12/06/2008

Chaque jour devrait être le 8 mars

Le Ligueur

Une annonce parue dans Le Ligueur il y a qq années 

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11/06/2008

Les Filles de Leucippe déménagent encore...

 

Jerome Considérant
Elle en tentent du monde, ces filles....

Ici, un pictogramme de Jérome Considérant.

cfr : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5161785/ruben...

 

10:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j ai des visions |  Facebook |

08/06/2008

Peindre et faire l’amour

Non pas peindre ou faire l’amour : j’ai pas vu ce film. A priori, le troc, j’aime ça mais bon… l’échangisme, non merci.
La palette de Delacroix
Il y a quelque temps, un petit Julien de 8 ou neuf ans me regardait peindre et m’a dit : « toi tu es célibataire ». J’ai demandé d’où cela lui venait. Il m’a répondu : « quand on peint, on n’a pas besoin d’amoureux. » Sa tante lui avait expliqué que quand on peint, on est comblé. Eh oui ! J’en ai parlé avec d’autres à plusieurs reprises qui m’ont confirmé qu’eux aussi connaissent un état de jouissance qui dure bien au-delà du temps de l’acte. Ca fait donc quelques heures de félicité. Et puis, on a une bonne tête et on distribue de la joie de vivre avec ses yeux qui papillonnent.
Récemment, un copain m’a demandé comment je faisais pour « m’y mettre ». (Chez lui, il est plutôt question d’écriture et c’est du genre laborieux). La réponse est un peu insolente puisque je n’ai que ça en tête….Quand je suis en phase de production, je suis intoxiquée ! En manque ! Et donc, j’y suis déjà avant de m’y mettre puisque j’y pense tout le temps… Je suis amoureuse, quoi !
Peindre = faire l’amour.

Voilà comment on devrait recycler les pulsions des malfrats : en les mettant devant un chevalet. Ca, c’est l’idée du jour.
(Mince ! je crois que d’autres y ont pensé avant moi…)

En illu, la palette de Delacroix. (La mienne est beaucoup moins glamour).

22:58 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins |  Facebook |

06/06/2008

petite souris

sourisqui dansait sur un cromorne.

Cette photo a au moins 25 ans.

Elle a été prise par Michel Waldmann chez les Baladins du Miroir.

J'ai recadré : ça ne se fait pas. Sorry, Michel.

11:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

05/06/2008

Prenez soin de vous – (les malheurs de Sophie - le retour)

Ca s’est déjà passé ici : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5235491/prene....

J’y reviens parce que j’ai le livre entre les mains.

 

sophie-calle-venise« Prenez soin de vous », c’est l’histoire d’une vengeance déployée avec une puissance inédite dans l’univers de Sophie Calle, démultipliée comme dans une chambre d’écho par l’interpellation organisée de plus d’une centaine de femmes ainsi que la mobilisation de supports d’expression dont on ne disposait pas jusqu’ici : à l’installation – actuellement montée à la Bibliothèque Nationale et dont on ne dit pas que du bien - succèdent un livre-objet contenant non seulement ce à quoi Sophie Calle nous a accoutumés - du texte, des fac simile, de la photo – mais aussi des dvd, autrement dit l’ensemble du contenu de l’installation hormis la scénographie. A cela, il faut ajouter que « Prenez soi de vous » a représenté la France à la Biennale de Venise, événement qui convertit cette vengeance en institution nationale, autant dire un séisme.

Dans l’intervalle j’ai découvert l’ensemble de ce qu’on peut trouver de Sophie Calle. On garde l’ironie, la poésie, le délire, une façon tellement unique de donner de la valeur à quelque chose d’insignifiant.

 

L’ampleur de l’événement donne-t-elle la mesure de cette douleur qui est loin d’affleurer pour la première fois dans l’oeuvre de Sophie Calle ?

Voilà ce type joliment tancé, démasqué, moqué. Voilà un beau lynchage intellectuel, une belle manière de dire collectivement à la confrérie informe des types sans courage qu’il vaut mieux rester seule qu’en compagnie de personnes qui se leurrent tellement qu’elles croient sauver la face en enrobant leur lâcheté dans une prose qui n’abuse qu’elles-mêmes. J’espère qu’après cela, la grande Sophie est soulagée. Mais, à dire vrai, j’en doute. A contempler le détachement (Laurie Anderson), le scepticisme (Ariane Ascaride), l’hébétude (Yolande Moreau), le sentiment d’humiliation (Aurore Clément) sur les visage et dans la voix de ces femmes, on comprend que la douleur subsiste et qu’on n’est pas en paix. Encore faudrait-il que le soulagement soit le but. Mais non : la lettre aura donné lieu à un événement.

 

Le carnet d'adressesAu moins aura-t-on ri, fait rire, penser ceux qui pensent et laissé dormir les premiers concernés sauf un, espère-t-on, qui se consume peut-être à jamais sur le bûcher de la honte, le foie rongé par un aigle noir (laissez-moi tout mélanger en paix). C’est si peu.

 

Notez que Sophie Calle elle-même, se défend d’avoir mis en cause cet homme : en dernière page du livre, elle écrit : « Il s’agissait d’une lettre. Pas d’un homme ». C’est rarement uniquement d’une lettre qu’il est question, en fait. Mais bon, le triste livret censuré de 4 pages évoquant la mésaventure du « Carnet d’adresses » a sans doute fait des petits. Pour rappel, Sophie Calle avait trouvé un carnet d’adresses qu’elle avait photocopié avant de le rendre à son proprio. Elle avait alors demandé à des personnes dont les coordonnées figuraient dans ce carnet de dresser le portrait écrit de son propriétaire. Rien de méchant. Les textes étaient parus dans Libération. Mais le proprio l’avait très mal pris et a fait empêcher la publication de ces textes. D'où ce livret maigrelet en mémoire.

23:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

30/05/2008

Guernica

guernica

cliquez sur l'image.

13:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

29/05/2008

I’m not Ada

Patricia Mignone - MadoCe n’est pas facile de trouver des modèles enfants.

Les amis me prêtent leur corps et leurs enfants les yeux fermés, les autres beaucoup moins. L’ombre de qui-vous-savez alourdit tout et, tant qu’à faire, même une femme, même en présence des parents semble capable de tout.

Un jour, J’ai obtenu qu’une petite fille pose pour moi, en présence de ses parents, of course.

Elle devait avoir deux ans et demi.

A l’époque, j’avais un projet. J’aurais voulu qu’elle prenne une pose précise mais elle ne l’a pas fait : les enfants, c’est turbulent. Alors, j’ai pris le parti de m’accommoder de ce qu’elle me donnait, de créer autour des postures qu’elle adoptait.

Patricia Mignone -Mado1Parmi tout ce qu’elle m’a inspiré, j’ai réalisé le tableau qui contient du texte. Quand je l’ai montré aux parents, ils ont eu peur. Ils trouvaient que ça mettait trop en valeur la féminité de leur petite fille et m’ont demandé de ne dévoiler ni son nom ni son adresse. Moi, c’est justement l'innocente évidence de sa féminité qui m’avait touchée. Cette petite fille m’avait beaucoup inspirée et j’avais en tête pas mal de projets mais…cette histoire m’a coupé le sifflet : je n’ai plus eu envie de rien.

Patricia Mignone- Mado21 tableau et deux photo-montages inspirés par la demoiselle en question.

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27/05/2008

« Quelqu’un s’est couché sur mon lit…. »

L'atelier de NormaAu parcours d’artiste de Saint-Gilles, j’ai découvert le travail de Norma. Comme souvent, pour comprendre, on a besoin d’une explication. J'ai demandé. Les productions exposées là sont faites de peaux de bêtes. On voit bien que ce sont des peaux de récup. glanées aux puces. Elles sont montées en coques et forment comme des casques, des coquilles vides.

Norma dit : « c’est la suite logique de ce que je faisais juste avant » et qui est exposé là aussi : des sculptures de cheveux et paraffine.

Norma dit : « j’ai commencé à faire ça comme pour conjurer mon dégoût des cheveux ».

Ca a quelque chose de morbide. Je pense aux réalisations en cheveux telles qu’on en découvre au Musée de la Vie wallonne à Liège où se trouvent des vitrines pleines de souvenirs faits avec des cheveux de filles parties au couvent, de filles mortes. Jadis, on réalisait des œuvres minuscules et minutieuses qui tiennent de l’art brut. Attention : « art brut » ne signifie pas du tout « grossier ». Je pense à la Collection Prinzhorn, un ensemble d’œuvres réalisées en milieu psychiatrique, dans le service du docteur Prinzhorn juste avant la 2eme guerre mondiale. Elles sont réalisées avec des matériaux et des techniques multiples : dessin peinture, gravure, sculpture, broderie, découpage, assemblages... C’est souvent d’une minutie obsessionnelle. Et c’est d’autant plus émouvant que les auteurs de ces réalisations ont été éliminés dans le cadre des grands nettoyages nazis.

Norma dit : « les gens me disent ce que ça leur inspire mais je ne veux pas savoir. Je veux produire dans la candeur, sans projet, sans concept ». Je dis : « Bien sûr, ce que les gens y mettent, c’est de l’interprétation (s’ils sont éclairés, c’est de la sémiotique) ». Elle dit : « oui, ça m’est étranger ».

Mais quand elle évoque certaines de ses réalisations, on constate ce qu'il y a d'énorme à refuser de s'interroger sur ce en quoi le travail "fait signe".

Les théories de la réception ont bien planché sur le sujet : on décode avec son bagage culturel, idéologique etc, bagage qui s’inscrit très largement dans la dimension collective. Lorsqu’on produit, c’est pareil, même si on le fait « innocemment » : la culture, on ne peut s’en défaire. Dès lors, on code sans le vouloir, sans le savoir.

Norma dit qu’elle a récemment réalisé une installation composée d’un damier de cheveux et qui s’intitulait « où sont-ils ? ». Elle ne s’était pas rendu compte des associations qu’elle manipulait. A quand la montagne de chaussures?

L’univers de Norma est en résonance avec ceux d’Annette Messager, de Christian Boltanski, de Jan Fabre, de Didier Mahieu…. Mais peu lui chaut : elle ne veut pas savoir.

Cette revendication d’une production pulsionnelle abstraite est devenue possible à partir de la 2eme guerre, quand les Surréalistes se sont réfugiés aux USA. Le travail de Pollock est l’émanation d’une telle vision. Si l’on s’informe sur le bagage de Pollock, on s’aperçoit pourtant que non seulement il connaissait les Surréalistes, les Cubistes, mais aussi l’art africain, l’art des Indiens des USA. Bref, bonjour la pulsion.

Quelqu’un m’a dit : « en art, aujourd’hui, il n’y a plus d’innocence possible. C’est une revendication risible ». Dans « La Guerre du faux », Umberto Eco étend cette considération à l’ensemble de la culture ("on ne peut plus dire "je t'aime" innocemment : toute la mythologie flotte dans l'air et donne à tout un air de déjà vu". C'est l'essence du post-moderne).

Désormais, le terrain n’est plus vierge : tout a été dit. Aujourd’hui, comme dans « Boucle d’or et les 3 ours », quelqu’un s’est toujours déjà couché sur votre lit.

Pas de photo des oeuvres de Norma, juste une image prise dans le lieu où elle travaille

05:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, art, je n ecris pas |  Facebook |

25/05/2008

Vraiment ?

MattJe comptais déposer un fragment d’interview de Sébastien Tellier où il parlait de sa découverte des vertus du sexe…mais, avec le recul, ça ne m’amuse plus. A défaut, convainquez-vous des vertus du sexe en lisant « l’Art de l’Extase sexuelle » de Margo Anand Naslednikov et contemplez l’azur dans le regard de Matthieu.

21:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

24/05/2008

la compassion

"J'ai été invitée par l'université de Linz à l'occasion de l'anniversaire de ce qu'on nomme la «nuit de cristal » et que je préfère appeler le «Pogrome de 1938 ».

ROMAN VISHNIACUn haut dignitaire de l'Église en Autriche raconta la scène suivante qui illustre le parallélisme entre l'écran de verre et le totalitarisme. II est enfant. Sa mère vient le chercher à l'école, et dans la rue il est témoin d'une scène inoubliable : des jeunes nazis s'acharnent à coups de poing et de pied sur un vieillard au sol, un vieux juif orthodoxe avec ses cheveux blancs ruisselant sur son visage, un de ces beaux visages du judaïsme d'antan. Cet homme frappé gît au sol et regarde avec effroi autour de lui.

« Ma mère m'entraîna, raconte le narrateur, sans répondre à mes questions. Qui était-ce ? Et pourquoi ? Elle répétait: "Tais-toi, tu n'as rien vu." »

Pendant que ce haut dignitaire de l'Église racontait cette histoire, je la voyais se dérouler sous mes paupières et, dans le ton de ses paroles, j'entendais une deuxième trahison plus policée, plus amène - plus inconsciente de sa portée. «Il fallait comprendre, disait-il, cette mère avait charge d'enfants. Vous vous rendez compte du danger encouru! Il fallait passer au plus vite pour n'être pas pris à partie par ces jeunes casseurs ! »

Quand vint mon tour, je fus contrainte de dire que cette histoire prolongeait la vieille histoire grinçante et n'apportait pas de délivrance. Il n'était pas question de condamner la femme qui avait été sa mère. Sa loyauté envers elle honorait le narrateur. II lui fallait seulement à lui, homme adulte, homme d'Église, franchir un autre pas, et retourner sur ce lieu de son enfance, y retrouver le vieil homme gisant au sol, lui tendre la main, l'aider à se relever et s'incliner devant lui du plus profond de sa compassion et de sa vénération. Et tant que cette scène n'aurait pas lieu, les plaies de la mémoire continueraient de puruler. Je ne sais pas si j'ai atteint celui auquel je m'adressais ; peu importe, car le message, même s'il n'atteint pas celui auquel on l'adresse, parvient toujours à quelque destination. Dans les affaires du coeur et de l'esprit, on s'adresse à la personne qu'on a devant soi et, par ricochet, c'est un autre qui reçoit le message en plein coeur c'est ce qui importe. Il ne s'agit pas de tenter de persuader qui que ce soit de quoi que ce soit mais de cultiver ardemment cette espérance que même le passé reçoit encore aujourd'hui de nous, les vivants, consolation et réparation.

A la fin de cette soirée à Linz, un vieil homme enrôlé autrefois à seize ans dans les armées du Führer est venu pleurer dans mes bras sans un mot. Je ne sais ni ce qu'il avait commis, ni ce qu'il avait subi, mais je sais que nous pleurions avec et pour beaucoup d'autres.

- Un fragment de " OU COURS-TU? NE SAIS-TU PAS QUE LE CIEL EST EN TOI" de Christiane Singer

11:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, j hallucine, photographie |  Facebook |

12/05/2008

L'inventaire du 8 mai

vis et plaques

Voilà ce qu'on vient de m'enlever de la jambe.

Et maintenant, Amandine et moi, on va aller déposer tout ça au pied de Notre-Dame de Walcourt pour la remercier d'avoir retrouvé deux jambes de Marilyn.

Si vous aussi vous voulez déposer un ex voto à Notre-Dame de Walcourt, cliquez sur la photo : tous les renseignements s'y trouvent.

Vous aussi, gagnez deux jambes de Marilyn!

11:40 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mes reliques, j hallucine |  Facebook |

04/05/2008

du vent

cliquez sur l'imagechar-ballons

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01/05/2008

recto/verso

P1012539P1012540(par grand vent)

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25/04/2008

Quand on vient des sphères

princesse

on se laisse faire...

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24/04/2008

Pourquoi

rester dans le rang?Why?

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23/04/2008

Justice pour tous

Au Palais de Justice il fait toujours trop chaud. Tout le temps. Personne n’y peut rien : la chaudière est commandée du Ministère de la Justice qui commande d’ailleurs toutes les chaudières de tous les Palais de Justice. C’est le vestige de l’époque riante où ça n’avait pas d’importance.

Cathedrale de NantesJe dis : « il faudrait en profiter pour inviter les sans-logis ».

On me répond : « c’est fait ».

Quand il fait froid, le Palais de Justice est ouvert de 5 heures du mat à 22h. Ces matins-là, on circule entre les gisants blottis sur les grands bancs de bois.

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22/04/2008

Vous aimerez ce texte

F-M BannierSon numéro était très rôdé. Avant de répondre au « toc toc » qu'une carte de visite punaisée sur sa porte réclamait à petit cri, Daniel Emilfork laissait passer un temps calculé pour induire le doute sur sa présence. Puis il ouvrait, et sa tête d'épingle volontairement blafarde jaillissait dans l'entrebâillement, comme un diable de sa boîte. Il souriait de toutes ses dents, que sa maigreur faisait paraître immenses. Une canne noire à pommeau argenté dans la main, il disait parfois « vous permettez ? », avant de plonger son corps élastique d'octogénaire racé dans un placard de son entrée-salon-boudoir-salle-de-cours, et de se fourrer une poignée de marshmallows dans la bouche en s'exclamant : « J'adore ces choses-là. » Quiconque a passé une heure dans l'antre montmartroise de Daniel Emilfork ne risque pas de l'oublier. François Jonquet est de ceux-là, doté d'une belle idée de surcroît : immortaliser les monologues en roue libre de l'incomparable acteur du Casanova de Fellini. Cela donne un petit livre à voix nue, qui révèle un Daniel Emilfork grave et narcissique, intègre et désespéré. Eclate ici la beauté cachée des laids, dont parlait Serge Gainsbourg.

Un texte de (je suppose) Marine Landroit sur "Daniel", un livre de François Jonquet, éd. Sabine Weispeiser, 122p. 16 €.

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20/04/2008

Quand les adultes ne sont pas des eunuques,

L’éducation est un vecteur d’émancipation.

Persepolis« Nous construisons, je crois, de l’humanité. L’art sert à cela, à faire de nous des femmes plus humaines et des hommes plus humains. La culture, c’est le processus d’éducation, d’humanisation, de construction des citoyens. Faudrait-il laisser ce rôle aux curés ou aux imams ? Dans chaque chef de troupe, il y a un instituteur qui ne sommeille pas. Si on le néglige, seul le religieux ou la prétendue loi du marché éduqueront nos enfants ».


Un fragment d’interview d’Ariane Mnouchkine. Telerama. 29 février 2008

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17/04/2008

Les sorciers sont les ennemis de Dieu !

Et d’après l’ancien Testament, Harry Potter aurait du être mis à mort ! On ne peut transformer des sorciers en héros !

Harry Potter(entre autres inepties) Ce sont les paroles d'une prédicatrice pour enfants dans "Jesus Camp", un documentaire de Heidi Ewing et Rachel Grady. Si cela vous dit, cliquez sur l'image.

23:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j hallucine |  Facebook |

Qui paie la note ?

Ce jour-là, en quittant la classe, j’ai demandé aux étudiants de verifier si les radiateurs étaient fermés et j’ai éteint. L’un d’eux m’a dit : « c’est toi qui paies ? ». Je n’ai pas eu la présence d’esprit de répondre que j’avais honte de vivre à crédit sur le compte de ses enfants.

Ce n’est pas agréable de voir mes appréhensions confirmées à travers tout ce que je découvre actuellement : « Into the wild » un film de Sean Penn, « Manufactured landscapes » un documentaire que Jennifer Baichwal a consacré aux photographies d’Edward Burtynsky et un livre de Jean-Jacques Crèvecoeur consacré à la santé : « le langage de la guérison ».

Quel point commun?

intothewildSi le film de Sean Penn touche par son romantisme (au sens littéraire), ce qui m’a frappée, moi, ce sont les raisons qui poussent un garçon à entreprendre un voyage suicidaire. C’est commode de se contenter d’ancrer l’imaginaire de ce film dans la mythologie américaine : les grands espaces, la nature vierge et âpre, la liberté (ou l’illusion de), Thoreau, London, etc. Après l’obtention de son diplôme, Christopher Mac Candless se défait de tous les liens avec la civilisation – il brule ses cartes de crédit, fait don de ses économies et abandonne sa voiture. A partir de là, il se fait appeler « Alex Supertramp » et voyage à travers les Etats Unis durant presque deux ans pour finir par atteindre le lieu qui constitue son objectif ultime : l’Alaska. Ce qui ronge Christopher est d’origine familiale : ses parents leur ont offert, à lui et sa sœur, le spectacle d’un couple en conflit permanent, le spectacle de gens qui ne pensaient pas, ne se préoccupaient pas de leur responsabilité ni de l’incidence de leur absence de scrupule sur leurs enfants. Christopher est définitivement écoeuré par l’hypocrisie et le conformisme collectifs qui ont pour effet d’amener les gens à emprunter des parcours stéréotypés pour s’épargner de prendre leurs responsabilités.

manufactured landscapesLes « Manufactured landscapes » de Burtynsky pourraient constituer une préfiguration de ce que sera le monde quand la cupidité inconséquente des lobbies industriels aura engendré le changement de paradigme que l’on pressent aujourd’hui. En Chine, des usines d’une surface sans référence où des milliers d’ouvriers travaillent dans des conditions pathétiques, des paysages bouleversés par la construction d’un barrage d’une ampleur tellement mégalomaniaque que sa mise sous eau a provoqué une anomalie dans la rotation de la terre ; au Bengladesh, des sites où des ouvriers démantèlent des cargos, les pieds nus dans le pétrole à longueurs de journées. C’est macabre, pestilentiel, cauchemardesque.

JJCCe qui filtre à travers les propos de Jean-Jacques Crèvecoeur – et particulièrement dans les développements consacrés à la Médecine nouvelle du Docteur Hamer – c’est d’une part le constat que nous sommes manipulés, qu’on nous cache des choses qui – si nous les savions en masse- nous affranchiraient et réduiraient amplement notre consommation. Crèvecoeur insiste également sur ceci : le fait que nous nous refusions (à nous-même) l’attention dont nous avons besoin (par une hygiène de vie approximative, une alimentation et des consommations diverses toxiques, le surmenage, l’absence d’activité physique, l’absence de vie spirituelle…) a pour effet de restreindre notre vigilance, notre présence au monde et notre engagement, notre responsabilité. Nous ne prenons pas soin de nous, des autres et de notre contexte de vie. Tout cela, nos enfants le paieront.

(J-J Crèvecoeur. "Le Langage de la Guérison". Ed. Jouvence)

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15/04/2008

N'adressez jamais la parole à un homme la première

la_reineJamais? Pas même: « Allons boire un café », ou: « Vous venez souvent ici? » Exact. Pas même ces ouvertures apparemment inoffensives. Sinon, comment saurez vous s'il vous a remarquée, s'il est sous le charme, ou s'il se montre tout simplement poli?

Nous savons ce que vous pensez. Nous savons que cette façon de se conduire peut sembler abusive, et même snob, ridicule et pénible. Pourtant, dans ce contexte, elle se justifie parfaitement. L'essence même des Règles est que nous ne prenons jamais l'initiative, que nous croyons à l'ordre naturel des choses : LE CHASSEUR, C'EST L'HOMME.

En adressant la parole la première à un homme, nous modifions le cours naturel des événements: nous provoquons une conversation ou une invitation qui n'étaient pas censées se produire et nous prenons le risque d'en subir les conséquences. Il finira par aborder une fille qui lui plaît vraiment, et nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer.

Seulement voilà : nous rationalisons, nous lui trouvons des excuses : «Il est timide », ou: «C'est un simple geste amical.» Les hommes sont ils vraiment timides? Autant résoudre cette question dès maintenant. Un psychanalyste prétendrait peut être que oui; nous sommes d'avis que la majorité des hommes ne sont pas timides, et que, s'ils s'en abstiennent, c'est qu'ils n'ont pas vraiment, vraiment envie de vous aborder. C'est difficile à admettre, nous le savons. C'est aussi très difficile d'attendre que sorte le bon numéro, celui qui vous parlera le premier, qui vous téléphonera et qui se chargera de tout le travail préliminaire parce que c'est vous qu'il veut.

La liberté de comportement des femmes de notre époque est facile à comprendre. Dans le temps, les jeunes filles rencontraient leurs futurs lors de bals, ou de soirées de «débutantes », où elles se contentaient d'attendre qu'on les remarque et qu'on engage la conversation. Aujourd'hui, les femmes sont médecins, avocates, dentistes ou cadres. Elles travaillent avec des hommes, pour des hommes, et des hommes travaillent pour elles. Elles ont des hommes pour clients et pour patients. Comment ne pas leur adresser la parole en premier?

Les Règles indiquent de traiter l'homme qui vous intéresse comme un client, un patient ou un collègue de travail, aussi difficile que ce soit. Autant l'admettre : lorsqu'une femme rencontre un homme qui lui plaît vraiment, une petite ampoule s'allume dans sa tête et, sans s'en rendre compte, elle se détend, elle rit et lui consacre trop de son temps. Elle propose un déjeuner pour discuter d'une question qui pourrait se résoudre par téléphone, parce qu'elle espère susciter une ambiance romanesque. C'est une erreur des plus fréquentes. Des femmes extrêmement intelligentes prennent l'initiative sous de fallacieux prétextes professionnels. Elles se trouvent trop instruites et trop douées pour rester passives, jouer un rôle ou suivre les Règles. Elles pensent qu'avec leurs diplômes et leurs feuilles de paye elles ont mieux à faire dans la vie que de s'asseoir à côté du téléphone en attendant qu'il veuille bien sonner. Ces femmes, nous vous l'affirmons sans l'ombre d'un doute, s'effondrent en sanglots lorsqu'elles essuient une rebuffade. Ce qui arrive le plus souvent car, après tout, les hommes savent ce qu'ils veulent. Ils n'ont aucun besoin qu'on les invite à déjeuner.

- Ah bon!? Suffisait de le lire... Allez! C'est le premier jour du reste de ma vie....

- Un fragment de "Les Règles - Comment attraper un mari en 35 leçons" de Ellen Fein et Sherrie Schneider.

11:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

11/04/2008

Enfoncer les portes ouvertes et cracher dans la soupe

cv-titine-ptIl y a quelques mois, un gros naze de mes deux caracolait aux sommets de la vulgarité avec « Titine à Charleroi », une bd mal torchée qui sentait bien le vécul et qui présentait les carolos comme des analphabètes édentés bouffeurs de cervelas et émargeant au cpas.

Il y a quelques semaines « Le Soir » repassait les plats en consacrant à Charleroi un dossier qu’ils avaient osé intituler « Le Soir ose Charleroi ». Dans l’édito, on lisait que ce dossier entendait lever un tabou et informer sur la réalité carolo. On lisait aussi que ce dossier était « pour » les carolos. « Pour » quoi ? Nous remonter le moral? nous rendre hommage? nous informer sur notre réalité ? Merci, on est au courant. Et pour ce qui est de restaurer notre dignité, vous repasserez.

Ce dossier n’a pas su se départir d’un ton du style « strip tease » qui laisse peser quelques doutes sur sa motivation réelle. L’image que reflète Le Soir coincide étrangement avec celle de « Titine à Charleroi ». Mais bon, personnellement, je ne suis pas très concernée parce que – vous savez quoi ? – à en croire le Soir, il n’y a que des hommes à Charleroi. Seule Thérèse Labye, directrice de la librairie Molière, tire son épingle du jeu : elle est la seule femme carolo que ce dossier ait bien voulu évoquer.

Alors Thérèse et Titine, même combat ?

Que nenni !

Je copie-colle cet extrait d’un article de Pascal Lorent paru dans…Le Soir à la sortie de « Titine à Charleroi ».

« À la mise à l’office, avant parution, j’avais vu la couverture et je pensais que cet ouvrage parlerait de politique, confie M. Labye, directeur. j’ai ensuite constaté que c’était un livre vulgaire et socialement agressif ». Résultat : sur les 600 exemplaires commandés, Molière en a renvoyé 550, annulant au passage une séance de dédicaces. « C’est une prise de position culturelle et politique : nous n’avons pas voulu faire obstruction à cet album en n’en prenant aucun mais nous n’avons pas non plus voulu faire la promotion d’un livre à l’humour très très lourd, indigne du niveau culturel de Charleroi ».

Bravo les Labye !

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09/04/2008

Burt au clair de lune

J'admirais Humphrey Bogart mais il me rendait nerveux. Son front me troublait ; c'était le front d'un homme endetté. dvd-crimsonpirateMes instincts me portaient plutôt vers Kirk Douglas et Burt Lancaster, les pyramides de l'Amérique, qui n'avaient besoin d'aucun souterrain pour répandre leur célébrité. Ils étaient monumentaux. Leurs visages cre¬vaient l'écran. Quand ils riaient ou pleuraient, c'était sans retenue. Leurs sourires chromés n'étaient jamais ambigus. Et ils avaient rarement le temps de s'asseoir pour échanger des reparties cyniques avec une dame de la haute ou un connard. C'étaient des hommes d'action qui couraient, bondissaient, aimaient éperdument.

Quand j'étais gamin, j'avais vu Burt dans Tant qu'il y aura des hommes. Sur une plage hawaïenne, il dominait Deborah Kerr de toute sa stature et, pour la première fois de ma vie, j'avais ressenti le vrai pouvoir de l'image.

Burt était comme la ville dans laquelle nous vivons tous. Il avait cette dimension là. A la confluence de l'ombre et du temps, il y avait place pour nous tous et je savais qu'il fallait me distendre jusqu'à ce que les molécules se divisent et que je m'insinue dans l'image. Burt au clair de lune était un crescendo de perfection masculine, mais non moins humain pour autant. Burt vit! Je porte en moi cette image aujourd'hui encore, comme font sûrement des millions d'autres, hommes et femmes, pour leurs raisons diverses.Burt au clair de lune. C'était un concept c'était l'icône d'une nouvelle religion.

- Un fragment de "Americana" de Don de Lillo.

- Sur la photo, Burt Lancaster déguisé en Kirk Douglas.

17:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, cinema |  Facebook |

31/03/2008

Honorable amande

Des fois, je suis féministe. La plupart du temps, en fait.

BombingForPeace

La leçon, je l’ai reçue de Marjane Satrapi qui, dans les boni de son film, dit que non, Persepolis n’est pas un film féministe mais plutôt un film humaniste. Elle dit que l’opposition n’est pas entre les femmes et les hommes mais entre les cons et ceux qui ne le sont pas (pour reprendre ses termes) et que c’est une affaire individuelle plus qu’une affaire de sexe, de religion ou de topographie. La preuve par Abou Ghraïb.

Selon les thèses de la psychologie évolutionniste, l’agressivité est quand même un plan lié à la testostérone mais bon…

Traitons les choses au cas par cas et évitons les généralisations… sinon, il n’y a plus moyen de vivre.

16:30 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

24/03/2008

Irene et Celeste

Irene et Celeste

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19/03/2008

L’enigme du jour

poulpeJe lis que « quelques espèces de pieuvres « décorent » leur trou, où elles dorment, avec des coquillages, du verre trouvé dans l’eau…un comportement qu’on n’explique pas et qui, hélàs, facilite leur repérage par les pecheurs.

On lit partout que les poulpes, calmars, pieuvres, etc sont ovipares : les femelles pondent des œufs dont elles prennent soin longtemps et avec un dévouement tel qu’elles meurent de dénutrition et d’épuisement.

L’enigme du jour c’est qu’en préparant des poulpes, j’ai trouvé un petit bout de chair triste dans le ventre de plusieurs d’entre eux (elles ?). Et que, du coup, je suis plutôt encline à croire qu’ils sont vivipares.

09:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

13/03/2008

Et voilà

Guena et Maxime.

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Maxime c'est le chat.

Guena est russe.

Il vaut mieux ne pas lui adresser la parole parce qu'il est intarissable et cesse de jouer et donc de gagner sa croûte.

C'est la musique qui l'a sauvé. On connait la chanson.

20:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

23/02/2008

just do it

P1012028 Ca va tout de suite mieux.

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19/02/2008

Etre normal

ovelhaJ'ai longtemps été complexé. Je me demandais quel cinema je pouvais faire sans avoir une personnalité excentrique comme Pedro Almodovar ou Emir Kusturica. Maintenant j'assume d'être banal. J'aborde cette normalité et les souffrances qu'elle peut receler. Comme Georges Perec, je m'intéresse aux trains qui ne déraillent pas.

un fragment de l'interview de Cedric Klapisch dans Telerama du 13 fevrier 2008

19:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

14/02/2008

Dans la cuisine de Saint V

champagne

les truffes

les baisers

Julien

16:50 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |