21/08/2008

Croc mignone

Il y a un moment, je vous confiais les résultats d’un test auquel je me suis prêtée dans le cadre d’une formation que je recevais : votre reine des chats préférée passait au crible de la process communication et en sortait démagogiquement triomphante. (C’est bête que ces commentaires si bien vus soient générés par ordinateur : on se sent tout de suite moins unique…)

Quelques années auparavant, j’ai eu droit à un test en morphopsychologie. C’est le sujet du jour.

Patricia MignoneComme j’imagine que vous ne m’avez jamais regardée avec ces yeux-là, afin de vous permettre de visualiser ce dont ça parle, voici ma photo : vous reconnaissez mes lunettes à pois blancs sur mon visage actuel qui - parait-il - n’a guère changé depuis mes 14 ans (et, au passage, vous appréciez l'adresse avec laquelle je dissimule ma vraie nature). C’est donc sur cette morphologie-là que le diagnostic a été posé.

Vous remarquez le front court, l’implantation basse des cheveux – très néanderthalien … Déjà les femmes ont le cerveau plus petit que celui des hommes mais avec un front si bas, ça laisse peu de place…Pour un peu j’aurais des poils bouclés sur le bord des oreilles et dans le dos – Eh bien, ça indique un irréfutable manque d’envergure intellectuelle et spirituelle. Comme ça, c’est dit. Le mandibule prononcé indique, lui, la prégnance de l’ancrage terrien, la gourmandise ainsi qu’une importante ambition matérielle et un intérêt marqué pour l’argent (ah ah!). Le tout dit sans la moindre hésitation, sans sourire ni ciller.
En réalité, c’est une forme de visage qu’on retrouve fréquemment chez les Italien(ne)s. Mais l’origine de mes gènes n’est pas écrite sur mon front –il n’y a du reste pas la place - et j’ignore si la morphopsychologie intègre des variantes géographiques….

Comme je suis une comique introvertie, je n’ai même pas pouffé : j’ai tout noté pour en rire avec mes amis. Je n’ai pas voulu démoraliser la dame en lui révélant qu’en réalité, je suis un être parfaitement sidérant et qui aime le rouge.

Pour compléter dans le même créneau, moi qui ai tout fait, y compris réaliser les affiches électorales d’une copine échevine socialiste (bravo Patricia!), j’ai appris à l’époque qu’une personne qui penche la tête sur une photo n’inspire pas confiance. Moi, je trouve ça touchant mais pour éviter d’aggraver mon cas, j’ai redressé la tête sur photoshop…Oui : du coup, ça me fait les épaules de travers. Mais, bien que ce soit super simple, je ne les redresserai pas : je trouve cette asymétrie trop plaisante. Et puis, ça permet de faire un photomontage avec la photo d’une personne qui penche également la tête et ce n’est pas seulement charmant : ça raconte quelque chose. Je suis une adepte de l'effet Kuleshov. Tout le monde le sait.

A force de travail, on finit par éclairer les ténèbres et déplacer ses limites.

Et puis, plein de gens m’aiment comme ça. C’est surtout ça qui est sidérant.

23:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

01/08/2008

Diva Lady

Diva LadyVoici une illustration pour le post précédent : une mise en perspective rigolote de l’iconographie du marketing de masse des années ’50 -’70 dans « Diva Lady » de Divine Comedy, avec la tête bouffonne de Neil Hannon.

Roland Barthes n’est pas loin.

Pour voir ce clip ineffable, cliquez sur l"image.

Un petit Fernand Khnopff pour ne pas finir la soirée idiote.

43fkcaresses

 

23:09 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j hallucine |  Facebook |

06/07/2008

the 11th hour


the-11th-hourLeonardo DiCaprio est connu comme un  militant écolo. Dans un autre créneau, il agit à la façon de Georges Clooney : ses films commerciaux servent des desseins plus consistants.
Dans la veine de « An unconvenient truth », « we feed the world » et, bien avant cela, à la fin des années ’70, les films de Godfrey Reggio , « Koyaanisqatsi » et « Powaqqatsi »,  DiCaprio a produit « the 11th hour », un film consacré aux effets de l’industrialisation, de la mondialisation et à la dégradation de la vie au sens global, qu’il s’agisse du rapport à soi-même, du rapport à autrui et de l’interaction avec le milieu, la nature. En cela, il rejoint le propos de Felix Guattari dans « Les 3 Ecologies », un livre déjà ancien, où Guattari soulignait la solidarité de ces trois instances.

Comme cela arrive parfois, la traduction du titre en français trahit le propos : « the 11th hour » a été traduit par « la onzième heure » alors qu’il aurait fallu écrire « la vingt-troisième heure ». Peut-être était-ce trop long…Pourtant, ce que veut précisément signifier ce titre c’est : « Il est 23h59 et 59 secondes sur l’horloge de l’histoire de l’humanité… » selon les dires de l’un des intervenants du film. Sous-entendez : « il est temps de se manier le derrière».

Le film de Leonardo est mal fichu. Selon moi, il n’offre aucun plaisir cinéphilique. Leonardo n’est pas un communicateur et son film n’arrive pas à la cheville de celui d’Al Gore. Il n’a pas non plus le talent de Georges Clooney.
Leonardo mise sur son charisme : il apparaît à maintes reprises dans le film avec une fraicheur et une conviction qui plairont peut-être.
L’une des faiblesses du film - et en même temps l’un de ses intérêts - réside dans le nombre invraisemblable d’intervenants qui rend le propos indigeste.
Mais le message y est. Le film ose, par exemple, présenter le point de vue de différentes religions. Et, en raison de son intérêt, je vous encourage à le regarder si vous parvenez à mettre la main dessus. En effet, dans la mesure où Léonardo a opté pour la congruence (genre : « je fais ce que je dis »), le film n’a pas été édité sur pellicule, n’a donc pas été distribué via les réseaux propres au modèle décrié. Il a été édité sur des matériaux recyclables via des réseaux de proximité relative. Mon exemplaire faisait partie d’un package proposé par Le Vif l’Express. 

Dans la mesure où je me vois mal résumer l’ensemble du propos, les prochains jours, je proposerai ici des bribes d’informations que j’ai retenues. Pour le reste, je vous suggère d’aller faire un tour sur le site et de vous procurer le dvd qui, d'après Philippe, est disponible à la Médiathèque.

Le lien sur l'image vous donne accès au site.
On y trouve des idées d'actions accessibles au citoyen Lambda.

 

20:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

27/06/2008

certes

ArteA l'époque du Loft, j'avais parlé, en me référant à la télévision berlusconienne, de "fascisme rampant". Cette expression avait fait beaucoup de bruit. Or, je la maintiens : je pense que le fascisme commence par le décervelage et l'abêtissement des esprits.

Jérôme Clément, vice président de Arte.

16:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

27/05/2008

« Quelqu’un s’est couché sur mon lit…. »

L'atelier de NormaAu parcours d’artiste de Saint-Gilles, j’ai découvert le travail de Norma. Comme souvent, pour comprendre, on a besoin d’une explication. J'ai demandé. Les productions exposées là sont faites de peaux de bêtes. On voit bien que ce sont des peaux de récup. glanées aux puces. Elles sont montées en coques et forment comme des casques, des coquilles vides.

Norma dit : « c’est la suite logique de ce que je faisais juste avant » et qui est exposé là aussi : des sculptures de cheveux et paraffine.

Norma dit : « j’ai commencé à faire ça comme pour conjurer mon dégoût des cheveux ».

Ca a quelque chose de morbide. Je pense aux réalisations en cheveux telles qu’on en découvre au Musée de la Vie wallonne à Liège où se trouvent des vitrines pleines de souvenirs faits avec des cheveux de filles parties au couvent, de filles mortes. Jadis, on réalisait des œuvres minuscules et minutieuses qui tiennent de l’art brut. Attention : « art brut » ne signifie pas du tout « grossier ». Je pense à la Collection Prinzhorn, un ensemble d’œuvres réalisées en milieu psychiatrique, dans le service du docteur Prinzhorn juste avant la 2eme guerre mondiale. Elles sont réalisées avec des matériaux et des techniques multiples : dessin peinture, gravure, sculpture, broderie, découpage, assemblages... C’est souvent d’une minutie obsessionnelle. Et c’est d’autant plus émouvant que les auteurs de ces réalisations ont été éliminés dans le cadre des grands nettoyages nazis.

Norma dit : « les gens me disent ce que ça leur inspire mais je ne veux pas savoir. Je veux produire dans la candeur, sans projet, sans concept ». Je dis : « Bien sûr, ce que les gens y mettent, c’est de l’interprétation (s’ils sont éclairés, c’est de la sémiotique) ». Elle dit : « oui, ça m’est étranger ».

Mais quand elle évoque certaines de ses réalisations, on constate ce qu'il y a d'énorme à refuser de s'interroger sur ce en quoi le travail "fait signe".

Les théories de la réception ont bien planché sur le sujet : on décode avec son bagage culturel, idéologique etc, bagage qui s’inscrit très largement dans la dimension collective. Lorsqu’on produit, c’est pareil, même si on le fait « innocemment » : la culture, on ne peut s’en défaire. Dès lors, on code sans le vouloir, sans le savoir.

Norma dit qu’elle a récemment réalisé une installation composée d’un damier de cheveux et qui s’intitulait « où sont-ils ? ». Elle ne s’était pas rendu compte des associations qu’elle manipulait. A quand la montagne de chaussures?

L’univers de Norma est en résonance avec ceux d’Annette Messager, de Christian Boltanski, de Jan Fabre, de Didier Mahieu…. Mais peu lui chaut : elle ne veut pas savoir.

Cette revendication d’une production pulsionnelle abstraite est devenue possible à partir de la 2eme guerre, quand les Surréalistes se sont réfugiés aux USA. Le travail de Pollock est l’émanation d’une telle vision. Si l’on s’informe sur le bagage de Pollock, on s’aperçoit pourtant que non seulement il connaissait les Surréalistes, les Cubistes, mais aussi l’art africain, l’art des Indiens des USA. Bref, bonjour la pulsion.

Quelqu’un m’a dit : « en art, aujourd’hui, il n’y a plus d’innocence possible. C’est une revendication risible ». Dans « La Guerre du faux », Umberto Eco étend cette considération à l’ensemble de la culture ("on ne peut plus dire "je t'aime" innocemment : toute la mythologie flotte dans l'air et donne à tout un air de déjà vu". C'est l'essence du post-moderne).

Désormais, le terrain n’est plus vierge : tout a été dit. Aujourd’hui, comme dans « Boucle d’or et les 3 ours », quelqu’un s’est toujours déjà couché sur votre lit.

Pas de photo des oeuvres de Norma, juste une image prise dans le lieu où elle travaille

05:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, art, je n ecris pas |  Facebook |

24/05/2008

la compassion

"J'ai été invitée par l'université de Linz à l'occasion de l'anniversaire de ce qu'on nomme la «nuit de cristal » et que je préfère appeler le «Pogrome de 1938 ».

ROMAN VISHNIACUn haut dignitaire de l'Église en Autriche raconta la scène suivante qui illustre le parallélisme entre l'écran de verre et le totalitarisme. II est enfant. Sa mère vient le chercher à l'école, et dans la rue il est témoin d'une scène inoubliable : des jeunes nazis s'acharnent à coups de poing et de pied sur un vieillard au sol, un vieux juif orthodoxe avec ses cheveux blancs ruisselant sur son visage, un de ces beaux visages du judaïsme d'antan. Cet homme frappé gît au sol et regarde avec effroi autour de lui.

« Ma mère m'entraîna, raconte le narrateur, sans répondre à mes questions. Qui était-ce ? Et pourquoi ? Elle répétait: "Tais-toi, tu n'as rien vu." »

Pendant que ce haut dignitaire de l'Église racontait cette histoire, je la voyais se dérouler sous mes paupières et, dans le ton de ses paroles, j'entendais une deuxième trahison plus policée, plus amène - plus inconsciente de sa portée. «Il fallait comprendre, disait-il, cette mère avait charge d'enfants. Vous vous rendez compte du danger encouru! Il fallait passer au plus vite pour n'être pas pris à partie par ces jeunes casseurs ! »

Quand vint mon tour, je fus contrainte de dire que cette histoire prolongeait la vieille histoire grinçante et n'apportait pas de délivrance. Il n'était pas question de condamner la femme qui avait été sa mère. Sa loyauté envers elle honorait le narrateur. II lui fallait seulement à lui, homme adulte, homme d'Église, franchir un autre pas, et retourner sur ce lieu de son enfance, y retrouver le vieil homme gisant au sol, lui tendre la main, l'aider à se relever et s'incliner devant lui du plus profond de sa compassion et de sa vénération. Et tant que cette scène n'aurait pas lieu, les plaies de la mémoire continueraient de puruler. Je ne sais pas si j'ai atteint celui auquel je m'adressais ; peu importe, car le message, même s'il n'atteint pas celui auquel on l'adresse, parvient toujours à quelque destination. Dans les affaires du coeur et de l'esprit, on s'adresse à la personne qu'on a devant soi et, par ricochet, c'est un autre qui reçoit le message en plein coeur c'est ce qui importe. Il ne s'agit pas de tenter de persuader qui que ce soit de quoi que ce soit mais de cultiver ardemment cette espérance que même le passé reçoit encore aujourd'hui de nous, les vivants, consolation et réparation.

A la fin de cette soirée à Linz, un vieil homme enrôlé autrefois à seize ans dans les armées du Führer est venu pleurer dans mes bras sans un mot. Je ne sais ni ce qu'il avait commis, ni ce qu'il avait subi, mais je sais que nous pleurions avec et pour beaucoup d'autres.

- Un fragment de " OU COURS-TU? NE SAIS-TU PAS QUE LE CIEL EST EN TOI" de Christiane Singer

11:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, j hallucine, photographie |  Facebook |

12/05/2008

L'inventaire du 8 mai

vis et plaques

Voilà ce qu'on vient de m'enlever de la jambe.

Et maintenant, Amandine et moi, on va aller déposer tout ça au pied de Notre-Dame de Walcourt pour la remercier d'avoir retrouvé deux jambes de Marilyn.

Si vous aussi vous voulez déposer un ex voto à Notre-Dame de Walcourt, cliquez sur la photo : tous les renseignements s'y trouvent.

Vous aussi, gagnez deux jambes de Marilyn!

11:40 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mes reliques, j hallucine |  Facebook |

23/04/2008

Justice pour tous

Au Palais de Justice il fait toujours trop chaud. Tout le temps. Personne n’y peut rien : la chaudière est commandée du Ministère de la Justice qui commande d’ailleurs toutes les chaudières de tous les Palais de Justice. C’est le vestige de l’époque riante où ça n’avait pas d’importance.

Cathedrale de NantesJe dis : « il faudrait en profiter pour inviter les sans-logis ».

On me répond : « c’est fait ».

Quand il fait froid, le Palais de Justice est ouvert de 5 heures du mat à 22h. Ces matins-là, on circule entre les gisants blottis sur les grands bancs de bois.

18:15 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

17/04/2008

Les sorciers sont les ennemis de Dieu !

Et d’après l’ancien Testament, Harry Potter aurait du être mis à mort ! On ne peut transformer des sorciers en héros !

Harry Potter(entre autres inepties) Ce sont les paroles d'une prédicatrice pour enfants dans "Jesus Camp", un documentaire de Heidi Ewing et Rachel Grady. Si cela vous dit, cliquez sur l'image.

23:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, j hallucine |  Facebook |

Qui paie la note ?

Ce jour-là, en quittant la classe, j’ai demandé aux étudiants de verifier si les radiateurs étaient fermés et j’ai éteint. L’un d’eux m’a dit : « c’est toi qui paies ? ». Je n’ai pas eu la présence d’esprit de répondre que j’avais honte de vivre à crédit sur le compte de ses enfants.

Ce n’est pas agréable de voir mes appréhensions confirmées à travers tout ce que je découvre actuellement : « Into the wild » un film de Sean Penn, « Manufactured landscapes » un documentaire que Jennifer Baichwal a consacré aux photographies d’Edward Burtynsky et un livre de Jean-Jacques Crèvecoeur consacré à la santé : « le langage de la guérison ».

Quel point commun?

intothewildSi le film de Sean Penn touche par son romantisme (au sens littéraire), ce qui m’a frappée, moi, ce sont les raisons qui poussent un garçon à entreprendre un voyage suicidaire. C’est commode de se contenter d’ancrer l’imaginaire de ce film dans la mythologie américaine : les grands espaces, la nature vierge et âpre, la liberté (ou l’illusion de), Thoreau, London, etc. Après l’obtention de son diplôme, Christopher Mac Candless se défait de tous les liens avec la civilisation – il brule ses cartes de crédit, fait don de ses économies et abandonne sa voiture. A partir de là, il se fait appeler « Alex Supertramp » et voyage à travers les Etats Unis durant presque deux ans pour finir par atteindre le lieu qui constitue son objectif ultime : l’Alaska. Ce qui ronge Christopher est d’origine familiale : ses parents leur ont offert, à lui et sa sœur, le spectacle d’un couple en conflit permanent, le spectacle de gens qui ne pensaient pas, ne se préoccupaient pas de leur responsabilité ni de l’incidence de leur absence de scrupule sur leurs enfants. Christopher est définitivement écoeuré par l’hypocrisie et le conformisme collectifs qui ont pour effet d’amener les gens à emprunter des parcours stéréotypés pour s’épargner de prendre leurs responsabilités.

manufactured landscapesLes « Manufactured landscapes » de Burtynsky pourraient constituer une préfiguration de ce que sera le monde quand la cupidité inconséquente des lobbies industriels aura engendré le changement de paradigme que l’on pressent aujourd’hui. En Chine, des usines d’une surface sans référence où des milliers d’ouvriers travaillent dans des conditions pathétiques, des paysages bouleversés par la construction d’un barrage d’une ampleur tellement mégalomaniaque que sa mise sous eau a provoqué une anomalie dans la rotation de la terre ; au Bengladesh, des sites où des ouvriers démantèlent des cargos, les pieds nus dans le pétrole à longueurs de journées. C’est macabre, pestilentiel, cauchemardesque.

JJCCe qui filtre à travers les propos de Jean-Jacques Crèvecoeur – et particulièrement dans les développements consacrés à la Médecine nouvelle du Docteur Hamer – c’est d’une part le constat que nous sommes manipulés, qu’on nous cache des choses qui – si nous les savions en masse- nous affranchiraient et réduiraient amplement notre consommation. Crèvecoeur insiste également sur ceci : le fait que nous nous refusions (à nous-même) l’attention dont nous avons besoin (par une hygiène de vie approximative, une alimentation et des consommations diverses toxiques, le surmenage, l’absence d’activité physique, l’absence de vie spirituelle…) a pour effet de restreindre notre vigilance, notre présence au monde et notre engagement, notre responsabilité. Nous ne prenons pas soin de nous, des autres et de notre contexte de vie. Tout cela, nos enfants le paieront.

(J-J Crèvecoeur. "Le Langage de la Guérison". Ed. Jouvence)

07:32 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, cinema |  Facebook |

15/04/2008

N'adressez jamais la parole à un homme la première

la_reineJamais? Pas même: « Allons boire un café », ou: « Vous venez souvent ici? » Exact. Pas même ces ouvertures apparemment inoffensives. Sinon, comment saurez vous s'il vous a remarquée, s'il est sous le charme, ou s'il se montre tout simplement poli?

Nous savons ce que vous pensez. Nous savons que cette façon de se conduire peut sembler abusive, et même snob, ridicule et pénible. Pourtant, dans ce contexte, elle se justifie parfaitement. L'essence même des Règles est que nous ne prenons jamais l'initiative, que nous croyons à l'ordre naturel des choses : LE CHASSEUR, C'EST L'HOMME.

En adressant la parole la première à un homme, nous modifions le cours naturel des événements: nous provoquons une conversation ou une invitation qui n'étaient pas censées se produire et nous prenons le risque d'en subir les conséquences. Il finira par aborder une fille qui lui plaît vraiment, et nous n'aurons plus que nos yeux pour pleurer.

Seulement voilà : nous rationalisons, nous lui trouvons des excuses : «Il est timide », ou: «C'est un simple geste amical.» Les hommes sont ils vraiment timides? Autant résoudre cette question dès maintenant. Un psychanalyste prétendrait peut être que oui; nous sommes d'avis que la majorité des hommes ne sont pas timides, et que, s'ils s'en abstiennent, c'est qu'ils n'ont pas vraiment, vraiment envie de vous aborder. C'est difficile à admettre, nous le savons. C'est aussi très difficile d'attendre que sorte le bon numéro, celui qui vous parlera le premier, qui vous téléphonera et qui se chargera de tout le travail préliminaire parce que c'est vous qu'il veut.

La liberté de comportement des femmes de notre époque est facile à comprendre. Dans le temps, les jeunes filles rencontraient leurs futurs lors de bals, ou de soirées de «débutantes », où elles se contentaient d'attendre qu'on les remarque et qu'on engage la conversation. Aujourd'hui, les femmes sont médecins, avocates, dentistes ou cadres. Elles travaillent avec des hommes, pour des hommes, et des hommes travaillent pour elles. Elles ont des hommes pour clients et pour patients. Comment ne pas leur adresser la parole en premier?

Les Règles indiquent de traiter l'homme qui vous intéresse comme un client, un patient ou un collègue de travail, aussi difficile que ce soit. Autant l'admettre : lorsqu'une femme rencontre un homme qui lui plaît vraiment, une petite ampoule s'allume dans sa tête et, sans s'en rendre compte, elle se détend, elle rit et lui consacre trop de son temps. Elle propose un déjeuner pour discuter d'une question qui pourrait se résoudre par téléphone, parce qu'elle espère susciter une ambiance romanesque. C'est une erreur des plus fréquentes. Des femmes extrêmement intelligentes prennent l'initiative sous de fallacieux prétextes professionnels. Elles se trouvent trop instruites et trop douées pour rester passives, jouer un rôle ou suivre les Règles. Elles pensent qu'avec leurs diplômes et leurs feuilles de paye elles ont mieux à faire dans la vie que de s'asseoir à côté du téléphone en attendant qu'il veuille bien sonner. Ces femmes, nous vous l'affirmons sans l'ombre d'un doute, s'effondrent en sanglots lorsqu'elles essuient une rebuffade. Ce qui arrive le plus souvent car, après tout, les hommes savent ce qu'ils veulent. Ils n'ont aucun besoin qu'on les invite à déjeuner.

- Ah bon!? Suffisait de le lire... Allez! C'est le premier jour du reste de ma vie....

- Un fragment de "Les Règles - Comment attraper un mari en 35 leçons" de Ellen Fein et Sherrie Schneider.

11:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

11/04/2008

Enfoncer les portes ouvertes et cracher dans la soupe

cv-titine-ptIl y a quelques mois, un gros naze de mes deux caracolait aux sommets de la vulgarité avec « Titine à Charleroi », une bd mal torchée qui sentait bien le vécul et qui présentait les carolos comme des analphabètes édentés bouffeurs de cervelas et émargeant au cpas.

Il y a quelques semaines « Le Soir » repassait les plats en consacrant à Charleroi un dossier qu’ils avaient osé intituler « Le Soir ose Charleroi ». Dans l’édito, on lisait que ce dossier entendait lever un tabou et informer sur la réalité carolo. On lisait aussi que ce dossier était « pour » les carolos. « Pour » quoi ? Nous remonter le moral? nous rendre hommage? nous informer sur notre réalité ? Merci, on est au courant. Et pour ce qui est de restaurer notre dignité, vous repasserez.

Ce dossier n’a pas su se départir d’un ton du style « strip tease » qui laisse peser quelques doutes sur sa motivation réelle. L’image que reflète Le Soir coincide étrangement avec celle de « Titine à Charleroi ». Mais bon, personnellement, je ne suis pas très concernée parce que – vous savez quoi ? – à en croire le Soir, il n’y a que des hommes à Charleroi. Seule Thérèse Labye, directrice de la librairie Molière, tire son épingle du jeu : elle est la seule femme carolo que ce dossier ait bien voulu évoquer.

Alors Thérèse et Titine, même combat ?

Que nenni !

Je copie-colle cet extrait d’un article de Pascal Lorent paru dans…Le Soir à la sortie de « Titine à Charleroi ».

« À la mise à l’office, avant parution, j’avais vu la couverture et je pensais que cet ouvrage parlerait de politique, confie M. Labye, directeur. j’ai ensuite constaté que c’était un livre vulgaire et socialement agressif ». Résultat : sur les 600 exemplaires commandés, Molière en a renvoyé 550, annulant au passage une séance de dédicaces. « C’est une prise de position culturelle et politique : nous n’avons pas voulu faire obstruction à cet album en n’en prenant aucun mais nous n’avons pas non plus voulu faire la promotion d’un livre à l’humour très très lourd, indigne du niveau culturel de Charleroi ».

Bravo les Labye !

14:13 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

19/03/2008

L’enigme du jour

poulpeJe lis que « quelques espèces de pieuvres « décorent » leur trou, où elles dorment, avec des coquillages, du verre trouvé dans l’eau…un comportement qu’on n’explique pas et qui, hélàs, facilite leur repérage par les pecheurs.

On lit partout que les poulpes, calmars, pieuvres, etc sont ovipares : les femelles pondent des œufs dont elles prennent soin longtemps et avec un dévouement tel qu’elles meurent de dénutrition et d’épuisement.

L’enigme du jour c’est qu’en préparant des poulpes, j’ai trouvé un petit bout de chair triste dans le ventre de plusieurs d’entre eux (elles ?). Et que, du coup, je suis plutôt encline à croire qu’ils sont vivipares.

09:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

23/02/2008

just do it

P1012028 Ca va tout de suite mieux.

07:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

11/02/2008

Après moi…

MoucheAu Canada, Amandine a découvert quelque chose de trrrrès particulier.

L’hiver, ils connaissent un phénomène qui nous est familier : la condensation à l’intérieur des maisons forme des fleurs de givre sur les vitres. Leurs mouches domestiques se laissent coincer dans le givre et passent l’hiver comme ça jusqu’à la fonte de la glace où elles repartent vivre leur vie.

Mais bon, dans le Lubéron, ils ont quelque chose de mieux : la mouche truffière. Au lieu de chercher la truffe avec un truie ou un chien, ils la cherchent avec une mouche. Pas besoin de la tenir en laisse. L’oncle de mon pote Pierre jetait brusquement un projectile dans la zone pressentie. D’où émergeait la mouche, il était sur de trouver une truffe.La mouche en question était verte irisée, si vous voyez ce que je veux dire. Seuls ceux qui savent pourquoi la truie et le chien prisent le fumet de la truffe peuvent comprendre.

 

 La gratification du jour : « Après toi » de Vicky Léandros qui a gagné l’Eurovision en 1972 alors qu’elle représentait le Luxembourg.

22:12 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

22/01/2008

tu t’laisses aller

obeseTu es un'brute et un tyran

Tu n'as pas de cœur et pas d'âme

Pourtant je pense bien souvent

Que malgré tout tu es ma femme

Si tu voulais faire un effort

Tout pourrait reprendre sa place

Pour maigrir fais un peu de sport

arranges-toi devant ta glace

Accroche un sourire à ta face

Maquille ton cœur et ton corps

Vous vous rappelez la chanson de Charles Aznavour ?

 

 Un jour j’ai demandé à un copain psychothérapeute s’il rencontrait un problème récurrent.

Il m’a répondu « la femme de cinquante ans ».

J’ai demandé : « Et qu’est-ce qu’elle a, la femme de cinquante ans ? »

« Elle a cinquante ans », m’a-t- il répondu.

« Qu’est-ce que ça implique ? »

« Elles arrivent avec leurs photos d’il y a 3 ou 5 ans. Elles constatent qu’elles se sont laissé aller et elles s’effondrent ».

 

 Tiens, et les hommes de cinquante ans, ils n’ont pas le syndrome de la femme de cinquante ans ?

22:20 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

13/12/2007

Et maintenant ?

Se dire que ce ne sont que des objets, pas des personnes.

Certes, si on les aimait, ce n’est pas seulement parce qu’ils vous allaient mais aussi parce qu’ils s’étaient chargés de paillettes affectives : le parfum d’Amandine, les mitaines et le boa de Martine, le livre de votre prof préféré et les cadeaux de votre amoureux préféré.

Se dire que ce sont des objets périssables et remplaçables : des vêtements, des effets personnels, une trousse de toilette ça s’use et se remplace. C’est dans l’ordre des choses. Eh bien on les remplace plus tôt que prévu et voilà.

Le matin, vous vous éveillez : ni brosse à dents, ni trousse de maquillage. Rien pour vous donner la figure humaine que vous aimez vous composer chaque jour. A quoi ça tient le sentiment de….de quoi ?

Dans la rue, il y a beaucoup de sans logis. Parmi eux, une dame dont l’animal de compagnie, un chat blanc, est assoupi sur ses genou.

Ne pas chercher à remplacer les vêtements de princesse ! Ce genre de parures se la jouent façon peau d’âne : les beaux vêtements vous séduisent au détour d’un regard, par hasard. Ils ne sont jamais là quand vous les cherchez. Profitez-en plutôt pour acheter la doudoune à laquelle vous pensiez depuis un moment. Achetez ce qui vous branche sans compenser frénétiquement. Ce n’étaient que des objets ! Remember ?

Au chaud, vous retrouvez figure humaine. C’est déjà ça.

 

 Et là, vous apprenez que puisque vous vous êtes comportée comme la société de transports vous invite à le faire – vous aviez déposé votre sac dans le compartiment prévu à cet effet – l’assurance n’interviendra pas : elle ne couvre que les objets sur lesquels la personne avait un regard.

15:54 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

Vous rêvez de vous rhabiller gratos ?

DSC01294Avec Thalys, c’est comme si c’était fait.

 

 Postez vous sur le quai du Thalys, gare du Midi. Repérez une nana dont le style et la taille vous agréent. Avec un peu de chance, candide comme elle est, elle déposera son bagage là où l’hotesse l’invite à le faire : à l’endroit « réservé à cet effet ».

 

 Ensuite, c’est simple comme bonjour : empruntez une entrée sans surveillance et passez prendre la valise. Il vous reste à faire l’inventaire de votre butin, soit une garde-robe de princesse : un joli manteau, de jolis gilets dont certains en dentelle, de jolies robes – le tout garanti parfaitement assorti - de la jolie lingerie, des mitaines et un boa craquants de facture artisanale, des produits de maquillage garantis anti-allergiques, un flacon neuf d’eau de Rochas, un baton de rouge à lèvres Chanel rouge feu, Telerama 2X, un tricot (une mitaine finie, l’autre en cours), un livre de Sophie Calle, un livre d’un auteur dont la propriétaire n’a pas eu le temps de mémoriser le nom parce qu’elle venait juste de le recevoir en cadeau de son amoureux, un cable d’alimentation pour un ordinateur portable Apple (la prochaine fois, ce serait bien que l’ordinateur s’y trouve aussi, non ?).

 

 Et voilà !

Recommencez autant de fois que vous le voulez ! Avec Thalys, c’est Noel tous les jours.

15:33 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

06/12/2007

Le nom du père

Lewis Hine - AmericanCities(L’action se déroule à Ellis Island)

 

 La plupart des inspecteurs faisaient consciencieusement leur travail et s'efforçaient avec l'aide des interprètes d'obtenir des nouveaux arrivants des renseignements corrects. Un grand nombre était d'origine irlandaise et peu habitué à la graphie et à la consonnance des noms d'Europe centrale, de Russie, de Grèce et de Turquie. Par ailleurs, beaucoup d'émigrants souhaitaient avoir des noms qui “fassent americain”.

De là vient que d'innombrables histoires de changements de noms eurent lieu à Ellis Island : un homme venu de Berlin fut nommé Berliner, un autre prénommé Vladimir reçut comme prénom Walter, un autre prénommé Adam eut pour nom Adams, un Skyzertski devint Sanders, un Goldenburg devint Goldberg tandis qu'un Gold devenait Goldstein.On conseilla à un vieux juif russe de se choisir un nom bien américain que les autorités d'état civil n'auraient pas de mal à transcrire. Il demanda conseil à un employé de la salle des bagages qui lui proposa "Rockefeller". Le vieux Juif répéta plusieurs fois de suite "Rockefeller, Rockefeller" pour être sûr de ne pas l'oublier. Mais lorsque, plusieurs heures plus tard, l'officier d'état civil lui demanda son nom, il l'avait oublié et répondait, en yiddish “schon vergessen” (j'ai déjà oublié) et c'est ainsi qu'il fut inscrit sous le nom bien américain de John Ferguson. Cette histoire est peut être trop belle pour être vraie, mais il importe peu, au fond, qu'elle soit vraie ou fausse. Pour des émigrants avides d'Amérique, changer de nom pouvait être considéré comme un bienfait.

Pour leurs petits enfants, c'est aujourd'hui différent. On a noté qu'en 1976, année du bicentenaire, plusieurs dizaines de Smith d'origine polonaise ont demandé à s'appeler à nouveau Kowalski ("Kowalski" et "Smith" signifiant tous deux “forgeron)”.

 

 Un fragment de "Récits d'Ellis Island - histoires d'errance et d'espoir" de Georges Perec et Robert Bober. Ce livre accompagne un film produit par l'INA.

Une photographie de Lewis Hine qui en réalisa beaucoup à Ellis Island.

23:10 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j hallucine |  Facebook |

25/11/2007

Faites comme si j'avais rien dit

BiennaleVenise2007Une photo prise sur le site des Giardini à la Biennale d'art contemporain de Venise.

Dormez sur vos 2 oreilles : il n'y en aura pas d'autre : mon appareil est tombé en panne après la 5eme et j'en ai jeté 3.

21:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

12/11/2007

Ciceron à la sauce (professeur) Choron

lorem IpsumDe quoi témoignent les inepties rédactionnelles publiées à longueurs d'années dans les catalogues comme celui d'Ikea ou les dépliants des hypermarchés? De l'imbecillité des copywriters, de leur manque de motivation, du manque de coordination qui fait que des monstruosités pareilles accèdent à la publication?

 

 A défaut de comprendre, cultivons-nous : c'est de chez Ciceron que vient notre "Lorem ispum" cheri.

 

 nb : Pour la couette "Lorem Ipsum", l'offre est valable 10 jours : c'est écrit sur le machin!

21:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

26/10/2007

La faute des mères

MothersDayMes amis font n’importe quoi…Du genre, vouloir me marier.

C’est ainsi qu’on me présente n’importe qui.

Comme je partage quand même des centres d’intérêt avec lui, pour circonvenir l’animal, voir si oui ou non, je passe un peu de temps avec Lui. Après tout, si l’on n’observe pas, on ne peut pas réellement se faire une opinion. Or, il faut pouvoir dire « non merci » en connaissance de cause.

 

 L’animal est parfaitement auto-centré : rien qui tende vers moi…je veux dire, serait-ce pour témoigner du minimum réglementaire de courtoisie, du soupçon de galanterie qui laisserait croire que son père a(vait) du style. Mais non : il enfile son manteau, me regarde mettre le mien et s’excuse ensuite de n’avoir même pas pensé à m’aider….pour la forme, bien sur…c’est ça qui serait agréable.

Il me parle de la fille avec qui il a rompu il y a quelques mois. Elle aurait aimé qu’il ait des petites attentions pour elle – lui faire une surprise, lui apporter des fleurs…..Mais d’abord, « ce n’est pas dans sa nature » (entendez : "il n'a jamais vu son père avoir ce genre d'attention pour sa mère"). Ensuite, quand il regardait les fleurs se décomposer dans le vase, il pensait : « voilà x euros envolés. Avec ça, on serait bien allés au resto ».

 

 Il dit : « l’ennui, c’est que la libido fonctionne quand même…Ce qu’il me faudrait, c’est une fille qui accepte d’avoir des relations avec moi. Sans engagement ni d’un coté ni de l’autre. Une fille avec qui ce serait clair que c’est en attendant et qu’une fois qu’on tombe amoureux de la bonne personne, on se dise « bye bye » sans état d’âme »…Et ça n’a presque pas l’air d’un appel du pied.

 

 Il parle de sa mère et les larmes envahissent ses yeux.

Elle était admirable. D’une générosité, d’un dévouement, d’une humilité sans pareils.

Elle faisait tout : elle travaillait, faisait les courses, le ménage, rangeait, nettoyait. Tout.

Euh… ?! Et lui, son frère et leur père, où ils étaient pendant qu’elle faisait le larbin ? devant la nintendo, au rugby ou devant la téloche ?

 

 Les mères admirables font de leurs fils des égocentriques manchots qui croient que les chemises arrivent toutes seules propres et repassées dans les armoires, ignorent que « femme » ne signifie pas « domestique » et se demandent pourquoi ils se retrouvent tout seuls.

21:47 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

07/10/2007

ceci est une fiction sans rapport avec la réalité - réservé aux 12 ans et plus

wilkinsonSuis pas sure que ce soit comique.

09:29 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

30/09/2007

Le Désespéré

Parfois, on manque d’inspiration pour verser son fiel sur son pire ennemi. Dans le genre infâme, je vous glisse le petit texte que voici. Ce n’est pas moi qui en suis l’auteur et l’objet n’est pas l’immonde Isalaide : c’est Dumas Fils qui lâche sa fiente sur Courbet. Si ça peut vous inspirer….

 

 Courbet-le-desespere« Sous quelle cloche, à l’aide de quel fumier, par suite de quelle mixture de vin, de bière, de mucus corrosif et d’œdème flatulent a pu pousser cette courge sonore et poilue ? De quel accouplement fabuleux d’une limace et d’un paon, de quelle antithèse génésique, de quel suintement sébacé peut avoir été générée, par exemple, cette chose que l’on appelle M.Gustave Courbet ? »

Tout ça provient du hors série que Telerama consacre à Courbet à l’occasion de l’expo du Grand Palais à Paris.

L’image reproduit un tableau de Courbet intitulé « Le Désespéré ». Je n’en ai hélas pas trouvé une reproduction qui soit de grand format et fidèle à l’original.

C’est ce tableau que Philippe Caubère avait choisi, in illo tempore, pour illustrer l’affiche de sa première version de sa « Danse du Diable ».

16:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

20/09/2007

Minuit

Bon : je viens d'adopter un petit chat, une petite femelle noire, dégourdie, câline, qui dialogue avec moi.

 

 Le souci c'est qu'elle est enrouée (elle a la voix d'une vieille fumeuse qui se les roule), a les sinus encombrés, de la conjonctivite...bref, A peine adoptée, elle est allée à l'entretien où je me suis entendu dire qu'elle souffrait de corysa, une maladie sexuellement transmise par une bactérie appelée chlamydia (mince! à sept semaines! déjà victime de mst!) qui s'installe dans les sinus et tout et se transforme en pneumonie si on n'intervient pas. C'est un truc dont souffrent souvent les chatons sous (mauvaise) influence.

C'est pas fini! Elle a aussi des vers! Voilà pourquoi son pelage est roux plutôt que noir.

 

 Bref! Pas de photo pour l'instant!

 

 Ah oui! J'ai oublié de dire que Céleste lui a déclaré la guerre nucléaire!

Moi qui ai adopté ce BB pour procurer un petit congénère à Celeste!

16:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

09/09/2007

Mes ongles blancs pour Marie Arena

1Il y a une semaine, veille de mon retour à la maison, je me suis coupé les ongles, comme dans les films, on voit les fiancées de Jésus se couper les cheveux avant de revêtir le voile.

A maintes reprises au cours de ces deux mois, j’ai regardé mes doigts roses et mes ongles longs et blancs, ces indices patents de mon inactivité. Je les ai coupés en pensant, comme dans les situations médiatiques les plus catastrophiques, « plus jamais ça ». Vivent mes ongles jamais clean dont le manque de netteté est le symbole de ma joie de vivre !

 

 Ai-je écrit que quand j’ai eu mon accident, mes amis m’ont dit : « ca va te permettre de te reposer » ? Oui mais à ce moment-là, je n’étais pas fatiguée : au contraire, l’été commençait et je me préparais à une période d’activité intense. Je ne suis pas une carotteuse, vous vous rappelez ?

C’est l’inactivité qui m’a fatiguée. J’ai le cerveau aussi engourdi que le corps, la mémoire qui flanche ; je prends des décisions qui vont à l’encontre de mes intérêts, j’oublie de faire des choses que je dois impérativement faire.

 

 2Je suis rentrée chez moi le 2 septembre pour faire le constat complémentaire de mes ongles blancs : Les araignées ont colonisé l’auvent du jardin. l’herbe a poussé, les petits parterres sont envahis par le liseron qui ne laisse plus entrevoir aucune plante et vient lécher jusqu’à la marche de la maison, comme si le destin de tout ça avait été lié au mien et gisait dans le même état de sidération, proie offerte aux périls les plus aléatoires.

 

 A l’intérieur, la maison est pareille à elle-même. Il faut passer la main sur les surfaces pour constater que c’est sale. Rien d’indigne.

 

 3Je me suis attelée à la gestion du courrier administratif, la tache qui me pèse le plus d’ordinaire et qui m’a carrément angoissée quand j’ai vu le tas qui m’attendait. Amandine m’a conseillé de me préoccuper du plus urgent. Mais pour classer les choses selon ce critère, il faut jouir d’une présence d’esprit suffisante. Ce qui ne semble pas urgent dans la situation où vous êtes l’est peut-être aux yeux de ceux vis à vis de qui vous êtes tenu de rendre des comptes.

 

 La rentrée scolaire a eu lieu le 3 septembre.

Dans l’enseignement, il existe une institution qui est supposée terroriser tout le monde et qui est absolument prioritaire en cas d’absence et cela, quelle que soit votre situation. Peu importe que vous soyez seul sans personne pour vous rappeler qu’il y a urgence, que vos moyens (y compris mentaux) soient réduits (on appelle ça euphémiquement « être étourdi » ou « manquer de présence d’esprit »), que vous ayez trop peu l’expérience d’absences pour maladie pour vous rappeler qu’avant même de respirer, vous devez contacter MEDCONSULT et vous tenir à sa disposition.

4Je ne me suis rappelé que le 6 septembre que je devais signaler mon « incapacité de travail » à MEDCONSULT. Une représentante de cette institution m’a signalé très calmement au téléphone que je serais pénalisée pour cela. Entendez : je serai privée de rémunération au moins pour les 4 jours où je ne me suis pas manifestée.

A l’heure où, gagnée par la honte qui entache le PS l’administration réajuste sa dignité et où dans tous les services publics on constate un effort patent pour traiter aimablement le public, subsiste une institution inquisitoriale, dont l’action repressive est fondée sur le principe du procès d’intention et traduit à l’égard des enseignants un discours du genre : « bande de sales carotteurs, on vous fera la peau… »…..

 

  mes ongles blancsFaut que je me renseigne, mais je crois que c’est Marie Arena qui va recevoir une petite bafouille signée de mes doigts roses.

Comme elle aime l’art contemporain, je vais d’ailleurs réaliser une micro installation à sa gloire dans laquelle j’intégrerai mon reliquaire du 31 aout : mes rognures d’ongles blancs.

12:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

18/08/2007

16th august : my earthlanding

my earthlandingIl suffit d’associer des sensations à l’image et, pour ceux qui n’ont pas connu l’aventure, vous aurez une idée de ce à quoi ressemble le fait de poser à nouveau un pied qui a oublié le contact avec le sol depuis 6 semaines.

Le pied semble composé d’ouate, les articulations flanchent et la nuit, tout ça dit : « on est là ! ».

Heureusement, la kiné m’a incitée à bien distinguer la sensation de la douleur. Ca fait mal quand ça ressemble à un coup de sabre, ou d’aiguille ou d’objet pointu. Le reste, ce sont des sensations.

Eh bien, j’ai beaucoup de sensations et j’ai eu bien peur….de me casser, par exemple.

Moi qui m’attendais à décoller, façon Agecanonix, les deux béquilles sont toujours bien là et si c’est du seul poids de mes péchés que je pèse sur ma jambe, c’est beaucoup.

 

 It's time to leave the capsule if I dare : may God's love be with me....

 

 clickez sur l'image si vous l'osez

10:12 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

15/08/2007

Gonflée...?

Je n’ai jamais dit « putain » ni « salope ». Je trouve ces mots d’une violence insupportable.

Même à l’heure du glissement de « putain » en direction de son indéfinie polysémie actuelle (« super ! », « Dis donc ! »….) , alors que la majorité de mes amis et amies les plus distingué(e)s l’emploient, je résiste.

 

 

Quand j’étais ado, le mot « pétasse » désignait une fille qui fréquentait un nombre de garçons non-précisé.

Pour trouver le correspondant masculin, il faut chercher….sans doute parce qu'un garçon ne souille pas sa dignité en multipliant les conquêtes...

Selon l’experte avec qui je cohabite, Christina Aguilera est une pétasse tandis que Britney Spears est une grosse pute, si vous saisissez la distinction. Par contre Gwen Stefani est fraiche et classe.

 

 

1

 

 Actuellement, une « pétasse » est également une fille qui « se la pète ».

Selon Amandine, le terme désigne une fille qui se sait mignonne et qui minaude (les autres filles trouvent ça insupportable).

Mais je crois comprendre que le sens de « se la péter » est plus largement synonyme de l’expression populaire « péter plus haut que son cul » ou de l’adjectif populaire un peu décati : « péteux » qui désigne, selon le dico, « une personne insignifiante et prétentieuse ».

 

 Les pétasses et péteux sont comme les imbéciles : ils le sont uniquement aux yeux des autres. Personne ne se tient pour tel.

Et puis, je suis intéressée de constater que le terme « péteux » existe au masculin tandis que le pendant comportemental masculin (haha !) de « salope » est quelque chose comme « don juan ».

La petite nuance de valeur entre « salope » et « don juan » témoigne d’un formatage idéologique que Marina Yaguello a abordé il y a une quinzaine d’années dans « le Sexe des Mots » et qui remonte, selon moi, aux codes de la Courtoisie. Le XIIIeme siècle....Une casserole un peu lourde, dans le genre....

20:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

02/08/2007

Patience dans l’azur

DarekKowalski

 

 Les gens qui soignent appellent les gens qui se font soigner des « patients ». Le terme vient du verbe passif latin « pati » qui signifie « je souffre ». On retrouve ce verbe dans l’expression « pâtir de quelque chose ».

Au passage, ça permet à mes proches de comprendre pourquoi je refuse qu’on m’appelle autrement que « Patricia ».

J’ai un jour croisé une thérapeute qui disait « client ». En général, les « psy » sont enclins à dire « client ». Ils motivent ce choix en disant qu’ils mettent leur compétence au service des gens et qu’ils sont payés pour ce faire. En cela, les personnes prennent la responsabilité d’elles-mêmes : elles sont actives, non passives. Or, notre ami Lacan ayant pointé la prégnance du verbal, il n’y a pas de hasard, pas lieu de se foutre d’employer un mot plutôt qu’un autre car ceux-ci ont une incidence psychologique.

Le terme « client » est actif et stimulant . Le mot « patient » est passif et dolent.

 

 Il y a les amis qui vous soutiennent et ceux qui vous sabotent.

Les amis qui me soutiennent sont discrets. Ils disent ce qu’ils ont à dire, se retirent et je sais qu’ils pensent à moi. Dominique m’a dit : « nous prierons pour toi ». Elle m’a aussi incitée à prendre de l’arnica et du rescue en essences de Bach sans interruption depuis le début. L’arnica, réconforte le corps et panse ses plaies (il paraît que ma cicatrice est exceptionnellement belle). Le rescue réconforte le mental, il soutient dans l’épreuve (au terme de, maintenant, plus d’un mois, Amandine me trouve « sympa et rigolotte ». Elle trouve que je suis stoïque, patiente et discrète. Ses copines et ses collègues lui disent : « héberger ma mère ? Je pèterais un cable ! ». Elle répond : « ta mère ne ressemble peut-être pas à la mienne »).

Des gens sont venus me voir et m’ont annoncé : « tu verras, c’est insupportable ! Cette passivité ! Comme je te connais, tu vas péter un cable ! (moi, en tout cas, je ne tiendrais pas le coup !)»….

Une telle conception du réconfort, on se demande qui en a besoin.

18:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |

01/08/2007

Dans la peau d’un « moins-valide »

Les altruistes que nous sommes connaissent les expériences extrêmes vécues dans les années ’60 – ’70 par deux journalistes qui se sont prêtés à une transformation physique pour vivre de l’intérieur l’ostracisme dont sont victimes certains groupes. JH Griffin a sollicité la contribution d’un médecin pour devenir Noir et effectuer un périple de 6 semaines dans le Sud des USA tandis que Gunther Walraff s’est transformé en Turc et a entamé la longue marche de la recherche d’emploi en Allemagne, le tout pour constater les conditions inhumaines dans lesquelles sont confinées ces personnes.

Moi, je suis bien contente de n’être qu’un peu handicapée et très provisoirement.

Au stade actuel, physiquement, je fonctionne comme à l’accoutumé : j’ai l’air aussi affectée que Céleste et Amandine quand elles s’assoient sur la chaise roulante. J’ai tout de même l’atèle à la jambe gauche et…- bien que la seule restriction que l’ortho ait posée quant au poignet droit soit de ne pas jouer au tennis - je garde la petite orthèse par précaution. Quand je marche, c’est un peu plus spectaculaire : vu les béquilles, je regarde le sol comme la douarière et l’on perçoit un certain labeur, tout de même. L’accès au statut de reine des majorettes, ce n’est pas pour demain.

 

 Vu ma vigueur, j’ai entrepris de renouer avec la vie civile.

Samedi, Amandine m’a embarquée chez ma coiffeuse préférée. Dimanche, Bernard m’a emmenée prendre un pot; lundi, Serge m’a emmenée faire une provision de revues et regarder les canards aux étangs d’Ixelles et hier, nous sommes allées voir Harry Potter à l’UGC De Brouckère.

Chez la coiffeuse, alors que j’entrais appuyée sur mes béquilles, une dame s’est présentée en face de moi. Elle s’attendait à ce que je m’efface pour la laisser passer. Comme je m’étais engagée, elle a franchi l’embrasure de la porte en même temps que moi.

Lundi, Serge m’a déposée à la Porte de Namur sur le trottoir à exactement 1,78 mètres du seuil du libraire. Alors que je m’acheminais vers le magasin, sur mes 2 béquilles avec 1 jambe en l’air, au moins 5 personnes m’ont coupé le passage.

Celeste1-8-07Au cinéma, Amandine s’est entendu reprocher d’avoir pu passer rapidement à la caisse. Supposée accessible aux moins valides – c’est la raison pour laquelle nous avions préféré Harry Potter à Persepolis – la salle ne présentait, en fait, aucun dispositif particulier : nous avons du abandonner la voiturette au sommet des marches. J’ai franchi une quinzaine de marches et j’ai bricolé de quoi soutenir ma jambe durant les 2 heures du film. Dans la rue, quand j’étais en voiturette, j’ai noté que personne n’avait un regard pour moi (ce dont je ne me soucie sans doute pas en temps usuels).

Pour les points positifs, quand l’une de mes béquilles est tombée, un jeune homme l’a ramassée. J’ai également noté qu’à De Brouckère,les trottoirs prévoient le passage des moins valides. Et chez le libraire, une dame m'a proposé de faire quelque chose pour moi.

Allez ! Ca doit être le 712eme de ce que vivent les vrais handicapés.…

A l’avenir, quand vous avez le blues, pensez à remercier pour votre bonne santé au lieu de jouer au crucifié de service.

En photo, Celeste dans la peau d’un chat moins valide, le fondement posé sur l'oreiller anti-escarres.

09:55 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine |  Facebook |