ce sont les blessures de l’Amour.

 

- Qui donc es-tu ? dit le Géant, et une crainte étrange s’empara de lui, et il s’agenouilla devant le petit enfant.

 

Et l’enfant sourit au Géant et lui dit : « Un jour, tu m’as permis de jouer dans ton jardin ; aujourd’hui c’est toi qui m’accompagneras dans mon jardin, qui est le Paradis. »

 

Et ce jour-là, quand les enfants coururent au jardin, dans l’après-midi, ils trouvèrent le Géant couché sous l’arbre, mort et tout couvert de fleurs blanches.

 

 

 

Ce sont mes pérégrinations aux limites qui vous valent ce conte d’Oscar Wilde. Le vieux bonhomme que j’ai vu dans son cercueil était beau à regarder : il avait le teint diaphane, la peau rosée, il était joliment maquillé, tout frais, un maquillage façon Blanche Neige. En plus, ce vieux loup-là ressemblait au Scrooge d’UN CONTE DE NOEL de Dickens dans la version de mon idole illustratrice autrichienne, Lisbeth Zwerger. Et comme, tout compte fait, Lisbeth Zwerger clone ses vieillards, c’est le GEANT EGOISTE que je vous sers aujourd’hui.

10:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, peinture |  Facebook |

27/01/2007

On va se gêner, tiens...

LuigiFiorilloVoilà une idée d'enfer : la prochaine fois que j'irai aux pompes funèbres, j'essaierai un cercueil.

 

Sais pas si c'est une légende, j'ai lu qu'à la fin de sa vie, Sarah Bernhardt dormait dans un cercueil.

 

Celui-ci, c'est l'explorateur Luigi Robecchi-Briccheti dans un sarcophage vers 1880.

 

Une photo de Luigi Fiorillo. Vu la disposition du décor, on peut supposer qu'il s'agit d'une photo de studio.

 

09:44 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

25/01/2007

Les pompes et mes œuvres

79Voilà les 3 toiles in situ.

 

Les cercueils étaient occcupés.

 

J’ai fini par cesser de m’effaroucher et j’ai bel et bien vu un macchabée et même deux.

 

Le vieux monsieur était tel qu’on décrit habituellement les défunts : il semblait fait en cire.rose

 

Les bouquets du salon rose étaient joliment assortis au décor.

 

La cliente m’a amenée dans le salon funéraire bleu et m’a dit que l’enfant du centre sur la toile, c’était trop triste, que ça lui faisait penser au petit BB qu’elle a perdu.

 

Mais il y a pire…J’ai fait un ancrage olfactif, du genre « madeleine de Proust » : je me suis fait une madeleine funéraire. Ce soir, j’avais une réunion ailleurs où régnait le parfum qui flotte dans le 90funérarium.

 

Cette odeur est inscrite à jamais dans ma cavité nasale! Arf !

21:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins, humeurs funebres |  Facebook |

David Bowie est-il un Maximonstre ?

david_bowie_9C’est vrai que, par moments, selon les circonstances, le look de Bowie, c’était pas tout à fait ça. Mais ça tombe plutôt bien parce que « ça », c’est plus ou moins ce à quoi correspondent les Maximonstres : les pulsions, les choses pas très glorieuses qui sommeillent en nous et qui s’expriment malgré nous et peuvent donner de nous une image pas favorable.

 

Alors Bowie et les Maximonstres ?

 

Eh bin Bowie a joué dans un film pas réussi du tout de Jim Henson (le réalisateur du Muppet Show et du transcendant Dark Crystal) qui s’intitulait « Labyrinthe ». Or, la trame narrative de ce film est inspirée de « Quand Papa était loin »,un livre pour enfants de Maurice Sendak, l’auteur de Max et les Maximonstres. Voilà pour le lien entre Bowie et les Maximonstres...

 

Max et les Maximonstres a maintenant presque 40 ans. Certes, il est le cadet de Martine et Barbie et il le prouve : il est turbulent en diable. On dirait même que, loin de la vision édénique que véhiculent les deux nymphettes en question, Sendak a eu une inspiration assez visionnaire (dans les années ’60…rendez-vous compte : à une époque où je baissais les yeux en passant devant mon instit et où je portais un tablier à l’école), puisque l’infernal Max est le prototype de 50 % des enfants actuels (ma copine Nathalie, psychomotricienne angélique et motivée m’a dit qu’actuellement, 50% des petits enfants étaient hyperagités…)… A l’époque, le livre de Sendak a d’ailleurs fait scandale. Figurez-vous qu'on lui reprochait de saper l’autorité parentale (Max tenait tête à sa maman. A mon sens, une question pertinente serait « mais où donc se trouvait Papa? »…)

 

Le motif narratif de « Labyrinthe » est donc directement inspiré de « Quand Papa était loin » : une petite fille se voit confier la garde de son bébé de frère. A peine tourne-t-elle le dos, les kobolds ont substitué un bébé kobold au petit frère. Voilà qui suscite la quête : l’histoire commence.

 

Maurice Sendak est une « icône » de la littérature pour enfants : ses dessins sont atypiques, ses personnages pas beaux, ses enfants souvent infects, ses histoires pleines de malaise et de mélancolie. Aux USA, il a déjà fait l’objet de thèses universitaires tant son univers narratif est dense symboliquement…Et pour cause…Je suppose que vous devinez vaguement que « Sendak », ce n’est pas très américain, comme consonance….La Famille de Sendak vient d’Europe de l’Est : il est issu d’une famille juive polonaise qui a fui entre les 2 guerres.

 

Je cite ici un fragment de bio que j’ai déniché je ne sais plus où sur internet (si l’auteur s’y retrouve, qu’il ou elle reçoive mes excuses ). « À la maison, on parle l’anglais et le yiddish. Le père, qui exerce le métier de tailleur, est un conteur né dont les récits sur son village, Zembrova, fascinent les trois enfants. Maurice Sendak racontera plus tard que son enfance fut illuminée « par les souvenirs de la vie au village en Pologne, une vie que je n’ai jamais réellement vécue mais que mes parents m’ont transmise comme une réalité concrète ». Lorsque Maurice accomplit sa bar-mitsva, en 1941, ce monde-là est en cours de destruction. De la famille restée en Pologne il n’y aura aucun survivant. La perte est d’autant plus sensible que les noms et les visages sont devenus familiers aux enfants, par les albums de photos qu’ils regardent souvent. Plus tard, l’illustrateur Maurice Sendak fera de ces proches assassinés les personnages anonymes de ses dessins. (…)

 

En 1985, Maurice Sendak illustre un recueil de contes de son père (In Grandpa’s House, par Philip Sendak) : on y retrouve les visages des membres de sa famille et une synagogue de Pologne détruite par les nazis. En 1987 il publie "Chère Mili", un conte écrit par Wilhelm Grimm en 1816 mais resté inédit et découvert en 1983. Le thème est d’une étrange actualité pour un lecteur du vingtième siècle : une petite fille est envoyée par sa mère dans une forêt car des soldats vont envahir le village et l’enfant est en danger. Maurice Sendak, qui a travaillé sur les illustrations au cours du procès intenté en France au criminel nazi Klaus Barbie, a multiplié les références explicites à la Shoah : une tombe inspirée de celle du rabbi Loew au cimetière de Prague, un village inspiré de celui d’Izieu et des portraits d’enfants inspirés de l’album de famille de Sendak (avec, en plus, un portrait d’Anne Frank). Pour les jeunes lecteurs, cependant, ce n’est rien d’autre qu’une belle histoire de Grimm ».

 

 

De par sa mélancolie ainsi que son goût pour l’étrange, la facétie et le travestissement, on décèle dans l'univers de Maurice Sendak une proximité avec celui de Isaac Bashevis Singer dont il fut l’ami.

 

 

Pas mal de petits enfants imaginent un jour n’être pas les rejetons de leurs parents mais bien les enfants de princes auxquels ils ont été ravis pour un motif ou un autre. « Quand Papa était loin » évoque autre chose puisqu'il s'agit d'un cas de substitution d’enfant. Ce genre de récit relève des traditions slaves ou scandinaves.

 

Dans « Tout ce que j’aimais » de Siri Hustvedt, un enfant se met à générer auprès de son entourage un sentiment d’incompréhensible étrangeté telle que les parents se mettent soudain à penser à cette légende de l’enfant substitué.

 

Ce qui est intéressant -, et bien sûr, dans sa puissance démiurgique, l’auteur n’est en cela pas innocente - c’est que le père de cet enfant, un plasticien qui au fil de la narration se forge une solide aura, s’appelle William Wechsler, dont le nom à lui seul est tout un programme dès lors que « Bill », substitut de « Will » est un radical d’origine germanique désignant la volonté tandis que « Wechsler » désigne celui qui « substitue, effectue une permutation ».

 

Sendak. WhereTheWildThingsAreDans le récit - on peut le constater à loisir – Bill sature sa production d’une charge symbolique pléthorique. Le signe et le symbole, comme, on le sait, ont pour fonction de représenter, d’évoquer autre chose qu’eux- mêmes. Ainsi en va-t-il du langage qui, par convention, évoque quelque chose existant dans le réel ou l’imaginaire. Or, le propre de Mark Wechsler, l’enfant de Bill, c’est de manipuler le langage comme une entité autonome dépourvue de référent mais ayant juste pour fonction de manipuler les autres en leur offrant le spectacle, l’apparence de ce qu’ils attendent de lui. En cela, Mark est un enfant Potemkine, un spectre, un simulacre n’agissant qu'en tant qu'objet du désir d’autrui et, pour le reste, cédant à l’hybris, aux pulsions les plus morbides et arbitraires. En cela, peut-être la face noire de Mark correspond-elle au référent incarné des créations de son père.

 

Il est également intéressant de constater que le personnage de Bill, le père plasticien, se passionne pour la symbolique, la mythologie, la tradition orale et particulièrement les contes de Grimm et que tout comme Maurice Sendak, ce personnage de fiction d’origine juive a perdu une partie de sa famille où vous savez.

 

Dans l’ambivalence d’une écriture plurielle tendue entre émotion et morbidité, Sendak traduit la Shoah sur un mode toujours renouvelé. Il considère que c’est la nature même de sa vie créatrice et de son travail. « Je n’essaie pas de susciter à nouveau la douleur, dit Sendak. Ce que je veux, c’est trouver une manière de lui échapper, de la transcender. ».

 

Et Siri Hustvedt, que fait-elle?

00:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, peinture, je seme donc j entends |  Facebook |

21/01/2007

aha!

http://video.google.com/videoplay?docid=-1542889706839434896

23:53 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

18/01/2007

Bin mon cochon…

On connaît Wim Delvoye, l’un des plus illustres témoins de l’art belge dans le monde entier.

 

Son trip actuel depuis un moment, ce sont les cochons tatoués. Il en possède plusieurs élevages en Chine. Il les tatoue lui-même, en fait tanner les peaux, les fait empailler… Tout cela parcimonieusement : il ne faudrait pas brûler son fond de commerce par les deux bouts.

 

Si cela vous dit, voyez ici : http://www.wimdelvoye.be

 

Delvoye.FeehanLes cochons tatoués, c’est un concept qui a vu le jour aux USA dans la tête de Andy Feehan. C’était l’objet de sa thèse de fin d’études à l’Université du Texas en 1976.

 

Si cela vous dit, voyez là : http://www.centripedus.com/afa/pigtitle.html

 

 

ps : méfiez-vous des apparences : le petit cochon de Delvoye sur la photo de gauche n'est pas à confondre avec l'armada de cochonnettes mignonnettes qui incarnaient Babe au cinema : celui-ci est empaillé...c'est légèrement différent dans le principe...

21:53 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie |  Facebook |

17/01/2007

La confusion des genres (Tout est dans tout)

St Nicolas

19:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

16/01/2007

Inévitablement,

Les grandes oeuvres d'art possèdent cette qualité que j'appelle "excès" ou "pléthore", qui échappe à l'oeil de l'interprète.

 

In SIRI HUSTVEDT, "Tout ce que j'aimais"

23:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

15/01/2007

Phone plus ou moins

Phone PlusAprès le long assoupissement des fêtes, le monde s’est éveillé. J’ai donc bougé. Vendredi, j’ai envoyé à une série de journalistes le mail dont vous lirez le texte ci-dessous. Le matin même, j’ai obtenu plusieurs réactions. La rtbf radio de Charleroi adopte le sujet et le groupe SudPresse (6 journaux : la Meuse pour Liege, la Nouvelle Gazette pour Charleroi, Nord Eclair pour Tournai, La Capitale, la Province pour Mons, le Quotidien de Namur) a réagi très promptement puisque l’article de Nord Eclair est déjà paru samedi. Pour la suite, je continue à battre la campagne cette semaine. Vous verrez que je n’ai pas mis l’accent sur Phone Plus. Ayant discuté avec d’autres personnes également concernées, j’ai eu confirmation que Phone Plus n’avait pas l’exclusive en matière de manipulation indélicate. Et puis, l’objectif de la petite campagne que je mène n’est pas de tordre le nez à ces sociétés contre lesquelles nous ne pourrons rien mais au moins de permettre aux personnes de défendre leur...dignité…mais oui!

 

LE MAIL :

 

Objet : solliciter votre engagement dans une action de défense du droit de citoyens confrontés à une escroquerie massive.

 

Madame,

 

Dans le cadre de la libéralisation des marchés, des opérateurs de tous ordres ont recruté leur clientèle via des démarches marketing parfois douteuses.

 

Les annexes vous décriront un exemple concret du modus operandi de l’un de ces opérateurs.

 

La manipulation est tellement bien conçue que le document falsifié – par lequel on fait de vous un client malgré vous - prend les allures d’un contrat en bonne et due forme tel que la victime de l’escroquerie est contrainte de s’incliner. Vu le caractère recevable du document en question, le Ministère Fédéral de l’Economie ne peut prendre en compte une telle plainte que si elle est réitérée de façon signifiante.

 

Après vérification auprès du directeur de la grande surface où ces actions ont eu lieu - le Carrefour de Gosselies – il s’avère que les opérateurs indélicats sont nombreux. Leur manière de procéder est d’autant plus blâmable qu’elle vise une clientèle fragile : des femmes et des personnes âgées qui constituent l’essentiel de la clientèle des grandes surfaces, autrement dit, des personnes quasi résignées par avance devant l’évidence de leur vulnérabilité.

 

En réponse à mes interpellations, Geneviève Bruynseels, Directrice de la Communication de l’ensemble des Magasins Carrefour m’a fait part de son intention de cesser toute collaboration avec l’opérateur sur lequel j’ai focalisé l’attention (Phone Plus). Elle n’a toutefois pas donné de suite favorable à la demande que je lui ai adressée de mettre à la disposition de la clientèle lésée - sous format papier – le formulaire de plainte édité par le Ministère fédéral de l’Economie – qui permettrait à un ensemble de personnes lésées de se plaindre en nombre signifiant.

 

Dans une ambiance de crise où l’urgence de se mobiliser devient aigue, il est consternant de constater combien les pouvoirs politiques et économiques continuent de recourir à des stratégies (« panem et circenses » et « diviser pour régner ») aussi cyniques qu’éculées.Comment s’étonner dès lors de l’(hypothétique) égocentrisme du citoyen quand celui-ci ne se voit plus traiter que comme une vache à lait décérébrée et dépourvue de dignité ?

 

Dans ce contexte où de nombreuses personnes éprouvent un double sentiment de honte et d’humiliation et où le terme « consommateur » s’est insidieusement substitué à celui de « citoyen » , il est essentiel que ceux qui disposent d’une tribune fassent ce geste qui consiste à défendre la dignité de ceux qui se résignent par manque de moyen.

 

Concrètement, je vous demande de faire ce geste minimum qui consiste à informer les citoyens de la possibilité de se plaindre, sachant qu’un ensemble de plaintes individuelles rendra la cause recevable.

 

(Vu le caractère indistinct du public concerné, je précise qu’il est nécessaire que plusieurs médias diversement ciblés se mobilisent).

 

Ils peuvent le faire de deux manière différentes :

 

1/ en téléchargeant le formulaire de plainte édité par le Ministère de l’Economie du Gouvernement Fédéral à l’adresse suivante :

 

http://mineco.fgov.be/protection_consumer/complaints/form_complaint_consumer_fr.doc form_complaint_consumer_fr.doc>

 

2/ En demandant le formulaire de plainte au Ministère de l'Economie au 02 277 54 85

 

 

Depuis l'envoi de ce mail, chacun des journalistes avec qui j'ai parlé m'a dit la même chose : lorsqu'ils on tenté de recouper en demandant leur point de vue à la direction de l'hypermarché et de Phone Plus, ils ont été éconduits....Ca, c'est communiquer!

14:53 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : phone plus |  Facebook |

12/01/2007

Flames to dust

Richter-TwoCandlesje suis branchée DD : je l’oubliais.

 

Si ma dépouille est recyclable, je souhaite qu’on prélève ce qui l’est et qu’on la laisse ensuite s’envoler en fumée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une peinture de Gerhard Richter

00:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs funebres, peinture |  Facebook |

11/01/2007

To be or not to be inspired

Pages de CRRG_test_2007il y a les profs inspirés

 

 voeux 2007 pas nets les profs moins inspirés

 

vraisvoeux2007et - ouf! -les justiciers masqués...

23:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie |  Facebook |

Araki : l'épilogue

ArakiEt voilà : ça se termine.

 

Le vernissage des prochaines expo a lieu le vendredi 26

 

Voici le lien vers le site du Musée de la Photo. Pour l'instant, il n'annonce pas les prochaines expos. http://www.museephoto.be

 

 

 

 

 

ps : jetez un oeil ici : http://h2so4.skynetblogs.be/archive-month/2006-09

10:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie |  Facebook |

10/01/2007

Automythologie

dali-JeanDieuzaide«(Nietzsche) C'était un faible qui avait eu la faiblesse de devenir fou, alors que dans ce domaine l'essentiel est de ne pas devenir fou! Ces réflexions me fournirent les éléments de ma première devise, celle qui deviendrait le thème de ma vie: "L'unique difference entre un fou et moi, c'est que moi je ne suis pas un fou!" (...) Même par les moustaches, j'allais surpasser Nietzsche! Les miennes ne seraient pas déprimantes, catastrophiques, accablées de musique wagnérienne et de brumes. Non! Elles seraient effilées, impérialistes, ultra rationalistes et pointées vers le ciel, comme le mysticisme vertical, comme les syndicats verticaux espagnols . »

 

Salvador Dali – Journal d’un Génie – ed. La Table ronde. 1964. pp. 20-21

 

Une photographie de Jean Dieuzaide

12:18 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie, peinture |  Facebook |

09/01/2007

la tete ailleurs

DianeArbusDiane Arbus

16:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie |  Facebook |

08/01/2007

Le portrait

sanderPour Sander le portrait est un autoportrait assisté. Sander privilégie la pose frontale. Les pictorialistes, eux, préféraient la vue de ¾, qui permet de montrer un sujet abîmé dans ses pensées et au photographe de donner à croire qu’il a réussi à capter le sujet dans un moment important, dans le moment le plus significatif même. La vue frontale, qui est la seule image que le sujet peut avoir de lui-même, ne révèle pas d’autre pensée que celle de la confrontation avec l’appareil. Avec la vue frontale, c’est non seulement le photographe qui paraît présenter le modèle, mais ce dernier qui semble se présenter à lui.

 

La séance de préparation est longue, plusieurs heures. Il faut que le sujet trouve une pose qui le satisfasse ou qu’il assume de bon gré ou même avec fierté. La pose est longue - 2 à 4 secondes. Il y en a peu, 2 ou 3, donc c’est assez solennel. Dans ces conditions le modèle est obligé de se représenter en train de poser, il monte lui-même l’image qu’il veut donner. Toutefois, dans la mesure où le sujet choisit sa pose, elle apparaît plus réelle qu’une pose imposée par le photographe. A noter que Sander fait poser ses modèles au moment où la pose est partout dénigrée comme « bourgeoise ». C’est le goût des primitifs en photographie (Daguerréotype, Callotype) qui lui a donné l’envie d’utiliser la pose (au moins autant que les contraintes de la chambre, moins lumineuse qu’un appareil de petit format). Les bonnes photographies s’expliquent pour lui autant par l’investissement du modèle lors de la prise de vue que par la liberté qui lui est laissée de modeler sa propre image. Seule la pose est honnête… la rigidité timide ou vaniteuse du modèle étant le plus juste rendu de sa psychologie. L’instantané peut à ces conditions être jugé comme « le plus grand menteur de la famille photographique ».

 

Evans de son côté ne montrera quasi exclusivement que des modèles conscients d’être photographiés. Il cherchera le plus souvent la volonté d’auto-représentation du modèle : « les hommes sont des acteurs. Leur rôle est d’être eux-mêmes ».

 

« Il n’est pas question d’atteindre la réalité de « la personne vraie » en prétendant percer le masque social que l’individu tend au monde mais, au contraire, en examinant le masque lui-même, tel que la personne accepte de le porter ». Le portraitiste professionnel n’est plus un influent metteur en scène. Il assiste chez Sander ou Evans le sujet dans son auto-représentation.

 

Un fragment du site de Henri Peyre -

 

http://www.galerie-photo.com/le-style-documentaire.html

21:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie |  Facebook |

05/01/2007

Yo !

yo!Celui qui est, quand on croit qu’il est un mythe, ça peut prendre des tournures d’un pathétique à pleurer.

 

Ce matin, c’étaient les funérailles de Tristan.

 

Je n’étais pas dans le secret : j’ai été surprise de constater que l’on nous conduisait directement au cimetière, non à l’église. Ce n’est pas que je sois une grenouille de bénitier. En fait, je suis tellement peu habituée que le lieu m’embarrasse… Simplement, moi qui tout en étant athée, m’intéresse suffisamment à la chose et aux phénomènes connexes pour y avoir consacré un cycle d’études, je constate que sans rite, c’est compliqué…. Maintenant qu’on a décodé les peintures pariétales, on sait que nos ancêtres lointains accomplissaient des rites d’accompagnement des morts. Pareil pour les « peuplades traditionnelles » actuelles et partout et tout le temps.

 

Les rites ne sont pas des pratiques dépourvues de sens. En l’occurrence, ils ont- notamment - pour fonction de rendre hommage au défunt, peut-être en lui disant ce que - par pudeur ou par manque d’occasion – l’on ne lui a pas dit de son vivant et qui nous le rendait cher. Les rites ont également pour fonction de resserrer le lien parmi la communauté (d’ailleurs, « relier », c’est le sens – l’essence - du terme « religion »), de se rappeler ensemble qu’on ne fait que passer et de se réconforter mutuellement.

 

J’ai assisté à peu de funérailles. Les plus lointaines dont je me souvienne sont celles de ma grand-mère. Je me rappelle que, drapés dans leur affliction, les proches étaient alignés pour recevoir un à un les condoléances des personnes venues rendre un dernier hommage. Je me rappelle aussi qu’on offrait une solide collation. Les funérailles de la grand-mère de Bernard furent carrément une fête. A l'image de la défunte. C’était en plein été. On a fait à pied le parcours entre l’église et le cimetière. C’était une occasion pour les nombreux petits enfants de la défunte, à l’époque déjà jeunes parents, de se retrouver. On a ri. On s’est amusés. J’ai même allaité Amandine chemin faisant.

 

Bien sur, les circonstances sont toute différentes.

 

Le décès d’un jeune gars a quelque chose d’épouvantablement révoltant. Il y a plus ou moins vingt ans, Amandine et moi avons assisté aux funérailles d’un tout petit garçon, un petit Nils, décédé vers l’age de trois ans d’un accident de santé diagnostiqué trop tard. C’était en janvier, comme ici. Comme pour Tristan, il y avait tout un ensemble d’enfants de l’âge du défunt et l’enterrement s’est également déroulé sans cérémonie. De surcroît, les éléments s’y sont mis : la tempête s’est levée et Amandine a failli s’envoler. Là, comme ici, j’ai trouvé que cela avait d’affreux airs d’abandon. C’était un enterrement laïc mais qui structurellement, était tout à fait solidaire - et même mettait carément en scène - la référence dont il entendait se détourner. Nils et Tristan, si jeunes, déjà sous terre, sous la pluie, sans cérémonie, accompagnés par des gens qui ne savent pas comment se comporter, ça entretient de terribles échos avec les mots de Jésus sur la croix : « mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 

Les rites ont une autre fonction : canaliser la pulsion, contenir les débordements. C’est ce que démontre Norbert Elias dans « La civilisation des mœurs ». La douleur est-elle plus authentique si elle est démonstrative ? Ce qui est sûr, c’est que si – tout proche du défunt - l’on s’efforce de la contenir, on verra les autres, ceux qui sont venus. On verra qu’ils sont nombreux, abattus, empathiques. On verra que le défunt était aimé. On verra qu’on n’est pas seul et qu’on peut partager la douleur avec ces inconnus qui aimaient la même personne que nous. Ensemble, on peut se redire que – certes - on est peu de choses et qu’il est temps de faire sienne la devise de Tristan.

 

Refuser Dieu, n’implique pas le refus de tout rite.

 

A 8 ans, Amandine a demandé le baptême religieux (question de contexte, ce n’est pas le sujet). Toute agnostique que je fusse, j’ai participé à la cérémonie et j’ai dit ce que les pratiquants appellent une « intention ». En fait, il suffirait que les proches du défunt se mobilisent pour organiser une célébration, disent des intentions, des poèmes, fassent l'éloge de cette personne. On imagine bien des scénarios pour des fêtes, des anniversaires, des mariages, pour tout. Pourquoi laisser les morts partir seuls et laisser l’abandon s'ajouter à l’affliction ?

 

Serait-ce parce qu’un tel scénario comporterait inévitablement une composante festive que l’on veut éviter ? Ce n’est pas le lieu de retracer les raisons culturelles qui font que la mort est un phénomène tabou dans notre culture. Il reste qu’il est des cultures où c’est le contraire, où les cimetières sont des lieux domestiques, où l’on célèbre ses morts comme s’ils étaient toujours là. Voilà qui aurait amusé Tristan.

 

Tristan et NilsAujourd’hui, c’est la fête des Rois. Philippe a invité sa meute à manger la galette. Comme on peut aussi apporter sa contribution, pendant que j’écrivais, j’ai fait cuire des cougnous. Pour les allochtones, le cougnou est une brioche en forme de BB qu’on prépare à l’occasion de Noel dans notre pays confetti. Le BB en question, c’est Jésus, bien sûr. Comme ce matin, j’ai distinctement senti dans chaque goutte de pluie les larmes de ce type auquel je ne crois pas, je « baptise » deux de mes cougnous Tristan et Nils. Comme vous etes des gens intelligents, je laisse la suite des inférences à votre discernement.

 

Yo !

 

Ps : j’ai oublié de signaler cette coincidence antipathique. C’est que c’est mon client funèbre qui s’est occupé des funérailles de Tristan. « Heureusement », ce n’était pas le lieu pour lequel je travaille.

 

PS2 : Par précaution, si je n’avais plus le plaisir d’alimenter mon blog (moi qui ai encore tant de choses à faire…ma tva, mon inventaire, changer la litière céleste…), je vous fais ici un petit résumé de ce que je souhaite pour mes obsèques : que l’on porte un badge funéraire à l’image de la Femme à la Médaille de Lucien Levy-Dhurmer, que l’on mange des cougnous funéraires, que l’on dise tout le bien qu’on pense de ce qu’on veut mais de moi, de préférence …le reste à votre discrétion pour l’instant .

 

« Je veux qu'on rie

 

Je veux qu'on danse

 

Je veux qu'on s'amuse comme des fous

 

Je veux qu'on rie

 

Je veux qu'on danse

 

Quand c'est qu'on me mettra dans le trou »

15:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs funebres |  Facebook |