12/06/2008

Chaque jour devrait être le 8 mars

Le Ligueur

Une annonce parue dans Le Ligueur il y a qq années 

09:20 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

05/06/2008

Prenez soin de vous – (les malheurs de Sophie - le retour)

Ca s’est déjà passé ici : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5235491/prene....

J’y reviens parce que j’ai le livre entre les mains.

 

sophie-calle-venise« Prenez soin de vous », c’est l’histoire d’une vengeance déployée avec une puissance inédite dans l’univers de Sophie Calle, démultipliée comme dans une chambre d’écho par l’interpellation organisée de plus d’une centaine de femmes ainsi que la mobilisation de supports d’expression dont on ne disposait pas jusqu’ici : à l’installation – actuellement montée à la Bibliothèque Nationale et dont on ne dit pas que du bien - succèdent un livre-objet contenant non seulement ce à quoi Sophie Calle nous a accoutumés - du texte, des fac simile, de la photo – mais aussi des dvd, autrement dit l’ensemble du contenu de l’installation hormis la scénographie. A cela, il faut ajouter que « Prenez soi de vous » a représenté la France à la Biennale de Venise, événement qui convertit cette vengeance en institution nationale, autant dire un séisme.

Dans l’intervalle j’ai découvert l’ensemble de ce qu’on peut trouver de Sophie Calle. On garde l’ironie, la poésie, le délire, une façon tellement unique de donner de la valeur à quelque chose d’insignifiant.

 

L’ampleur de l’événement donne-t-elle la mesure de cette douleur qui est loin d’affleurer pour la première fois dans l’oeuvre de Sophie Calle ?

Voilà ce type joliment tancé, démasqué, moqué. Voilà un beau lynchage intellectuel, une belle manière de dire collectivement à la confrérie informe des types sans courage qu’il vaut mieux rester seule qu’en compagnie de personnes qui se leurrent tellement qu’elles croient sauver la face en enrobant leur lâcheté dans une prose qui n’abuse qu’elles-mêmes. J’espère qu’après cela, la grande Sophie est soulagée. Mais, à dire vrai, j’en doute. A contempler le détachement (Laurie Anderson), le scepticisme (Ariane Ascaride), l’hébétude (Yolande Moreau), le sentiment d’humiliation (Aurore Clément) sur les visage et dans la voix de ces femmes, on comprend que la douleur subsiste et qu’on n’est pas en paix. Encore faudrait-il que le soulagement soit le but. Mais non : la lettre aura donné lieu à un événement.

 

Le carnet d'adressesAu moins aura-t-on ri, fait rire, penser ceux qui pensent et laissé dormir les premiers concernés sauf un, espère-t-on, qui se consume peut-être à jamais sur le bûcher de la honte, le foie rongé par un aigle noir (laissez-moi tout mélanger en paix). C’est si peu.

 

Notez que Sophie Calle elle-même, se défend d’avoir mis en cause cet homme : en dernière page du livre, elle écrit : « Il s’agissait d’une lettre. Pas d’un homme ». C’est rarement uniquement d’une lettre qu’il est question, en fait. Mais bon, le triste livret censuré de 4 pages évoquant la mésaventure du « Carnet d’adresses » a sans doute fait des petits. Pour rappel, Sophie Calle avait trouvé un carnet d’adresses qu’elle avait photocopié avant de le rendre à son proprio. Elle avait alors demandé à des personnes dont les coordonnées figuraient dans ce carnet de dresser le portrait écrit de son propriétaire. Rien de méchant. Les textes étaient parus dans Libération. Mais le proprio l’avait très mal pris et a fait empêcher la publication de ces textes. D'où ce livret maigrelet en mémoire.

23:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

27/05/2008

« Quelqu’un s’est couché sur mon lit…. »

L'atelier de NormaAu parcours d’artiste de Saint-Gilles, j’ai découvert le travail de Norma. Comme souvent, pour comprendre, on a besoin d’une explication. J'ai demandé. Les productions exposées là sont faites de peaux de bêtes. On voit bien que ce sont des peaux de récup. glanées aux puces. Elles sont montées en coques et forment comme des casques, des coquilles vides.

Norma dit : « c’est la suite logique de ce que je faisais juste avant » et qui est exposé là aussi : des sculptures de cheveux et paraffine.

Norma dit : « j’ai commencé à faire ça comme pour conjurer mon dégoût des cheveux ».

Ca a quelque chose de morbide. Je pense aux réalisations en cheveux telles qu’on en découvre au Musée de la Vie wallonne à Liège où se trouvent des vitrines pleines de souvenirs faits avec des cheveux de filles parties au couvent, de filles mortes. Jadis, on réalisait des œuvres minuscules et minutieuses qui tiennent de l’art brut. Attention : « art brut » ne signifie pas du tout « grossier ». Je pense à la Collection Prinzhorn, un ensemble d’œuvres réalisées en milieu psychiatrique, dans le service du docteur Prinzhorn juste avant la 2eme guerre mondiale. Elles sont réalisées avec des matériaux et des techniques multiples : dessin peinture, gravure, sculpture, broderie, découpage, assemblages... C’est souvent d’une minutie obsessionnelle. Et c’est d’autant plus émouvant que les auteurs de ces réalisations ont été éliminés dans le cadre des grands nettoyages nazis.

Norma dit : « les gens me disent ce que ça leur inspire mais je ne veux pas savoir. Je veux produire dans la candeur, sans projet, sans concept ». Je dis : « Bien sûr, ce que les gens y mettent, c’est de l’interprétation (s’ils sont éclairés, c’est de la sémiotique) ». Elle dit : « oui, ça m’est étranger ».

Mais quand elle évoque certaines de ses réalisations, on constate ce qu'il y a d'énorme à refuser de s'interroger sur ce en quoi le travail "fait signe".

Les théories de la réception ont bien planché sur le sujet : on décode avec son bagage culturel, idéologique etc, bagage qui s’inscrit très largement dans la dimension collective. Lorsqu’on produit, c’est pareil, même si on le fait « innocemment » : la culture, on ne peut s’en défaire. Dès lors, on code sans le vouloir, sans le savoir.

Norma dit qu’elle a récemment réalisé une installation composée d’un damier de cheveux et qui s’intitulait « où sont-ils ? ». Elle ne s’était pas rendu compte des associations qu’elle manipulait. A quand la montagne de chaussures?

L’univers de Norma est en résonance avec ceux d’Annette Messager, de Christian Boltanski, de Jan Fabre, de Didier Mahieu…. Mais peu lui chaut : elle ne veut pas savoir.

Cette revendication d’une production pulsionnelle abstraite est devenue possible à partir de la 2eme guerre, quand les Surréalistes se sont réfugiés aux USA. Le travail de Pollock est l’émanation d’une telle vision. Si l’on s’informe sur le bagage de Pollock, on s’aperçoit pourtant que non seulement il connaissait les Surréalistes, les Cubistes, mais aussi l’art africain, l’art des Indiens des USA. Bref, bonjour la pulsion.

Quelqu’un m’a dit : « en art, aujourd’hui, il n’y a plus d’innocence possible. C’est une revendication risible ». Dans « La Guerre du faux », Umberto Eco étend cette considération à l’ensemble de la culture ("on ne peut plus dire "je t'aime" innocemment : toute la mythologie flotte dans l'air et donne à tout un air de déjà vu". C'est l'essence du post-moderne).

Désormais, le terrain n’est plus vierge : tout a été dit. Aujourd’hui, comme dans « Boucle d’or et les 3 ours », quelqu’un s’est toujours déjà couché sur votre lit.

Pas de photo des oeuvres de Norma, juste une image prise dans le lieu où elle travaille

05:27 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j hallucine, art, je n ecris pas |  Facebook |

25/01/2008

L'ordre public tout entier émane de moi

LouisXV-Rigaud"J'en suis le gardien suprême. Mon peuple n'est qu'un avec moi. Les droits et les intérêts de la nation, dont on veut faire un corps séparé du Monarque, sont nécessairement unis avec les miens et ne reposent qu'entre mes mains ».

Sarkozy? Non. Louis XV.

Et XIV aurait pu tenir le même discours.

 

 C'est dire que les traditions monarchiques ont en France la vie dure.

Davantage qu'en Belgique?

Ces temps-ci, on aurait tendance à l'écrire.

D'un côté de Quiévrain, un roi qui s'efforce avec bonheur d'être inodore, insipide et incolore, ce qui est à l’évidence la manière la plus fine d'assumer son de voir d'État. Et de l'autre un monarque qui frénétise qui tintamarre, qui ludionne et qui trépigne. Pénélope amphétaminée, il tricote et détricote sans cesse son programme et son calendrier. Le réajuste et l'amende à la diable. Lui fait des liftings et des implants, tout en l'agrémentant de ferblanterie et de verroterie pour qu'il fasse encore davantage bling bling, pouet pouet ou vroum vroum.

Tour à tour oiseux quand il parle de civilisation en triturant Edgard Morin, cagot - pour ne pas dire cafard - quand il suinte une religiosité fade ou carrément indécente et familier comme un caleçon quand il se pique de connivence et de cordialité, il saoule des sujets aujourd'hui mi ébaubis, mi-consternés mais qui, s'il n'y prend garde, pourraient se réveiller demain ni dupes, ni soumis.

 

 Yvon Toussaint dans LE SOIR de ce jour (la suite dans votre bibliothèque préférée)

 

 On aimerait rire.....

09:50 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

19/01/2008

Bruckner, langue de vipère ...

PascalBrucknerAprès la Libye, la libido, après Caria, Tony Blair : il offre le canevas du scénario, aux autres de broder et d'épiloguer. Selon le mot de l'essayiste Philippe Guibert, il nourrit les médias pour ne pas avoir à les subir, propose une politique de l'offre continuelle.

C'est une photo extraordinaire prise en Camargue le 20 avril 2007, quinze jours avant les élections, et qui représente Nicolas Sarkozy à cheval en compagnie de la future secrétaire d'État à l'écologie Nathalie Koziusko Morrisset. Derrière eux, entassée dans une charrette tirée par un tracteur, une cinquantaine de journalistes en bras de chemise, micros, perches et caméras mitraillent le cavalier en lunettes de soleil qui les précède, un sourire de triomphe sur les lèvres.

La photo est singulière à plus d'un titre : les médias tirés en carriole tels des rois fainéants, domestiqués par celui qui entendait non pas tant les étouffer mais les subjuguer, les mettre au service de sa gloire.

Les journalistes, presse écrite et presse audiovisuelle réunies, empaquetés dans un espace réduit pour couvrir ce non événement absolu qu'est un candidat à la présidentielle trottant sur un chemin de Camargue. Et pourtant, ils y étaient et ils sont restés.

 

 Neuf mois plus tard, Nicolas Sarkozy a en partie réussi son pari : depuis Ie 6 mai 2007, les médias ne parlent que de lui jour et nuit, en bien ou en mal mais avec une constance qui frise l'idolâtrie. On a même essayé d'instituer une « journée sans Sarkozy » analogue à celles que proposent en Amérique du Nord les activistes anticonsommation qui réclament une journée sans télévision ou sans supermarché : le fiasco a été total. Ne pas en parler, c'est encore le suggérer en creux, le réduire à l'état de fantôme qui hante les pages des magazines. Sur ce plan, la prouesse médiatique du nouveau président est impressionnante: il a cassé tous les codes de la transmission en usage dans la cinquième République, il se vend dans sa vie privée et publique comme un événement permanent qui mérite les gros titres et à côté duquel l'histoire du monde tel qu'il va n'est qu'anecdote et broutille.

 

 Après la Libye, la libido, après Caria, Tony Blair, il offre le canevas du scénario, aux autres de broder et d'épiloguer. Selon le mot de l'essayiste Philippe Guibert, il nourrit les médias pour ne pas avoir à les subir, propose une politique de l'offre continuelle. Il reste en campagne même une fois élu, rejouant sans cesse le vertige d'une victoire qui fut chèrement acquise et qu'il ne veut pas perdre dans l'exercice du pouvoir.

 

 Nicolas Sarkozy est animé par un fantasme de toute puissance.

Avouons le, c'est ce qui a plu à beaucoup de nos concitoyens au cours de l'année écoulée : reprenant le fameux « Impossible n'est pas français » de Napoléon retraduit en « Ensemble tout devient possible », il a, contrairement à ses adversaires, posé avec brio un diagnostic précis sur les maux de la société française : insuffisance du travail dévalorisé par la loi sur les trente cinq heures, insécurité galopante dont pâtissent en premier lieu les couches populaires, faiblesse de l'appareil productif, mauvaise conscience latente qui mine le moral de la nation, compromis envers les dictatures du monde entier qui sape l'image de l'Hexagone.

Vraie ou fausse, cette vision a séduit bien au delà de la droite traditionnelle au point qu'une bonne partie de la gauche a voté Segolène Royal en espérant sa défaite, plaçant une attente démesurée dans celui qu'on voyait déjà comme un mixte de Margaret Thatcher et de Tony Blair.

 

 Il y a chez ce fils d'immigré hongrois comme un mélange de naïveté et de volontarisme : c'est donc sans surprise qu'on l'a vu libérer les infirmières bulgares à Tripoli par l'intermédiaire de son épouse Cécilia et qu'on attendait confiants la libération d'Ingrid Betancourt pour Noël. Magic Sarko allait venir à bout de tous les obstacles, embobiner les méchants, désarmer les tyrans, ouvrir les prisons.

Il a posé sur la politique les habits d'Arlequin, empruntant aux traditions libertaire, socialiste, libérale, gaullienne, colbertiste, atlantiste sans crainte de se contredire.

Or, nous vivons depuis quelques mois le retour désagréable du principe de réalité.

 

 Un texte de Pascal Bruckner - La suite dans "Le Soir du 18 janvier, p.19.

22:56 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

19/12/2007

Allez, une fois! (De baas zijn zonder een bitch te worden)

2276262"Les mots s'envolent, les écrits restent". A l'ère cybernétique, nous aurions tendance à ajouter "et ont un forum mondial". Autrement dit : si vous ne voulez pas que vos écrits vous poursuivent votre vie durant, tenez compte des réflexions suivantes :

- Ne partez pas du principe que vous êtes anonyme. Plus votre blog est intéressant, plus les gens qui le lisent vont tenter de découvrir votre identité.

- Ne parlez pas des projets sur lesquels vous travaillez - votre patron risque de considérer vos propos comme de la divulgation d'information confidentielle.

- Ne vous plaignez pas de gens avec qui vous travaillez, ne les calomniez pas et n'écrivez pas des choses désagréables à leur sujet.

- Ne dites rien à propos de votre vie sexuelle, de vos habitudes de consommation de boissons ou de drogues à titre récréatif. Si vous remplissez une fonction d'exemple dans votre organisation, vous risquez, dans des cas extrêmes, d'être licencié en raison de ce que vous faites dans le cadre de votre vie privée.

 

 C'étaient les conseils du jour de Bizz by mail. Une bloggeuse avertie en vaut 2.

18:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

06/12/2007

Les jouets anciens

100_0871Début novembre, j’ai participé à un salon où mon travail a plu à Madame et Monsieur Favre. Une fois chez eux, j’ai constaté que c’était Madame Favre toute seule et que Monsieur était son amoureux. Elle tient à la distinction… qui se justifie par exemple par le fait qu’ils ne cohabitent pas.

Madame Favre aime parler. Elle a 75 ans, a rencontré son amoureux il y a 5 ans au thé dansant du Casino de Namur. Elle adore danser. Lui aussi. C’était donc un excellent début. A part cela, il faut se plaire, bien entendu. Or ils ont eu le coup de foudre : une attirance réciproque irresistible. Et puisqu’on est entre femmes, elle ajoute qu’elle n’espérait plus connaître ce genre de transports.

Jadis, Madame Favre a été mariée. Elle et son mari s’adoraient. Vers l’âge de cinquante ans, il l’a quittée pour sa secrétaire.

Je m’exclame : « un homme marié : c’est une chasse gardée. L’idée ne me viendrait pas de tenter la chose. (Moi, je suis solidaire) ».

Elle dit : « Ce n’était qu’une simple secrétaire. Elle ne s’est pas contentée d’un homme de son rang : il lui fallait un ingénieur ».

Et pourtant, elle et son mari, c’était le couple modèle. Personne n’aurait jamais imaginé ça.

Au moment de leur séparation, elle a entendu dire qu’un vol de jouets anciens avait eu lieu dans la région. Elle a pris peur et a vendu la plus grande partie de sa collection, l’une des plus belles du pays.

Elle a traversé une période d’austérité amoureuse de 11 ans. Ce n’est pas qu’elle n’ait rien vécu. Elle a connu un ou deux messieurs, notamment le directeur d’une importante agence automobile. Quand elle s’est retrouvée à l’horizontale, ce fut autre chose : elle a vomi. « Vous comprenez, m’a-t-elle dit, il faut avoir envie. Or, ce que j’ai vu me répugnait tellement ». J’ai répondu « oui. Il arrive que les hommes vieillissants se négligent ». Quand elle a regagné la chambre, il était habillé et lui a dit : « au revoir, Madame ».

 

  Avec son amoureux, Madame Fabre va danser deux fois par semaine.

J’ai dit : « je vais à Paris ».

Elle m’a répondu : « Quand nous allons à Paris, nous prenons nos petites tenues et nous allons au thé dansant. A Paris, il y a thé dansant tous les jours ». Lorsqu'elle et son amoureux vont danser au casino de Namur, les gens les applaudissent parfois tant ils s’accordent avec grâce et souplesse. Les couples qui ont appris à danser dans des clubs sont hiératiques, font toujours les mêmes figures. Eux dansent avec un naturel infini.

J’ai dit : « j’ai longtemps rêvé d’un amoureux qui soit comme mon double : créatif, dynamique, qui prenne des initiatives et me surprenne. ». Madame Favre a répondu : « oui mais attention aux rapports de pouvoir : quand on a du caractère, ce n’est pas simple. Tenez, dans ma vie, c’est toujours moi qui ai pris l’initiative. Quand Jean s’est intéressé à moi, il l’a fait très délicatement : un bisou, un bouquet de fleurs. Au bout d’un mois et demi, j’ai fini par m’interroger sur ses intentions ».

J’ai dit : « il attendait la permission… ».

Elle a dit : « oui : il attendait que je fasse un petit signe. »

 

  Madame Favre est svelte, menue. Elle se vêt avec une discrète sophistication et ses cheveux blond platine mi-longs sont délicatement permanentés comme ceux de ses poupées.

07:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

20/11/2007

Laisse les gondoles à Venise (et les vaches seront bien gardées)

pigeonVenise, c’est bien l’endroit où l’idée ne me viendrait pas de me rendre pour le plaisir. Il faut dire que j’en ai fait le tour à trois reprises et que du coup, genoeg is enough.

Ce qui est insupportable à Venise, c’est qu’ils ont tellement intégré le principe du tourisme de masse que, quoi que vous fassiez, vous vous faites pigeonner jusqu’à l’os. Il faut pourtant bien s’accorder le minimum vital dans le créneau dormir et manger.

 

 On m’a proposé une chambre d’une personne que j’ai refusée. Le terme « piccola » associé à « camera » m’avait, en effet, conduite à interroger sur la superficie de la chambre qu’on me proposait pour apprendre qu’elle faisait 6m2. Me voilà donc dans une chambre double pour 70 euros. A ce tarif-là, vous entendez les voisins (de maison) s’engueuler la moitié de la soirée et le voisin (de chambre) ronfler la moitié de la nuit. Quand vous vous éveillez, les radiateurs sont froids alors qu’il fait 1 degré dehors et…vous êtes prié d’aller déjeuner ailleurs car ce n’est pas compris dans le prix.

 

 Vous voulez 1 café ? C’est 2 euros. Vous voulez le prendre à table ? C’est 4 euros.

Vous avez faim ? La lasagne qu’on vous sert est froide au milieu et l’on espère que vous serez assez bête pour prendre la dinde de votre escalope milanaise pour du veau.

 

 Vous voulez vous venger de tant d’adversité ?

Pour l’instant, je n’ai rien de mieux à vous suggérer que de faire trois jours de déplacements en vaporetto avec un billet valable pour 24 heures.

 

 Dernières recommandations :

- dès deux personnes mieux vaut louer un appartement et faire vous-même votre tambouille. Ce que vous confectionnerez vous-même sera toujours plus gastronomique que ce qu’on vous propose dans les restos.

- Prenez votre parapluie : les gondoles n’empêchent pas les intempéries

- Pour prévenir l’ennui, emportez les œuvres de Sophie Calle et ne lisez pas « la correspondante » de Eric Holder, un livre d’une inconsistance à pleurer (très vénitien, tout compte fait).

23:36 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

13/11/2007

Yo! Un graphiste qui a des lettres, ça console.

Cette création de Max Tilgenkamp (à droite) est parue dans Le Soir de ce 13 novembre.Bacon-Tilgenkamp2 A gauche, un fragment de "3 études de figures au pied d'une crucifixion de Francis Bacon. (visez la gamme chromatique...)

22:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

12/11/2007

La faute à Courbet

Doris Mitsch

21:10 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

Je me souviens

Du Palazzo Vecchio. Et Madame Bernard se retrouve sans le savoir avec un bout d'Italie renaissante dans son hall d'entrée. Ne pas mentionner ses sources!PatriciaMignone1PatriciaMignone2PatriciaMignone3PatriciaMignone4

20:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins, je n ecris pas, peinture, je m expose |  Facebook |

07/11/2007

Le Nouveau Monde

goyaJ’ai vu « Les Parasols », un carton de tapisserie de Goya qui m’a aussitôt fait penser au style de Giandomenico Tiepolo. Ca m’a donné envie de revoir une peinture inhabituelle de ce même Giandomenico où l’on voit un groupe de personnages vus de dos. Ces gens assistent à un spectacle forain. La fresque s’intitule « il mondo nuovo », fait 5 mètres de large et se trouve à la ‘Ca Rezzonico, un musée de Venise.

 

 Je me documente sur le sujet, me rappelle au passage que je viens de voir un beau film de Terrence Malik intitulé « The new world » et tombe sur deux beaux textes dont voici des fragments.

Pourquoi écrire quand d’autres le font si bien ?

 

 _tiepolo ca rezzonico« Ce qu’on voit ici, c’est l’envers, les coulisses, c’est le dos d’une trentaine de personnes, l’anti-portrait d’une foule.(…) nous sommes en coulisse, nous ne verrons rien du spectacle, nous n’en saurons rien, si ce n’est les mots que nous déchiffrons malaisément sur l’affichette, le titre de la fresque et, si nous prêtons l’oreille, le murmure qui monte de la foule curieuse : un monde nouveau ! Contentons-nous donc de regarder ces dos, ces nuques, ces jambes, mollets élégamment galbés des hommes, chevilles entrevues des femmes. Passons-les en revue indiscrètement puisqu’ils ne nous voient pas, qu’ils ignorent la présence d’un spectateur derrière eux.(…) Ce monde nouveau, alors que la révolution française renverse l’ordre ancien, alors que la République vénitienne décadente va tomber comme un fruit mûr devant Bonaparte, quel va-t-il être ? Une simple illusion, un rêve ? ou un gage de promesses, de bonheur, de liberté ? Cette peinture n’est qu’attente, que curiosité inquiète. »(1)

 

 Qorianka KilcherIl y a dans The New World la tentative d'une invention, ou d'une réinvention radicale de ce que peut vouloir dire « sentir » au cinéma, dégagée de toute considération spectaculaire, du sensationnel, de la recherche de « sensations fortes » justement. Là où la sensation, dans le « cinéma du spectacle », est provoquée par un assaut des sens, une accélération du montage et une explosion de décibels, ici, c'est grâce à la finesse avec laquelle chaque sens est tour à tour appelé, élevé, relâché puis repris, que la « sensation » advient.Il faut dire tout de suite que la sensation, telle que je l'entends, n'est pas qu'une vague impression sensible, on ne doit pas la confondre avec ce qui relève de la simple perception par les sens (l'ouïe, la vue, le toucher), ni de l'émotion que peut susciter un récit. La sensation serait plutôt de l'ordre de l'événement affectif et esthétique : elle résulte d'une perception complexe, envahissante, complète, et se présente sous le signe d'une expérience esthétique profonde, abolissant la distinction entre « le sentant et le senti ». Comme le note Deleuze, à propos de la peinture de Cézanne et de Bacon, la sensation est « à la fois je deviens dans la sensation et quelque chose arrive par la sensation. […] à la limite, c'est le même corps qui la donne et qui la reçoit, qui est à la fois objet et sujet. Moi spectateur, je n'éprouve la sensation qu'en entrant dans le tableau, en accédant à l'unité du sentant et du senti. »

Ce que The New World a de particulier, c'est que cet événement de la sensation provient tout entier de la « logique de la sensation », pour parler encore une fois comme Deleuze, que Malick a su déployer dans ce film et qui est au cœur de son sujet. En partant de ce constat, le film semble s'ouvrir, et sa force, apparaître intacte. Avant d'être politique, morale, littéraire, idéologique, romanesque, mythologique, ce qui intéresse Malick c'est de considérer la « relation » avec le Nouveau monde (Nouveau monde pour les Anglais, mais aussi Nouveau monde, à l'inverse, pour les Powhantas qui se déplacent en Angleterre) du point de vue de la « sensation » : filmer l'événement de sensations nouvelles (odeurs nouvelles, vue de végétations inconnues, textures nouvelles, mais aussi expérience du froid, de la peur, de la faim, de la douleur, de la folie), conjuguées à - ou engendrant - une rupture dans l'ordre et la saisie du temps (plongée dans ce qui semble être un rêve, ou encore un cauchemar).

Que peut vouloir signifier, sur le plan de la sensation, la découverte d'une nouvelle contrée, d'un nouveau peuple, d'une terre non défrichée à perte de vue ? Pour les autochtones, qu'a pu signifier l'apparition des premiers navires sur les côtes(2), le son d'une détonation d'un fusil, la vue des vitraux d'une cathédrale, des arbres taillés ?Comment rendre sensible ces complexes de sensation sans passer par des dialogues ou de l'action ? Comment rendre le temps d'une nouvelle expérience du temps, elle-même née du contact, du choc de deux compréhensions du temps, l'une cyclique, panthéiste, animiste, chevillée sur les processus de la nature ; l'autre calendaire, rationnelle, fondée sur la mesure, l'horlogerie, l'abstraction(3) ? Le mérite de Malick n'est pas seulement de présenter cette dichotomie et cette réflexion sur les « nouvelles sensations », mais de les faire passer uniquement par des moyens cinématographiques.

Il y parvient en intensifiant à un degré rarement atteint la « densité de réel » de ce qui est perçu grâce à l'utilisation (constant chez Malick) de la lumière naturelle, d'une pellicule 65mm(4)et à une direction photo stupéfiante qui donne le sentiment d'être constamment devant les choses, devant des peaux, des textures, de la lumière, d'entendre des sons neufs (« départ dans l'affection et les bruits neufs » écrit Rimbaud), se détachant l'un après l'autre sur fond de silence, ou pour « dialoguer » avec les voix des narrateurs et la musique. Le montage sonore et visuel est tout entier dédié à produire un rythme du monde, fait de battements, d'ellipses, d'entrecroisements lyriques, de temps superposés. C'est ce rythme qui organise les modulations de la sensation(5).

 

 1. Pour lire le texte complet, copiez-collez ce lien : http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/07/20/un-nouveau-monde-a-cote-de-la-biennale/

2. Pour lire dans son ensemble le texte d’André Habi, copiez-collez : http://www.horschamp.qc.ca/article.php3?id_article=213

00:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, cinema, peinture |  Facebook |

21/10/2007

Allez ! C’est encore râpé !

David LachapelleJ’ai râté la Fiac l’an dernier.

J’ai râté la Documenta cet été (mais c’est pas si grave : mes potes m’ont dit que c’était décevant). Et puis, grace à Emmeline, j’ai quand même visite Venise de loin.

 

 J’avais réservé mes billets de Thalys et le logement bien à l’avance pour la Fiac de cette année….Manque de bol : la grève des transports a eu une et une seule cible jeudi soir : mon train (et pas les autres, voyez-vous ça….). Vu les circonstances, j’ai certes bien été autorisée à prendre le train que je trouverais ; mais je me voyais mal prendre le risque de passer deux heures debout. Après tout, encore moyennement remusclée, si ma jambe paraît symétrique, c’est parce qu’elle fait de l’œdème : ne nous faisons pas d’illusions. Philosophe, je renonce donc à la Fiac et vais aussitôt m’acheter quelques revues pour compenser.

 

 Toscani-NolitaJ’achète PHOTO où figure en couverture le nouvel opus de David Lachapelle : un panoramique apocalyptique évoquant la fin cauchemardesque de notre société de consommation, un enchevêtrement de corps surnageant tels les naufragés de la Méduse sur les vestiges de ces enseignes prestigieuses qui constituent le rêve d’accomplissement ultime de certains de nos congénères occidentaux. Lachapelle clame la fin des valeurs, la fin d’une civilisation et en appelle à l’Eveil. Nous allons être amenés à poser des choix individuels cruciaux, affirme-t-il.

 

 Dans le même numero, on découvre une série de photos d'Isabelle Caro, la demoiselle qui a posé pour la campagne manifeste que Toscani a conçue pour Nolita et qui vient d‘être censurée en Italie.

 

 47Cette semaine, j’ai été poursuivie par la problématique du corps-machine. J’ai vu un film au sujet duquel j’avais hésité lors de sa sortie en salle : Taxidermia, du Hongrois Gyorgy Palfi.

Il s’agit d’une saga en mode mineur à travers laquelle on suit la biographie de losers qui ont pour point commun de focaliser leur attention sur le corps.

A la première génération, Vendel est un misérable larbin doté d’une libido dont la satisfaction est son premier souci. A défaut de mieux, pour combler cette insatiable machine à jouir, il se masturbe à tours de bras dans des situations parfois risibles (du genre, introduire son membre turgescent dans un trou laissé par un nœud de planche et se le faire piquer par un coq) qui auront finalement pour effet de lui couter la vie.

Vendel laisse un petit garçon né avec une queue de cochon, Kalman, qu’on retrouve à l’âge adulte embarqué dans la compétition professionnelle en bouffe sportive. Il s’agit d’ingurgiter les volumes de bouffe les plus importants, en faisant le vide entre les rounds pour pouvoir en rajouter au round suivant. Lors d’une compétition, Kalman tombe amoureux d’une athlète concourant dans la même discipline que lui.

damien hirstAprès une idylle comique où on les découvre en vacances, dans des situations kitsch aux couleurs flashy comme on en voyait dans les années ’60, ils donnent le jour à un petit garçon malingre, Lajos que l’on retrouve à l’âge adulte, devenu taxidermiste et achetant quotidiennement des quantités invraisemblables de chocolats que son père, devenu une montagne de graisse toujours éprise de gloire, consomme avec l’emballage.

Kalman élève 3 chats dont il compte faire des champions en bouffe sportive féline. Pour atteindre l’objectif pondéral qu’il leur a assigné, il fait nourrir les chats uniquement de matière grasse.

Un jour où il a une fois de plus insulté Lajos, celui-ci quitte la boutique pour n’y revenir que deux jours plus tard. Il trouve son père mort, le ventre perforé. Le regard de Lajos suit l’intestin jusque la cage des chats où l’un des félins mange de bon appétit. Lajos empaille alors son père. Au cours des séquences qui suivent, on assiste en gros plan à un travail de traitement de la chair et d’embaumement dont on finit par comprendre que Lajos est lui même l’objet. Après s’être recousu l’abdomen, dans un geste ultime, il actionne une machine qui achèvera le travail, vouant son corps à l’éternité d’une œuvre d’art. Découverts par un client, les corps de Lajos et son père seront installés au musée en grande pompe.

 

 korperweltenAssez controversé à sa sortie, ce film est intéressant par l’intérêt du discours qu’il tient quant au rapport que l’époque entretient au corps, réduit à l’état d’objet, traité comme une machine que l’on peut soumettre à tous les traitements. Ce faisant, il entre en résonance avec des démarches artistiques comme celle de Damien Hirst - ou pseudo-scientifiques - comme l’exposition Körperwelten dont les Bruxellois ont bénéficié il y a deux ans.

22:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, je n ecris pas, art |  Facebook |

09/09/2007

Tu crois?

045

12:07 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

23/08/2007

Toetoe pousse

toetoe poesmaîmaître tire

10:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

11/08/2007

Trophées de Guerre

Celeste 11-8Voilà. Céleste et moi on a décidé de tout vous montrer.

Le french cancan, c’est très utile : ça vous permet de voir sans erreur là où Celeste s’est blessée dans sa chute (le membre arrière droit) et ça vous donne un avant-goût de la parade de majorette que je ferai trrrès bientôt sur le parvis de Notre-Dame de Walcourt.

La petite montagne ronde et blanche juste devant, c’est mon genou (qui se plie tout de même à 105 degrés! )

19:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

08/08/2007

Plaisirs minuscules

Kean-BedshapedAmandine n’apprécie pas que Céleste monte sur la table et se fasse la manucure sur les sets de table. Récemment, Amandine a acheté une nouvelle nappe. Il faudrait quand même que ce soit propre quand on mange, non ?

La première chose que Céleste a faite, c’est coloniser la nouvelle nappe. C’est une nappe 5 étoiles, c’est sûr….

 

 Et puis moi, la nouvelle du jour, c’est que ma guibolle a fougueusement repoussé le drap cette nuit. Ca n'a pas dit son dernier mot, là-dedans !

 

 ps : il y a de la musique là-dessous

14:02 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

04/08/2007

En voiture, Simone!

poussettechien1chaiseAporteurindonesiechien2YassinChefSpirituelduHamasrickshawIndonésiechien3handicap1

10:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

03/08/2007

La cuisine assise

Le KamaSutra n’est pas le seul à préconiser la position assise : on connaît le succès du massage assis. Moi, je propose la cuisine assise.

0601norimakiRien de plus simple : vous louez une voiturette à la Croix-Rouge et son complément, des béquilles équipées de catadioptres. Si vous n’êtes pas estropié, n’en faites quand même pas trop car c’est assez salé. (Au besoin, faire dessaler une nuit dans l’eau froide).

La cuisine doit etre étroite, sinon ce n’est pas amusant : votre liberté de déplacement doit être extrêmement limitée.

 

 Vous commencez par réfléchir : dressez la liste des accessoires et ingrédients dont vous aurez besoin et classez les en fonction de leur lieu de rangement.

 

 Posez un grand plateau sur vos genoux et, méthodiquement, allez dans le frigo et les armoires chercher ce dont vous aurez besoin. Le reste est un jeu d’enfant.

Comme votre liberté d’action est réduite, abandonnez la vaisselle sale et les déchets à votre assistante.

 

 Pressé(e) ?

Voici 3 méthodes plus rapides :

- téléguidez votre assistante de façon à ce qu’elle réalise elle-même la préparation. Le bénéfice sera double : elle aura plaisir à découvrir vos recettes exclusives.

- demandez à votre assistante de rapporter des barquettes de plats préparés du Delhaize (je déconseille la Moambe)

- Commandez des nouilles végétariennes accompagnées de bœuf au curry chez Neuf Meufs Dragons (6, Place Emile Danco à Uccle – 02.345.73.00)

 

 Bon ap'!

09:16 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

17/06/2007

Cindy Sherman : La poupée qui fait ‘nan’

17.momaElle est moche, non !? Pas grave ! Ce n’est pas fait pour vous plaire. Certaines gens diraient : « ça ne vise pas votre jouissance rétinienne ». Ca c’était bon au 18eme. L’art contemporain n’en est plus là…

 

  Cindy Sherman présente la particularité de figurer sur la plupart de ses clichés. Notez que ce ne sont pas pour autant des autoportraits: ce sont des mises en scène mettant en perspective l‘esthétique des films de série B des années ’50-’60, celle des médias de masse, de la presse à sensation, de la presse de mode, des films d’horreur.

 Cindy Sherman a commencé à se faire connaître à la fin des années ’70. Elle avait 23 ans. Déjà critiques, ses photos ne la mettaient pas moins en scène dans des postures passablement avantageuses. Par la suite, elle a évolué vers une esthétique de plus en plus trash, gore et morbide.

 Si elle n’affichait pas clairement le projet au départ, son œuvre s’inscrit dans la mouvance d’un féminisme en colère. Par ses maquillages trash ou excessifs, les couleurs flashy des décors et vêtements, la maladresse de postures plus inquiétantes que glamour, elle développe une esthétique qui pose notamment la question de l’identité sexuelle et la façon dont celle-ci se construit.

 

 Sur cette photo, Cindy Sherman parodie le monde des poupées avec tout ce qu’il comporte comme implicite sur le plan du formatage idéologique : la posture du personnage est celle d’une poupée. Elle porte une robe froufroutante ornée d’un col Claudine, elle porte des anglaises et ses cheveux sont très brillants.

 Remarquez toutefois que ses chaussettes sont sales ; elle porte une culotte en guise de chapeau, son maquillage présente le caractère outrancier de celui des prostituées, et sa bouche est ouverte comme celle des poupées gonflables.

 

 

 

 Cindy Sherman a pas mal travaillé avec des prothèses et des accessoires de type « sex toys ». Cela nous conduit tout naturellement vers les sex dolls. On naviguerait sans réserve dans le sombre marigot des fantasmes les plus sordides si l’histoire de l’art ne mettait pas les choses en perspective.

 

 

 Quand Cindy Sherman réalise cette photo, 29.exdollC

 

 elle convoque Hans Bellmer et sa « Poupée »,ME0000088779_3.JPG

 

 Ainsi que Gustave Courbet et son « Origine du Monde »courbet

 

 

 

 

 

 

 

  et Orlan avec son « Origine de la Guerre » orlan

 

 

 

 Notez qu'en perfectionniste trash gore, Cindy Sherman a inséré un tampon hygiénique dans la partie féminine.

14:12 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

08/04/2007

La fin d'un monde de brut

zombart.com.dancecornEncore quinze à vingt ans,et ce sera le commencement de la fin du pétrole. Adieu plastique, bonjour bambou! Bienvenue dans un monde écologique, sportif et créatif.

 

 Des années que les experts les plus sérieux nous prévenaient, mais voilà que ça se precise: L’ère du pétrole bon marché, celle qui a inventé le stylo Bic, l'homme sur la Lune, le made in Taiwan et les RTT au bord de la mer, cette ère-là touche vraisemblablement à sa fin. Nous arrivons au fameux peak oil, ce moment à partir duquel les ressources pétrolières vont se mettre à décliner rapidement, et donc à faire grimper le prix du baril, haut, très haut- bien plus haut encore qu'actuellement. Les opérateurs pétroliers- a priori pas trop mal informés -avancent même une date pour ce« début de la fin» : aux alentours de2020, en 2030 au plus tard. Dur, dur pour les fous de voitures puissantes et les abonnés des compagnies aériennes. Et pour tous les autres. Car, de l'or noir, il y en a partout, dans tous nos objets du quotidien. Dans les couches jetables du petit dernier, dans les gobelets de la machine à café. D'où la question de ce qui nous pend au nez : un quotidien sans pétrole, ça ressemble à quoi? Et comment diable allons-nous défossiliser nos vies? Voici quelques pistes, l'esprit léger, pour une vie sans pétrole. En prenant exemple, pourquoi pas, sur nos voisins suédois qui, prévoyants, se sont donné quinze ans pour ne plus en être dépendants.

 

 CONSEIL N°1 : chanter en choeur « Le bioplastique, c'est fantastique ». Les matériaux issus du pétrole ne représentent « que » 4 % de notre consommation totale d'or noir. Le problème, c'est que ces produits d'origine pétrochimique, à commencer par les plastiques, ont colonisé notre quotidien. Qu'on parle de la barquette de votre plat surgelé préféré, de votre rasoir jetable, de la prothèse de votre grand-mère ou de votre frigo, la plupart des attributs de l'homme moderne contiennent du plastique. Heureusement, les industriels assurent avoir trouvé la solution : les bioplastiques. Soit des matériaux d’origine végétale, recyclables et/ou compostables. A nous l'iPod en amidon de betterave et les moquettes en sucre de maïs. Le hic, c'est que toutes lesformules trouvées à ce jour nécessitent toujours du pétrole (autour de 50 %) et des cultures ultra-intensives et friandes d'OGM. Conclusion: consommons moins d'objets, moins d'emballages. Même s'ils sont en bioplastique.

 

 CONSEIL N°2 : mettre du bambou dans sa vie. Parce qu'on peut en faire un plancher, un placard de cuisine, des murs et même une crème extra-douce pour le visage et le corps. Voire le boîtier d'un téléphone portable et d'un ordinateur. En plus, cette jolie graminée détient le record de vitesse de la croissance végétale, avec le miscanthus, la fameuse herbe à éléphant. L'ennui, c'est que son exploitation massive menace les pandas et qu'on ne compte aucune grosse plantation commerciale de bambous de construction à moins de10 000 kilomètres d'ici - en Chine, au Vietnam, en Inde, en Amérique latine. Et vu que les transports sans pétrole ne sont pas encore au point...(cf conseil n° 3). Alors n'hésitons plus: plantons du bambou (nos hivers en Europe seront bientôt assezdoux et humides!)

 

 CONSEIL N°3 : se mettre au sport.C'est le moment ou jamais. Car les transports sont LE point noir de lavie post-pétrole. « On n'a encore trouvé aucune alternative réaliste et aussi bon marché que le pétrole »,dixit Jean-Marc Jancovici, auteur de l'indispensable « Le plein, s'il vous plaît! » (éd. du Seuil, 2006). La voiture à hydrogène ? « Pas rentable. »Le carburant à base d'huile de colza ou de betterave ? « Pour remplacer le pétrole, il faudrait en planter sur 50 millions d'hectares, soit quasiment toute la surface de la France. » Et la Malaisie et la Thaïlande, qui testent l'huile de palmier et le lait de noix de coco ? Pfff...Bon, en attendant la téléportation, l'avion solaire de l'aventurier Bertrand Piccard ou le dirigeable éco du designer Jean-Marie Massaud, qu'est-ce qui nous reste? Le vélo en bambou (ceux en carbone ont aussi du plomb dans l'aile). Et on oublie les vacances en Italie, les courses sur telemarket.fr livrées en camionnettes et les week-ends en Bourgogne. On oublie les reportagesà Bombay et à Shanghai. D'ailleurs,on oublie qu'on écrit pour un magazine papier et que, justement, il faut un sacré paquet de pétrole pour le fabriquer et l'acheminer, le papier...Et puisqu'on parle sport, golfeurs, passez à autre chose : un terrain de golf consomme jusqu'à 1 500 kg de pesticides par an! (et qui dit pesticides dit pétrole).

 

 CONSEIL N°4 : se mettre aussi au jardinage. Nadia Boeglin, conseillère de la présidente de l'Ademe(Agence de l'environnement et dela maîtrise de l'énergie) nous l'avait bien dit: « La plupart de nos objets sont conçus sur une logique de transports à faible coût. A commencer par les produits alimentaires ! » Comme on a bien appliqué le conseil n° 3, on mange local (et de saison). Des topinambours cultivés sur notre balcon. Ou achetés à l'Amap (Association pour le maintien d'une agriculture paysanne) du coin. Sans pesticides ni engrais, forcément. Et bientôt, le retour des poules dans nos centres-villes?

 

 CONSEIL N°5 : oublier l'électricité. Bien sûr, il y a le nucléaire,mais c'est quand même un peu dangereux. Ne rêvons plus à l'éolien- trop cher, et pour transporter une éolienne, il faut huit semi-remorques - ni au photovoltaïque - trop cher, et il faut quand même du pétrole pour produire les panneaux. Alors on admet une fois pour toutes que l'ère du pétrole a été une parenthèse et on recycle son micro-ondes en cage à lapins...

 

  CONSEIL N°6 : devenir cré-a-tif. Fini le pétrochimique cancérigène dans tous les produits d'entretien et d'hygiène quotidiens. On se lance dans la création perso de savons et de shampooings. On poétise son quotidien à la laverie communautaire du coin, en rêvassant devant l'aquarium de 6 m3 où des filtres, des plantes et des poissons assurent la purification, ce qui permet d'utiliser la même eau de lavage pendant quatre ans. On consomme moins et on aime ça, parce qu'on croit au «juste nécessaire», comme disait l'éco-concepteur Thierry Kazazian. »Il y aura l'âge des choses légères », son merveilleux ouvrage (Victoire Editions, 2003), devient notre livre de chevet. On passe de la possession àl'utilisation des objets. On intensifie leur usage. On recycle: ses vêtements (surtout ceux à nettoyage à sec), ses meubles. Ses bouteilles d'eau minérale dans une maison végétalisée avec charpente de bouteilles plastique fourrées au chanvre. Puis on passe à l'étape suivante:on devient décroissant. Encore un peu et on regarde d'un autre oeil les traditions des amish d'outre-Atlantique... Peu à peu, on change de look: tee-shirt en chanvre, tongs en soja, collier en résine, tous produits dans la région. On se met au tricot.Et puis non, même plus besoin de pull ni de chaussettes... Le bonheur! En France, la température moyenne annuelle est désormais de 25°C...

 

 WERONIKA ZARACHOWICZ (Telerama - 4 avril 2007)

 Pour un scénario moins joyeux, voire franchement pessimiste, voir le site de Jean-Marc Jancovici, www.manicore.com

11:26 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

07/04/2007

Philippe repasse une couche

samsung_sphv9850Philippe a beaucoup aimé le texte précédent. Il a trouvé opportun d'y ajouter son grain de sel et il a raison : si les Musulmans accommodent les animelles de moutons, les Occidentaux sont les seuls à préparer leurs propres testicules à petit feu. Ca méritait d'être souligné.

 

 Concernant les GSM, il y a 2 normes en jeu :

 - La norme GSM qui utilise 2 fréquences : 900 et 1800 MHz

 - La norme GPRS qui utilise la fréquence du Gsm mais autorise l'envoi de données.

 

 La norme GPRS est une évolution de la norme Gsm. C'est aussi une transition vers l'UMTS qui va utiliser d'autres fréquences.

 C'est le fameux réseau 3G tant vanté par les opérateurs ! La téléphonie 3G (déjà le point G c'est pas facile …) travaille dans la fréquence 3x900 MHz, soit 2,7 GHz. Notez que la fréquence d'emploi courant d'un micro-onde est de 2,4 GHz.

 En téléphonant en 3G on est soumis au champs électrique d'un gigot au micro-onde…

 La question du BBBQ (Brain-BBQ) est toujours et plus que jamais d'actualité. Et je ne parle pas des mecs qui portent leur G près des roustons ou des femmes enceintes et des infirmières qui portent le leur sur leur poche de poitrine……

 

 Donc, hormis les valeurs de fréquences, le problème est le même: le gsm nous grille le cerveau lentement (phase décongélation du micro-ondes) mais à l'avenir, le gsm UMTS sera plus performant pour la préparation de la cervelle puisque les fréquences seront plus élevées.Il n'y a de plus (et c'est logique d'un point de vue technique) aucune protection sur l'émission gsm alors que seulement 5% des fréquences peuvent sortir d'un micro-ondes. Ce qui est imposé pour le micro-onde, ne l'est pas pour le gsm.Mais … est-ce que l'usage d'une oreillette Bluetooth est plus safe ?

 La technologie Bluetooth utilise les ondes radio (bande de fréquence des 2.4 GHz) pour communiquer.

 Et par habitude, on garde notre oreillette accrochée à l'oreille en permanence …

 

 Entre une dose minime full-time et une dose plus forte occasionnelle … quelle est la meilleure arme de destruction?

 

 Signé : Philippe

23:47 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : humeurs funebres, je n ecris pas |  Facebook |

01/04/2007

C'était téléphoné....

pochettePREMIERS CANCERS POSSIBLES DES 2015

  - Les effets potentiellement nocifs du gsm, ce n’est pas le monstre du Loch Ness qu’on agite régulièrement pour entretenir le mythe ?

 - Dans ce cas-ci de réelles nouvelles craintes apparaissent, qui sont liées au passage au réseau 3G (pour troisième génération). Celui-ci a besoin de fréquences différentes, plus importantes -on parle de plus de 2.000 mégahertz, contre 900 pour la téléphonie mobile classique. Il faut aussi de nouvelles antennes : il s'agit de passer de 6.000 à 9.000 sites. Et ça suscite un regain d'intérêt de la population.

 - Les craintes sont-elles justifiées?

 

 - Dans le corps médical et scientifique, les avis sont partagés à 50-50. D'un côté, certaines études annoncent des effets potentiellement très graves : des tumeurs au cerveau ou au nerf acoustique, des cassures dans la chaîne d’ADN- dans ce dernier cas, des tests concluants ont été effectués in vitro mais pas encore in vivo. En face, il y a les études commanditées par l’organisation mondiale de la santé (OMS), institution de référence mais dont les travaux sont financée à 5O % par le secteur de la téléphonie.

 - En Belgique, les normes sont plus sévères que celles préconisées par l’OMS?

 - Quatre fois plus. Mais pour certains, il faudrait descendre cent fois plus bas, parce qu'il ne suffit pas de protéger des effets thermiques des micro-ondes. Il existe d'autres effets qui apparaissent à des niveaux beaucoup plus bas. La norme adoptée chez nous pour la mobilophonie classique est de 20,6 volts par mètre. Mais le Conseil supérieur de l‘hygiène, qui dépend du ministère de la Santé publique, avait préconisé 3 volts par mètre.

 - Concrètement, quelles pourraient être les implications si les craintes étaient justifiées?

 - Les premieres tumeurs liées aux micro-ondes pourraient être décelables en Belgique vers 2015, selon le Conseil supérieur de l’hygiène. Si on ne corrige le tir qu'à ce moment-là, la « rectification » n'aura d'effet que vers 2030. D'où la demande de certains d’appliquer dès maintenant le principe de précaution.

 - Votre avis personnel?

 - Aujourd’hui, tout est sans fil, ça crée des champs continus. Nos corps sont traversés de partout par des ondes différentes: GSM de première, deuxième et troisième générations, Wi-FI.. Il serait étonnant que cela n'ait aucune conséquence.

 Alain DILS interrogé par Agnès Gorissens (Le Soir 12 janvier 2007)

00:06 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, humeurs funebres |  Facebook |

30/03/2007

Tant qu'à faire...

childlabor7"Les Français sont en train de se poser la question de savoir s'ils ne devraient pas imprimer sur les paquets de cigarettes (dont le prix vient d'ailleurs d'augmenter considérablement) la photo d'un fumeur atteint du cancer du même nom ainsi que la mention " le tabac tue". L'effet sera-t-il suffisamment dissuasif que pour décourager les futurs consommateurs ou faire baisser la fréquence d'inhalation des adeptes de Jean Nicot (1530-1600). L'idée n'est pas bête et pourrait faire des petits. On ferait imprimer sur les sachets de bonbons des photographies de dents gâtées et sur les étiquettes des bouteilles de bière ou de whisky des clichés d'accidentés de la route perdant leurs derniers litres de sang dans le bas fossé.

 

 Sur chaque emballage plastique, chaque canette, chaque bouteille d'eau minérale, une vue de décharge publique où s'entassent pour des siècles les rebuts de notre société d'hyper consommation. Sur nos T-shirts, casquettes et chaussures de sport, on verrait le portrait des enfants esclaves qui, dans des caves obscures quelque part en Asie, pour quelques centimes d'euro, cousent de leurs petits doigts les vêtements que nous porterons seulement quelques fois avant de les bazarder parce que le coloris ne sera plus de saison. Il faudrait aussi apposer sur chaque litre d'essence l'image d'une mouette mazoutée et sur chaque baril de pétrole celle des terres inondées par les océans qui vont bientôt déborder suite au réchauffement de la planète ou celle de populations martyrisées par des guerres dont le seul but est de préserver l'approvisionnement d'or noir des pays les plus riches et les plus égoïstes du monde. Excusez-moi, je m'énerve. Au fond, la meilleure solution serait peut-être, tout simplement, de faire imprimer sur les billets de banque cette mention : " Peut nuire gravement à l'humanité".

 

 Philippe Geluck.

10:37 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, haikus sentences et aphorismes |  Facebook |

10/03/2007

Je trouve déconcertant

Andrew-Herseyde voir ceux qui rejettent l'idée de suivre une formation de parent reconnaître que, pour devenir efficace et compétent dans n'importe quel autre domaine, il faut apprendre. Pour devenir un bon joueur de tennis on prend des cours avec un professionnel, les bons joueurs de bridge ont tous suivi des leçons, peu de gens se risquent sur les pistes neigeuses sans avoir pris plusieurs leçons avec un moniteur. A peu près tout le monde accepte de rechercher une aide professionnelle pour apprendre à conduire, à coudre, à peindre, à faire de la bonne cuisine, ou de la décoration, à devenir un gestionnaire compétent, à nager ou à piloter un avion.

 Quand il s'agit d'éducation, tout change. Les gens se persuadent qu'ils seront de bons parents quand ils auront leurs enfants.

 

 Soudain pensif?

 

 Lisez les livres de Thomas Gordon ou suivez un stage “parents efficaces”. Ca évitera bien de la casse.

 

 C’est un extrait de “La Méthode Gordon expérimentée et vécue” de Thomas Gordon.

19:37 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, art, photographie |  Facebook |

06/03/2007

Et pourquoi pas?

AlessandroMarzio

  - Shapiro, il est allé au salon funéraire. Berthe inspira. Il a dit qu'il voulait dessiner un des cadavres, Eh bien, le seul mort qu'il y avait c'était le vieil Oscar Hansen...

  - Qui t'a raconté ça?

 - Mr. Swensen lui-même. II m'a dit que ça l'avait surpris, tu sais. Il a dû demander la permission à la famille, puisque Oscar ne pouvait répondre ni oui ni non.

 - Mince, Berthe I dit Lily. Ils ont bien voulu?

 - Eh bien, je crois que le fils d'Oscar a plus ou moins dit "faites comme chez vous", mais que sa fille n'était pas très sûre. Lily entendit que Berthe posait le combiné. Si tu mords encore une fois dans ce gâteau, Roger, je te ligote les quatre pattes et je te renvoie chez ta mère. Puis elle revint à Lily : Je ne sais même pas pourquoi je te raconte ça. Il me semblait juste que tu devais le savoir.

 

 

"L'envoutement de Lily Dahl", Siri HUSTVEDT

22:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, humeurs funebres, photographie, art, litterature |  Facebook |

12/02/2007

Nan mais de quoi je me mêle?

Big Brother a frappé! Voici le contenu d'une newsletter que j'ai reçue ce matin :

 

“Moins vous vous préoccupez des affaires des autres, des problèmes qu'ils rencontrent ou des drames qu'ils vivent, plus vous disposez de temps pour votre propre réussite”, déclare le spécialiste des ventes Jeffrey Gitomer dans son nouvel ouvrage. Chaque fois que vous vous mêlez des affaires d'autrui, vous courez les risques suivants :

 

- En prêtant attention à leur situation, ces personnes ne feront que s'apitoyer d'autant plus sur leur sort.

 

- Vous les conseillez mal.

 

- Vous perdez votre temps alors que vous auriez pu utiliser celui-ci pour apprendre, vendre et gagner de l'argent.

 

- Vous pourriez vous prendre une claque.

 

“Si vous faites le compte du temps que vous consacrez aux choses qui ne vous regardent pas, qui ne signifient absolument rien pour vous ou que vous ne pouvez tout simplement pas contrôler (les infos, les répétitions à la TV et autres absurdités), vous pourriez être le meilleur vendeur au monde, un écrivain réputé voire un orateur dévoué. Mais non, vous êtes de ceux qui préfèrent perdre leur temps en pensant qu'ils peuvent améliorer le monde alors qu'en réalité vous faites exactement le contraire.

 

Un conseil: commencez par vous améliorer vous-même!”

 

 

Bon, où est la caméra? Comment savent-ils que je suis une mêle tout? (en plus, ils n'envisagent même pas que je devienne un peintre réputé. C'est dire s'ils voient mon avenir en rose...)

22:12 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas |  Facebook |

10/02/2007

Roman Vishniac

Vishniac1Roman Vishniac est né en 1897 à Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg. Fuyant les persécutions dont est victime la population juive, il s’installe à Berlin en 1920. Lorsqu’en 1933 il sent le danger qui menace les Juifs d’Europe, il se donne pour mission de photographier les communautés d’Europe centrale et orientale, parcourant la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Il en rapporte 16 000 clichés.

 

Réfugié en 1940 aux États-Unis, il essaie sans succès d’attirer l’attention sur le sort des Juifs européens. Ce n'est qu’en 1947 qu'il peut publier ses photographies, dans un ouvrage qui ne peut plus s’appeler désormais qu’Un monde disparu (The Vanished World : Jewish Cities, Jewish People).

 

 

“Je n’ai pas pu sauver mon peuple, j’ai seulement sauvé son souvenir. Pourquoi ai-je fait cela ? Un appareil photo caché pour rappeler comment vivait un peuple qui ne souhaitait pas être fixé sur la pellicule peut vous paraître étrange. Était-ce de la folie que de franchir sans cesse des frontières en risquant chaque jour ma vie ? Quelle que soit la question, ma réponse reste la même : il fallait le faire. Je sentais que le monde allait être happé par l’ombre démente du nazisme et qu’il en résulterait l’anéantissement d’un peuple dont aucun porte-parole ne rappellerait le tourment. [...] Je savais qu’il était de mon devoir de faire en sorte que ce monde disparu ne s’efface pas complètement...” ROMAN VISHNIACVishniacGirlsVishniacBoys

 

une expo est consacrée à une septantaine de photographies de Vishniac au Musée d'Art et d'Histoire du Judaisme.

 

http://www.mahj.org

 

les textes ci-dessus proviennent de ce site

23:08 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, photographie |  Facebook |

06/02/2007

Le marché des vanités

WillemDeKooningLa vraie nouvelle donne de l'année 2007? Les plus values sont si importantes dans le marché de l'art en vogue que tous les plus grands collectionneurs d'art contemporain - ou presque - font du commerce. La tentation est trop grande. Il n'est plus nécessaire de posséder une maison de ventes pour être prêt à céder au plus offrant tous ses Warhol et tous ses Basquiat. Pour le goût du jeu, pour le goût de l'argent. Pour acheter plus encore de jeunes artistes qui vaudront cher et qu'on pourra revendre et encore et encore. Je vends, tu vends, j'existe et je profite de la venue des nouveaux amateurs riches, nombreux et décidés à posséder.

 

C'est dans cette ambiance tumultueuse, hystérique et show off que s'est tenue la foire de Miami. Nourrie par cette anxiété du bénéfice, elle donne naissance à la professionnalisation du statut de collectionneur.

 

Art Basel Miami Beach est une foire à rallonges, dans toutes les acceptions du terme. (…) La palme de la proposition pertinente revient cette année à la galerie new-yorkaise Gavin Brown. L'oeuvre signée du Suisse Urs Fischer (né en 1972) occupait un espace de 8 m2, le reste du stand étant vacant. En fait, il s'agissait d'un espace vide dans lequel, en insistant du regard, on pouvait voir sautiller un paquet de cigarettes vide. Il était décoré d'un dessin caractéristique de chameau, tout ce qu'il y a de plus commun, pendu par un fil transparent qui le reliait très haut à un grand bras électrique qui permettait sa mise en mouvement. La jolie assistante de la galerie a parlé du principe d'addiction provoqué par la cigarette. Elle a aussi évoqué, en pouffant derrière ses mains, l'idée d'une blague de l'artiste. Un post ready-made vendu très rapidement pour 160 000 dollars.

 

A la plage, toutes les dames avaient les escarpins pleins de sable pour visiter les containers, version cheap de la foire. Le grand prix dans la catégorie, « Les pieds dans le sable» est décerné à Aaron Young et à sa galerie de New York Harris Lieberman. Le jeune homme s'est contenté de faire un trou sur le toit du container qui laissait écouler du sable dans la pièce rectangulaire vide dans laquelle entraient les visiteurs. Un sablier géant. Une préfiguration de la mort aussi avec le bruit des pelles des ouvriers qui versent le sable sur le toit métallique. Un excellent exercice de vanité pour cette foire qui le vaut bien.

 

Un papier de Judith Benamou-Huet dans « Art Presse 331 » - février 2007

 

Notez pour info que, quoi qu’en dise Paul Mac Carthy, dans le contexte décrit par Judith Benamou- Huet, un De Kooning ( Untitled XXV) s’est vendu en novembre pour 21.153.600 euros chez Christies à New-York. Si vous avez oublié le genre, le tableau en question est de la même eau que cet autre tableau de De Kooning. Et puis, si vous ne pouvez pas vous figurer ce que représentent 21.153.600 euros, rassurez-vous : on doit être nombreux dans le cas.

07:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art, je n ecris pas |  Facebook |

04/02/2007

Merde d'artiste

PieroManzoniCertes, je n'ai rien inventé. Paul Mac Carthy non plus. C'est dimanche : je chipote et je laisse travailler les autres. Je vous copie-colle un texte joliment écrit concernant le travail de Piero Manzoni. On avance.

"On entend souvent parler de personnes qui ne comprennent rien à l’art contemporain mais adorent celui du passé. Cela provient d’une incompréhension fondamentale de l’art lui-même et nous pouvons être sûrs que ces personnes qui disent ces choses ne comprennent pas plus l’art du passé que celui de notre temps.

 

Parce que comprendre une peinture ou n’importe quelle œuvre ne signifie pas comprendre son sujet mais assimiler son sens.

 

L’art est fait pour communiquer et non pour fournir un décor luxueux.

 

L’art est et a toujours été magique, un objet religieux. Mais les dieux changent, ils changent continuellement, évoluant de la même façon que la société évolue. Chaque instant est une nouvelle étape, à chaque instant une nouvelle civilisation naît.

 

L’artiste est le héraut des nouvelles conditions humaines. Il découvre les nouveaux totems dont chaque époque possède les graines mais de façon inconsciente.

 

Et donc, le concept de l’art, de faire de l’art, le concept de la poésie, ne peuvent pas avoir de sens pour nous, le moment artistique ne réside pas dans ces notions mais en éclairent, en réduisant en images, les mythes universels préconscients". - PIERO MANZONI - 1961

 

 

Piero Manzoni est né à Cremone en 1933 et est décédé brusquement en 1963 à Milan. Après ses premières œuvres, réalisées en 1956, il développe avec son collègue Enrico Baj le groupe Arte Nucleare. Ensuite, il fondera avec l’artiste Enrico Castellani la revue Azimuth qui fut extrêmement importante pour la diffusion et le rassemblement d’une nouvelle esthétique en Europe, celui des mouvements Nul en Hollande, Zero en Allemagne, du Nouveau Réalisme en France et du spatialisme en Italie. Manzoni est considéré comme un artiste pré-conceptuel et ses actions provocatrices rappellent l'esprit dadaïste.En 1957, il crée ses premières œuvres singulières, les achromes, des toiles préparées, fripées et trempées dans du sulfate de calcium et de la colle. Ces œuvres le mettaient en contact avec les artistes qu’il admirait comme Yves Klein pour les monochromes, Lucio Fontana pour ses concepts spatiaux perforés ou incisés et Alberto Burri pour ses sacs suturés et cousus.

 

Souffle d’artiste constitue la première utilisation par Manzoni d’un produit de son corps, présenté sans altération, certifié authentique, exploité en quantité. Alors que 50 cc air de Paris (1949) de Marcel Duchamp avait une charmante connotation culturelle, Manzoni ne plaisantait pas et restituait réellement l’anima ou l’inspiration de l’artiste.

 

C’est un désir naturel des artistes que de vouloir que leurs œuvres leur survivent. Le raisonnement inverse conduisit Manzoni à s’assurer qu’il survivrait à ses corpi d’aria quand il choisit des ballons bon marché qui restituaient l’anima à l’atmosphère et qui retombaient flasques au bout d’un moment.

 

En mai 1961, Manzoni réalisa 90 boîtes de « Merde d’artiste » d’un poids de 30 grammes chacune qu’il proposa à la vente au prix courant de l’or. Après son souffle et les empreintes de son pouce, c'était la troisième et de loin la plus choquante des offrandes de l’artiste, encore que parfaitement compatibles avec celles qui l’avaient précédée. Rappelons que personne ne fit attention au Porte-Bouteilles de Duchamp ni à sa Roue de Bicyclette jusqu’à l’exposition scandale de son célèbre urinoir.

 

Manzoni n’avait aucun besoin de se rebeller contre son environnement ou de s’en exclure ; tout au plus agissait-il selon sa conscience et quelquefois d’une manière insouciante. Il ne voyait aucun conflit fondamental, aussi longtemps qu’il y eut des acheteurs, entre une quête de l’absolu et l’échange de merde contre de l’or.

 

l'origine de ce passage = http://www.i-art-c.org/exposition/0104BB/manzoni.html

17:01 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, art |  Facebook |