22/10/2008

Tiphaine

img352Pour découvrir ce que fait Tiphaine, cliquez sur l'image.

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30/09/2008

Un mystère élucidé?

Kiki Smith-selfportraitVisitez l’expo du Centre de la Gravure et de l’Image imprimée de La Louvière qui pour ses 20 ans a réuni un ensemble d’œuvres de femmes qui plairont aux filles que j’aime et donc pourquoi pas à vous ? Ce sont les œuvres de filles connues et pas connues, qui ont mal, qui crient, qui jouissent, se réjouissent, s’inquiètent, se confient, font des rêves, racontent des histoires, regardent leur fille et leur mère, se regardent, brodent, se révoltent, en couleur,  en gravure, en photos, en collages. L’ensemble s’accompagne d’un livret qui mérite le détour.
Une affaire de filles qui aiment les choses bien faites.

Pour celles qui pratiquent le journal intime, j’attire votre attention sur l’atelier « journal intime » animé par Valérie Carro.
Ca promet d’être bien.
Dommage que je sois au loin à cette époque (mais bon, là bas, ce sera bien aussi)

A trois pas du 10, rue des Amours, rendez-vous au Musée Ianchelevici, juste pour regarder « Trying to be Balzac », la vidéo-performance d’Emilio Lopez-Menchero.
Cette expo qui esquisse une « tentative d’approche de la représentation masculine » souffre de sa juxtaposition avec la précédente.
Si la représentation déçoit, peut-être trouverons-nous de quoi élucider le mystère en assistant au congrès « Paroles d’Hommes ». J’y serai, en tout cas.


Les photographies : copyright Kiki Smith et Emilio Lopez-Menchero

19:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

26/09/2008

Lui non plus...

Toujours sur le même sujet, l'avis d'Olivier Cena, l'un de mes chroniqueurs favoris.

Son papier s'intitule "Le veau a encore augmenté"

Golden Calf
Pour une belle vente, ce fut une belle vente. Chez Sotheby's, à Londres, « Beautiful inside my head forever » a tenu ses promesses et rapporté beaucoup d'argent (140 millions d'euros) à Damien Hirst, l'artiste conceptuel britannique qui avait décidé, comble de l'horreur, de se passer des galeries et de vendre directement ses oeuvres aux enchères. Les collectionneurs n'ont donc pas boycotté l'événement. Ainsi The Golden Calf, un veau de 18 mois plongé dans un aquarium contenant une solution aqueuse de formaldéhyde (le formol), coiffé comme le dieu taureau égyptien Apis d'un disque solaire en or (18 carats, précise même le descriptif) et dont les sabots sont également recouverts d'or, ainsi cette oeuvre a t elle été vendue 10,3 millions de livres, un peu moins de 13 millions d'euros...
Damien Hirst, qui ne manque pas d'humour, prétend que son désir de vendre ses oeuvres sans passer par une galerie obéit à un idéal démocratique. Plus sérieusement, on le soupçonne de vouloir s'enrichir en récupérant la commission de la galerie, soit 50 % du produit de la vente. Or Damien Hirst, dont la fortune est évaluée à 130 millions d'euros et qui emploie dans son atelier plus d'une centaine de personnes, n'est pas dans le besoin. Alors? Alors on imagine, on suppute, on échafaude : et si, étant donné son amitié avec François Pinault, propriétaire de l'autre grande maison de vente Christie's, et s'il voulait, provocation suprême, qu'à terme les galeries disparaissent?
On en tremble (de rire) : l'art existant depuis trente mille ans et les galeries depuis un peu plus d'un siècle, leur disparition ne serait qu'un événement historique mineur. On en rigole d'autant plus que les grandes gagnantes de cette histoire risquent bien d'être les galeries bling bling dans lesquelles expose Hirst: la White Cube à Londres et Larry Gagosian à New York. Car leur poulain vient de reprendre la tête.
Et c'est bien de cela qu'il s'agit, d'une course à laquelle se livrent quelques-uns des plus célèbres artistes dits conceptuels du moment : l'Italien Maurizio Cattelan, l'Américain Jeff Koons, l'Anglais Hirst... C'est à celui qui vendra aux enchères l'oeuvre la plus chère, oeuvre achetée par ces néo-milliardaires qui se paient pour des centaines de millions d'euros des yatchs longs comme des porte avions. Or, l'an passé, Hirst tenait la tête avec son armoire à pharmacie ("Lullaby Spring") à 19,2 millions de dollars, tandis qu'en novembre Koons vendait son coeur en ferraille rouge ("Hanging Heart") pour 23,6 millions de dollars, record absolu. A première vue, le veau dans le formol (16 millions de dollars au cours actuel) n'a pas battu le coeur pendu de Koons, sauf que l'oeuvre conceptuelle de Damien Hirst, ici, n'est pas le veau, c'est la vente elle même, « Beautiful inside my head forever », qui devient à la fois la plus grande vente aux enchères consacrée à un seul artiste qui ait été organisée dans le monde et l'oeuvre la plus chère du monde. On attend maintenant, anxieux, la réplique de Jeff Koons, en méditant cet aphorisme d'un autre compétiteur, le Belge Wim Delvoye: « En ce moment, dans le marché de l'art, il y a plus de marché que d'art”.

Dans Télérama du 24 septembre.

 

22:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

25/09/2008

Pas d'accord...

Suite à la vente record chez Sotheby's d'un ensemble d'oeuvres de Damien Hirst...Un interview de Pierre Sterckx, critique à Beaux-Arts Magazine par JC Vantroyen du journal Le Soir. (Je ne comprends pas tout mais je suis persuadée que vous ferez parfaitement le raccord...)

Pierre Sterckx vient de publier un essai, Impasses et impostures en art contemporain, dans lequel il juge sévèrement certaines stars du marché international de l'art, comme Damien Hirst, Jan Fabre, Anselm Kiefer, Lucian Freud.
Ce livre, dit-il, est un acte de résistance « Résister aux effets de mode, à la prise du pouvoir du marché sur la pensée, aux impostures collectives sacralisant des impasses personnelles. »

hirst-fortheloveofgod
La vente Hirst chez Sotheby's a dépassé toutes les estimations. Le fameux «Veau d'or” a été adjugé 12,9 millions d'euros. Ça vous étonne?
La vente publique, c'est un spectacle, c'est hystérique. On est dans un théâtre, on perd la mesure, on paie plus cher. Mais ici, on est dans le délire. Il faut changer le formol de ces oeuvres tous les trois quatre ans. Vous allez mettre dix millions dans une oeuvre qui n'a aucune pérennité physique? Est-ce qu'il y a encore des gens qui ont un peu de raison? Le formol, ça ne transforme rien, au contraire, ça putréfie lentement. Je suis vitaliste, et les artistes mortifères, je ne peux pas les admirer.

Vous jugez sévèrement Damien Hirst. Mais pourquoi ça marche?
Damien Hirst est très intelligent, très astucieux. Il joue sur des phénomènes archaïques. Il envoie les vaches, les requins, etc. à la mort. Et puis il dit : “et l'homme ? Il doit se soigner” alors il fait sa pharmacie. Et on en est bourrés, de médicaments, on s'empiffre, on devient un corps chimique. Donc il convoque le corps chimique réparateur humain après la mise en boîte formolée de l'animal mort. Ce sont les fameuses petites pastilles de couleur, faciles à identifier et qui sont le degré zéro du rythme. Quand on voit ce qu'afait Klee, on sent immédiatement un battement. Chez Hirst, rien. De la pure juxtaposition. De l'étalage de pharmacie après l'étalage des cadavres. Mais Hirst est encore plus malin que ça : il convoque les crânes avec les diamants, c'est à dire les reliques. La série est complète: l'animal mort, la réparation pharmaceutique et la religion avec les reliques. Il ferme la mort et la maladie de trois façons. Et on s'étonne que ça fonctionne dans une société comme la nôtre, axée sur la pulsion de
mort ?
A partir du moment où le capitalisme crée des individus solitaires et coupables, intériorisés, on produit de la mort. On ne l'érotise plus. Le couple Eros-Thanatos a été à la base des grandes oeuvres, mais avec Hirst, il n 'y a plus que Thanatos tout seul. Etonnez-vous que les gens aiment ça : ils baignent là dedans.

Cette vente directe au consommateur, c'est une révolution?
C'est quelque chose qui court circuite le système, les marchands, les galeries et même les traditionnelles ventes publiques. C'est une provocation. L'artiste s'adjuge maintenant la plus value, qui était acquise aux intermédiaires. C'est scandaleux, mais on est dans une société de la marchandise en accélération constante.

Une mise en scène de soi ?
Bien sûr. Cette génération d'artistes -  Delvoye, Cattelan, Barbier, Fabre, Quinn - ce sont des scénographes. Ils créent un monde et ils se mettent en scène dedans.

Lisons "Impasses et impostures en art contemporain" de Pierre Stercks. Anabet.Coll.Pamphlet.

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18/08/2008

Gare du Nord

1.Johan muyle – Bxl – Gare du Nord

Voilà quelques photos de la fresque de Johan Muyle à  la gare du Nord.
Enfin, ce n’est pas une fresque : les gens emploient ce terme pour désigner une œuvre murale de grand format.
Et elle n’a pas été réalisée mais conçue par Johan Muyle.
Je vous ai déjà dit ici mon enthousiasme pour le travail de ce plasticien. J’assume toujours ce que j’ai écrit et donc, je vous épargne la surenchère.
Pour un commentaire intelligent sur la réalisation de la gare du Nord, retournez à ce post-ci.

Et donc, les voilà seulement, ces photos. Presque deux ans après m'être promis d'aller visiter ce lieu. Voyez si je suis fidèle.

Hélàs, les photos ne sont pas belles : passées par photoshop et postées sur le blog, elles sont trop claires. J’aurais du prendre le pied de mon appareil et laisser poser plus longtemps pour avoir plus de lumière sur place. Mais le quartier de la gare du Nord a mauvaise réputation et j'ai préféré la faire brève et légère.

La présence d’Amandine sur certaines photos donne l’échelle.

Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 1Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 2Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 3Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 4Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 5Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 6Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 7Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 8Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 9Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 10

 

14:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j ai des visions |  Facebook |

02/08/2008

Vert

Au début des portraits, je me demandais dans quelle couleur réaliser les ombres sur la chair. Quand le moment est venu, je vois. Mais là, je ne voyais rien. La première fois, j’ai essayé un glacis noir. Quelqu’un a qualifié ce premier portrait d’ectoplasme et il avait raison : ces ombres noires lui donnaient un air de macchabée. Mon seul vrai macchabée date de mon passage chez l’entrepreneur de pompes funèbres (cfr les tags « humeurs funèbres »). Il était joliment fardé et je lui trouvais un air plutôt bonhomme. Mais on m’a dit que parfois, ces gens-là avaient des marques noires dans les sillons naso-génien et ailleurs qui donnaient un petit air de Michael Jackson dans « Thriller ».

J’étais trop bête de me prendre la tête alors qu’au 19eme, on a tout fait dans toutes les couleurs … Et puis, j’ai fini par trouver : suivant les zones, je fais les ombres en sienne brûlée, terre brulée, en brun Van Dijck, en violet d’Egypte. Relax.

Rossetti- Helene de TroieIl y a quelques années, j’ai visité une expo consacrée à Dante Gabriele Rossetti à Amsterdam. Rossetti a réalisé les portraits de quelques rousses londoniennes à la peau très blanche et ses ombres étaient vertes. On le voit clairement sur ce portrait d’Hélène de Troie. Ce n’est singulier qu’en apparence : les gens qui ont la peau diaphane révèlent des veines aux couleurs bleues et vertes et j’ai déjà vu des ombres vertes sur des peaux très blanches…
Comme je fais ça constamment, je vois des choses qui peuvent échapper à un oeil profane : c’est le fruit de l’expérience.
Il y a autre chose, d’ailleurs : c’est que la représentation précède la perception et que l’on perçoit en fonction de préfigurations mentales qui nous permettent, par exemple de combler des lacunes mais aussi infléchissent notre perception en fonction de ce qu’on « sait » de l’objet : c’est ce qui nous rend invraisemblable l’idée d’ombres vertes sur la peau.

A une époque, j’ai logé au 4eme étage à Bruxelles. C’était l’hiver et je voyais le jour se lever sur les toits de Saint-Gilles. Un matin, j’ai vu une aurore verte. Et je me suis rappelé une peinture de Maxfield Parish où le ciel était vert. A l’époque, j’y avais vu l’effet d’un maniérisme quelconque…. Ouvrez l’œil : vous ferez des découvertes.

Tout ça pour dire que je vois maintenant du vert  sur les visages et que j’en mets dans les ombres. Pour fêter ça, si ça vous dit, cliquez sur le portrait d’Hélène de Troie.

07:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j ai des visions |  Facebook |

01/08/2008

Diva Lady

Diva LadyVoici une illustration pour le post précédent : une mise en perspective rigolote de l’iconographie du marketing de masse des années ’50 -’70 dans « Diva Lady » de Divine Comedy, avec la tête bouffonne de Neil Hannon.

Roland Barthes n’est pas loin.

Pour voir ce clip ineffable, cliquez sur l"image.

Un petit Fernand Khnopff pour ne pas finir la soirée idiote.

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23:09 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j hallucine |  Facebook |

24/07/2008

Martine à Arles

Martine et moi avons passé la journée à Arles. Martine pour le musée Réatu qui avait été entièrement colonisé par Christian Lacroix. Moi pour les rencontres photographiques dont le commissaire était Christian Lacroix.
Martine a découvert la cuisine libanaise. Moi, j’ai mangé des abricots devant un ventilateur du musée Réatu.

En photo, je n’ai pas vu ce que je connaissais (snif, Avedon) et n’ai donc fait que des découvertes. Je n’évoquerai que ce qui m’a touchée.

Première expo dans une chapelle réaffectée : Marcus Tomlinson. Quelques grandes photos qui avaient la luminosité des diapositives.  Un spot projetait une lumière de couleur variable sur chacune des photos et, suivant la couleur, différentes zones des volumes étaient mises en lumière.
Au centre, sur un écran, défilaient une série de photos dont la succession constituait un film où l’on voyait des personnes costumées façon Philippe Decouflé effectuer une chorégraphie expressionniste sur une musique qui m’a plu et dont je ne sais plus rien dire… Regardez le site de Marcus Tomlinson : ce ne sont pas les photos que j’ai vues mais cela vous aidera à comprendre de quoi je parle.

Tim WalkerMartine s’est passionnée pour les photos de Tim Walker qui crée des mises en scène ironiquement inspirées de l’univers des contes. C’est ludique et pétillant comme l’univers de Martine. En cliquant sur la photo de Tim Walker vous en verrez une série d’autres. En grand format, c’est mieux.
Jean-Eude(Tiens, en passant, voilà une photo de l’intérieur de « Petit Béguin », la boutique de Martine à Uzès. Dans le miroir, à droite, on devine le buste impudique d’hier).

Pas particulièrement esthétiques mais intéressants et ludiques : les autoportraits de Samuel Fosso. Enfin…ce ne sont pas des autoportraits : Fosso crée des situations impliquant des personnages ou des types connus : Bokassa, Mobutu, Césaire, le play-boy, la femme libérée… et il s’attribue le rôle. Ces mises en scène évoquent celles de Malick Sidibé qui, dans son studio de Bamako mettait en scène ses contemporains. Ce style n’est d’ailleurs pas étranger à la photo de studio telle qu’elle se pratiquait naguère chez nous. Les mises en scène de Fosso sont assez comiques et, dans la mesure où Fosso est plutôt beau gars, c'est assez plaisant.

Avec Pierre Gonnord, et Guido Mocafico, nous entrons dans la catégorie des « idoles ». Ce sont mes découvertes fabuleuses de ces rencontres.

Pierre GonnordPierre Gonnord vit et travaille en Espagne. La série exposée à Arles se compose de portraits de laissés pour compte rencontrés dans la rue. Les photos font plus ou moins 1 mètre de coté. Les personnes posent devant un fond neutre. Elles sont éclairées en clair-obscur et photographiées avec une précision étourdissante. La plupart des visages portent des blessures, des cicatrices; des dents manquent ; les cheveux sont ébouriffés. Les personnes sont visiblement éprouvées par l'existence. En même temps, ainsi photographiés, la plupart de ces visages dégagent une dignité qui donne une puissance étonnante aux portraits de Gonnord. Ce style très pictural me fait penser aux portraits d’Ingres.
 

Pour les photographies de Guido Mocafico, je copie-colle paresseusement le texte de la fiche des Rencontres : “Le jour où un spectateur regardant mes tirages m'a demandé pourquoi j'avais photographié des tableaux, j'ai compris que mon but, l'illusion, était atteint» dit Mocafico.

Guido Mocafico revisite les grands peintres de nature morte des XVlle et XVlIle siècles. Natures mortes de table, bouquets et vanités reprennent, dans une étude obsessionnelle des rapports de lumière, de couleur et de texture, les codes de composition des natures mortes de Pieter Claesz, Jan Bruegel, Jan Davidsz de Heem, Jean Baptiste Siméon Chardin ou Abraham van der Schoor...
Ces peintures imitaient la nature. Guido Mocafico imite la peinture, d'après nature. La mise en abyme est double, le spectateur induit en erreur.

Notez que Mocafico a realise ses images avec le concours d’un styliste culinaire, d’un set designer et de stylistes fleurs.

Ca se passe ici

22:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie, j ai des visions |  Facebook |

19/07/2008

minis minous et autres sujets captivants

minuit Pendant que j’étais au loin, occupée à me faire perforer les tendons d’Achille par les moustiques d’Uzège, the dark side of my mind – entendez Minuit, ma mini chatte noire – a fugué durant 4 jours. 4 jours d’inquiétude pour la voir rappliquer avec de grands cris dès que je l’ai appelée.

Une autre surprise sur laquelle on ne va pas s’énerver : J’ai vu de mes yeux « l’Origine du Monde » de Gustave Courbet. Eh bien, le tableau est tout mini – grandeur « nature », en fait : quelque chose comme 40/50 cm.
L’expo est coproduite par le Metropolitan de New-York et le Grand Palais à Paris et elle achève son parcours au Musée Fabre à Montpellier où je l’ai vue.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sinon le plan minou – qui est loin d’être le seul sujet d’intérêt et le seul motif pour lequel Courbet fut mis au pilori - l’expo présente de nombreux autoportraits lesquels, un peu à la manière des autoportraits de Rembrandt, permettent de constater les ravages du temps. L’ensemble conjoint fonctionne un peu comme une vanité. Par ailleurs, il y a une toute grande différence avec la façon dont procédait Rembrandt : à l’époque de Courbet, les peintres collaboraient avec des photographes et travaillaient finalement peu sur le motif.
On a particulièrement reproché à Courbet le réalisme « répugnant » avec lequel il figurait le corps féminin : l’hypertrophie des hanches, les fossettes dans le dos (c’est le langage de Théophile Gauthier), la lascivité des postures, les corsages défaits… Tout cela va à l’encontre de la figuration académique qui soumettait la représentation à des canons.
A l’opposé d’un Ingres qui, par souci esthétique, trahissait parfois la vérité anatomique, Courbet n’estompe pas les formes dans le sens d’une esthétisation mais, fréquemment, les accentue, au contraire, notamment par le travail sur la lumière. L’influence de la photo y est pour quelque chose : celle-ci permet de s’attarder sur ce que l’on voit et de s’approcher davantage du réel.
Par ailleurs, le fait de figurer des scènes de genre d’après une mise en scène photographiée met également à mal la représentation académique : dans la réalité, les gens ne sont pas tous tournés dans la même direction (à savoir, face au spectateur, comme dans la mise en scène dramatique classique)…ce qui nous donne parfois des gens vus de dos…de la même manière que chez Degas - qui fait intervenir la notion de hors champ - on a des gens, des objets, des chevaux, coupés en 2 ou dont on ne voit pas le visage.

A Montpellier, juste en face du très beau musée Fabre, j’ai visité l’expo consacrée aux photographies de WeeGee qui pratiquait une forme de réalisme d’un genre parfois comparable à celui de Courbet. Parmi les reproches exprimés à l’encontre de Courbet, on note l’intérêt pour des sujets mineurs (« Un enterrement à Ornans » est comme la réponse en mode mineur au « Sacre de l’Empereur » de David. On n’y voit que des inconnus célébrant un événement sans intérêt pour la nation et l’Histoire…). De même, si l’on compare la correspondance de Courbet aux déclarations de WeeGee, on s’aperçoit que l’intérêt pour les sujets mineurs (chez WeeGee, la fréquentation des milieux interlopes et, à titre de photographe de presse, le travail de nuit qui l’amenait à se cantonner à l’univers du fait divers) relève d’une stratégie ayant pour vocation de faire la différence et, donc de se distinguer. Dans sa jeunesse, Courbet se réjouissait de susciter la polémique qui, disait-il, donnait le mesure de l'importance qu'on lui prêtait.

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11/06/2008

Les Filles de Leucippe déménagent encore...

 

Jerome Considérant
Elle en tentent du monde, ces filles....

Ici, un pictogramme de Jérome Considérant.

cfr : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5161785/ruben...

 

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05/06/2008

Prenez soin de vous – (les malheurs de Sophie - le retour)

Ca s’est déjà passé ici : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5235491/prene....

J’y reviens parce que j’ai le livre entre les mains.

 

sophie-calle-venise« Prenez soin de vous », c’est l’histoire d’une vengeance déployée avec une puissance inédite dans l’univers de Sophie Calle, démultipliée comme dans une chambre d’écho par l’interpellation organisée de plus d’une centaine de femmes ainsi que la mobilisation de supports d’expression dont on ne disposait pas jusqu’ici : à l’installation – actuellement montée à la Bibliothèque Nationale et dont on ne dit pas que du bien - succèdent un livre-objet contenant non seulement ce à quoi Sophie Calle nous a accoutumés - du texte, des fac simile, de la photo – mais aussi des dvd, autrement dit l’ensemble du contenu de l’installation hormis la scénographie. A cela, il faut ajouter que « Prenez soi de vous » a représenté la France à la Biennale de Venise, événement qui convertit cette vengeance en institution nationale, autant dire un séisme.

Dans l’intervalle j’ai découvert l’ensemble de ce qu’on peut trouver de Sophie Calle. On garde l’ironie, la poésie, le délire, une façon tellement unique de donner de la valeur à quelque chose d’insignifiant.

 

L’ampleur de l’événement donne-t-elle la mesure de cette douleur qui est loin d’affleurer pour la première fois dans l’oeuvre de Sophie Calle ?

Voilà ce type joliment tancé, démasqué, moqué. Voilà un beau lynchage intellectuel, une belle manière de dire collectivement à la confrérie informe des types sans courage qu’il vaut mieux rester seule qu’en compagnie de personnes qui se leurrent tellement qu’elles croient sauver la face en enrobant leur lâcheté dans une prose qui n’abuse qu’elles-mêmes. J’espère qu’après cela, la grande Sophie est soulagée. Mais, à dire vrai, j’en doute. A contempler le détachement (Laurie Anderson), le scepticisme (Ariane Ascaride), l’hébétude (Yolande Moreau), le sentiment d’humiliation (Aurore Clément) sur les visage et dans la voix de ces femmes, on comprend que la douleur subsiste et qu’on n’est pas en paix. Encore faudrait-il que le soulagement soit le but. Mais non : la lettre aura donné lieu à un événement.

 

Le carnet d'adressesAu moins aura-t-on ri, fait rire, penser ceux qui pensent et laissé dormir les premiers concernés sauf un, espère-t-on, qui se consume peut-être à jamais sur le bûcher de la honte, le foie rongé par un aigle noir (laissez-moi tout mélanger en paix). C’est si peu.

 

Notez que Sophie Calle elle-même, se défend d’avoir mis en cause cet homme : en dernière page du livre, elle écrit : « Il s’agissait d’une lettre. Pas d’un homme ». C’est rarement uniquement d’une lettre qu’il est question, en fait. Mais bon, le triste livret censuré de 4 pages évoquant la mésaventure du « Carnet d’adresses » a sans doute fait des petits. Pour rappel, Sophie Calle avait trouvé un carnet d’adresses qu’elle avait photocopié avant de le rendre à son proprio. Elle avait alors demandé à des personnes dont les coordonnées figuraient dans ce carnet de dresser le portrait écrit de son propriétaire. Rien de méchant. Les textes étaient parus dans Libération. Mais le proprio l’avait très mal pris et a fait empêcher la publication de ces textes. D'où ce livret maigrelet en mémoire.

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30/05/2008

Guernica

guernica

cliquez sur l'image.

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27/05/2008

« Quelqu’un s’est couché sur mon lit…. »

L'atelier de NormaAu parcours d’artiste de Saint-Gilles, j’ai découvert le travail de Norma. Comme souvent, pour comprendre, on a besoin d’une explication. J'ai demandé. Les productions exposées là sont faites de peaux de bêtes. On voit bien que ce sont des peaux de récup. glanées aux puces. Elles sont montées en coques et forment comme des casques, des coquilles vides.

Norma dit : « c’est la suite logique de ce que je faisais juste avant » et qui est exposé là aussi : des sculptures de cheveux et paraffine.

Norma dit : « j’ai commencé à faire ça comme pour conjurer mon dégoût des cheveux ».

Ca a quelque chose de morbide. Je pense aux réalisations en cheveux telles qu’on en découvre au Musée de la Vie wallonne à Liège où se trouvent des vitrines pleines de souvenirs faits avec des cheveux de filles parties au couvent, de filles mortes. Jadis, on réalisait des œuvres minuscules et minutieuses qui tiennent de l’art brut. Attention : « art brut » ne signifie pas du tout « grossier ». Je pense à la Collection Prinzhorn, un ensemble d’œuvres réalisées en milieu psychiatrique, dans le service du docteur Prinzhorn juste avant la 2eme guerre mondiale. Elles sont réalisées avec des matériaux et des techniques multiples : dessin peinture, gravure, sculpture, broderie, découpage, assemblages... C’est souvent d’une minutie obsessionnelle. Et c’est d’autant plus émouvant que les auteurs de ces réalisations ont été éliminés dans le cadre des grands nettoyages nazis.

Norma dit : « les gens me disent ce que ça leur inspire mais je ne veux pas savoir. Je veux produire dans la candeur, sans projet, sans concept ». Je dis : « Bien sûr, ce que les gens y mettent, c’est de l’interprétation (s’ils sont éclairés, c’est de la sémiotique) ». Elle dit : « oui, ça m’est étranger ».

Mais quand elle évoque certaines de ses réalisations, on constate ce qu'il y a d'énorme à refuser de s'interroger sur ce en quoi le travail "fait signe".

Les théories de la réception ont bien planché sur le sujet : on décode avec son bagage culturel, idéologique etc, bagage qui s’inscrit très largement dans la dimension collective. Lorsqu’on produit, c’est pareil, même si on le fait « innocemment » : la culture, on ne peut s’en défaire. Dès lors, on code sans le vouloir, sans le savoir.

Norma dit qu’elle a récemment réalisé une installation composée d’un damier de cheveux et qui s’intitulait « où sont-ils ? ». Elle ne s’était pas rendu compte des associations qu’elle manipulait. A quand la montagne de chaussures?

L’univers de Norma est en résonance avec ceux d’Annette Messager, de Christian Boltanski, de Jan Fabre, de Didier Mahieu…. Mais peu lui chaut : elle ne veut pas savoir.

Cette revendication d’une production pulsionnelle abstraite est devenue possible à partir de la 2eme guerre, quand les Surréalistes se sont réfugiés aux USA. Le travail de Pollock est l’émanation d’une telle vision. Si l’on s’informe sur le bagage de Pollock, on s’aperçoit pourtant que non seulement il connaissait les Surréalistes, les Cubistes, mais aussi l’art africain, l’art des Indiens des USA. Bref, bonjour la pulsion.

Quelqu’un m’a dit : « en art, aujourd’hui, il n’y a plus d’innocence possible. C’est une revendication risible ». Dans « La Guerre du faux », Umberto Eco étend cette considération à l’ensemble de la culture ("on ne peut plus dire "je t'aime" innocemment : toute la mythologie flotte dans l'air et donne à tout un air de déjà vu". C'est l'essence du post-moderne).

Désormais, le terrain n’est plus vierge : tout a été dit. Aujourd’hui, comme dans « Boucle d’or et les 3 ours », quelqu’un s’est toujours déjà couché sur votre lit.

Pas de photo des oeuvres de Norma, juste une image prise dans le lieu où elle travaille

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20/04/2008

Quand les adultes ne sont pas des eunuques,

L’éducation est un vecteur d’émancipation.

Persepolis« Nous construisons, je crois, de l’humanité. L’art sert à cela, à faire de nous des femmes plus humaines et des hommes plus humains. La culture, c’est le processus d’éducation, d’humanisation, de construction des citoyens. Faudrait-il laisser ce rôle aux curés ou aux imams ? Dans chaque chef de troupe, il y a un instituteur qui ne sommeille pas. Si on le néglige, seul le religieux ou la prétendue loi du marché éduqueront nos enfants ».


Un fragment d’interview d’Ariane Mnouchkine. Telerama. 29 février 2008

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16/01/2008

Bon sang, mais que fait-elle?

Degas.Portrait de Monsieur et Madame ManetFaire sauter un enfant sur ses genoux?

caresser son chat,

entrainer ses chats à la communication non violente,

écouter son IPod,

faire son argenterie,

réaliser une tapisserie,

se curer les dents,

trier des haricots,

coiffer sa fille,

nouer le corset de sa vielle mère,

copier un tableau de Sisley,

faire un sort à ses comédons,

regarder ses caries dans un miroir,

repriser les chaussettes,

tricoter de la layette pour sa copine,

lire les oeuvres de Miranda July (les femmes qui lisent sont dangereuses),

faire du spiritisme,

jouer aux cartes,

regarder un DVD sur son MacBookPro,

moudre le café.

 

 Mon gentil prof dit que ce tableau de Degas est inconcevable sans référence au cadrage photographique.

L'univers de Degas intègre une dimension métonymique qui s'écarte de l'usage qui consistait à tout dire dans le tableau en incluant tout ce que le cadre devait contenir pour raconter quelque chose. Chez Degas, ce qu'on voit, en particulier les personnage et objets coupés, indexe l'existence d'un hors-cadre bien plus riche narrativement.

 

 Degas - Portrait de Monsieur et Madame Manet.

19:20 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, peinture |  Facebook |

26/12/2007

Edouard Steichen au Musée du Jeu de Paume

SteichenSwansonNé dans un milieu très stimulant, Steichen a pratiqué la photo dès son enfance. Du coup, sa vie entière a été consacrée à la photo et à l’expérimentation en photographie et en peinture, sur une durée d’une soixantaine d’années.

Il produit systématiquement à partir de 1900 et l’on sent dans ses réalisations l’influence des mouvements d’alors, le symbolisme en particulier, l’art nouveau, le cubisme et l’art déco ensuite.

Aux débuts de la carrière de Steichen, la photographie tente d’obtenir une reconnaissance en tant qu’art et elle ne trouve pas d’autre moyen d’y prétendre qu’en tentant de rivaliser avec ce qui constitue encore l’art majeur à l’époque : la peinture. La photo s’approprie donc le langage, les thèmes, la rhétorique de la peinture : cadrages, effets de matières, portraits, paysages, le tout traité dans des techniques qui utilisent des moyens tels que pigments et brosses. On obtient donc des atmosphères ouateuses, des formes estompées, des ombres veloutées qui évoquent les brumes de Maeterlinck. Picturalement, on pense à Böcklin, Klimt, Levi-Durmer, Mucha…que Steichen a photographié, ainsi que Maeterlinck dont Steichen se rapproche encore par son intérêt pour la botanique.

 

 Une curiosité du Musée du Jeu de Paume : encore au rez, tout au bout de la premiere partie de l’exposition, l’attention est éveillée par des bruits qui semblent provenir d’une projection de film à l’étage. On se précipite dans les hurlements machiniques qui, en réalité, ne sont autres que les sonorités du métro avec lequel le musée communique directement.

20:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie |  Facebook |

23/12/2007

Ah ! les filles !

Evelyne GalinskiRue de Seine, en face de la Galerie Lumas, se trouve la galerie Legrand. J’y ai vu des sculptures qui sont l ‘œuvre d'Evelyne Galinski, une femme qui crée de gracieux personnages dont les ombres ne sont pas peintes mais résultent du fumage de ce mode de cuisson singulier qu’est le raku.

 

 J’ai oublié comment l’échange a débuté… avec la galeriste, on s’est dit qu’on voyait peu de femmes s’affirmer dans le monde de l’art.

La galeriste m’a donné une explication intéressante. Elle m’a dit que ce n’était pas facile de développer une collaboration sur la durée avec une femme parce que les femmes n’ont pas le même engagement que les hommes vis à vis de la pratique artistique. Selon, elle, les hommes sont opiniâtres ; pour eux, tout gravite autour de leur production tandis qu’une femme y renoncera facilement en fonction de sa vie affective : une femme rencontre un type, elle laisse tomber la production artistique…

Et voilà comment les femmes sont rares. Comme si l’omniprésente cooptation entre mecs ne suffisait pas !

12:58 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, j ai des visions |  Facebook |

18/12/2007

Choses vues : La fondation Rustin

RustinVisiter la fondation Rustin, située 38, Boulevard Raspail, c’est une affaire de volonté. D’abord, le lieu ne porte pas de numero. Ensuite aucun panneau n’indique que c’est là. Pour compliquer l’affaire, il faut faire un code pour entrer. Si vous parvenez à pénétrer dans la cour dans le sillage d’une personne qui connaît le code, il vous faut encore une certaine intuition pour savoir quelle direction prendre. Enfin, bien que vous soyez tout à fait dans les tranches horaires prévues, c’est fermé. Il suffisait de téléphoner, semble-t-il. Car la solution est là : ne pas débarquer sans RV (0142 84 46 35). A part cela, le lieu est très bien : c’est une grande salle située au premier étage, équipée d’un beau plancher et de canapés dans lesquels on peut prendre place pour feuilleter les publications qui ont été consacrées à Jean Rustin. Ce lieu est ouvert depuis février 2007 à l’initiative d’un duo de collectionneurs : un Belge et une Hollandaise qui achètent les œuvres de Rustin et les offrent à voir au public en une première fondation située à Anvers et maintenant, ici, à Paris.

 

Le style de Rustin a évolué vers une espèce de forme brute qu’il n’a pas toujours eue. Il est intéressant de noter qu’au cours de sa pratique il est passé de l’abstraction à la figuration, une figuration qui s’est dépouillée chemin faisant. Les personnages actuels de Rustin sont nus ou à demi-nus. L’idée ne viendrait pourtant pas de déclarer que ce sont des nus, sujet revêtant la plupart du temps une dimension esthétisante ou érotisante. Il y a pourtant fréquemment trace de sexualité dans les tableaux de Rustin et l’on y voit beaucoup de sexes, ce qui ne rend pourtant pas son univers pornographique : on voit bien que ce qui domine, c’est la DepardonSanClementedéréliction. Les personnages se masturbent, ont des relations sexuelles un peu comme les animaux des zoos mal pensés : c’est le désespoir qui motive le geste, non une libido débridée ou perverse. On pourrait dire que d’un tableau à l’autre, Rustin dit toujours la même chose. Et ce n’est pas ce que disent Bacon ni Lucian Freud : c’est une forme de desespoir encore plus intense car les personnages de Rustin semblent avoir perdu le lien à eux-mêmes : leurs petites faces à mi-chemin entre celles des enfants et celles des vieillards évoquent plus l’univers de l’enfermement que celui de la dépression : le lien au monde et le lien à soi est rompu. L’état d’abandon où l’on voit ces personnages m’a fait penser aux photos de San Clemente, un asile psychiatrique auquel Raymond Depardon a consacré plusieurs reportages photographiques ainsi qu’un film documentaire.

11:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

16/12/2007

Choses vues

Varian FryeJ’ai commencé par l’expo consacrée à Varian Frye à la Halle Saint-Pierre. Vous ne savez pas qui c’est? Je l’ignorais aussi…Mais bon : si l’on ne s’intéresse pas à ce qu’on ne connaît pas, on n’avance pas.

Varian Frye fut l’homologue de Schindler, un Américain, le seul à s’être vu attribuer le titre de « Juste » pour avoir sauvé plus ou moins 2000 Juifs quand l’etat américain l’avait mandaté en France pour en sauver 200. Ayant largement outrepassé la mission qui lui était assignée, Varian Frye se fit désavouer par son pays. Qu’importe.

Sa tache consista principalement à évacuer des intellectuels de tous bords. C’est donc lui qui a facilité l’évacuation des Surréalistes. Walter Benjamin a également emprunté la même voie mais, par malchance, cet unique jour où Benjamin a cherché à passer, les douaniers ont refoulé le groupe. Affaibli par sa fragilité cardiaque, Walter Benjamin eut le sentiment de se trouver dans une impasse et, submergé par le désespoir, il se suicida.La Halle Saint-Pierre accompagne cet hommage à Varian Frye de nombreuses œuvres de surréalistes ou de proches. J’ai été particulièrement émue par la délicatesseHans Bellmer-Joe Bousquet des lithographies d’Hans Bellmer dont un portrait de Joe Bousquet dans un style très proches de celui de Dürer, tant par l’onctuosité du trait que par la justesse des rehauts et la vérité des sujets.

 

 Billy-Hells1Billy Hells 2Située rue de Seine, la Galerie Lumas est consacrée à la photographie. Elle a pour vocation de rendre la photographie plus abordable en effectuant des clichés en plus grand nombre (jusqu’à 150), ce qui vous permet d’acquérir une photographie d’Edouard Steichen pour 2000 €. Chez eux, j’ai découvert un duo de photographes allemands : Billy et Hells.

09:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, photographie, art |  Facebook |

03/12/2007

W comme week-end en Wallonie

C'est un texte de Sophie Calle : prononcez tous les W [v]

 

 calleWou le Souvenir d'enfance, de Georges Perec, en poche, et munie d'un billet de train de la compagnie des Wagons lits, je me suis rendue ce Week end, en Wagon restaurant, à Liège, en Wallonie. J'ai feuilleté à la lumière d'une ampoule de 20 Watts un recueil sur l'histoire du 'Western, en sirotant un Whisky. Inévitablement, je me suis rendue durant le voyage aux W C. J'avais emmené mon Walkman, et j'ai même fait du zèle en emportant également La Walkyrie de Wagner, un ordinateur pour consulter le World Wide Web, des ouvrages sur les photographes Weegee et William Wegman ainsi qu'un livre de Walt Whitman.

 

  Un fragment de "De l'obéissance".

21:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, texte, photographie |  Facebook |

29/11/2007

Le p’tit Coeur de Jeff Koons

hangingHeartJeffKoonsCe coeur vaut 23,6 millions de dollars.

Jeff Koons devient ainsi l'artiste vivant détenant le record de l'oeuvre la plus chère en vente publique.

Son "Hanging Heart", un énorme coeur étincelant pendu à un noeud parfait, a été acquis pour 23,6 millions de dollars. Ce faisant, il détrône le record que détenait jusqu'à présent (également chez Sotheby's à New-York) Damien Hirst avec "Lullaby Spring", une armoire à pharmacie vendue pour 19,2 millions de dollars à Londres il y a moins de cinq mois, le 21 juin dernier.

 

 Des tonnes d’amour

"Hanging Heart" mesure près de 3 mètres de haut au total et pèse environ 1,5 tonne. La conception de l'oeuvre a demandé dix ans, et sa réalisation plus de 6.000 heures. La perfection plastique est à ce prix.... puisque c'est bien la perfection que cherchait l'artiste. En effet, plastiquement, il n'y a rien à redire à ce coeur en acier couvert de plus de dix couches de peinture pour se présenter dans son chatoiement actuel.

 

 Ecoeurant

Fort à propos, le catalogue de Sotheby's cite en parallèle à "Hanging Heart" une pensée du cinéaste Sergei Eisenstein qui, à propos de Walt Disney, se disait effrayé par son travail, cela en raison d'une perfection absolue de celui ci tant au niveau technique que par rapport aux sentiments humains mis en jeu. Nous ne sommes guère éloignés de l'oeuvre de Jeff Koons.

Michael Jackson-Jeff KoonsNé en Pennsylvanie il y a 55 ans, Koons, héritier du Pop Art, utilise toutes les techniques contemporaines à sa disposition pour créer un univers idyllique où tout possède la perfection de la féerie enfantine.On se souvient de la statue de Michael Jackson en porcelaine, ou des sculptures en acier représentant ces ballons en forme de chien. Koons plonge dans une imagerie consumériste dont il a le chic pour retirer les éléments les plus porteurs d'émerveillement kitsch. Évidemment, de ce trop plein de bons sentiments résulte un second degré qu'avaient déjà expérimenté les artistes du Pop Art il y a presque cinquante ans.

 

 La série dans laquelle s'inscrit "Hanging Heart" s'intitule "Celebration", et a débuté en 1994. Son point de départ est le divorce que connut Jeff Koons de la porno star La Cicciolina qui emmena leur fils en Italie. Les formes sont inspirées des fêtes d'anniversaire et autres occasions de présents. Les vingt sculptures et seize peintures nées de cette séparation apparaissent comme autant de cadeaux d'un père à son fils qu'il ne peut voir. À nouveau, des cadeaux au kitsch affirmé et revendiqué.

JEAN VOUET - Art Press

 

 Ps : je ne signe donc pas ce texte.

Le décor du Palazzo Grassi donne l’échelle du Cœur.

 

 Mince! Plus moyen de trouver des photos de l'époque où Jeff Koons se photographiait en position scabreuse avec sa porno-wife.

21:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

21/11/2007

C'est pour quand encore?

new-york_decay1 Le nom de l'auteur ne figurait pas auprès de l'image. Dommage.....

20:32 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, art |  Facebook |

19/11/2007

Prenez soin de vous

Sophie_calle2Vendredi, au cours (où je suis élève), ça a chahuté : le prof parlait de Sophie Calle, du projet des « dormeurs » et un élève s’est exclamé : « qu’est-ce que ça a d’artistique ? ». A l’heure actuelle, on pourrait poser la question au sujet de plein de gens. Sophie Calle, elle, dédie « les Dormeurs » à Bertrand Lamarche-Vadel, commissaire de la Biennale de Paris en 1979, qui lui a conféré le statut d’artiste. Et c’est ce que le prof à répondu au chahuteur : aujourd’hui, c’est le public – l’institution - qui désigne l’artiste.

 

 A la Biennale, j’ai trouvé deux autres réponses sympas. L’une disait en substance que l’art montre ce qu’il y a d’extraordinaire en l’ordinaire. L’autre disait que l’art apparaît comme compréhension critique de l’existence et de tout ce qui constitue l’expérience.

 

 Enfin… moi, j’aime ce que fait Sophie Calle.

Hier, j’étais malade : la découverte du pavillon français de la Biennale a donné de la légèreté et du sens à ce voyage que je regrettais d’avoir entrepris.

 

 Selon l’habitude, pour commencer, Sophie Calle explique l’idée qui a présidé à l’ensemble du projet : 'J' ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre. C'était comme s'il ne m'était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous.J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J'ai demandé à cent sept femmes - dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent, d'interpréter la lettre sous un angle professionnel. L'analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L'épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi.'

 

 Sophie Calle filme et photographie. Les autres écrivent et interprètent, chacune dans son langage. La lettre se trouve transcrite en braille, traduite en latin, en anglais, chorégraphiée, interprétée en langage des signes, analysée selon maints points de vue – juridique, prosodique, stylistique, psychanalytique, divinatoire, etc

 

 L’ensemble est intelligent, comique, cathartique et offre matière à un deuil en fanfare.

17:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie |  Facebook |

12/11/2007

La faute à Courbet

Doris Mitsch

21:10 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

06/11/2007

Turner-Zao Wou Ki

Rien à voir...Turner-Zao Wou Ki

21:51 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art |  Facebook |

Turner-Rothko

Toute coincidence est purement fortuiteTurner-Rothko

21:33 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

21/10/2007

Allez ! C’est encore râpé !

David LachapelleJ’ai râté la Fiac l’an dernier.

J’ai râté la Documenta cet été (mais c’est pas si grave : mes potes m’ont dit que c’était décevant). Et puis, grace à Emmeline, j’ai quand même visite Venise de loin.

 

 J’avais réservé mes billets de Thalys et le logement bien à l’avance pour la Fiac de cette année….Manque de bol : la grève des transports a eu une et une seule cible jeudi soir : mon train (et pas les autres, voyez-vous ça….). Vu les circonstances, j’ai certes bien été autorisée à prendre le train que je trouverais ; mais je me voyais mal prendre le risque de passer deux heures debout. Après tout, encore moyennement remusclée, si ma jambe paraît symétrique, c’est parce qu’elle fait de l’œdème : ne nous faisons pas d’illusions. Philosophe, je renonce donc à la Fiac et vais aussitôt m’acheter quelques revues pour compenser.

 

 Toscani-NolitaJ’achète PHOTO où figure en couverture le nouvel opus de David Lachapelle : un panoramique apocalyptique évoquant la fin cauchemardesque de notre société de consommation, un enchevêtrement de corps surnageant tels les naufragés de la Méduse sur les vestiges de ces enseignes prestigieuses qui constituent le rêve d’accomplissement ultime de certains de nos congénères occidentaux. Lachapelle clame la fin des valeurs, la fin d’une civilisation et en appelle à l’Eveil. Nous allons être amenés à poser des choix individuels cruciaux, affirme-t-il.

 

 Dans le même numero, on découvre une série de photos d'Isabelle Caro, la demoiselle qui a posé pour la campagne manifeste que Toscani a conçue pour Nolita et qui vient d‘être censurée en Italie.

 

 47Cette semaine, j’ai été poursuivie par la problématique du corps-machine. J’ai vu un film au sujet duquel j’avais hésité lors de sa sortie en salle : Taxidermia, du Hongrois Gyorgy Palfi.

Il s’agit d’une saga en mode mineur à travers laquelle on suit la biographie de losers qui ont pour point commun de focaliser leur attention sur le corps.

A la première génération, Vendel est un misérable larbin doté d’une libido dont la satisfaction est son premier souci. A défaut de mieux, pour combler cette insatiable machine à jouir, il se masturbe à tours de bras dans des situations parfois risibles (du genre, introduire son membre turgescent dans un trou laissé par un nœud de planche et se le faire piquer par un coq) qui auront finalement pour effet de lui couter la vie.

Vendel laisse un petit garçon né avec une queue de cochon, Kalman, qu’on retrouve à l’âge adulte embarqué dans la compétition professionnelle en bouffe sportive. Il s’agit d’ingurgiter les volumes de bouffe les plus importants, en faisant le vide entre les rounds pour pouvoir en rajouter au round suivant. Lors d’une compétition, Kalman tombe amoureux d’une athlète concourant dans la même discipline que lui.

damien hirstAprès une idylle comique où on les découvre en vacances, dans des situations kitsch aux couleurs flashy comme on en voyait dans les années ’60, ils donnent le jour à un petit garçon malingre, Lajos que l’on retrouve à l’âge adulte, devenu taxidermiste et achetant quotidiennement des quantités invraisemblables de chocolats que son père, devenu une montagne de graisse toujours éprise de gloire, consomme avec l’emballage.

Kalman élève 3 chats dont il compte faire des champions en bouffe sportive féline. Pour atteindre l’objectif pondéral qu’il leur a assigné, il fait nourrir les chats uniquement de matière grasse.

Un jour où il a une fois de plus insulté Lajos, celui-ci quitte la boutique pour n’y revenir que deux jours plus tard. Il trouve son père mort, le ventre perforé. Le regard de Lajos suit l’intestin jusque la cage des chats où l’un des félins mange de bon appétit. Lajos empaille alors son père. Au cours des séquences qui suivent, on assiste en gros plan à un travail de traitement de la chair et d’embaumement dont on finit par comprendre que Lajos est lui même l’objet. Après s’être recousu l’abdomen, dans un geste ultime, il actionne une machine qui achèvera le travail, vouant son corps à l’éternité d’une œuvre d’art. Découverts par un client, les corps de Lajos et son père seront installés au musée en grande pompe.

 

 korperweltenAssez controversé à sa sortie, ce film est intéressant par l’intérêt du discours qu’il tient quant au rapport que l’époque entretient au corps, réduit à l’état d’objet, traité comme une machine que l’on peut soumettre à tous les traitements. Ce faisant, il entre en résonance avec des démarches artistiques comme celle de Damien Hirst - ou pseudo-scientifiques - comme l’exposition Körperwelten dont les Bruxellois ont bénéficié il y a deux ans.

22:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, je n ecris pas, art |  Facebook |

22/08/2007

Un grand verre?

AXX_C2_029_duchamp_roue_1913“Ce n'est qu'après avoir travaillé un certain temps à New York à son Grand Verre que Duchamp se souvient de la roue de bicyclette et du porte-bouteilles laissés à Paris.

Dans une lettre à sa soeur Suzanne datée du 15 janvier 1916, il lui demande de vider son atelier parisien.

Il la charge de veiller sur ses affaires et de mettre ses oeuvres à l'abri.

Il lui demande également d'écrire une inscription sur l'égouttoir et lui explique pourquoi :

«En montant dans mon atelier, tu auras sans doute remarqué la roue de bicyclette et l'égouttoir. Je les avais achetés comme des sculptures achevées. Il m'est venu une idée au sujet de l'égouttoir : écoute.

Ici à New York, j'ai acheté des objets d'un style similaire et les ai appelés “Ready made”. Tu connais suffisamment l'anglais pour comprendre le sens de “déjà terminé” que j'ai attribué à ces objets.

Je les signe et leur mets une inscription en anglais. Je vais te donner quelques exemples :

j'ai acheté une grande pelle à neige sur laquelle j'ai écrit “In Advance of the Broken Arm” (En prévision du bras cassé)... Ne t'efforce pas de comprendre ça dans un sens romantique, impressionniste ou cubiste ça n'a rien à voir. Un autre “Ready made” s'appelle “Urgence en faveur bridede deux fois”...

Tout ce préambule pour une bonne raison : va chercher l'égouttoir. Je vais en faire un “Ready made” à distance.

A l'intérieur du cerceau du bas, tu inscriras l'inscription que je te donnerai à la fin, en petites lettres blanc argent peintes au pinceau, et tu signeras “Marcel Duchamp” de la même écriture.»

 

 Un fragment de Jani Mink, “Duchamp”. Taschen, 2005, p. 57.

 

 Difficile de comprendre l’art actuel sans connaitre Duchamp dont l’intervention a souligné la précarité de l’essence meme de l’art depuis l’avènement de l’ère industrielle : dès l’instant où des objets manufacturés sont apparus en masse sur le marché, l’idée d’art dans son acception “classique” - mimétique et esthétique (représenter le réel, refléter le “beau”, traduire une émotion...) - est devenue d’une naïveté risible. La peinture avait déjà connu une pareille crise lorsque la photographie a pris son essor.

Redéfinir l’acte artistique comme l’a fait Duchamp relève d’un coup de bluff, d’un acte de provocation bien dans l’esprit dadaïste. Ce qui est intéressant, c’est que de nombreuses Bottle_Rackpropositions d’artistes, depuis Duchamp, se situent dans son sillage et qu’on est loin d'en avoir fini.

Parmi les éléments qui permettent de saisir l’enjeu d’une demarche artistique actuelle, on trouve par exemple, des aspects biographiques, un dialogue avec des problématiques de l’époque, une prise de position par rapport à l’histoire de l’art, l’art étant par nature autoréférentiel.

 

 Les oeuvres citées ici :

 

 LA ROUE DE BICYCLETTE :

Une roue de vélo que Duchamp a montée sur un tabouret et qu'il fait tourner avec la main "pour le simple plaisir".

 

 LE GRAND VERRE

“la mariée mise à nu par ses célibataires, meme” ou “le grand Verre” est une installation - correspondant 04_shovel_bigà un projet de machine - realisée en matériaux varies sur deux grands panneaux de verre montés sur aluminium. Le tout relève d’un concept plus ou moins complexe associant compulsivité mécanique et acte sexuel.

Duchamp a écrit que l'idée de "la Mariée" lui avait été inspirée par les "Impressions d'Afrique" de Raymond Roussel.

Lorsqu'on évoque “la Mariée” de Duchamp, pour autant qu’on connaisse, on sait que ça parle de sexe. Quand on découvre la chose en profane, à moins d’avoir l’authentique sous les yeux, on commence par se demander de quoi il s’agit, concrètement, sur le simple plan de la description.

 

 L'EGOUTTOIR

Il s’agit d’un égouttoir choisi dans le catalogue du Bazar de l’Hotel de Ville en 1912.

Duchamp assigne également des connotations sexuelles à cet objet : l’égouttoir dans son ensemble revêt la forme d’un vertugadin, attribut proprement feminin, tandis que chaque tige supposée retenir les bouteilles est la métaphore d’un pénis.

 

 IN ADVANCE OF THE BROKEN ARM

Pas de commentaire saillant pour cette pelle à neige sinon que Wim Delvoye a décoré d’armoiries de semblables pelles, ainsi que des bonbonnes et autres objets utilitaires

16:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

05/08/2007

m'semmen venal concept

Amandine4aout07Avec, certes, un peu de retard, j’ai rempli un document où je dois évaluer ma capacité actuelle à exercer mon métier en totalité ou en partie. C’est très simple : j’en suis incapable à 100%. Quand j’ai eu mon accident, mes amis m’ont dit : « bah ! Ca va te permettre de te reposer ». A l’époque, je trouvais l’argument un peu idiot : je n’étais pas fatiguée et la seule chose que je souhaitais, c’était bosser. Actuellement, je suis fatiguée de ne rien faire. Et donc, avec certitude, je suis incapable d’exercer mon métier à 100%.

Je reste néanmoins moi-même (quelque part), aussi je viens de créer à votre intention un concept éphémère et vénal.

Compte tenu de votre gout pour le travestissement, je vous invite à prendre la pose dans la chaise de moins valide. Amandine et Céleste y sont passées : y’a pas de raison.

A cette fin, déposez votre candidature avec lettre de motivation dans la boite avant le 10 aout à minuit.

Les 3 auteurs des courriers les plus flatteurs (pour moi) seront avertis.

La photo (numerique) vous sera envoyée par mail si et seulement si le jour de la photo vous vous êtes acquitté d'une participation d’un pain m’semmen garni ou un bakhlava.

 

 La photo : Amandine en moins valide (voyez combien je l'épuise)

08:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art |  Facebook |

11/07/2007

Delvoye IV : Cloaca

Tout est économie, dit Delvoye. On ne peut y échapper. Fort de ce constat, ill fait coter en bourse Cloaca. C’est une manière de jouer avec la logique capitaliste.

 Comme artiste, il aime réfléchir sur l'art, sur la mythologie qui entoure l’artiste. Par exemple, pourquoi les artistes sont-ils pauvres étant donné le prestige dont ils jouissent et l'argent qui est brassé autour d'eux ?

 

 300px-Leonardo_da_Vinci_helicopter_and_lifting_wingEn ce qui concerne la conception de Cloaca, certains apparentent Wim Delvoye à Leonard de Vinci. Mais Vinci avait un objectif pratique : il concevait des machines supposées utiles.

 

 Cloaca existe en plusieurs exemplaires. C’est une reconstruction de l'appareil digestif humain réalisée avec le concours d’une équipe d’ingénieurs. La machine se nourrit de plats cuisinés qui, au fil de son parcours intestinal, passent de cuve en cuve, se transforment au fur et à mesure pour finir en excréments. « Cloaca est une hybridation homme-machine », dit l'artiste. Au terme du processus, les excréments sont mis en vente.

 Pour voir, copiez-coller la phrase suivante dans votre navigateur :

  http://www.cloaca.be/machines.htm

 

 A l’origine de Cloaca, Delvoye, lui, était fasciné à l’idée de concevoir une machine qui coute beaucoup d’efforts et ne serve à rien. « Quand j'étais étudiant, dit-il, j'avais l'exemple de Christo. Il m'épatait. Je n'avais pas compris que lui et d'autres vendaient des dessins autour de leurs grands projets. Je me disais que je ne pourrais jamais travailler pendant des années pour installer une œuvre qui doit durer six semaines. J'étais fasciné par ce choix de l'éphémère, mais j'avais un peu trop d'ego pour l'accepter pour moi-même. Je n'ai jamais oublié ces artistes. Cloaca est peut-être une façon de faire comme eux ». Ce que Delvoye ignorait à l’époque mais qu’il a donc parfaitement intégré par la suite, c’est qu’une démarche comme celle de Christo est la partie visible d’un énorme travail de production (en l’occurrence, accompli par la femme de l’artiste).

 

 dyn007_original_263_263_jpeg_2563798_437b017a55d7993501e3aed0395a0e95« J'ai cherché un truc compliqué, poursuit Delvoye, difficile à faire, cher, et qui ne mène à rien. J'ai d'abord eu l'idée de faire une machine sans finalité avant de concevoir une machine à faire du caca. J'ai pensé aux Temps modernes, à Chaplin, à sa machine à manger, à cette fascination du début du XXe siècle pour la machine.

 Des artistes comme Piero Manzoni, avec sa merde d'artiste en boîte, et Marcel Duchamp, avec La Mariée mise à nu par ses célibataires ainsi que La Broyeuse de chocolat ont plutôt été une source de légitimation de mon travail ».

 

 Cette idée de caca vient d'une autre histoire, poursuit Delvoye : c'est le meilleur garant de l'égalité.

 A l’époque, je parlais toujours d'égalité, c'était ma période des "objets démocratiques". Plébéiens. Prolétariens. J'en faisais beaucoup. Ils tombaient très bien dans cette époque de fascination pour l'objet. C'était le moment où Baudrillard parlait de l'objet qui nous séduit. Je faisais des scies circulaires, des buts de foot, des armoires, des objets un peu prolos. Tout le monde connaît un but de football ou une bonbonne de gaz.

 Ce sont des objets qui ont une "crédibilité de la rue".

 Ce n'est pas comme l'œuvre d'art : elle ne vaut rien dans la rue. En revanche, la cocaïne, ça vaut beaucoup.

 Et moi, je veux que l'art soit comme la cocaïne : s'il vaut beaucoup dans les musées, il doit aussi valoir beaucoup dans la rue. Je cherche à faire en sorte qu'il ait un "currency", une cotation. C'est un terme économique. Je le fais exprès.

 

 ps : la "broyeuse de chocolat" est un dispositif monté sur une plateau orné de pieds de style Louis XV. Il fait partie d'une installation de Marcel Duchamp intitulée "La mariée mise à nu par ses célibataires"

13:48 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, art |  Facebook |