Lumière Incidente
je n'écris pas, je peins et j'ai des idoles (des tonnes). « La peinture ne montre pas le visible, elle le rend visible" a écrit Paul Klee. Eugene Smith, lui aussi, a bien dû penser un jour « La photographie ne montre pas le visible, elle le rend visible ». enfin...le fin mot de l'affaire, c’est quand même Berkeley qui le tient : « exister, c’est être perçu ».
ILS NE SAVAIENT PAS QUE C'ETAIT IMPOSSIBLE, ALORS ILS L'ONT FAIT.

C'est Mark Twain qui est supposé avoir écrit ça.

La vie est toujours au seuil d'elle-même en attente dans nos yeux de son éclat véritable. Joe Bousquet
je n'écris pas, je peins et j'ai des idoles
Je n’écris pas parce que la fiction m’est étrangère, parce que l’existence fut difficile (certes, elle ne l'est plus et là, ça tarit l'inspiration), parce qu’il me manque un interlocuteur.

Peut-être écrirai-je ici, parfois.

Je peins. C’est un plaisir passionnel : enivrant et douloureux.

Parfois, je vous montrerai ce que j’ai peint. Et si ça vous dit, j’aimerais découvrir ce que vous faites.

J’aime m’émouvoir…et mon enthousiasme tient plutôt de l’embrasement ...(L’étymologie vous dirait que j’ai raison d’éprouver les choses de cette manière).

L’enthousiasme, c’est mon carburant à moi. Et puis, je suis prosélyte : ce que j’ai aimé, j’aime le partager. La création m’émeut, la mienne, celle des autres. La mienne, la vivre me suffit. Je peine à en parler. Les créations que je découvre, voilà ce que je souhaite partager. Il y a matière : à ce jour, mes proches ont bien dû recenser 17. 842 de mes idoles.

J’aime cette idée de lumière incidente parce qu’elle n’oblige à rien. Elle évoque le style dont relève ma façon de peindre : la lumière révèle le volume.

La lumière montre, désigne, exalte. « Mettre en lumière », c’est révéler, porter à la connaissance d’autrui, « mettre au jour ». Il y a un lien entre la lumière du jour et Dieu.

« Incidente », c’est parfois, aléatoirement, par surprise, par accident, sans obligation, quand je veux.

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10-12-2006

La liste de Paris

tour eiffelMercredi : Alix m’a appris à ne donner de thunes qu’aux musiciens (quand on n’en a pas trop, il faut bien se donner des critères…). Dans le metro, j’ai été envoûtée par une voix céleste : celle d’une chanteuse lyrique ukrainienne s’accompagnant à la bandura. Mais pourquoi les anges tombent-ils ?

 

Jeudi : Chez le marchand de fruits, le patron bouscule la vendeuse. Elle répond : « arrête ! j’ai assez avec mon mec ! » Sa copine demande si son mec la cogne. Elle répond : « c’est pas grave, je me laisse pas faire ». On quête mon avis du regard. Je dis : « C’est pas le meilleur moyen de communiquer. Se cogner, c’est caverneux ». La fille répond : « ouais ! C’est un cas nerveux ».

 

Vendredi : Danielle et moi, on avait repéré une expo intitulée : « l’artiste et son modèle ». Quand on a voulu prendre les billets, la caissière nous a signalé que l’expo avait eu lieu en 1998.

 

Samedi : nous sommes allées au Musée des Arts Premiers… un peu tard, certes. Difficile de s’orienter dans ce dédale à la scénographie parfaite par ailleurs. Certains objets dans les vitrines étaient éclairés par l’arrière, les commentaires orientés vers l’ombre. Ca ne m’a quand même pas empêchée de convoiter un collier d’incisives du meilleur goût. A peine Danielle avait-elle mis une borne interactive HS, une voix a annoncé l’évacuation imminente du bâtiment. L’ensemble avait déjà tellement l’allure du Titanic.

 

Dimanche : nous avons fait un jeu de piste à l’Eglise Saint Sulpice téléguidées via sms par Thierry : il s’agissait de trouver une plaque votive pour l’anniversaire de Sophie Calle supposée se trouver dans une chapelle à gauche juste après l’obélisque. Mais nous n’avons trouvé qu’une installation dont le thème était l’Annonciation…Pendant que je cherchais l’objet avec dévotion, Danielle s’est fait harponner par une mendiante avec une stratégie digne de l’Opéra des Gueux. La nana lui a serré la pince en lui demandant si tout allait bien, si elle n’avait pas un malaise, etc. Personne pleine de grâces, Danielle l’a remerciée chaleureusement. La dame lui a ensuite dit que, elle, cela faisait deux jours qu’elle n’avait pas mangé et n’avait même pas de quoi s’offrir un pain. Danielle a donc ouvert son porte-monnaie et lui a donné 6 euros. Il en restait : la femme les a réclamés. Danielle a fini par avoir l’idée de lui répondre qu’il faudrait peut-être qu'elle mange, elle aussi.

 

De retour à la maison, je trouvais le lien vers la fameuse plaque votive… c’est sur le blog de Thierry : http://bloc-notes.thbz.org/archives/2004/08/sophie_calle_a.html

 

ps : la tour Eiffel en guise de pré-Noel. Je vous trouverai pire le jour dit. Promis.

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10-12-2006, 23:27:53 Patricia Mignone
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Je m'efforce de mentionner les auteurs, promis. Quand je ne dis rien, considérez que je suis l'auteur. Notez que je n'en fais pas une affaire. Il faudrait peut-être que je commence par penser à signer mes tableaux...