20/08/2010

ma maitresse, elle a les fesses d'une extraterrestre

les-barons-2010-19526-818669767.jpg« Les Barons » en plein air sur le terrain de foot de Farciennes, c’est-y pas tout de suite extra-terrestre ?

Imaginez un terrain de foot dans l’obscurité et le froid qui tombe. Un projecteur halogène braqué sur la figure des spectateurs et dans les bafles, un CD qui dérape.

A notre arrivée le public est clairsemé. Je m’oriente vers une dame âgée dont le maxillaire s’agite comme si elle passait son temps à décoller son squelettique. Je m’assieds sur la dalle de béton.

Le public s’écoule mollement. Chacun rejoint les gradins avec un hamburger dans une main et un soda dans l’autre.

Au fond de la pelouse trône un grand écran. Quelle bonne idée ! Ca ressemble à un château gonflable sans entrée ni sortie sinon pour Jeff Daniels dans La Rose Pourpre du Caire.

Ca commence et, comme d’hab, je suis la seule à rire.

Le train passe et repasse derrière l’écran, une fois vers la gauche, une fois vers la droite. Ca fait une guirlande monochrome qui capte l’attention toutes les 10 minutes.

Et puis, le son, qui est déjà absorbé par l’espace ouvert, s’engloutit dans le bruit du train.

« Les Barons » en plein air sur le terrain de foot de Farciennes, ça a quelque chose d’un film de Yolande Moreau.

 

01:22 Écrit par Patricia Mignone | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

29/03/2009

Trois heures à Anvers

barre
Toujours prévoir du temps en plus quand on fait un bout de route un peu long.

OLAF 1Au programme, il y avait donc Erwin Olaf au Musée de la Photo (rien à voir avec le Ssssomptueux Musée de Charleroi) situé Waalse Kaai, 47 où l’on se sent tout de suite bienvenu.

Depuis que je le connais, vu son nom de pirate, je croyais qu’Erwin Olaf était Scandinave mais non : il est Hollandais et il a moins de 50 ans.

David-LachapelleQuoique que moins mégalo par l’ampleur des moyens mis en œuvre, son univers photographique n’est pas étranger à celui de David LaChapelle actuellement exposé à La Monnaie à Paris : ils travaillent tous deux pour la pub et pratiquent dans leur approche artistique la même esthétique, le même gout pour les images léchées, le même regard, le même discours fondé sur le trash, la provocation, le porno chic (plus ostentatoire chez Erwin Olaf).
Nourri au lait de la culture de masse, depuis quelques années, LaChapelle s’est assigné une vocation messianique qui s’exprime à travers des compositions grandiloquentes requérant des moyens pharaoniques et inspirées d’une manière ou d’une autre de la peinture renaissante et classique avec quand même – toujours – des Blacks qui bandent et des femmes à poil… Non mais !


Chez Erwin Olaf, c’est un peu différent : plus intimiste et plus franchement orienté queer et SM : la focalisation sur les attributs sexuels est donc plus explicite, il y a du cuir, de l’appareillage SM et des gens qui tirent de vilaines têtes. Le SM, ça n’a pas l’air rigolo du tout.

Le mérite de cette expo consacrée à Olaf, c’est de montrer beaucoup de photos neuves.
Pour David LaChapelle, eh bin empruntez plutôt le DVD de Rize à la Médiathèque.
Allez ! Pour le rayon porno-chic, je serai parvenue à ne pas placer une seule fois le mot « cul ».

Ensuite, si vous êtes aussi tête en l’air que moi, vous traversez la grande place et vous rejoignez le Musée Royal des Beaux-Arts.
Une grande banderolle indique « Goya-Redon-Ensor ».
Je me demande ce qui m’arrive… Je commence à fonctionner de façon fort inquiétante comme un consommateur de culture de masse - vision confuse, absence de sens critique - : j’ai pris mon billet sur le nom de « Goya » sans tenir compte du fait que je n’aime pas du tout Ensor et que Redon est peut-être le seul symboliste que je n’aime pas. Ce type n’avait aucun talent. Je me demande comment il a fait pour passer à la postérité. Quant à Ensor, certains le tiennent pour le peintre belge moderne le plus important. Ah bon ?
Et puis, pour Goya, vous savez quoi ? Je n’ai même pas pensé que l’ensemble le plus important était au Prado où je les ai contemplées.
Et donc, c’est une expo de choses moches et rikiki mochement exposées dans une scénographie qui évoque les pays de l’Est dans les années ’50.
En résumé : n’y allez pas !

 

BEL400002D_1Je m’étais fendue de la location d’un audio-guide.
Quand je l’ai rendu, les deux personnes préposées à la gestion de la chose m’ont demandé si j’étais satisfaite. La dame m’a alors confessé qu’elle non plus n’aime pas Ensor. Pour me consoler, il m’ont indiqué une curiosité anversoise ou l’autre. Ils ont évoqué la gare. J’ai répondu que s’ils étaient branchés « gare », ils devaient voir celle de Liège, ce qui a donné l’occasion à la dame de me dire qu’en Féronstrée il y a un deuxième musée qu’elle n’a jamais trouvé. Voilà pourquoi j’étais là : pour indiquer à deux Anversois où se trouve le Musée d’Ansembourg : au bout de la rue Féronstrée sur la droite, face à un antiquaire, juste avant une place située sur la gauche où se trouve une église dont l’extérieur est polychromé.
Eh bin voilà ! Après Erwin Olaf, à Anvers, allez à Liège visiter le Musée d’Ansembourg, un très joli musée des arts décoratifs du 18ème.

Pour en savoir plus sur Erwin Olaf, cliquez sur la première photo

11:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, cinema |  Facebook |

13/06/2008

« Mon amoureux est un pompier

…Mais je sais pas où le trouver… »

elle s'appelle Sabine
Vous les avez déjà entendus ces mots?
C’est Sabine qui les prononce, dans « Elle s’appelle Sabine », un documentaire que Sandrine Bonnaire a consacré à sa sœur autiste. (En principe, vous auriez pu le voir à la télévision. Vous me direz que moi aussi, j’aurais pu le voir à la télévision mais…non : je figure parmi les 2% de Belges qui n’en ont pas).


Je n’ai pas trop aimé ce film.

J’ai récemment vu quelques films où il est question de personnes souffrant de maladies psychiatriques, internées ou non. Je me rappelle pêle-mêle « Fragments d’Antonin » (Gabriel le Bomin), « la Meglio Gioventù » (Marco Tullio Giordana), « Tarnation » (Jonathan Caouette), et « La moindre des choses » (Nicolas Philibert)… Les deux premiers sont des fictions - certes documentées - ce qui signifie que l’on cultive l’effet de réel et que le dispositif technique est écarté de la matière narrative. Dans la mesure où ce sont des fictions, ces deux films présentent également la différence avec les 3 autres que les protagonistes sont des comédiens. Du coup, même dans les moments les plus durs, ils restent regardables, ils gardent un coté attendrissant : Antonin est toujours mignon, même au pire de ses symptômes. Et chacun sait que la beauté est un bon moyen pour s’attirer la sympathie.

Les trois autres films sont des documentaires dans le cadre desquels les personnes concernées - les sujets du film - ne se préoccupent pas de l’image qu’elles donnent et soulignent régulièrement la présence de la camera en la regardant et en adressant la parole à la personne qui la manipule. Parfois, elles se mettent même en scène. Et elles sont moches. Sabine a toujours la bouche ouverte ; sa tête s’affaisse comme si elle s‘endormait, elle bave, tremble, crie, est agressive. Vous me direz que le but consistait justement à montrer à quel point cinq ans d’internement l’ont aliénée.
J’ai pourtant préféré les films de Nicolas Philibert et de Jonathan Caouette et je crois que cela tient au point de vue.

Jonathan Caouette entraine le spectateur dans une mélasse émotionnelle qui ne peut que rendre attachante sa mère, Renée, internée à l’initiative de ses parents à elle. Nicolas Philibert consacre son film à la préparation du spectacle d’été à la clinique psychiatrique de La Borde. Le physique expressionniste et la posture hypotonique laisse deviner le poids qui pèse sur les épaules de ces gens qui ne manquent pourtant pas d’humour (« noir, c’est noir. Il n’y a plus d’espoir » dit flegmatiquement l’un des pensionnaires) et de gaîté et entre lesquels on devine des liens, de l’affection.  Le regard de Philibert sur ce monde suscite un intérêt respectueux, un attendrissement curieux.
Bien qu’il s’agisse de sa sœur, Sandrine Bonnaire a adopté un point de vue trop détaché. Elle évoque, interroge, montre mais, singulièrement, son attachement ne filtre que dans les mots, pas dans le regard de la camera.

ps : un coq à l'âne à propos du fait ne ne pas avoir la TV.  Il est arrivé que des élèves me demandent si j'avais - au moins - l'électricité. On m'a aussi demandé (avec effroi) à quoi je consacrais mes soirées...

09:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j ai des visions |  Facebook |

22/04/2008

Vous aimerez ce texte

F-M BannierSon numéro était très rôdé. Avant de répondre au « toc toc » qu'une carte de visite punaisée sur sa porte réclamait à petit cri, Daniel Emilfork laissait passer un temps calculé pour induire le doute sur sa présence. Puis il ouvrait, et sa tête d'épingle volontairement blafarde jaillissait dans l'entrebâillement, comme un diable de sa boîte. Il souriait de toutes ses dents, que sa maigreur faisait paraître immenses. Une canne noire à pommeau argenté dans la main, il disait parfois « vous permettez ? », avant de plonger son corps élastique d'octogénaire racé dans un placard de son entrée-salon-boudoir-salle-de-cours, et de se fourrer une poignée de marshmallows dans la bouche en s'exclamant : « J'adore ces choses-là. » Quiconque a passé une heure dans l'antre montmartroise de Daniel Emilfork ne risque pas de l'oublier. François Jonquet est de ceux-là, doté d'une belle idée de surcroît : immortaliser les monologues en roue libre de l'incomparable acteur du Casanova de Fellini. Cela donne un petit livre à voix nue, qui révèle un Daniel Emilfork grave et narcissique, intègre et désespéré. Eclate ici la beauté cachée des laids, dont parlait Serge Gainsbourg.

Un texte de (je suppose) Marine Landroit sur "Daniel", un livre de François Jonquet, éd. Sabine Weispeiser, 122p. 16 €.

08:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : texte, cinema |  Facebook |

17/04/2008

Les sorciers sont les ennemis de Dieu !

Et d’après l’ancien Testament, Harry Potter aurait du être mis à mort ! On ne peut transformer des sorciers en héros !

Harry Potter(entre autres inepties) Ce sont les paroles d'une prédicatrice pour enfants dans "Jesus Camp", un documentaire de Heidi Ewing et Rachel Grady. Si cela vous dit, cliquez sur l'image.

23:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j hallucine |  Facebook |

Qui paie la note ?

Ce jour-là, en quittant la classe, j’ai demandé aux étudiants de verifier si les radiateurs étaient fermés et j’ai éteint. L’un d’eux m’a dit : « c’est toi qui paies ? ». Je n’ai pas eu la présence d’esprit de répondre que j’avais honte de vivre à crédit sur le compte de ses enfants.

Ce n’est pas agréable de voir mes appréhensions confirmées à travers tout ce que je découvre actuellement : « Into the wild » un film de Sean Penn, « Manufactured landscapes » un documentaire que Jennifer Baichwal a consacré aux photographies d’Edward Burtynsky et un livre de Jean-Jacques Crèvecoeur consacré à la santé : « le langage de la guérison ».

Quel point commun?

intothewildSi le film de Sean Penn touche par son romantisme (au sens littéraire), ce qui m’a frappée, moi, ce sont les raisons qui poussent un garçon à entreprendre un voyage suicidaire. C’est commode de se contenter d’ancrer l’imaginaire de ce film dans la mythologie américaine : les grands espaces, la nature vierge et âpre, la liberté (ou l’illusion de), Thoreau, London, etc. Après l’obtention de son diplôme, Christopher Mac Candless se défait de tous les liens avec la civilisation – il brule ses cartes de crédit, fait don de ses économies et abandonne sa voiture. A partir de là, il se fait appeler « Alex Supertramp » et voyage à travers les Etats Unis durant presque deux ans pour finir par atteindre le lieu qui constitue son objectif ultime : l’Alaska. Ce qui ronge Christopher est d’origine familiale : ses parents leur ont offert, à lui et sa sœur, le spectacle d’un couple en conflit permanent, le spectacle de gens qui ne pensaient pas, ne se préoccupaient pas de leur responsabilité ni de l’incidence de leur absence de scrupule sur leurs enfants. Christopher est définitivement écoeuré par l’hypocrisie et le conformisme collectifs qui ont pour effet d’amener les gens à emprunter des parcours stéréotypés pour s’épargner de prendre leurs responsabilités.

manufactured landscapesLes « Manufactured landscapes » de Burtynsky pourraient constituer une préfiguration de ce que sera le monde quand la cupidité inconséquente des lobbies industriels aura engendré le changement de paradigme que l’on pressent aujourd’hui. En Chine, des usines d’une surface sans référence où des milliers d’ouvriers travaillent dans des conditions pathétiques, des paysages bouleversés par la construction d’un barrage d’une ampleur tellement mégalomaniaque que sa mise sous eau a provoqué une anomalie dans la rotation de la terre ; au Bengladesh, des sites où des ouvriers démantèlent des cargos, les pieds nus dans le pétrole à longueurs de journées. C’est macabre, pestilentiel, cauchemardesque.

JJCCe qui filtre à travers les propos de Jean-Jacques Crèvecoeur – et particulièrement dans les développements consacrés à la Médecine nouvelle du Docteur Hamer – c’est d’une part le constat que nous sommes manipulés, qu’on nous cache des choses qui – si nous les savions en masse- nous affranchiraient et réduiraient amplement notre consommation. Crèvecoeur insiste également sur ceci : le fait que nous nous refusions (à nous-même) l’attention dont nous avons besoin (par une hygiène de vie approximative, une alimentation et des consommations diverses toxiques, le surmenage, l’absence d’activité physique, l’absence de vie spirituelle…) a pour effet de restreindre notre vigilance, notre présence au monde et notre engagement, notre responsabilité. Nous ne prenons pas soin de nous, des autres et de notre contexte de vie. Tout cela, nos enfants le paieront.

(J-J Crèvecoeur. "Le Langage de la Guérison". Ed. Jouvence)

07:32 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, cinema |  Facebook |

09/04/2008

Burt au clair de lune

J'admirais Humphrey Bogart mais il me rendait nerveux. Son front me troublait ; c'était le front d'un homme endetté. dvd-crimsonpirateMes instincts me portaient plutôt vers Kirk Douglas et Burt Lancaster, les pyramides de l'Amérique, qui n'avaient besoin d'aucun souterrain pour répandre leur célébrité. Ils étaient monumentaux. Leurs visages cre¬vaient l'écran. Quand ils riaient ou pleuraient, c'était sans retenue. Leurs sourires chromés n'étaient jamais ambigus. Et ils avaient rarement le temps de s'asseoir pour échanger des reparties cyniques avec une dame de la haute ou un connard. C'étaient des hommes d'action qui couraient, bondissaient, aimaient éperdument.

Quand j'étais gamin, j'avais vu Burt dans Tant qu'il y aura des hommes. Sur une plage hawaïenne, il dominait Deborah Kerr de toute sa stature et, pour la première fois de ma vie, j'avais ressenti le vrai pouvoir de l'image.

Burt était comme la ville dans laquelle nous vivons tous. Il avait cette dimension là. A la confluence de l'ombre et du temps, il y avait place pour nous tous et je savais qu'il fallait me distendre jusqu'à ce que les molécules se divisent et que je m'insinue dans l'image. Burt au clair de lune était un crescendo de perfection masculine, mais non moins humain pour autant. Burt vit! Je porte en moi cette image aujourd'hui encore, comme font sûrement des millions d'autres, hommes et femmes, pour leurs raisons diverses.Burt au clair de lune. C'était un concept c'était l'icône d'une nouvelle religion.

- Un fragment de "Americana" de Don de Lillo.

- Sur la photo, Burt Lancaster déguisé en Kirk Douglas.

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19/02/2008

Etre normal

ovelhaJ'ai longtemps été complexé. Je me demandais quel cinema je pouvais faire sans avoir une personnalité excentrique comme Pedro Almodovar ou Emir Kusturica. Maintenant j'assume d'être banal. J'aborde cette normalité et les souffrances qu'elle peut receler. Comme Georges Perec, je m'intéresse aux trains qui ne déraillent pas.

un fragment de l'interview de Cedric Klapisch dans Telerama du 13 fevrier 2008

19:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

06/01/2008

Histoire d’un secret

histoire_d_un_secretEncore un film précieux déniché à la Mediathèque.

Ca démarre plutôt lentement et l’on se demande si ça va être aussi emmerdant que « la Graine et le Mulet » mais ça finit par arriver et c’est 28 fois plus touchant.

 

 « Histoire d’un secret » est un récit documentaire de Mariana Otero qui met en scène les protagonistes de l’histoire… sauf la principale concernée puisqu’il s’agit d’une enquête sur les circonstances du décès de Clothilde Vautier, la maman de Mariana et Isabel Otero. Evidemment, le récit et sa mise en images ont eu lieu après la découverte de la vérité. Et comme le film comporte des résonances sociales et politiques profondes, il a suscité des débats et a permis à de nombreuses personnes de dire leur vérité, voire de découvrir la vérité du décès de leur propre mère.

 

 Clotilde Vauthier est morte à l’âge de 28 ans alors que sa première exposition avait lieu. Isabel et Mariana avaient 6 et 4 ans. Isabel se rappelle en détails le peu de choses qu’on a bien voulu leur faire savoir. Mariana a tout occulté. En fait, on ne leur a tout simplement pas dit que leur maman était morte. Et respectueuses de la loi du secret, elles ont compris qu’il ne fallait pas demander. Adulte, après la naissance de sa fille, Isabel a multiplié les fausses-couches, y compris d’oeufs clairs à des dates qui finissaient par ressembler à un anniversaire. Elle a interrogé son père sur la question d’un avortement dans la famille. Après avoir esquivé, il a révélé à ses filles que leur maman était morte en 1968 des suites d’un avortement clandestin.

 

 Le DVD présente d’intéressants boni dont une émission TV sur le secret de famille, l’interview d’une dame qui a fait partie des premiers groupes de médecins qui ont pratiqué des avortements en France ainsi que des documents d’époque où l’on voit Simone Veil défendant sa proposition de loi sur la dépénalisation de l’avortement.

 

 « Histoire d’un Secret » est un film nécessaire qui permet pudiquement d’entrevoir ce que des femmes et des familles ont enduré durant des siècles jusqu’il y a seulement une trentaine d’années, alors que dans d’autres parties du monde cela reste une réalité.

22:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

16/11/2007

Lettres d'Iwo Jima

Lettres d'Iwo Jima« Lettres d’Iwo Jima » et « Mémoires de Nos pères » sont deux films jumeaux réalisés en même temps par Clint Eastwood. Autour de la bataille d’Iwo Jima - un ilot stratégique situé à l’avant poste de la capitale - Eastwood a raconté l’événement du point de vue des Japonais, pour « Lettres d’Iwo Jima » et du point de vue des Americains, pour « Memoires de Nos Pères », une manière de rendre hommage à l’humanité des hommes qui ont été impliqués dans cette guerre, et dans la guerre en général.

 

 Je n’ai encore vu que « Lettres d’Iwo Jima », un film émouvant à plus d’un titre. Si le récit est classique – il retrace l’histoire d’une défaite annoncée et conduit donc à l’anéantissement des Japonais trop peu nombreux pour résister aux assauts des Americains – la narration est touchante par le motif original qui la sous-tend. Des lettres - seule trace de l’existence de ces hommes morts au combat – ont été ensevelies peu avant que l'ensemble des guerriers japonais ne soient anéantis. Leur publication a inspiré à Eastwood le désir de présenter l’événement d’un point de vue dialectique. Ces lettres lues au fil du récit ont pour effet de déployer l’espace bien au-delà du champ de bataille, en direction des personnes que chérissent les soldats, vers la vie dont ils sont séparés, les amitiés qui étaient les leurs, leur existence humble ou fastueuse. Bref, elles en font des êtres réels dans leur fragile simplicité, des êtres qui souffrent et ont peur, tombés là par malchance et à leur corps défendant… à cent lieues des machines à tuer suintant la testostérone dont les films de guerre nous gavent souvent.

 

  La distribution de « Lettres d’Iwo Jima » repose sur des acteurs réputés au Japon et dont l’implication est particulière parce qu’il s’agit d’une tranche honteuse de l’histoire de la guerre – des soldats chargés de défendre l’ilot jusqu’au dernier et cependant abandonnés par la hiérarchie – qui, de ce fait, n’a jamais eu l’honneur des manuels d’histoire. Personne au Japon n’avait entendu parler de la Bataille d’Iwo Jima. Les recherches qui ont été menées en vue de conférer à la restitution la meilleure authenticité ont pourtant permis de constater que des hommes remarquables figuraient parmi le commandement.

Hormis leur professionnalisme, on perçoit très nettement dans le jeu des acteurs une dignité qui ne traduit pas seulement celle des personnages mais semble constituer comme leur propre hommage à leurs pères.

 

 Au-delà de la qualité du casting, on est touché par la jeunesse des soldats autant japonais qu’américains. Les traits tendres de certains d’entre eux les montrent à peine sortis de l’enfance tel ce soldat américain recueilli par l’un des groupes de soldats japonais. Lorsque celui-ci succombe à ses blessures, on lit une lettre écrite par sa mère qui témoigne d’une existence en tous points semblable à celle des jeunes Japonais qui découvrent alors l’absurdité d’une guerre où s’opposent des hommes simplement humains qui n’ont pas demandé à être là.

22:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

07/11/2007

Le Nouveau Monde

goyaJ’ai vu « Les Parasols », un carton de tapisserie de Goya qui m’a aussitôt fait penser au style de Giandomenico Tiepolo. Ca m’a donné envie de revoir une peinture inhabituelle de ce même Giandomenico où l’on voit un groupe de personnages vus de dos. Ces gens assistent à un spectacle forain. La fresque s’intitule « il mondo nuovo », fait 5 mètres de large et se trouve à la ‘Ca Rezzonico, un musée de Venise.

 

 Je me documente sur le sujet, me rappelle au passage que je viens de voir un beau film de Terrence Malik intitulé « The new world » et tombe sur deux beaux textes dont voici des fragments.

Pourquoi écrire quand d’autres le font si bien ?

 

 _tiepolo ca rezzonico« Ce qu’on voit ici, c’est l’envers, les coulisses, c’est le dos d’une trentaine de personnes, l’anti-portrait d’une foule.(…) nous sommes en coulisse, nous ne verrons rien du spectacle, nous n’en saurons rien, si ce n’est les mots que nous déchiffrons malaisément sur l’affichette, le titre de la fresque et, si nous prêtons l’oreille, le murmure qui monte de la foule curieuse : un monde nouveau ! Contentons-nous donc de regarder ces dos, ces nuques, ces jambes, mollets élégamment galbés des hommes, chevilles entrevues des femmes. Passons-les en revue indiscrètement puisqu’ils ne nous voient pas, qu’ils ignorent la présence d’un spectateur derrière eux.(…) Ce monde nouveau, alors que la révolution française renverse l’ordre ancien, alors que la République vénitienne décadente va tomber comme un fruit mûr devant Bonaparte, quel va-t-il être ? Une simple illusion, un rêve ? ou un gage de promesses, de bonheur, de liberté ? Cette peinture n’est qu’attente, que curiosité inquiète. »(1)

 

 Qorianka KilcherIl y a dans The New World la tentative d'une invention, ou d'une réinvention radicale de ce que peut vouloir dire « sentir » au cinéma, dégagée de toute considération spectaculaire, du sensationnel, de la recherche de « sensations fortes » justement. Là où la sensation, dans le « cinéma du spectacle », est provoquée par un assaut des sens, une accélération du montage et une explosion de décibels, ici, c'est grâce à la finesse avec laquelle chaque sens est tour à tour appelé, élevé, relâché puis repris, que la « sensation » advient.Il faut dire tout de suite que la sensation, telle que je l'entends, n'est pas qu'une vague impression sensible, on ne doit pas la confondre avec ce qui relève de la simple perception par les sens (l'ouïe, la vue, le toucher), ni de l'émotion que peut susciter un récit. La sensation serait plutôt de l'ordre de l'événement affectif et esthétique : elle résulte d'une perception complexe, envahissante, complète, et se présente sous le signe d'une expérience esthétique profonde, abolissant la distinction entre « le sentant et le senti ». Comme le note Deleuze, à propos de la peinture de Cézanne et de Bacon, la sensation est « à la fois je deviens dans la sensation et quelque chose arrive par la sensation. […] à la limite, c'est le même corps qui la donne et qui la reçoit, qui est à la fois objet et sujet. Moi spectateur, je n'éprouve la sensation qu'en entrant dans le tableau, en accédant à l'unité du sentant et du senti. »

Ce que The New World a de particulier, c'est que cet événement de la sensation provient tout entier de la « logique de la sensation », pour parler encore une fois comme Deleuze, que Malick a su déployer dans ce film et qui est au cœur de son sujet. En partant de ce constat, le film semble s'ouvrir, et sa force, apparaître intacte. Avant d'être politique, morale, littéraire, idéologique, romanesque, mythologique, ce qui intéresse Malick c'est de considérer la « relation » avec le Nouveau monde (Nouveau monde pour les Anglais, mais aussi Nouveau monde, à l'inverse, pour les Powhantas qui se déplacent en Angleterre) du point de vue de la « sensation » : filmer l'événement de sensations nouvelles (odeurs nouvelles, vue de végétations inconnues, textures nouvelles, mais aussi expérience du froid, de la peur, de la faim, de la douleur, de la folie), conjuguées à - ou engendrant - une rupture dans l'ordre et la saisie du temps (plongée dans ce qui semble être un rêve, ou encore un cauchemar).

Que peut vouloir signifier, sur le plan de la sensation, la découverte d'une nouvelle contrée, d'un nouveau peuple, d'une terre non défrichée à perte de vue ? Pour les autochtones, qu'a pu signifier l'apparition des premiers navires sur les côtes(2), le son d'une détonation d'un fusil, la vue des vitraux d'une cathédrale, des arbres taillés ?Comment rendre sensible ces complexes de sensation sans passer par des dialogues ou de l'action ? Comment rendre le temps d'une nouvelle expérience du temps, elle-même née du contact, du choc de deux compréhensions du temps, l'une cyclique, panthéiste, animiste, chevillée sur les processus de la nature ; l'autre calendaire, rationnelle, fondée sur la mesure, l'horlogerie, l'abstraction(3) ? Le mérite de Malick n'est pas seulement de présenter cette dichotomie et cette réflexion sur les « nouvelles sensations », mais de les faire passer uniquement par des moyens cinématographiques.

Il y parvient en intensifiant à un degré rarement atteint la « densité de réel » de ce qui est perçu grâce à l'utilisation (constant chez Malick) de la lumière naturelle, d'une pellicule 65mm(4)et à une direction photo stupéfiante qui donne le sentiment d'être constamment devant les choses, devant des peaux, des textures, de la lumière, d'entendre des sons neufs (« départ dans l'affection et les bruits neufs » écrit Rimbaud), se détachant l'un après l'autre sur fond de silence, ou pour « dialoguer » avec les voix des narrateurs et la musique. Le montage sonore et visuel est tout entier dédié à produire un rythme du monde, fait de battements, d'ellipses, d'entrecroisements lyriques, de temps superposés. C'est ce rythme qui organise les modulations de la sensation(5).

 

 1. Pour lire le texte complet, copiez-collez ce lien : http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/07/20/un-nouveau-monde-a-cote-de-la-biennale/

2. Pour lire dans son ensemble le texte d’André Habi, copiez-collez : http://www.horschamp.qc.ca/article.php3?id_article=213

00:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, cinema, peinture |  Facebook |

20/09/2007

Biancaneve in napoletano

Biancaneve cliquez sur l'image et regardez jusqu'à la fin.

15:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, cinema |  Facebook |

29/08/2007

Hug!

GeronimoDans les westerns de notre enfance, les Indiens étaient toujours les Néanderthaliens de service : des grosses brutes, vêtues de peaux de bêtes qui youyoutaient comme des déments en scalpant tout ce qui passait.

Il a fallu attendre la mouvance inaugurée (me semble-t-il) par Soldier Blue en 1970, pour voir les choses autrement : il suffisait qu’on nous les présente moins puérilement, plus conformément à leur réalité, pour qu’on verse des torrents de larmes sur leur sort.

 

 N’empêche ! Sous leurs airs butés, les Indiens d’Epinal étaient au moins des gens tendres. Si les versions françaises ont traduit leurs traditionnels « Hugh ! » par de virils « salut ! » ou « j’ai dit ! », la linguiste que je suis doit à la vérité historique de vous signaler que « Hug ! » (et non « Hugh !) signifie en réalité : « Un bisou! », (variante : « Un câlin ! »).

 

 Cliquez sur l’image.

Si vous en redemandez, copiez-collez le lien suivant dans votre fenêtre de navigation.

http://www.youtube.com/watch?v=x16rGcxDvIo

 

 C'est la photo du chef Geronimo.

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27/08/2007

Peas and gloves

170434796_smallBurp ! Moi qui me réjouissais de revoir « La Fièvre du Samedi Soir », ça m’a plutôt donné des hauts le cœur.

Au fond, je me demande dans quel film j’ai apprécié Travolta.

La sensation qu’il a produite avec « Pulp Fiction » résultait du contraste, de l’effet de contre-emploi, avec le souvenir qu’on avait gardé de lui dans les comédies musicales qui constituaient ses références mythiques. Comme le cinéma est passablement auto-référentiel, lui aussi, le twist qu’il effectue en compagnie d’Uma Thurman vient opportunément parodier les chorégraphies non moins décadentes de l’époque disco.

 

 Ca doit être la musique des Bee Gees qui m’avait laissé un souvenir assez sympa de ce film qui, avec les trente ans qu’il a pris dans les gencives, me paraît complètement crado. Bonjour l’effet de réel…. Ca aurait pu être tourné en 2006 à Farciennes dans les locaux de la Maison pour Associations avec du matériel loué pour 50 euros à ladite Maison pour Associations. Et la version française – malencontreusement proposée par Arte – ne doit pas être sans effet sur la trivialité 175207des dialogues. C’est crado, macho, dégoulinant de sperme et on se demande si le cerveau faisait partie du kit de base des personnages. Bref ! A prendre avec des gants (en latex)…

Et puis, ça me rappelle des souvenirs assez entêtant aussi : une époque où je logeais à la cité universitaire dans une chambre séparée de la chambre voisine par l’épaisseur d’une brique. Au lieu d’aller au cours, ma très mignonne voisine recevait son très mignon copain et jouissait à longueurs de journées sur « I feel love » de Donna Summer.

Tournons la page !

 

 Voilà « Hairspray »… et revoilà Travolta déguisé en nana obèse quinquagénaire mariée à Christopher Walken. Les codes sont toujours ceux de la comédie musicale – caricaturaux - mais - miracle ! – au traditionnel geyser de testotérone a succédé un feu d’artifice de bons sentiments (sans rapport avec le réel, of course…) mais bien réjouissant tout de même. Au milieu du jeu de quille, une demoiselle (ça nous change de ces chefs de bande nazo-gominés), sorte de petite citrouille,hairsprayposterbig transfigurée en Blanche-Neige par sa grandeur d’âme et à l’égard de qui tous les garçons ne servent que de faire-valoir. Pour les gens qui ont des souvenirs des années ’60, on savourera les allusions, entre autres, aux Suprêmes (sans une molécule de Beyoncé Knowles, ma parole !), à Otis Redding…on appréciera combien les chorégraphies blacks sont devenues toniques – avec quelques allusions au style du non moins mythique Prince - et l’on se laissera joyeusement éclabousser par la joie de vivre de ce film aux chorégraphies à tomber raide.

 

 Et comme vendredi, je n’étais pas assez vigilante pour vous inciter avant tout ça à aller tester l’aigreur abyssale de « Tarnation », vous êtes quittes !

 

 Just feel the beat : cliquez sur les images.

17:15 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, cinema |  Facebook |

06/08/2007

Ben quoi !?

Ratatouille

 

 

Je n’ai jamais caché ma tendresse pour un certain Disney. Et comme les studios Disney ont eu l’intelligence d’intégrer Pixar, je vais me gêner pour dire que je trouve Ratatouille exceptionnel. C’est superbement écrit, et c’est peu dire. Le plus épatant, pour moi, c’est quand même l’animation dont la qualité a évolué vers une onctuosité comparable à celle des plus beaux Disney.

Vu le caractère affreusement consensuel de mon appréciation, je vous suggère d’aller lire les commentaires et interviews dans la presse et d’embarquer votre meute.

Quoique… j’ai un meilleur conseil : allez plutôt le voir en version originale : vous serez dix dans la salle (imaginez le nombre de seaux de pop corn auxquels vous échapperez) et vous pourrez savourer la performance de Iam Holm parodiant l’accent anglais de Louis De Funès.

 

 Une photo de chez Disney/Pixar

20:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j ai des visions |  Facebook |

24/06/2007

Be with me

"be with me, my beloved love,

 that my smile may no fade"

 

 Be+With+Me+19Encore un ovni cinematographique….dont je n’ai jamais entendu parler. Si cela vous dit, vous pouvez le regarder en mandarin ou en cantonais, à moins que vous ne préfériez le regarder en français en mangeant un canard laqué au riz cantonais.

 

 C’est un film presque muet où le verbal – rare- n’est que fonctionnel ou se présente sous forme écrite : mails, sms, courrier, roman en train de s’écrire sur une machine mécanique et dont l’auteur ne peut déchiffrer les mots parce qu’elle est aveugle.

 

 « Be with me » met en scène quelques histoires d’amour sans effusions extrêmes où se lit le désir de proximité de l’être aimé, l’infini chagrin de le perdre ainsi que l’espoir soutenu par le personnage de Theresa Chan, une aveugle sourde qui est parvenue à se bâtir une vie digne et dont l’existence est rythmée par des visites quotidiennes, notamment celles du fils d’un vieil épicier veuf qui n’ouvrira pas la bouche durant tout le film.

 

 Ces quelques récits sont amenés à se croiser le jour où, brisée d’être éconduite, une jeune fille dont on a vu naitre l’histoire d’amour, se suicide en se jetant du haut d’un immeuble. Elle atterrit sur les épaules d’un jeune homme boulimique dont nous avons également accompagné les hésitations amoureuses. Lui meurt, elle pas. Inspecteur à la police, le fils de l’épicier se voit confier l’affaire si bien qu’il est empêché d’apporter à Théresa le repas que son père prépare à son intention depuis quelques semaines. Le père s’en vient donc apporter lui-même le repas et puisqu’il ne peut se faire entendre ni connaître, Théresa le touche.

 

 « Be with me » ne met en place aucune stratégie didactique. Le spectateur n’est pas pris par la main : il est libre de s’égarer en cours de chemin et de se demander où tout cela conduit, pourquoi le personnage de Theresa prend tant de place et comment, si dépourvue de charme, elle fait pour être si émouvante et si troublante la poésie de ses propos.

 

 Par son absence de glamour et d’ostentation, « Be with me » dégage une puissance discrète : celle de la bonté, de la vérité, de la foi et de l’espoir qui préservent le sens de l’existence.

 

 Un film d’Eric Khoo, avec Theresa Chan dans son propre rôle.

14:54 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

27/05/2007

Eternelle damnation sur IMovie

Allez ! C’est mon film idole de 2007 (même s’il date de 2004) : je crois même qu’il détrone dans mon classement « me and you and everyone we know ». C’est dire…Avec ce dernier, il partage la particularité de mettre en œuvre de la video mais ces deux films se distinguent tout de même par une solide nuance : « me and you » est une fiction alors que « Tarnation » est un documentaire, entendez que même si l’on ne peut éviter la forme narrative, la matière première de ce film est la vie filmée depuis ses onze ans de Jonathan Caouette, sa mère aimée et les gens qui gravitent autour. Ajoutez-y que l’existence de Renée et Jonathan fut un enfer -Tarnation est la contraction, en argot texan, de «Eternal» et «Damnation» : enfer éternel – et vous saurez à quoi vous attendre. Tarnation

 Dans la mesure où ce n’est pas ce qui m’a séduite, je n’insisterai pas sur le contenu : vous resterez libre de découvrir les déboires et l’amour de Renée et Jonathan.

 

 Ce qui est épatant et a permis à ce projet underground d’exister, c’est l’écriture de Jonathan Caouette. Je ne parle pas seulement du montage narratif mais du choix qu’il a fait d’utiliser toutes les sources matérielles qu’il possédait (1 349 films en VHS, Betamax et 16 mm, soit 160 heures de pellicule, des sons puisés dans les 2 046 disques et CD de sa collection ainsi que les photos de famille), auxquelles s’ajoute une bande originale épatante où l’on reconnaît entre autres Nick Drake, Cocteau Twins, Lisa Germano, Angelo Badalamenti….

 

 

 La video amateur a certes la faculté d’apposer un voile de poésie sur les choses et de déréaliser les situations les plus triviales. La vraie singularité de ce film réside toutefois en ceci qu’il a été monté sur iMovie dont les effets sont en affinité parfaite avec ce qui constituait l’essence de l’existence de Jonathan et Renée : la dépersonnalisation. Très tôt Renée est malencontreusement cliente de la psychiatrie : elle subit ses premiers électrochocs à l’âge de 14 ans tandis que Jonathan découvre le monde underground, les stupéfiants et leurs corollaires existentiels à l’âge de onze ans. La détresse et la sensation d’irréalité qui constituent le fond de « Tarnation » trouvent ainsi leur parfait mode d’expression dans la démultiplication des écrans ainsi que la large variété d’effets relevant de l’imagerie psychédélique.

 Au bout du compte, il reste que, sublimé par une telle mise en récit, le sordide destin de Jonathan et Renée semble évoluer vers une forme de délivrance qui tient aussi de la rédemption.

 

 Voici ce qu’on lit sur le site d’Apple au sujet de « Tarnation » : « Nouveau tournant dans sa vie, Jonathan Caouette emprunte à son petit ami, David Sanin Paz, un Mac portable équipé d’origine du logiciel iMovie d’Apple et il s’attaque à la mise en forme de cette énorme base de données multimédia. Portier chez un joailler de la 5e Avenue le jour, il apprend seul, la nuit, à se servir de iMovie. On l’aura compris, la structure des séquences filmées prend une forme particulière parce qu’elle est revue par Jonathan. D’abord, il écrit son texte au fur et à mesure du montage. Ensuite, il fait avec ce qu’il a : des pellicules anciennes, de mauvaise qualité, des photos jaunies, des prises de son d’amateur.

 Alors il va jusqu’au bout de ce que permet iMovie : il force les effets, multiplie les fondus, utilise les filtres pour créer une atmosphère. Ce n’est pas la qualité de l’image qui prime mais la nervosité du montage, le choix des musiques, les bancs-titres qui barrent l’écran pour faire baigner le spectateur dans son monde à lui, Jonathan Caouette, pour l’entraîner dans la chronologie de sa vie. Et ça marche.

 Si Tarnation est bien une œuvre cinématographique personnelle et non une simple compilation de séquences, c’est parce que Jonathan a mélangé trois ingrédients : son vécu avec une enfance totalement déstructurée et son mal de vivre d’adulte, sa personnalité avec sa sensibilité féminine et sa grande connaissance du cinéma, principalement underground, de la musique rock, enfin son expérience comme comédien et réalisateur de courts métrages"

 

 Pour voir un extrait, cliquez sur l"image.

09:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, art, cinema |  Facebook |

18/04/2007

Daguerréotypes et Le Lion volatil

AgnesVardaChacun sait que le daguerreotype est le premier mode d’impression photographique qui ait été commercialisé cela fait pas loin de deux siècles.

 

 Chez Agnès Varda, ce titre ne rappelle pas seulement qu’elle fut d’abord photographe, c’est aussi un terme aimablement dévoyé pour désigner les commerçants de la rue Daguerre, dans le 14ème – sa rue – mais attention, pas tous : uniquement ceux qu’elle fréquentait à l’époque où elle a réalisé le film, en 1975.

 

 Premier couple, le plus attachant selon elle, Monsieur et Madame Chardon Bleu qui, depuis 50 ans tiennent un commerce de parfumerie-mercerie et autre mini-brol où Monsieur sert des boutons et pèse du parfum fabriqué par ses soins quand Madame erre, ivre d’ailleurs, vestige diaphane d’une aimable jeune fille qui survit dans les yeux de Monsieur.

 

 Agnès Varda filme le boucher et Madame, les coiffeurs, le boulanger et Madame, le tout avec une tendresse teintée d’humour qui, avec le recul, n’est pas sans évoquer l’esprit des « Strip-tease » les moins caustiques. On rit et l’on est ému de voir ces couples d’artisans évoquer leurs origines provinciales, le moment de leur rencontre, le tout avec une gaucherie qui ravit. L’ensemble du film tisse sa cohérence autour du spectacle horrifique de Mystag, le magicien fakir à la représentation de qui Agnès Varda était parvenue à convier l’ensemble de ses voisins fétiches. S’ensuivent au montage des ensembles de mini-séquences structurées selon une homologie formelle : le boucher désossant adroitement un quartier de bœuf sous les commentaires du fakir en voix off, et cela juste après que celui-ci se soit transpercé le bras à l’aide d’un couteau de boucher de la pire sorte. On crie, on s’effarouche mais surtout l’on rit bien.

 

 Trente ans plus tard, lors de la réalisation du dvd, Agnès Varda rassemble ses souvenirs autour de ces cheres figures aujourd’hui disparues.

 

 En prime, le dvd contient « le lion volatil » une fantaisie surréaliste tissée autour du lion (œuvre de Bartoldi) de la Place Denfer-Rochereau et dont la fable est inspirée de cette déclaration d’André Breton selon laquelle, pour embellir les monuments de Paris, il suffirait de donner un os à ronger au Lion de Belfort et de le tourner vers l’ouest.

 

 Non seulement « Le Lion volatil » accomplit la prophétie mais il le fait selon une esthétique ludique mettant en œuvre les mécanismes de l’écriture surréaliste. Ainsi, Varda pratique l’anachronisme avec désinvolture, adopte la rhétorique du rêve, met en œuvre des moyens propres à faire vaciller l’écriture de fiction… Ce n’est pas seulement la puérilité joyeuse de ce court-métrage qui m’a ravie. Soudain j’ai découvert combien les arts appliqués des années soixante, l’esthétique du quotidien de mon enfance était inspirée du surréalisme.

10:12 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, cinema, j ai des visions |  Facebook |

15/04/2007

Open Hearts

Open_HeartsQui croire quand il s’agit de choisir un film ?

 

 Pour ceux-là, j’ai écouté 3 phrases et demie de l’impitoyable Hughes Dayez qui m’ont conduite à aller en salle voir « After the wedding » et à emprunter à la Médiathèque « Open hearts », deux des films de Susanne Bier.

 

 Narrativement, les deux films ont en commun de mettre en jeu des désirs nés sur les cendres de détresses affectives intenses. Il est donc question de relations triangulaires mais dépourvues de trivialité, sublimées par l’authenticité des personnages.

 

 Je ne suis pas renseignée sur ce qu’il convient de penser de ces films. Voici donc mon opinion de spectatrice sauvage.

 

 Ce qui m’a principalement touchée, c’est la candeur et la sincérité des personnages. Des événements complexes surviennent sans que l’on ait pu anticiper parce que rien n’est téléphoné. Cette fraicheur m’a évoqué celle du personnage de Bess dans « Breaking the waves » de Von Trier, en moins cinglé – ici, pas un instant on ne forme l’hypothèse de la dérive mentale -, où c’est l’empathie, le souci de l’autre qui génèrent le récit.

 

 Un autre lien avec Von Trier tient au fait que « Open Hearts » a été filmé en camera à l’épaule. Susanne Bier y ajoute le choix d’avoir filmé en camera infra-rouge et en super 8. Les images en infra-rouge avaient pour vocation de révéler l’intériorité des personnages. Elles ont finalement été réduites à peu de choses au montage. Les images video glissées ici et là, favorisent la proximité avec les personnages dont on pénètre la rêverie intime.Tous les personnages sont beaux, attachants, généreux, en particulier le patibulaire Mads Mikkelsen le personnage masculin principal des 2 films.

 

 Et puis, l’ensemble est exalté par la voix de Anggun sur des musiques intimes et lyriques qui incitent à se demander ce qu’elle fabrique sur la scène musicale française.

09:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, cinema |  Facebook |

16/03/2007

Vendredi 16 à Ubuland

Cow-Boy Benoit MariageCe matin, j’ai croisé une dame enceinte. Comme c’était très évident, j’ai pensé « celle-là, elle ne ballonne pas : je ne mettrai pas les pieds dans le plat ». Et puisque nous étions à l’enterrement de Marcel et que chaque fois qu’elle va supporter ses potes au billard elle pose le regard sur mon travail, j’ai aussi pensé : « il y a plein de choses entre nous, on peut parler ».

 Elle a dit : « Encore six semaines. C’est un garçon. Ca va changer ».

 Quelqu’un a demandé : « il s’appellera comment ? »

 Elle a répondu : « sais pas » (Ah bon !?).

 J’ai dit : « ça va être un gros gâté. Vous avez déjà des filles ? ».

 Elle a dit : « Les deux. J’en ai 17. A force, on s’habitue ».

 J’ai dit : « vous êtes une pro » .

 Je me suis rappelé que j’habite le quartier de « l’homme aux 30 enfants », un type qui, paraît-il, a 3 femmes et qui a été la star locale quand Benoît Mariage est venu filmer pour "Cow-Boy" à Marcinelle. Le type a d'ailleurs figuré dans la Nouvelle Gazette en compagnie de Benoît Poelvoorde.

 Ah vouais ! C’est tout Benoît Mariage, ce genre de plan.

15:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, cinema |  Facebook |

09/03/2007

Nous produisons actuellement de quoi nourrir 11 milliards de personnes...

Si bien, comme le dit Jean Ziegler, que chaque enfant qui meurt de faim aujourd'hui est en réalité assassiné.

 

 we feed the world

 

 

 

 "We feed the world" est un documentaire à vomir qu'un maximum de gens devraient voir pour comprendre comment on fabrique du poulet à 2 euros (préparez vos vomitive bags), pourquoi les poissons du Cora et du Carrefour sont tout mous, comment des gens meurent de faim quand d'autres détruisent des tonnes de denrées alimentaires tandis que certains sont payés pour cesser de produire.

 

 Pour les Bruxellois, "we feed the world" sera présenté au Flagey ce dimanche 11 à 15h. Comme les organisateurs vous croient atteints de parisianisme, ils prétendent que c'est une avant-première mais c'est même pas vrai : les Montois, Thomas et moi, nous l'avons vu mercredi (le 7).... en pré-avant-première et, en fait, toute la Belgique l'aura vu avant vous ;o)

 

  Enfin, vous, Chers Bruxellois, si tout roule, vous bénéficierez non seulement de la présence du réalisateur, Erwin Wagenhofer mais aussi de celle de Jean Ziegler et José Bové qui débattrons autour du thème : "nourrir la planète à quel prix? Quel type d'alimentation voulons nous retrouver dans nos assiettes? Comment comprendre et vaincre la faim dans un monde de surabondance? La nourriture est elle une marchandise comme une autre? Quels sont les effets de l'industrialisation de l'agriculture?"

 

 Au Flagey dimanche 11 mars,

 15h : le film

 17h : le débat

 19h : restauration et animation "commerce équitable".

 

 Et pour les Carolos, il y aura une séance de rattrapage au Parc le lundi 23 avril à 9h30.

 

 Cliquez sur l'image pour voir les extraits du film.

12:54 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

18/02/2007

Le ton guilleret de l'animatrice annonçant 17 degrés un 17 février vous réjouit?

anInconvenientTruth

 

Moi, ça me broie le coeur.Nous sommes clairement entrés dans "l'ère des conséquences" pour reprendre les termes de Churchill tels que les évoque Al Gore dans son film "an unconvenient truth" : "The era of procrastination, of half measures, of soothing and baffling expedients, of delays, is coming to its close. In its place we are entering a period of consequences".

 

If you love your planet

 

Il you love your children

 

You have to see this film

 

Ca c'est le slogan d'Al Gore (et moi, je n'ai rien à ajouter)

 

 

 

 

 

 Cliquez sur l'image, regardez "an inconvenient truth" en dvd et bougez-vous!

21:42 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, cinema |  Facebook |

everyone we know

meandyou

 

Quand Miranda July fair des émules, voilà ce que ça donne.

 

Click on the picture and have fun!

10:41 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, cinema |  Facebook |

10/02/2007

un mythe s'effrite...

http://www.acausedesgarcons.com/2007/01/daniel_radcliff.html

00:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema |  Facebook |

29/01/2007

Night on Earth

EarthFromAboveSi on ignorait ce que ça implique on finirait par trouver ça beau.

 

Allez! Changeons-nous les idées! http://www.youtube.com/watch?v=agKs4Nr22jQ

22:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, cinema |  Facebook |

30/12/2006

Au galop, le naturel

Allez ! J’ai renoué avec ma vieille habitude : j’ai étudié les programmes TV périmés. Et donc, les loups, tout ça me donne envie de voir « la Guerre des Mondes » dans la version de Spielberg (quand j’étais enfant, je l’avais vu dans une première version qui m’avait flanqué des chocottes monumentales…) et le « Rembrandt » de Charles Matton avec Klaus Maria Brandauer. Ca doit au moins être aussi beau que la « Fille à la Perle ». Il y a aussi eu « supersize me » de Morgan Spurlock, ce type qui, dans la veine de Michael Moore, a bouffé chez MacDo matin midi et soir pendant un mois, a pris 9 kilos, est devenu cardiaque et impuissant. C’était comique à mourir….Je vous recommande néanmoins chaleureusement MacDo. A l’heure du village global, où que vous soyez dans le monde, vous y disposez en permanence de toilettes ultra-clean sans être obligé de consommer (je vous le dis !) et s’il fait trop chaud à transamerical’heure de la sieste, vous pouvez y siroter un petit jus en bénéficiant d’une clim salutaire.

 

Dans la foulée, voici mon petit hit parade thématique de l’année. Ce sera bref, puisque thématique : je choisis le thème de la famille et les films d’auteurs. Ca nous donne, ex-aequo : «C.R.A.Z.Y », « Transamérica », et « Little Miss Sunshine », trois films rigolos et un peu déchirants tout de même.

 

Vu ma mémoire en pétard, je ne vous fais part que de ma dernière déconvenue en la matière : « Transsylvania » : c’est nul à mort ! Tony Gatlif n’a rien à dire et écrit mal, Asia Argento - partout encensée et tant pis - se paie un jeu imbécilement expressionniste, Birol Unel - si magistral dans "Gegen die Wand"- se disperse dans un rôle d’ectoplasme hyperkinétique (c'est ça, être mal dirigé...) et, pour couronner l’embrouille, la spectatrice juste devant trifouille 5 minutes dans son sac en plastique à la recherche du bon grain de pop corn.

15:24 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mission pop corn, idoles, cinema |  Facebook |

18/11/2006

L'indigestion

Cette semaine, si vous accomplissez la mission pop corn que je vous confie, vous allez devenir obèses. Et encore...ce ne sont que les films que j'ai vus. Le Polanski de lundi sur Arte, je parie que ce n'est pas trop mal non plus. En attendant voici mon programme. Il y en a pour tous les gouts : cynique, déconcertant, comique, tendre, parodique, quoi d'autre!? Ah oui! Ne croyez pas ma feuille de chou préférée concernant "the garden State" : ils n'aiment pas parce qu'ils n'ont rien compris. Allez! Regardez! Je le veux!

 

matchpoint Matchpoint à partir de ce soir, samedi, sur Canal+

le_gout_des_autres Le gout des autres, mardi sur France2 

Garden StateGarden State, à partir de mardi sur Canal+

 

contedhiverConte d'hiver, mardi sur France2

 

19:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idoles, mission pop corn, cinema |  Facebook |

07/11/2006

Bombon el Perro

Bombon-DogAllez! Mission pop corn sur Canal Plus!

 

http://www.tfmdistribution.fr/bombonelperro/

08:40 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idoles, mission pop corn, cinema |  Facebook |

19/10/2006

me and you and everyone we know

badge

Je découvre, certes un peu tard, que Canal+ a diffusé mon film culte de 2005.

De toute façon, j'ai pas Canal+. En plus, j'ai pas la téloche. Et de surcroit, je parcours les programmes TV quand ils sont périmés. Les avantages : je sais ce que j'ai râté et je sais ce dont "on" parle tout en ayant consacré ce temps-là à autre chose. On se bat?

Entre-temps, je découvre qu'il faudrait que je découvre "Hollywood Ending" . On avance

De toute façon, "me and you...", je ne l'ai pas encore suffisamment oublié pour regretter de ne pas l'avoir revu.

Et puis, moi, j'ai le badge.

10:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : idoles, cinema |  Facebook |