15/08/2007

Gonflée...?

Je n’ai jamais dit « putain » ni « salope ». Je trouve ces mots d’une violence insupportable.

Même à l’heure du glissement de « putain » en direction de son indéfinie polysémie actuelle (« super ! », « Dis donc ! »….) , alors que la majorité de mes amis et amies les plus distingué(e)s l’emploient, je résiste.

 

 

Quand j’étais ado, le mot « pétasse » désignait une fille qui fréquentait un nombre de garçons non-précisé.

Pour trouver le correspondant masculin, il faut chercher….sans doute parce qu'un garçon ne souille pas sa dignité en multipliant les conquêtes...

Selon l’experte avec qui je cohabite, Christina Aguilera est une pétasse tandis que Britney Spears est une grosse pute, si vous saisissez la distinction. Par contre Gwen Stefani est fraiche et classe.

 

 

1

 

 Actuellement, une « pétasse » est également une fille qui « se la pète ».

Selon Amandine, le terme désigne une fille qui se sait mignonne et qui minaude (les autres filles trouvent ça insupportable).

Mais je crois comprendre que le sens de « se la péter » est plus largement synonyme de l’expression populaire « péter plus haut que son cul » ou de l’adjectif populaire un peu décati : « péteux » qui désigne, selon le dico, « une personne insignifiante et prétentieuse ».

 

 Les pétasses et péteux sont comme les imbéciles : ils le sont uniquement aux yeux des autres. Personne ne se tient pour tel.

Et puis, je suis intéressée de constater que le terme « péteux » existe au masculin tandis que le pendant comportemental masculin (haha !) de « salope » est quelque chose comme « don juan ».

La petite nuance de valeur entre « salope » et « don juan » témoigne d’un formatage idéologique que Marina Yaguello a abordé il y a une quinzaine d’années dans « le Sexe des Mots » et qui remonte, selon moi, aux codes de la Courtoisie. Le XIIIeme siècle....Une casserole un peu lourde, dans le genre....

20:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

14/08/2007

Two of us

Rand

 

 Cliquez sur l'image : vous aurez le son

ps : je ne connais pas l'auteur de la photo.

Si Gondry avait existé à l'époque, ça aurait pu être bien.

08:58 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : how do i love thee, j ai des visions, photographie |  Facebook |

11/08/2007

Trophées de Guerre

Celeste 11-8Voilà. Céleste et moi on a décidé de tout vous montrer.

Le french cancan, c’est très utile : ça vous permet de voir sans erreur là où Celeste s’est blessée dans sa chute (le membre arrière droit) et ça vous donne un avant-goût de la parade de majorette que je ferai trrrès bientôt sur le parvis de Notre-Dame de Walcourt.

La petite montagne ronde et blanche juste devant, c’est mon genou (qui se plie tout de même à 105 degrés! )

19:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

Une prière avec Notre-Dame de Notting Hill

Madonna Hey You Cliquez sur l'image

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09/08/2007

Just like heaven

decorationNous savions quelle référence je suis pour Celeste.

Quand elle aura fini son éducation, elle pourra écrire : « L’Imitation de ma Maitresse (chérie) », comme Thomas A.Kempis a écrit « l’Imitation de Jesus Christ » et vous donner des leçons de manière à vous permettre de devenir des clones dévôts de ma personne.En attendant, elle multiplie les actions de grâces. Je crois que Celeste croit qu’en prêtant le flanc à l’adversité, elle sera canonisée. (Il faudrait que je trouve le moyen de lui expliquer que ce n’est pas comme ça que ça marche, qu’une fois qu’on est mort, on ne sait plus s’amuser et autres vérités du genre)

Comme je suis sa référence ultime, elle a commencé par avoir des ennuis qui lui valent une couture aussi grande que la mienne. Elle pousse le zèle jusqu’à perdre ses fils quand on m’enlève les miens…

Comme toutes les traces de dévotion sont effacées, il faut en inventer d’autres….Le problème, avec son dernier acte d’imitation, c’est qu’elle a mal interprété l’unité de mesure : j’avais dit « j’ai fait une chute de plus ou moins deux mètres » : elle s’est payé une chute de deux étages. A l’arrivée, Amandine se retrouve en pyjama dans la rue à 5 heures du mat’ et Céleste lui arrache les yeux quand elle pose la main sur sa cuisse droite. Enfin, elle boitille juste - un peu comme les pirates dans Asterix -ce qui, paraît-il, laisse augurer quelque chose de bénin. Ce n’est déjà pas le col de l’utérus, ça, c’est sûr.

 

 Même Jésus semble dire : « Chère, Chère Céleste, qu’as-tu encore inventé ? » (traduction : « Dites, euh !... C’est pas bientôt fini, ces simagrées? Je vous signale que ma patience a des limites, hein, des fois! »)

11:44 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/08/2007

Justice ! (le calvaire du chat martyr élucidé)

Chat SMIl y a quelques semaines, j’ai (enfin) perdu un chat que je n’aimais pas, l’immonde Iznogood. Ce chat a, de surcroit, eu le mauvais gout de mourir à l’âge de 20 ans (rassurez-vous : dans des conditions honorables avec AVC et piqure léthale administrée de main autorisée).

J’avais l’habitude de caresser Iznogood en le tapotant. Il se promenait sous ma main, me présentant tour à tour son derrière ou sa tête. Il miaulait d’aise tout en me regardant, l'air de dire : "encore, Maitresse!".

Ca nous arrangeait tous les deux : je le rossais un petit coup, l’air de rien. Et lui, il en redemandait en ronronnant. Et pendant ce temps, tout le monde me regardait avec réprobation et je me taillais une solide réputation de bourreau des chats.

Je viens de découvrir que les chats adorent la fessée.

Cliquez sur l’image : vous verrez ça (Izno ressemblait justement à ce chat-là)!

 

 ps : nous déduirons des sévères coups de poinçons que Celeste m'a infligés que la fessée n'est pas du gout de tous les chats. Un peu comme les préférences sexuelles, quoi...

Un maître averti en vaut deux : ne frustrez néanmoins pas votre chat au nom de la bienséance.... Vous disiez : "Tartare ou andalouse?"? Dites maintenant : "Caresse ou fessée?". Vous entrerez alors avec votre chat dans le cercle infini du syndrome de Stockholm, là où exultent les chats SM.

20:15 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions |  Facebook |

Plaisirs minuscules

Kean-BedshapedAmandine n’apprécie pas que Céleste monte sur la table et se fasse la manucure sur les sets de table. Récemment, Amandine a acheté une nouvelle nappe. Il faudrait quand même que ce soit propre quand on mange, non ?

La première chose que Céleste a faite, c’est coloniser la nouvelle nappe. C’est une nappe 5 étoiles, c’est sûr….

 

 Et puis moi, la nouvelle du jour, c’est que ma guibolle a fougueusement repoussé le drap cette nuit. Ca n'a pas dit son dernier mot, là-dedans !

 

 ps : il y a de la musique là-dessous

14:02 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

06/08/2007

Ben quoi !?

Ratatouille

 

 

Je n’ai jamais caché ma tendresse pour un certain Disney. Et comme les studios Disney ont eu l’intelligence d’intégrer Pixar, je vais me gêner pour dire que je trouve Ratatouille exceptionnel. C’est superbement écrit, et c’est peu dire. Le plus épatant, pour moi, c’est quand même l’animation dont la qualité a évolué vers une onctuosité comparable à celle des plus beaux Disney.

Vu le caractère affreusement consensuel de mon appréciation, je vous suggère d’aller lire les commentaires et interviews dans la presse et d’embarquer votre meute.

Quoique… j’ai un meilleur conseil : allez plutôt le voir en version originale : vous serez dix dans la salle (imaginez le nombre de seaux de pop corn auxquels vous échapperez) et vous pourrez savourer la performance de Iam Holm parodiant l’accent anglais de Louis De Funès.

 

 Une photo de chez Disney/Pixar

20:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j ai des visions |  Facebook |

05/08/2007

m'semmen venal concept

Amandine4aout07Avec, certes, un peu de retard, j’ai rempli un document où je dois évaluer ma capacité actuelle à exercer mon métier en totalité ou en partie. C’est très simple : j’en suis incapable à 100%. Quand j’ai eu mon accident, mes amis m’ont dit : « bah ! Ca va te permettre de te reposer ». A l’époque, je trouvais l’argument un peu idiot : je n’étais pas fatiguée et la seule chose que je souhaitais, c’était bosser. Actuellement, je suis fatiguée de ne rien faire. Et donc, avec certitude, je suis incapable d’exercer mon métier à 100%.

Je reste néanmoins moi-même (quelque part), aussi je viens de créer à votre intention un concept éphémère et vénal.

Compte tenu de votre gout pour le travestissement, je vous invite à prendre la pose dans la chaise de moins valide. Amandine et Céleste y sont passées : y’a pas de raison.

A cette fin, déposez votre candidature avec lettre de motivation dans la boite avant le 10 aout à minuit.

Les 3 auteurs des courriers les plus flatteurs (pour moi) seront avertis.

La photo (numerique) vous sera envoyée par mail si et seulement si le jour de la photo vous vous êtes acquitté d'une participation d’un pain m’semmen garni ou un bakhlava.

 

 La photo : Amandine en moins valide (voyez combien je l'épuise)

08:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

04/08/2007

En voiture, Simone!

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10:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

03/08/2007

La cuisine assise

Le KamaSutra n’est pas le seul à préconiser la position assise : on connaît le succès du massage assis. Moi, je propose la cuisine assise.

0601norimakiRien de plus simple : vous louez une voiturette à la Croix-Rouge et son complément, des béquilles équipées de catadioptres. Si vous n’êtes pas estropié, n’en faites quand même pas trop car c’est assez salé. (Au besoin, faire dessaler une nuit dans l’eau froide).

La cuisine doit etre étroite, sinon ce n’est pas amusant : votre liberté de déplacement doit être extrêmement limitée.

 

 Vous commencez par réfléchir : dressez la liste des accessoires et ingrédients dont vous aurez besoin et classez les en fonction de leur lieu de rangement.

 

 Posez un grand plateau sur vos genoux et, méthodiquement, allez dans le frigo et les armoires chercher ce dont vous aurez besoin. Le reste est un jeu d’enfant.

Comme votre liberté d’action est réduite, abandonnez la vaisselle sale et les déchets à votre assistante.

 

 Pressé(e) ?

Voici 3 méthodes plus rapides :

- téléguidez votre assistante de façon à ce qu’elle réalise elle-même la préparation. Le bénéfice sera double : elle aura plaisir à découvrir vos recettes exclusives.

- demandez à votre assistante de rapporter des barquettes de plats préparés du Delhaize (je déconseille la Moambe)

- Commandez des nouilles végétariennes accompagnées de bœuf au curry chez Neuf Meufs Dragons (6, Place Emile Danco à Uccle – 02.345.73.00)

 

 Bon ap'!

09:16 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

02/08/2007

Patience dans l’azur

DarekKowalski

 

 Les gens qui soignent appellent les gens qui se font soigner des « patients ». Le terme vient du verbe passif latin « pati » qui signifie « je souffre ». On retrouve ce verbe dans l’expression « pâtir de quelque chose ».

Au passage, ça permet à mes proches de comprendre pourquoi je refuse qu’on m’appelle autrement que « Patricia ».

J’ai un jour croisé une thérapeute qui disait « client ». En général, les « psy » sont enclins à dire « client ». Ils motivent ce choix en disant qu’ils mettent leur compétence au service des gens et qu’ils sont payés pour ce faire. En cela, les personnes prennent la responsabilité d’elles-mêmes : elles sont actives, non passives. Or, notre ami Lacan ayant pointé la prégnance du verbal, il n’y a pas de hasard, pas lieu de se foutre d’employer un mot plutôt qu’un autre car ceux-ci ont une incidence psychologique.

Le terme « client » est actif et stimulant . Le mot « patient » est passif et dolent.

 

 Il y a les amis qui vous soutiennent et ceux qui vous sabotent.

Les amis qui me soutiennent sont discrets. Ils disent ce qu’ils ont à dire, se retirent et je sais qu’ils pensent à moi. Dominique m’a dit : « nous prierons pour toi ». Elle m’a aussi incitée à prendre de l’arnica et du rescue en essences de Bach sans interruption depuis le début. L’arnica, réconforte le corps et panse ses plaies (il paraît que ma cicatrice est exceptionnellement belle). Le rescue réconforte le mental, il soutient dans l’épreuve (au terme de, maintenant, plus d’un mois, Amandine me trouve « sympa et rigolotte ». Elle trouve que je suis stoïque, patiente et discrète. Ses copines et ses collègues lui disent : « héberger ma mère ? Je pèterais un cable ! ». Elle répond : « ta mère ne ressemble peut-être pas à la mienne »).

Des gens sont venus me voir et m’ont annoncé : « tu verras, c’est insupportable ! Cette passivité ! Comme je te connais, tu vas péter un cable ! (moi, en tout cas, je ne tiendrais pas le coup !)»….

Une telle conception du réconfort, on se demande qui en a besoin.

18:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

01/08/2007

Dans la peau d’un « moins-valide »

Les altruistes que nous sommes connaissent les expériences extrêmes vécues dans les années ’60 – ’70 par deux journalistes qui se sont prêtés à une transformation physique pour vivre de l’intérieur l’ostracisme dont sont victimes certains groupes. JH Griffin a sollicité la contribution d’un médecin pour devenir Noir et effectuer un périple de 6 semaines dans le Sud des USA tandis que Gunther Walraff s’est transformé en Turc et a entamé la longue marche de la recherche d’emploi en Allemagne, le tout pour constater les conditions inhumaines dans lesquelles sont confinées ces personnes.

Moi, je suis bien contente de n’être qu’un peu handicapée et très provisoirement.

Au stade actuel, physiquement, je fonctionne comme à l’accoutumé : j’ai l’air aussi affectée que Céleste et Amandine quand elles s’assoient sur la chaise roulante. J’ai tout de même l’atèle à la jambe gauche et…- bien que la seule restriction que l’ortho ait posée quant au poignet droit soit de ne pas jouer au tennis - je garde la petite orthèse par précaution. Quand je marche, c’est un peu plus spectaculaire : vu les béquilles, je regarde le sol comme la douarière et l’on perçoit un certain labeur, tout de même. L’accès au statut de reine des majorettes, ce n’est pas pour demain.

 

 Vu ma vigueur, j’ai entrepris de renouer avec la vie civile.

Samedi, Amandine m’a embarquée chez ma coiffeuse préférée. Dimanche, Bernard m’a emmenée prendre un pot; lundi, Serge m’a emmenée faire une provision de revues et regarder les canards aux étangs d’Ixelles et hier, nous sommes allées voir Harry Potter à l’UGC De Brouckère.

Chez la coiffeuse, alors que j’entrais appuyée sur mes béquilles, une dame s’est présentée en face de moi. Elle s’attendait à ce que je m’efface pour la laisser passer. Comme je m’étais engagée, elle a franchi l’embrasure de la porte en même temps que moi.

Lundi, Serge m’a déposée à la Porte de Namur sur le trottoir à exactement 1,78 mètres du seuil du libraire. Alors que je m’acheminais vers le magasin, sur mes 2 béquilles avec 1 jambe en l’air, au moins 5 personnes m’ont coupé le passage.

Celeste1-8-07Au cinéma, Amandine s’est entendu reprocher d’avoir pu passer rapidement à la caisse. Supposée accessible aux moins valides – c’est la raison pour laquelle nous avions préféré Harry Potter à Persepolis – la salle ne présentait, en fait, aucun dispositif particulier : nous avons du abandonner la voiturette au sommet des marches. J’ai franchi une quinzaine de marches et j’ai bricolé de quoi soutenir ma jambe durant les 2 heures du film. Dans la rue, quand j’étais en voiturette, j’ai noté que personne n’avait un regard pour moi (ce dont je ne me soucie sans doute pas en temps usuels).

Pour les points positifs, quand l’une de mes béquilles est tombée, un jeune homme l’a ramassée. J’ai également noté qu’à De Brouckère,les trottoirs prévoient le passage des moins valides. Et chez le libraire, une dame m'a proposé de faire quelque chose pour moi.

Allez ! Ca doit être le 712eme de ce que vivent les vrais handicapés.…

A l’avenir, quand vous avez le blues, pensez à remercier pour votre bonne santé au lieu de jouer au crucifié de service.

En photo, Celeste dans la peau d’un chat moins valide, le fondement posé sur l'oreiller anti-escarres.

09:55 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

29/07/2007

P comme

Edward Lear "petit cochon".

D'un alphabet nonsensique d'Edward Lear

ps : le morceau de Chris Letcher sous l'image est destiné aux seuls véritables petits cochons.

23:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

28/07/2007

Vuarnet et De Keukelaere

SylviaVuarnetEtMarnixDeKeukelaere Cliquez sur l'image

12:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

27/07/2007

Le kinétec royal

AlbertIIQuand on se revalide le membre (surtout avec le souci dont était affligé le roi), on commence par faire immédiatement des (génu)flexions passives au moyen d'un appareil dénommé "kinétec".

Figurez-vous que le kinetec que je viens de recevoir en prêt de la Croix Rouge provient en ligne directe du Palais royal.

A choisir, je préfèrerais que le roi fasse une génuflexion devant mon oeuvre mais bon...on va considérer que c'est un début....

 

 Pour un souvenir aussi belge que la blague d'Yves Leterme, cliquez sur l'image.

17:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Urgences (le 24 juillet)

LES INFOS TECHNIQUES : je réside donc pour une durée indéterminée en un lieu qui ressemble à un hopital en plus hospitalier, où le personnel soignant est plus nombreux, attentif et ne passe pas ses humeurs sur les gens et où l’on fait beaucoup de kiné orientée revalidation. Bref, comme je suis active, j’en suis moins réduite à regarder le temps passer. J’ai appris que l’hopital que j’ai quitté avait transmis un dossier fantaisiste au centre où je suis maintenant : J’aurais été victime d’un accident de la route. Aucune allusion à la fracture du poignet. On m’attribue par contre une opération à la cheville dont je n’ai pas connaissance….Et aucune radio post-opératoire n’accompagnait ce maigre dossier. Ici, on ignore ce que j’ai. Ca m’inquiète un peu, tiens….

 

 FANTASMATIQUEMENT, ça va moyen moyen aussi…

Depuis la belle Hélène, je n’ai apprécié aucune de mes compagnes de chambre.

Celle qui a succédé à Helène était une espèce d’épave à la voix éraillée qui radotait et avait un défaut de prononciation puéril. Elle était à peine installée, sa fille lui a proposé d’aller s’en fumer une, peut-être histoire de hausser son taux d’oxygène dans le sang. Et puis, j’ai pas eu besoin que Herman commette une indiscrétion pour deviner que c’était une alcoolo.

La suivante est arrivée en pleine nuit. Elle a dit « aie, aie, aie, ouille, ouille, ouille » pendant deux heures. J’ai cherché le 3eme programme sur mon GSM (vu l’heure, Pure, ça le faisait moins) pour tenter de me bercer en faisant diversion mais j’ai quand même fini par lui dire que, moi aussi, j’avais mal. Elle m’a alors répondu : « beh ! Je ne dis rien ! ». J’ai répondu : « ne dites rien mentalement, ce sera encore mieux ».

Après son opération, elle m’a dit ce qu’elle avait l’habitude de manger au petit déj et m’a signalé qu’elle ne buvait que de l’Evian tempérée.

Ah oui ! Elle m’a tutoyée, tant qu’à faire….

Et puis, les circonstances de son accident, c’est ça qui est vraiment passionnant. Il était l’heure d’aller se coucher. Elle a bu son verre de lait, avalé son somnifère, fermé toutes les portes à clé, mis la petite chaine à la porte d’entrée et puis, elle s’est pris les pieds dans le tapis. Comme elle portait son GSM, elle a appelé le 100 qui, pour entrer, a défoncé sa porte d’entrée.

Le gentil monsieur de l’accueil m’a dit que, ne parvenant pas à atteindre le téléphone, des gens mourraient souvent de cette manière, de faim et d’épuisement.

 

 ENFIN, ME VOILA ICI OU NOUS NOUS HAUSSONS ENCORE D’UN DEGRE dans le genre fantasmagorique (tout dans la tête…la mienne, of course).

douairiereflamandeElle était à la kiné quand je suis arrivée si bien que, quand elle est revenue, je l’ai bien vu débarquer dans sa splendeur altière, le front baissé (quand on a des difficultés à marcher, on regarde ses pieds, par exemple ou éviter de les poser n’importe où ou de poser les béquilles en porte à faux…). Elle a le front très haut et le visage d’une austérité hostile comme les douairières de la cour de Philippe le Bon (ou son cousin) telles que les ont représentées certains Primitifs flamands (Elle est pire que les deux douairères de Memlig et Van Eyck réunies). La peau blême, le menton effacé, les mandibules serrés, juste l’air d’une MB (selon un code convenu avec une mini-classe que j’ai eue).

Le front très haut, ça me fait tout de suite penser à un échantillon d’analyse morpho-psychologique dont j’ai bénéficié dans le contexte d’un séminaire il y a quelques années. Avec le plus grand sérieux, sans la moindre précaution oratoire ni le moindre doute dans le dessin des sourcils, la bonne femme m’avait dit que le maxillaire prononcé indiquait chez moi une grande avidité et de l’ambition s’exerçant uniquement sur le plan matériel et que le front court témoignait d’une absence d’élévation et d’envergure tant spirituelle qu’intellectuelle….Bon, eh bin cette dame, elle doit avoir beaucoup d’envergure intellectuelle et spirituelle. D’ailleurs, elle lit « the Economist » et se soigne les ongles avec une application qui a quelque chose de paradoxal compte tenu de sa laideur, du fait qu’elle laisse des traces de son passage dans les toilettes et qu’elle recycle les cotons-tiges. Là, elle git sur son lit, la bouche ouverte et la nuque baignant dans les frais draps bleus. Elle ronfle. Et ses doigts gracieux se déploient comme une corolle sur son ventre sec. On dirait un gisant. Mais les gisants, on se donne la peine de leur fermer la bouche. Alors là, la bouche ouverte, elle me fait penser à Scrooge (du « Conte de Noel » de Dickens) dans la déclinaison de Lisbeth Zwerger qui l’a représenté la tête entourée d’un linge noué sur le sommet du crâne, ce qui lui donne l’air d’un œuf de Pâques, (sinon que c’est l’appareil dans lequel il est mort ; le nœud servait à maintenir le maxillaire inférieur). On dirait le masque mortuaire de Voltaire, la bouche ouverte et en moins bonnasse. C’est dire.

 

 LA KINE M’A DIT QU’ELLE N’EVOLUAIT PAS BEAUCOUP parce qu’elle n’a jamais fait de sport. Ca lui fera les pieds.

 

 LA CHAMBRE EST EQUIPEE D’UNE HORLOGE (de marque Ikea) dont le petit mécanisme est très bruyant. J’ai tout de suite demandé à ce qu’on enlève la pile, ce genre d’engin exerçant sur moi une fascination hypnotique qui capte imbécilement mon attention. Quand elle a constaté que l’horloge avait disparu, elle a dit que ça ne pouvait pas se passer comme ça parce qu’elle a besoin de voir l’heure quand elle se lève la nuit. L’infirmière lui a dit : « vous avez une montre ». Elle a répondu : « ça m’oblige à mettre mes lunettes ». L’infirmière a dit : « on peut peut-être vous procurer un réveil à affichage digital ». Elle a répondu : « ça m’obligerait aussi à mettre mes lunettes ». Bref, Madame a besoin de voir l’heure quand elle pisse : ça la rassure. Elle se dit « qu’il n’y a plus qu’autant d’heures ». Avant quoi, donc ?

 

 LE POINT SUIVANT, CE FUT LA TEMPERATURE DE LA CHAMBRE. Je l’ai entendu dire à sa copine que la nuit précédente, elle avait dormi avec la fenetre ouverte et qu’elle avait crevé de froid. Elle a précisé qu’elle était couverte de son seul drap du fait qu’elle n’avait pas remonté la courtepointe sur elle, ce qui supposait un effort musculaire qui n’était pas dans ses cordes.

Du coup, interdiction d’ouvrir la fenetre. Or, il faisait torride. Je me suis donc mise en nuisette courte sans manches. Imaginez l’indécence. Mais moi, j’ai mal. Je n’ai pas seulement mal au genou, j’ai aussi mal aux fesses. Une douleur musculaire permanente tellement intense que quand je me couche, j’ai l’impression d’avoir un objet sous moi. Quand je passe la main pour le retirer – manque de bol – il n’y a rien. Ce sont mes muscles qui souffrent et il n’y a rien pour me soulager. Et ça dure depuis des jours. Alors, la chaleur et mes douleurs conjointes aux bruits organiques de ce personnage ont fait de ma nuit un enfer. Je n’ai pas dormi ou si peu. Vers 4 heures, j’ai ouvert la fenetre et me suis flanquée à poil sous le drap pendant que ma voisine ronflait sous son seul drap. Mais je continuais à avoir mal. Quand l’infirmière est arrivée vers 7 heures, je m’étais calmée depuis peu de temps. Je lui ai demandé de fermer la fenetre. Et quand la fenetre a été fermée, je me suis rendu compte que j’avais peur de ma voisine…,que j’aurais préféré avoir encore de l’air mais que j’avais demandé ça par crainte… de je ne sais quoi….J’ai pleuré. Je me sentais aussi entravée qu’à l’internat quand j’étais enfant. Hier l’infirmière m’a dit : « vous pourrez sortir : ici, ce n’est pas le pensionnat ». Et le Carnaval d’Ensor s’est débondé.

C’est le mot « pensionnat » qui a du être le sésame de ma dérive. Je ne veux pas savoir comment les souvenirs de cette période s’articulent. Je préfèrerais d’ailleurs avoir tout oublié. Entre autres cauchemars, je garde le souvenir de reproductions de tableaux que je trouvais horribles et qui sont tous liés à des heures d’exclusions des études, à des déplacements peut-être dépourvus d’affects quand je les accomplissais mais tellement liés dans mon souvenir à ma déréliction d’enfant.

BBuffetjpgDoraMaarDans le très vaste hall où l’on m’oubliait la nuit à l’internat, il y avait un portrait cubiste de Dora Maar en couleurs primaires et un clown pathétique de Bernard Buffet. Quand les lumières s’éteignaient, la présence de ces tableaux dans ce couloir à peine éclairé par la lumière nocturne me glaçait d’effroi.

 

 Dans les couloirs de l’école primaire, se trouvaient des scènes de chasse anglaises où l’on voyait des chiens dévorer les entrailles d’un cerf ou d’un sanglier ainsi, je me le rappelle en particulier, que la reproduction de la Chute d’Icare. Je peux m’imaginer ouvrant la porte de chaque classe. J’ai des mauvais souvenirs dans chacune d’elle.

On pourrait se dire : « elle a focalisé ses souvenirs sur des peintures…C’est une artiste dans l’âme ». La vérité, c’est qu’ayant passé toute ma jeunesse à l’internat, on voit mal quel apprentissage non formel pourrait être dissocié de ce contexte.

Je me rappelle de scènes de torture en place publique où les gens s’affairent tandis que les outils sont disposés là autour de l’homme que l’on écorche. Et quand la dame à la prothèse du genou m’a raconté son opération, c’est à cela que je pensais. Quand Aurore m’a proposé de faire un petit boulot avec des perles pour mon poignet, un moment dans la position de ma main m’a fait penser à ce tableau où l’on voit deux jeunes femmes nues en bustes dont l’une tient délicatement le mamelon de l’autre.

 

 cour de BourgogneQuand j’étais enfant, ma mère collectionnait également les points artis.

Lorsqu’on avait de quoi faire, on échangeait les points contre des photos à coller dans des livres que l’on achetait. Ma mère avait choisi deux thèmes : les passereaux et les Primitifs flamands. Je trouvais tout moche. Les pages des livres étaient rugueuses. Les Bourguignons avaient des visages affreux. Ils semblaient malades. Leur collants et leurs chaussures plates à pointes étaient ridicules. Les femmes semblaient toutes moribondes et enceintes. Bref, ces livres, inutile de préciser que je ne les ai pas lus. Aujourd’hui, j’ai pourtant peint des passereaux et j’aime les Primitifs flamands.

 

 I said « yeah yeah ! »

16:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/07/2007

Stupid Girl

garbagePOUR COMMENCER, il y a le mystère des codes barres des bas de contention : certains les ont bleus, d’autres verts, d’autres orange, une femme en a des rouges. Et puis, manque de bol, moi qui me tenais pour une exception en matière de galbe, j’ai constaté qu’ils font de jolies jambes même aux nonagénaires et aux hommes. CE MATIN, il y avait la foule à la salle de kiné. Si Herman et Aurore se sont si bien occupés de moi la semaine dernière, c’est que l’après-midi, il y a peu de gens. Ce matin, les gens ont défilé, plus ou moins vêtus, plus moins valides. Tout le monde a mal mais la plupart ont la force de faire bonne figure. Les dames font les exercices menus menus. Parmi elles il y a Madame Minne, maquillée, gros ventre, déshabillé rose bordé de duvet de marabout rose. Et puis, Madame Minne se maquille, dit « bonjour » à tout le monde et sourit. UNE TRES VIEILLE DAME MARCHE pour la première fois. D’un côté, Bernard la soutient, de l’autre coté, Herman transporte la perfusion, la bonbonne d’oxygène, le sachet d’urine et le redon, ce biberon immonde qui, via le drain, recueille les humeurs affluant dans la zone sinistrée. Pareil pour le bonhomme qui provient des soins intensifs. Lui est juste capable de se lever. On lui dit de regarder devant : il se redresse comme un caporal. On ajoute « tendez les genoux » : il prend quarante centimètres. Et puis – ce scénario-là, on le connaît - ce monsieur est tout nu sous sa petite tunique d’opéré, alors, Aurore vient à la rescousse pour lui draper impérialement le dos. La toge n’est pas pourpre et c’est beaucoup mieux comme ça.BERNARD M’A DIT « REPOSEZ-VOUS DE TEMPS EN TEMPS » mais je trouve le tempo de Garbage tellement motivant que je poursuivrais durant des heures. HIER SOIR, J’AI SYMPATHISE avec le réceptionniste de l’hopital qui m’a permis de regarder Justin Timberlake, Missy Eliott, Timbaland, Black Eyed peas et Outcast, de quoi m’inspirer une chorégraphie triadique super joie de vivre. Et puis, j’ai regardé deux épisodes de « Urgences » sans même vomir et j’ai promis au monsieur de venir lui dire « au revoir ». A partir du 23 juillet, je suis en revalidation ailleurs pour une durée réputée indéterminée…hum hum.COUCHEZ VOUS. Posez un boudin de mousse sous les genoux. cliquez sur l'image : la video démarre. Soulevez alternativement un pied puis l’autre sur le rythme de « stupid girl »

18:50 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/07/2007

Rufus Wainwright

rufus

Cliquez sur l'image

10:51 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/07/2007

J’adore ! (inventaire du 21 juillet)

Me faire servir

Me faire laver le dos

Me prélasser

Ne pas avoir mal

Me faire malaxer le piriforme par Herman

M’entendre dire par Miss Aurore que si elle était un monsieur, elle m’épouserait illico

Voir ma bonne tête

Ecouter Violette me raconter ses salades hédonistes

Me faire masser le pied par Danielle et Amandine

Savoir que mes stagiaires font leurs petits devoirs malgré l’état de leur prof

Que mes amis m’aiment

« Les Cotelettes » de Blier

Les livres et CD qu’MI m’a prêtés

Ecouter les Arctic Monkeys dans mon GSM

Lire les Inrocks et Telerama

Visiter la Biennale de Venise en livre grâce à MI

Choisir les films que je ne verrai pas. Mes hits : « 2 days in Paris » et « les chansons d’amour ».

Choisir les CD que je n’écouterai pas avant longtemps. Comme « Release the stars » de Rufus Wainwright.

J’abhorre avoir mal ! Et j’ai mal !

19:39 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/07/2007

Ongeloofelijk !

DEPUIS 3 JOURS, le même type se pointe à la salle de kiné uniquement vêtu de la chemise de salle d’op’ (un vêtement pas cousu dans le dos) et donc sans slip. Ce matin, Aurore, 24 ans, a fini par l’engueuler. A COTE DE MOI, se trouvait une dame de 70 ans à qui on avait mis une prothèse du genou en inox et cela sous péridurale. Elle a vécu ce que j’ai voulu éviter en demandant l’anesthésie totale : elle a tout entendu : forer, scier, limer, visser…en plus de sentir qu’elle crevait de froid….Au moins, moi, je ne l’ai senti qu’au réveil. ET MOI, Herman m’a massé le piriforme… et j’ai partagé mon vaution avec lui. Isn’t it wonderful ?

23:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L’EMBALLAGE ET LE CADEAU

SAMEDI -14/7 – VOILA, J’AI QUITTE LE STATUT D’OBJET DOLENT NON IDENTIFIE et opéré mon retour à l’humanité. ON A PLACE MON ATELE (je plie donc un peu la jambe) et des bas de contention comportant au talon un rectangle violet qui a un petit air de barre code. Je m’imagine vêtue d’une mini jupe orange et m’érigeant – avec le poignet droit enserré dans une atèle noire de skateuse (à Charleroi, on dirait « sketteuse »avec le ‘e’ ouvert et ça signifierait « casseuse » mais je suis à Uccle et ça change tout…) en nouvelle icône robot-pop. DROLE D’AVENTURE QUI CONSISTE A « RETOURNER A L’USINE ». Ca a un petit coté Disney…(Celui que j’ai découvert en décembre au Grand Palais et qui m’a fait pleurer, non l’eunuque vénal auquel l’a réduit la culture de masse). Petite, j’ai bien du regarder une fiction où l’on voyait le père Noel rafistoler des jouets dans le style psychédélique de Fantasia. Ici, c’est un peu mâtiné de gore : la morphine coupée, l’euphorie l’est aussi. On est bien là et c’est votre jolie jambe qu’on a recollée. La couture expressionniste, c’est sur vous qu’elle se trouve.C’EST LA QUE SE SITUE TOUTE LA DIFFERENCE entre moi et une poupée. La poupée est une forme qui n’a d’autre finalité que sémiologique. Quand vous la démantelez, l’intérieur est creux : tout ce que l’on voit, c’est l’autre coté de la matière moulée dont la poupée est faite. Dans une poupée, l’essentiel, c’est l’image, la forme, le moule. La poupée, c’est du packaging à l’état pur. Ce qui ne signifie pas que ce soit du vent : c’est un objet de projection. Son vide intérieur est compensé par le désir que l’on projette à sa surface, que l’auteur du fantasme soit enfant ou adulte…. Dans la mesure où je ne dispose ni de mes livres ni d’internet pour confirmer mes intuitions, je me contenterai de noter que dans leur large majorité, les poupées sont des filles. Pourquoi ? Voilà la question que j’aurais aimé explorer.NOTEZ L’AFFINITE DE LA POUPEE COMME SUPPORT DE PROJECTION FANTASMATIQUE avec le rôle de l’acteur et de la représentation tel que l’a envisagé Aristote. Quand Umberto Eco défendait l’existence de jouets représentant des armes ainsi que la violence dans la fiction télévisée, il le faisait en référence à la catharsis aristotélicienne….Comme si la violence, la libido déchargée dans ce cadre-là avait pour vertu de pacifier et, sait-on jamais, de produire l’homme nouveau. Remarquez que ce sont les garçons qu’il s’agit de pacifier….EN CE QUI CONCERNE LA POUPEE, ON SAISIT TOUT DE SUITE LE GENRE DE MUTATION qu’a subie l’image de la femme depuis les années ’80 (et, du coup, la régression par rapport aux acquis du féminisme). Ce sujet-là, parce qu’il me met en colère, je ne l’explorerai pas ici pour l’instant.LA DIFFERENCE ENTRE L’ETAT DE FINITION PARFAITE DE LA POUPEE ET NOUS, c’est que nous sommes de chair comme les vaches de Rembrandt et celles de Damien Hirst…et même celles du Delhaize dont les fragments couchés sur barquette de polystyrène immaculé frisent l’abstraction. Ca saigne, ça palpite et ça souffre. Ca vit malgré vous, sans vous demander votre avis. Et ce truc qui vit malgré vous, humblement, c’est vous. Sans « cela », vous ne seriez pas là.ALORS JE M’EMERVEILLE. A lire sur le mode transitif : je deviens source d’émerveillement à mes propres yeux. Moi qui prends soin de moi avec une rudesse assez virile, je me dis que la vie est une fille avec un nœud rose sur la tête et qu’il faut que je prenne soin de la mienne autant que de celle des araignées auxquelles je crains d’infliger une fracture du crane quand je les évacue d’un peu haut.ME VOILA UNE PETITE CHOSE PRECIEUSE. Quand il est arrivé qu’on me dise que j’étais unique, cela ne me disait rien. Maintenant, je comprends que je n’aurai pas deux chances d’exister et qu’il n’y en aura pas deux comme moi, ni biologiquement ni autrement. Je suis unique, vulnérable, éphémère. Peut-être mon éternelle témérité (un autre mot contenant « mère ») viendra-t-elle désormais buter contre cette évidence.AMANDINE M’A APPORTE UN MIROIR. J’y parerai désormais avec vénération ces yeux aux cils trop courts et aux iris d’un brun commun qui ont le bon gout de voir le monde en couleurs. Je pommaderai gentiment (gently) cette peau trop blanche sous laquelle frémit ma vie. JE SUIS PLEINE DE GRACES, ma fille est un ange et mon chat est Celeste.

23:13 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/07/2007

Hélène

15/7 - CE MATIN, HELENE VA A L’EUCHARISTIE. Elle a eu pitié de la prosélyte de l’équipe pastorale et a accepté qu’on vienne la chercher ce dimanche. On m’a demandé si je souhaitais qu’on m’apporte l’Eucharistie. J’ai décliné : Dominique et Bernard s’occupent du salut de mon âme. Ca suffit comme ça.HIER, ON A VU UN BLACK ALERTE EN COSTUME DE FOOTBALLEUR (entendez short et Tshirt de couleurs vives) cheminer vers le local des infirmières. Hélène et moi, on a aussitôt demandé des comptes : pourquoi avait-il les jambes nues et pas nous ? On a reçu la seule explication possible : ses bas sèchent, c’est le seul moment où l’on admet les jambes nues. N’empêche : quand le médecin est passé, on lui a demandé s’il avait au moins essayé de porter ces fameux bas de contention. Quand j’étais enfant, je trouvais cinglées les dames qui portaient délibérément des bas de contention (j’ai pas encore dit que mon grand-père vendait des bas sur les marchés….). L’opacité, c’était déjà moche mais, en plus, la chair paraît tellement comprimée (Ca maintenant, je vous le confirme). Le tout gros avantage, par contre, c’est que ça vous fait un galbe d’enfer. C’est l’aimable commentaire que m’a fait Amandine la première fois où elle m’a vu porter ces bas. Et puis, j’ai des yeux pour voir : comme je suis le clone de ma mère, je sais à quoi ressemblent mes jambes…Enfin… ressemblaient….Car en matière d’amincissement, j’ai trouvé la solution : l’immobilité ça vous bousille le résultat de mois d’activité sportive. Amorphe, ma guibolle ressemble à celle des BB ou des vieillards, au choix : le mollet et la cuisse effacés et les articulations enflées. Bref, une jambe de Marilyn, c’est peu pour faire joli, d’autant plus que comme c’est le bas - et non la robe – qui est blanc, c’est plutôt à la Ur-Marilyn qu’il faut penser, genre Bécassine sortie de son Wisconsin natal (ou l’état voisin, on s’en fiche).POUR COMPLETER L’OUTRAGE, HELENE ET MOI, ON A RECLAME UN PORTE-JARRETELLES. Le médecin a répondu que ça avait été tenté, à une époque. Les gens portaient comme une ceinture sur les hanches auxquelles on venait accrocher les bas….Mais ça n’a pas fonctionné. Nous voilà donc réduites (notez que les hommes aussi, y’a pas de raison) à porter des Dim’Up de Becassine qui garrottent affreusement le haut des cuisses de telle sorte qu’un jour, ni vu ni connu, quelqu’un finira par perdre la jambe….à la façon dont certains éleveurs inspirés castrent les chevaux. IL EST 9H15- HIER SOIR, DANS L’OBSCURITE, Hélène a dit : « chouette ! demain, c’est dimanche : on aura du bon beurre ». Elle a expliqué : « le dimanche, c’est mieux. Dimanche dernier, on a eu du cramique et du beurre ». Mais quand le petit déj’ est arrivé, il n’y avait pas de beurre sur son plateau. Elle m’a dit : « Et sur le votre, il y en a ? ». Mais moi, j’ai demandé à manger sans lactose, alors, je ne risquais pas d’en avoir. J’ai répondu : « regardez dans votre assiette ! Vous avez des sandwiches et moi des tartines (c’est déjà ça) ». Hélène commence à ingurgiter son petit déj’ à la marga puis elle bondit : « c’est quand la pastorale, encore ? ». Et voilà : les sandwiches sont restés là : de toute façon, le corps du Christ attendait Hélène.

20:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Meneer Plateau

LA NUIT, L’HOPITAL BRUISSE DIFFEREMMENT : on entend des bébés crier. Pareil pour les gens qui souffrent. LA NUIT DE L’ENFER, j’ai entendu une complainte qui n’en finissait pas. Toujours le même son. Ca ressemblait à un grognement plaintif. Ca m’évoquait la jouissance néanderthalienne d’un amant que j’ai eu. Le matin, j’en ai parlé à une infirmière qui m’a dit : « derrière vous, ce n’est pas possible. Devant, il y a une personne âgée ».CE MATIN-LA, on a vu un engin inconnu d’Hélène qui, dans la mesure où elle était kiné était supposée en connaître un bout. Les infirmières consacrent une énergie infernale à ce type de la chambre voisine : elles y passent beaucoup de temps, nombreuses, et se couvrent complètement pour entrer dans sa chambre. Hélène a demandé à quoi servait cet engin dont la configuration ne lui inspirait aucune hypothèse. L’infirmière a répondu que cela permettait de soulever. HELENE N’ENTENDAIT PAS LES CRIS INCESSANTS DE CE BONHOMME. Elle m’a répondu plusieurs fois : « ça, ce n’est rien du tout en comparaison avec « Canari » ». « Canari » s’exprimait sur le même mode litanique mais dans le registre strident. Quand elle évoquait Canari, Hélène soupirait de soulagement. Elle était partie et rien n’avait plus d’importance.UN MATIN, sans avoir actionné le bouton qui lui aurait amené une infirmière, le type a répété ad lib : « viens me voir ! ». Une autre fois, il criait « Madame ! » ou « Viens ! ». J’ai fini par comprendre qu’il demandait de la compagnie.PUIS, HELENE EST PARTIE et l’autre dame lui a succédé.Sa douleur l’empêchait de dormir, alors, je suis allée ouvrir la porte du voisin et, sans franchir le seuil, je lui ai dit que d’autres personnes souffraient et qu’il serait aimable d’en tenir compte. Tout le monde a droit à la paix, pas vrai ?MA VOISINE A DIT : « il a fait celui qui ne comprend pas ? ». J’ai dit : « bien vu » .CET APRES-MIDI, j’ai été emmenée à la salle de rééducation.En 15 secondes, j’ai eu le temps de me frapper la tête avec la béquille et d’écraser l’orteil du kiné. Je n’avais encore rien fait de tel en presque 3 semaines. Je lui ai dit : « ne me traitez pas comme une handicapée : c’est le meilleur moyen pour que je fasse des gaffes ».Il m’a dit : « la kiné m’a signalé qu’il y avait une jeune ».J’ai dit : « c’est moi, ça ? »Il a répondu : « ici, les gens ont entre 80 et 105 ans. Alors, les accidents comme le votre, c’est la fête… »EN MEME TEMPS QUE MOI, on amenait une momie alitée avec une verrue sur le front. Un truc qui n’a plus grand chose d’humain quelque part entre la représentation que le cinema a donnée de Golum et une espèce de larve indéfinie.Le kiné me prend en sympathie. On fait un peu les idiots. Je lui demande si la momie larvaire est mon voisin. Il me dit « oui : monsieur Plateau ». Je lui raconte nos déboires sonores et j’apprends que monsieur Plateau est dément. Il y a foule à la salle de revalidation.Un bonhomme qui doit avoir dans les 80 ans ventru, le volume des jambes réduit à peu de choses…un peu comme meneer Plateau. Je dis : « il a les jambes nues ! ». Le kiné répond : « il refuse les bas… »….Tiens tiens…Et il ajoute : « il y a plus de risque de phlébite chez les jeunes ». Il met ce type à l’ouvrage et va s’occuper de monsieur Plateau. « U slaapt, meneer Plateau ? ». Monsieur Plateau se réveille : il s’est endormi pendant son exercice. « Zeg, Meneer Plateau, u moet niet zoveel lawaai maken ! U moet aan uw buren denken… C’est vrai, hein ! Faites bien votre exercice ! Vous devez vous fatiguer, sinon, vous embêtez les autres ! ».

20:24 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11.000 roses

matin au soleil//doux murmure satiné//terre et paix au noir41

20:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

16/07/2007

L’INFIRMIERE EST UN ANGE.

L’INFIRMIERE EST UN ANGE. (C’EST POURQUOI ELLE MERITE SON PRENOM)/ET SES YEUX SONT BRUNS. (VOUS Y LIREZ MA VIOLENCE)/COMME ELLE SAIT TOUT FAIRE, ELLE A ACCEDE AU TITRE DE « POLYVOLANTE »/QUAND JE SERAI GUERIE, DES AILES LUI POUSSERONT//A LIEGE, SUR LA FOIRE ANNUELLE, plusieurs baraques servent des laquements. Personne n’est d’accord sur la graphie du terme. Est-ce « laquemans », « lackmans » ou autre chose ? Personne ne sait non plus de quoi se composent ces hideuses doubles gaufres farcies mais tout le monde s’en régale. C’est un must. A Bruxelles, c’est un peu pareil. Ils ont le « bodding », ou « pudding », ou « poudingue », un gâteau extremement dense composé selon la légende de restes de patisseries. A priori, c’est dégueulasse, non ? Si l’on en vend toujours, c’est pourtant que certains s’en régalent….SI TU Y CONSENS, Chère Lectrice, Cher Lecteur chéris, je t’invite à m’accompagner dans l’étrange expérience que je vis ici et qui se traduira pour toi par une absence de mise en forme. Tu bénéficieras de tranches épaisses de texte sans le levain des images et de la mise en page : du bloc posté dans son jus par Amandine à qui je ne vais pas demander l’effort supplémentaire de contourner les pièges que cet interface conçu pour PCusers tend aux gens qui ont du gout.VOICI DONC SEULEMENT DU TEXTE AU KILOMETRE pour plusieurs semaines.Ceux qui m’aiment y verront peut-être une expérience. La leur.

21:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/07/2007

Delvoye IV : Cloaca

Tout est économie, dit Delvoye. On ne peut y échapper. Fort de ce constat, ill fait coter en bourse Cloaca. C’est une manière de jouer avec la logique capitaliste.

 Comme artiste, il aime réfléchir sur l'art, sur la mythologie qui entoure l’artiste. Par exemple, pourquoi les artistes sont-ils pauvres étant donné le prestige dont ils jouissent et l'argent qui est brassé autour d'eux ?

 

 300px-Leonardo_da_Vinci_helicopter_and_lifting_wingEn ce qui concerne la conception de Cloaca, certains apparentent Wim Delvoye à Leonard de Vinci. Mais Vinci avait un objectif pratique : il concevait des machines supposées utiles.

 

 Cloaca existe en plusieurs exemplaires. C’est une reconstruction de l'appareil digestif humain réalisée avec le concours d’une équipe d’ingénieurs. La machine se nourrit de plats cuisinés qui, au fil de son parcours intestinal, passent de cuve en cuve, se transforment au fur et à mesure pour finir en excréments. « Cloaca est une hybridation homme-machine », dit l'artiste. Au terme du processus, les excréments sont mis en vente.

 Pour voir, copiez-coller la phrase suivante dans votre navigateur :

  http://www.cloaca.be/machines.htm

 

 A l’origine de Cloaca, Delvoye, lui, était fasciné à l’idée de concevoir une machine qui coute beaucoup d’efforts et ne serve à rien. « Quand j'étais étudiant, dit-il, j'avais l'exemple de Christo. Il m'épatait. Je n'avais pas compris que lui et d'autres vendaient des dessins autour de leurs grands projets. Je me disais que je ne pourrais jamais travailler pendant des années pour installer une œuvre qui doit durer six semaines. J'étais fasciné par ce choix de l'éphémère, mais j'avais un peu trop d'ego pour l'accepter pour moi-même. Je n'ai jamais oublié ces artistes. Cloaca est peut-être une façon de faire comme eux ». Ce que Delvoye ignorait à l’époque mais qu’il a donc parfaitement intégré par la suite, c’est qu’une démarche comme celle de Christo est la partie visible d’un énorme travail de production (en l’occurrence, accompli par la femme de l’artiste).

 

 dyn007_original_263_263_jpeg_2563798_437b017a55d7993501e3aed0395a0e95« J'ai cherché un truc compliqué, poursuit Delvoye, difficile à faire, cher, et qui ne mène à rien. J'ai d'abord eu l'idée de faire une machine sans finalité avant de concevoir une machine à faire du caca. J'ai pensé aux Temps modernes, à Chaplin, à sa machine à manger, à cette fascination du début du XXe siècle pour la machine.

 Des artistes comme Piero Manzoni, avec sa merde d'artiste en boîte, et Marcel Duchamp, avec La Mariée mise à nu par ses célibataires ainsi que La Broyeuse de chocolat ont plutôt été une source de légitimation de mon travail ».

 

 Cette idée de caca vient d'une autre histoire, poursuit Delvoye : c'est le meilleur garant de l'égalité.

 A l’époque, je parlais toujours d'égalité, c'était ma période des "objets démocratiques". Plébéiens. Prolétariens. J'en faisais beaucoup. Ils tombaient très bien dans cette époque de fascination pour l'objet. C'était le moment où Baudrillard parlait de l'objet qui nous séduit. Je faisais des scies circulaires, des buts de foot, des armoires, des objets un peu prolos. Tout le monde connaît un but de football ou une bonbonne de gaz.

 Ce sont des objets qui ont une "crédibilité de la rue".

 Ce n'est pas comme l'œuvre d'art : elle ne vaut rien dans la rue. En revanche, la cocaïne, ça vaut beaucoup.

 Et moi, je veux que l'art soit comme la cocaïne : s'il vaut beaucoup dans les musées, il doit aussi valoir beaucoup dans la rue. Je cherche à faire en sorte qu'il ait un "currency", une cotation. C'est un terme économique. Je le fais exprès.

 

 ps : la "broyeuse de chocolat" est un dispositif monté sur une plateau orné de pieds de style Louis XV. Il fait partie d'une installation de Marcel Duchamp intitulée "La mariée mise à nu par ses célibataires"

13:48 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, art |  Facebook |

Smile!

smileVite! Que je vous dise, les loups! Comme je sais que beaucoup d'entre vous m'aiment au point d'être bien stressés à l'idée de mon opération, je vous dis tout de suite que c'est pour demain.

 Par un concours de circonstances dont j'ai la spécialité, mon orthopédiste est tombé suffisamment malade pour se faire à son tour embarquer aux urgences...et donc, ses malades sont répartis sur ses collègues. Je serai opérée demain même heure. Comme ma présence à l'hopital était superflue, je suis rentrée.

 M I m'a écrit : "voilà encore un peu de temps pour bien manger et te reposer". Ce sera le haïku du jour.

 En ce qui concerne l'alimentation, eu égard à mon petit cahier de charges d'invalidité, je ne sais évidemment pas si je perds du poids...mais l'efficacité du régime sans lait se vérifie en tout cas sur Amandine....Des kilos s'effacent quelque part! Si c'était sur moi, ce serait bien!

 

 

 

 En attendant, voici de quoi nous divertir les neurones.

 L'image du jour est une photo "vernaculaire" : c'est le nouvel euphémisme qu'on a exhumé pour désigner les productions anecdotiques et locales réalisées sans référence à aucune norme ou aucun "idéal" esthétique.

 Dans le contexte de la globalisation, le terme "vernaculaire" trouve une valeur et des résonances qu'il n'avait jamais eues aupararavant. Sur certains points, il recouvre la notion de "kitsch" abordée dans le post du 1er juillet 07 consacré à Wim Delvoye

 Pour en voir des tonnes d'autres cliquez sur le sourire de la dame.

07:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

10/07/2007

Don't worry : be happy!

Damagedtomorrow is the day

 everything is gonna be OK

 Oh Yeah!

19:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/07/2007

Melting potes marins

Au regard de l’histoire de l’humanité, le désenchantement est récent…. Il est né à la Renaissance, a continué à se lézarder avec les Lumières. Or, les Lumières, ce n’est pas si loin.

 

 

 Au Moyen-Age, en tout cas, on naviguait dans le Merveilleux.christensen_-_st_brendan_the_navigator

 

 Au 6eme siècle, un moine irlandais, Saint-Brendan, et quelques potes, sont partis à la recherche du Paradis. Et ils l’ont trouvé, figurez-vous.

  « Odyssée merveilleuse en même temps que quête, le « Voyage de saint Brandan » est un véritable bijou de la littérature médiévale.

 Brandan naquit au VIème siècle et devint abbé dans son pays, l'Irlande. Fort sage et bon, il avait pourtant une idée peu banale : visiter le Paradis avant sa mort. Sa quête est prétexte à un voyage fabuleux dans l'océan atlantique. On y rencontre diables et saints, griffons et dragons, volcans et icebergs.

 La mythologie grecque a inspiré ce récit qui reste cependant typiquement de son époque, mêlant la culture celtique aux miracles chrétiens.

 Célèbre durant tout le Moyen-Âge, le « Voyage de saint Brandan » a été conté avant d'être rédigé, en latin d'abord, puis en dialecte français en usage en Angleterre après la victoire de Guillaume le Conquérant », écrit Dominique Tixhon.

 Si cela vous intrigue, découvrez tout ça en détails sur le site passionné de Dominique Tixhon

 http://mypage.bluewin.ch/a-z/brandan/

 

 Croyez-vous que le Merveilleux ait à ce point déserté nos représentations?

 Quand j’étais petite, j’ai chanté « il était un petit navire », un grand classique des chansons pour enfants sages.

 A l’origine, ce n’était pas une chanson pour enfants mais un chanson populaire. Le contenu de la chanson indique qu’elle est de tradition orale (la mélodie, le tempo et les répétitions contribuaient à la mémorisation) et, sinon très ancienne, qu’elle véhicule des croyances et valeurs anciennes propres à la culture populaire, ce dont témoigne le caractère grandguignolesque de l'idée consistant à manger un compagnon (imagerie très proche de celle de la presse à sensation contemporaine...on imagine l'événement en couverture de "Détective"...) ainsi que l’issue de la chanson où le mousse obtient l’aide de la Sainte-Vierge….(suis même pas jalouse puisque Dominique et Bernard prient pour moi, pauvre pêcheuse...)

 

 Il monta sur le grand hunier

 Il fit au ciel une prière

 Interrogeant l'immensité

 O sainte Vierge, ô ma patronne

 Empêchez-les de me manger

 Au même instant un grand miracle

 Pour l'enfant fut réalisé

 Des p'tits poissons dans le navire

 Sautèrent bientôt par milliers

 On les prit on les mit à frire

 Et le p'tit mousse fut sauvé

 

 Si les faits relatés ne sont pas, eux aussi, fabuleux, il se peut que, de retour sur la terre ferme, le mousse soit allé déposer un ex voto.

15:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, litterature |  Facebook |