14/03/2007

Eh bien moppez maintenant…

TheMoppetShowMon prof de latin préféré disait : « il n’y a pas de sot métier ». …Ca n’empêche que personne n’aurait l’idée de faire, par exemple…. « technicien de surface » . Notez qu’on emploie l’expression au masculin alors que les messieurs sont des exceptions dans le domaine.

 

 Je pensais que l’expression « technicien de surface » était un euphémisme mais non, les amis…pour faire ça bien, ça exige un apprentissage sérieux : les produits, les machines, les gestes, les rythmes, la sociabilité, la courtoisie, la discrétion. Il y a une logique à tout cela, des critères d’efficacité qui font que l’on ne s’improvise pas « technicien(ne) » de surface. Ah ah ! Nous voilà bien surpris… !

 

 Mes élèves m’ont appris des mots (« mopper », c’est passer sur le sol une espèce de balai plat ceint d’une toile mince en micro-fibres qui ne quitte jamais la surface du sol) et des gestes techniques (« mopper en 8 » pour tirer la poussière en venant toujours la reprendre de manière à balayer le plus efficacement possible). La légitimité du terme « technicien » tient au fait que le métier s’est technicisé en vue d’accroitre le rendement, l’efficacité, l’hygiène.

 

 Et puis, comme mes élèves ne me ressemblent pas et que j’ai oublié qu’un jour je ne savais pas « certaines choses », ils me permettent de comprendre ce que c’est que ne pas savoir qu’on ignore alors qu’on devrait le savoir … Je ne parle pas ici de savoir-faire mais de savoir-être. Quand on n’a pas intégré le sens des rôles et de la hiérarchie (s’incliner, se taire, entretenir une certaine réserve, une certaine révérence….) et que cela ne fonctionne pas comme une « évidence », « savoir mopper en 8 » passe au second plan tandis que vous devenez la personne qui n’a pas de savoir-vivre ou n’est pas sociable, ce qui revient au même. Certes, ces mots sont désuets mais dans le monde du travail, la réalité qu’ils désignent demeure une exigence implicite : on ne le dit pas mais ça fait partie des prérogatives de la communauté. Même dans l’âpre monde des techniciens de surface, la dualité sociale sévit.

 

 Alors, les amis, moppez en 8, pliez votre serpillière en 8, modifiez vos représentations quant au métier de technicien de surface, allez voir « we feed the world » et "an unconvenient truth" et SIGNEZ LA PETITION DONT LE LIEN FIGURE AU-DESSUS.

15:22 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j enseigne donc je sers, je seme donc j entends |  Facebook |

11/03/2007

Allez...Buvez en paix

SacredBeer Dites-moi que je me fais des idées et qu'il n'y a aucun lien entre le graphisme de cette pub et le sacré grand Jesus...

22:55 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je seme donc j entends, j hallucine |  Facebook |

25/01/2007

David Bowie est-il un Maximonstre ?

david_bowie_9C’est vrai que, par moments, selon les circonstances, le look de Bowie, c’était pas tout à fait ça. Mais ça tombe plutôt bien parce que « ça », c’est plus ou moins ce à quoi correspondent les Maximonstres : les pulsions, les choses pas très glorieuses qui sommeillent en nous et qui s’expriment malgré nous et peuvent donner de nous une image pas favorable.

 

Alors Bowie et les Maximonstres ?

 

Eh bin Bowie a joué dans un film pas réussi du tout de Jim Henson (le réalisateur du Muppet Show et du transcendant Dark Crystal) qui s’intitulait « Labyrinthe ». Or, la trame narrative de ce film est inspirée de « Quand Papa était loin »,un livre pour enfants de Maurice Sendak, l’auteur de Max et les Maximonstres. Voilà pour le lien entre Bowie et les Maximonstres...

 

Max et les Maximonstres a maintenant presque 40 ans. Certes, il est le cadet de Martine et Barbie et il le prouve : il est turbulent en diable. On dirait même que, loin de la vision édénique que véhiculent les deux nymphettes en question, Sendak a eu une inspiration assez visionnaire (dans les années ’60…rendez-vous compte : à une époque où je baissais les yeux en passant devant mon instit et où je portais un tablier à l’école), puisque l’infernal Max est le prototype de 50 % des enfants actuels (ma copine Nathalie, psychomotricienne angélique et motivée m’a dit qu’actuellement, 50% des petits enfants étaient hyperagités…)… A l’époque, le livre de Sendak a d’ailleurs fait scandale. Figurez-vous qu'on lui reprochait de saper l’autorité parentale (Max tenait tête à sa maman. A mon sens, une question pertinente serait « mais où donc se trouvait Papa? »…)

 

Le motif narratif de « Labyrinthe » est donc directement inspiré de « Quand Papa était loin » : une petite fille se voit confier la garde de son bébé de frère. A peine tourne-t-elle le dos, les kobolds ont substitué un bébé kobold au petit frère. Voilà qui suscite la quête : l’histoire commence.

 

Maurice Sendak est une « icône » de la littérature pour enfants : ses dessins sont atypiques, ses personnages pas beaux, ses enfants souvent infects, ses histoires pleines de malaise et de mélancolie. Aux USA, il a déjà fait l’objet de thèses universitaires tant son univers narratif est dense symboliquement…Et pour cause…Je suppose que vous devinez vaguement que « Sendak », ce n’est pas très américain, comme consonance….La Famille de Sendak vient d’Europe de l’Est : il est issu d’une famille juive polonaise qui a fui entre les 2 guerres.

 

Je cite ici un fragment de bio que j’ai déniché je ne sais plus où sur internet (si l’auteur s’y retrouve, qu’il ou elle reçoive mes excuses ). « À la maison, on parle l’anglais et le yiddish. Le père, qui exerce le métier de tailleur, est un conteur né dont les récits sur son village, Zembrova, fascinent les trois enfants. Maurice Sendak racontera plus tard que son enfance fut illuminée « par les souvenirs de la vie au village en Pologne, une vie que je n’ai jamais réellement vécue mais que mes parents m’ont transmise comme une réalité concrète ». Lorsque Maurice accomplit sa bar-mitsva, en 1941, ce monde-là est en cours de destruction. De la famille restée en Pologne il n’y aura aucun survivant. La perte est d’autant plus sensible que les noms et les visages sont devenus familiers aux enfants, par les albums de photos qu’ils regardent souvent. Plus tard, l’illustrateur Maurice Sendak fera de ces proches assassinés les personnages anonymes de ses dessins. (…)

 

En 1985, Maurice Sendak illustre un recueil de contes de son père (In Grandpa’s House, par Philip Sendak) : on y retrouve les visages des membres de sa famille et une synagogue de Pologne détruite par les nazis. En 1987 il publie "Chère Mili", un conte écrit par Wilhelm Grimm en 1816 mais resté inédit et découvert en 1983. Le thème est d’une étrange actualité pour un lecteur du vingtième siècle : une petite fille est envoyée par sa mère dans une forêt car des soldats vont envahir le village et l’enfant est en danger. Maurice Sendak, qui a travaillé sur les illustrations au cours du procès intenté en France au criminel nazi Klaus Barbie, a multiplié les références explicites à la Shoah : une tombe inspirée de celle du rabbi Loew au cimetière de Prague, un village inspiré de celui d’Izieu et des portraits d’enfants inspirés de l’album de famille de Sendak (avec, en plus, un portrait d’Anne Frank). Pour les jeunes lecteurs, cependant, ce n’est rien d’autre qu’une belle histoire de Grimm ».

 

 

De par sa mélancolie ainsi que son goût pour l’étrange, la facétie et le travestissement, on décèle dans l'univers de Maurice Sendak une proximité avec celui de Isaac Bashevis Singer dont il fut l’ami.

 

 

Pas mal de petits enfants imaginent un jour n’être pas les rejetons de leurs parents mais bien les enfants de princes auxquels ils ont été ravis pour un motif ou un autre. « Quand Papa était loin » évoque autre chose puisqu'il s'agit d'un cas de substitution d’enfant. Ce genre de récit relève des traditions slaves ou scandinaves.

 

Dans « Tout ce que j’aimais » de Siri Hustvedt, un enfant se met à générer auprès de son entourage un sentiment d’incompréhensible étrangeté telle que les parents se mettent soudain à penser à cette légende de l’enfant substitué.

 

Ce qui est intéressant -, et bien sûr, dans sa puissance démiurgique, l’auteur n’est en cela pas innocente - c’est que le père de cet enfant, un plasticien qui au fil de la narration se forge une solide aura, s’appelle William Wechsler, dont le nom à lui seul est tout un programme dès lors que « Bill », substitut de « Will » est un radical d’origine germanique désignant la volonté tandis que « Wechsler » désigne celui qui « substitue, effectue une permutation ».

 

Sendak. WhereTheWildThingsAreDans le récit - on peut le constater à loisir – Bill sature sa production d’une charge symbolique pléthorique. Le signe et le symbole, comme, on le sait, ont pour fonction de représenter, d’évoquer autre chose qu’eux- mêmes. Ainsi en va-t-il du langage qui, par convention, évoque quelque chose existant dans le réel ou l’imaginaire. Or, le propre de Mark Wechsler, l’enfant de Bill, c’est de manipuler le langage comme une entité autonome dépourvue de référent mais ayant juste pour fonction de manipuler les autres en leur offrant le spectacle, l’apparence de ce qu’ils attendent de lui. En cela, Mark est un enfant Potemkine, un spectre, un simulacre n’agissant qu'en tant qu'objet du désir d’autrui et, pour le reste, cédant à l’hybris, aux pulsions les plus morbides et arbitraires. En cela, peut-être la face noire de Mark correspond-elle au référent incarné des créations de son père.

 

Il est également intéressant de constater que le personnage de Bill, le père plasticien, se passionne pour la symbolique, la mythologie, la tradition orale et particulièrement les contes de Grimm et que tout comme Maurice Sendak, ce personnage de fiction d’origine juive a perdu une partie de sa famille où vous savez.

 

Dans l’ambivalence d’une écriture plurielle tendue entre émotion et morbidité, Sendak traduit la Shoah sur un mode toujours renouvelé. Il considère que c’est la nature même de sa vie créatrice et de son travail. « Je n’essaie pas de susciter à nouveau la douleur, dit Sendak. Ce que je veux, c’est trouver une manière de lui échapper, de la transcender. ».

 

Et Siri Hustvedt, que fait-elle?

00:57 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, peinture, je seme donc j entends |  Facebook |

02/01/2007

La PSPDD, vous allez adorer

pspddVous êtes branché développement durable? Vous raffolerez de la PSPDD, la console de l’avenir. Simple, maniable, d’une autonomie incomparable, avec son galbe ergonomique, ses thèmes hyper branchés, ses coloris stimulants et son prix hors concurrence, elle a tout pour plaire. Avec un peu de chance, vous la trouverez sous peu dans votre barril (de détergent).

 

Si vous n’êtes pas branché développement durable (ce que je ne conçois pas car ce lieu n’est destiné qu’à des gens qui me ressemblent), voici, avec certes un petit air d’épitaphe (c’est ma manière très sincère de vous présenter mes vœux pour l’avenir qui menace à nos portes), des arguments pour vous inciter à le devenir au plus vite.

 

Tout d’abord, ne consommez pas comme des porcs décérébrés que vous n’êtes pas….Mais ça, vous le saviez. Ce conseil est également valable pour la période des soldes. « Mais si j’ai des sous, je peux me faire plaisir, quand même… » objectera Amandine. Moi, je trouve qu’il est utile dès à présent de faire des exercices d’ascèse et d’austérité : un jour l’une, le lendemain l’autre, et vice versa. Les chouchous, après l’abondance nauséabonde dont le pouvoir économique continue à nous faire croire que nous jouirons jusqu’à la prochaine glaciation, nous allons être confrontés – en vrai dans pas bien longtemps - à une période de pénurie dont nous n’avons pas idée. Pour ceux qui, comme moi, durant toute leur enfance se sont entendu objecter « quand on sera riche » à toutes leurs demandes, ce sera un jeu d’enfant. Pour ceux qui sont nés le fondement dans l’ingrédient principal de la bûche de Noel (1), il est temps de s’y mettre.

 

Voilà trente ans qu’une vue paresseusement simpliste discrédite le mouvement écologiste en le réduisant à la bouffe macrobiotique et au recyclage des déchets.

 

Tout en bas, je vous donne le lien vers un récent dossier de Télérama consacré à l’absence d’implication des intellectuels dans cette problématique. Je me souviens pourtant d’un livre de Félix Guattari intitulé "Les trois écologies" (Paris, Galilée, 1989) où l’auteur explorait une notion d’"écosophie" reposant sur l’interaction de trois écologies. La première, dite « environnementale », correspond à la démarche écologique telle qu’on se la représente couramment. La deuxième, dite « sociale », s’oppose au capitalisme mondial intégré et recrée des espaces d’économie individuelle, autonome et des rapports sociaux ou familiaux "réinventés". La troisième écologie dite « mentale » a pour objet la réhabilitation de la subjectivité et de la singularité. Selon Guattari, ces trois écologies devraient être conçues d’une seul tenant par le biais d’une "écosophie" de caractère éthico-politique.

 

L’ennui réel, c’est que Guattari n’a pas échappé au paradoxe qui opposait son objectif à son statut (dont fait partie le besoin de reconnaissance des pairs). Pour atteindre son objectif, le message des Trois Ecologies méritait d’être largement diffusé, ce qu’a empêché le caractère hermétique qui définissait le style même de L’auteur…. Mais comme à l’heure actuelle on n’a toujours pas surmonté l’opposition « notoriété = médiocrité, opportunisme et démagogie » vs « diffusion confidentielle = qualité et reconnaissance des pairs »…

 

Ce que j’apprécie dans mes lectures relatives à ce sujet, c’est le point de vue qui consiste à considérer que tout se tient.. que prendre soin de soi est compatible avec une engagement vis à vis du collectif. J’aime l’idée de responsabilité, la nécessité de se mobiliser contre l’entropie, la capitulation, le laisser aller…(Je sais que pas mal de mes petits potes rêvent d’avoir des enfants : c’est à eux qu’il s’agit de penser…Il ne faudrait pas les accueillir dans une poubelle, tout de même…). Le fait d’avoir peu de pouvoir ne peut pas nous inciter à capituler : à notre échelle microscopique, nous avons quand même un champ d’action. A ce sujet, je retiens ce fragment de la citation de Guattari à laquelle je vous renvoie en lien :« Une condition primordiale pour aboutir à la promotion d’une nouvelle conscience planétaire résidera donc dans notre capacité collective à faire réémerger des systèmes de valeurs échappant au laminage moral, psychologique et social auquel procède la valorisation capitaliste uniquement axée sur le profit économique. La joie de vivre, la solidarité, la compassion à l’égard d’autrui doivent être considérées comme des sentiments en voie de disparition et qu’il convient de protéger, de vivifier, de réimpulser dans de nouvelles voies ».

 

 

Mes vœux :

 

Je ne souhaite pas qu’une intervention magique vous dispense d’œuvrer pour votre l’avenir :

 

- Prenez intelligemment soin de vous (par exemple, ne cultivez pas vos idées noires..)

 

- Sentez vous responsables de vous, de vos choix, de ceux qui vous entourent et de ceux que vous ne connaissez pas

 

- Engagez-vous dans des lobbies citoyens : c’est notre seul moyen de faire savoir collectivement que nous ne sommes pas des zombies lobotomisés et que nous sommes concernés par la paix, la solidarité, la justice, l’avenir et tout ce qui vous mobilise à titre personnel.

 

 

(1) traduction en belge : « le cul dans le beurre »

 

 

Un peu de lecture en plus :

 

- Télérama : sur l’absence d’implication des intellectuels dans la cause verte :http://www.telerama.fr/livres/M0612121008400.html

 

- Un fragment des « Trois Ecologies » de Guattari : http://cst.collectifs.net/article.php3?id_article=93

 

- Une petite video crado :http://www.dailymotion.com/video/xullv_petit-caca-noel

01:24 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je seme donc j entends |  Facebook |

24/12/2006

Des comptes à vomir debout

pitta au vent(Cette drole de bande : ils ont oublié le ketchup, les calmars et la mitraillette !) Je vous avais annoncé pire que la Tour Eiffel pour Noel.…

 

Mais vous avez remarqué… »pire », si on ne précise pas « en quoi », ça ne signifie rien....Le hasard m’a fourni cette image. Je n’en suis pas l’auteur…C’est parce qu’elle me donne envie de gerber que je la trouve pire. Et puis, j’aurais eu le bon gout d’en accentuer les contrastes, de la mettre en noir et blanc, de surmonter le bazar d’un cougnou, d'en faire un ready-made, je sais pas moi ! En tout cas, je n’aurais pas photographié ce brol en éclairage zenithal (j’évite de dire « lumière zenithale » parce qu’articuler la suite de sons « RZ » ne comporte aucune difficulté alors que « GZ » vous amène forcément à assimiler le Z au G : c’est le phénomène phonétique très naturel de la gémination... Le résultat ("éclairage génital") converge tout de suite avec le coté surréaliste du nimbe autour de l'assiette qui donne un coté crypto-eucharistique à cette création. Au fond, chaque fois qu'un type se tape un tel plat, c'est un peu comme s'il communiait. Ca doit être ça le message de Noel de ce photographe trop humble pour signer.

 

Enfin...pour recentrer le propos… Barthes est dans mon circuit actuellement (avec les morts, on fait ce qu’on veut…) via son épigone, Alain Buisine. Donc, voici la minute philosophique du reveillon de Noel (je suppose que vous remarquez que je boycotte…). On a l’habitude de tenir la photo pour purement dénotative…alors qu’en négatif, en filigrane, elle transporte avec elle un bout du monde…Eh bin cette photo, je ne la possède pas pour ce qu’elle représente (c'est une partie d'une enseigne pour un pittaman, comme vous le devinez), ni même pour elle-même, mais pour le support sur laquelle elle figure : c’est un vinyle auto-collant translucide que m’a donné l’imprimeur en guise d’échantillon pour imaginer des délires. Si j’avais su que ça me poursuivrait jusqu’ici, j’aurais dit « non merci ».

 

Mais bon….en vérité, je devais vous la montrer : elle s’accorde trop bien avec la deuxième surprise de Noel qui est à gerber, elle aussi (je suis très conséquente, ce soir).

 

Je voulais vous offrir un conte philosophique de Noel dans le créneau Montesquieu, Voltaire, Swift, si vous voyez…Alors, j’ai choisi un fragment du livre de Didier Albin – « Charleroi, le séisme » qui vient de paraître chez Luc Pire. Vous y gagnez, je vous assure : en plus, c’est ubuesque. Et comme c’est le jour où on bâfre et que c’est l’une des destinations principales des détournements de fonds à Charleroi, ça tombe à point. Et puis, comme à Charleroi on paie une taxe sur les bow-windows, je vous invite à venir gerber de mon bow-window personnel. C'est-y pas la fête?

 

Voici l’extrait de Noel de Didier Albin. C’est mon fragment chouchou (sérieux…ça a vraiment le gout d’un conte philosophique…)

 

« Sur l'échiquier socialiste carolo les affaires n'en finissent pas de causer des dégâts. Dans cette brèche que viennent d'ouvrir les rénovateurs, Di Rupo place Eric Massin. Il est désigné pour reprendre la Fédération à titre intérimaire, pour six mois. À charge pour lui d'amorcer le rajeunissement des structures et des mentalités, d'incarner le changement de culture et de style politique, le passage de génération. Rénovateur proclamé mais prudent dans le verbe, il use des moyens de la diplomatie quand Colicis et Minsier emploient la dynamite pour faire changer les choses. Elles dénoncent les effets pervers de la génération Van Cau, dont les comportements ont commencé à rejaillir sur les jeunes : après l'exclusion de Denève de la liste provinciale en juin, c'est le cadet de la liste communale qui tombe au mois de septembre. " Un candidat idéal », observe le président de l'USC. Giuliano D'Antonio a tout pour séduire: un beau look et une incroyable maturité pour un garçon de dix-neuf ans; une expérience de la citoyenneté participative au conseil consultatif des jeunes qu'il a dirigé jusqu'en 2005, avant d'abandonner ses études; une capacité à débattre, à convaincre; un charme sous-jacent. En catastrophe, ses instances doivent l'écarter de la vingt-sixième place qu'il occupe. C'est dans la précipitation qu'ils lui trouvent un suppléant et convoquent tous les candidats pour accomplir les formalités de dépôt d'une nouvelle liste. Ils viennent de découvrir une incroyable série de frasques : usurpation de fonctions, utilisation illégale de logos officiels, dépenses inconsidérées en location de limousines, abus de confiance, faux et usage de faux... La rumeur n'en finit pas dans les cénacles socialistes de colporter les fariboles du jeune Giuliano. " Il se faisait passer pour un député federal suppléant de Di Rupo, disait être reçu à Laeken par les princes, s'inventait des conversations avec des représentants des plus hautes autorités du pays, roulait dans sa voiture avec chauffeur vers d'imaginaires rendez-vous. " C'est assez difficile à croire, mais les faits se confirment même si ceux qui l'ont côtoyé au conseil consultatif des jeunes ne le reconnaissent pas dans ce portrait de mythomane et mégalomane.

 

Que lui est-il arrivé? Giuliano ne le comprend pas lui-même. Il a été surpris du coup de fil brutal de Jacques Van Gompel le convoquant pour obtenir sa démission. Quelques heures plus tard, la ville dépose plainte contre lui. Il se défend d'avoir voulu tromper qui que ce soit. Il était en campagne et représentait ceux qui le lui avaient demandé, comme le bourgmestre ou Jean-Claude Van Cauwenberghe qu'il côtoyait dans les cercles mondains. Il se sentait de leur monde.

 

Didier Albin- Charleroi, le séismeLa dérive de Giuliano pourrait amener à remettre en question la pédagogie du projet de conseil consultatif des jeunes de Charleroi. Pendant deux ans, son mandat de président lui a permis d'expérimenter l'engagement au sens noble du terme : s'investir pour la cause communale; contribuer dans l'ombre à faire avancer modestement les choses. La découverte des moeurs politiques du monde adulte semble lui avoir fait perdre tout sens de la mesure. Giuliano s'est mis à mener grand train, comme pour s'aligner sur le rythme de vie des gens de pouvoir avec lesquels il salonnait.. C'était sa façon de reproduire, avec les outrances maladroites de son âge, sa vision des mandataires élevés au rang de potentats. Dans le strass et les paillettes, les limousines et les réceptions, Giuliano a oublié les devoirs de la fonction pour ne plus en garder à l'esprit que les plaisirs. Mais n'était-ce pas le spectacle que d'aucuns lui offraient lors de ses missions de représentation : l'étalement de signes ostensibles de pouvoir et d'argent, le prestige des titres ou de la popularité des noms. Par mimétisme, il est entré dans le système. Il s'est inventé un univers, anticipant ce qu'il voulait devenir : député ou ministre. Il a fait une ardoise de plus de 20 000 euros. Cette histoire est une fable qui ouvre les yeux sur des déviances. D'aucuns y percevront les prémisses d'une décadence. La fin d'une conception de la politique.

 

21:56 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, je seme donc j entends |  Facebook |

22/11/2006

J'abhorre! (sur un air de Katherine)

scagliolahttp://belgologie.be/article.php3?id_article=136

 

Ils le disent haut et bien dans les registres qui sont les miens...Et ça tombe bien car j'ai autre chose à faire : le pape m'attend!

12:40 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, je seme donc j entends |  Facebook |

08/11/2006

Erotisme… et Bobos : la diversion organisée

France invisibleParler des bourgeois bohèmes, c'est ne pas parler des pauvres

Dans un article paru dans un ouvrage collectif, La France invisible, Xavier de La Porte met en parallèle le destin du néologisme « bobo » avec celui d'une autre expression, « travailleurs pauvres », qui qualifie les salariés dont le revenu n'est pas suffisant pour leur assurer un niveau de vie correct : on peut avoir un emploi et être SDF.

Les deux termes sont nés aux Etats-Unis, le premier à la fin des années 70 (« working poors », en VO), le second en 2000 avec un livre intitulé Bobos in paradise.

Le premier a mis quinze années à traverser l'Atlantique, le second n'a eu besoin que... d'un mois !

Autre différence, et de taille: le premier fut créé par des chercheurs pour décrire une réalité économique et sociale et désigne effectivement une nouvelle classe, comptabilisée comme telle dans les statistiques américaines. Le second est le fruit des élucubrations brillantes mais subjectives d'un journaliste new-yorkais, David Brooks.

Pauvres travailleurs pauvres! Les médias français continuent de s'étonner, vingt-cinq ans après, de leur existence, comme le prouve Xavier de La Porte, moult citations à l'appui. Heureux bobos! Eux se sont retrouvés accommodés à toutes les sauces, tout simplement parce que les journalistes s'identifient à cette catégorie d'autant plus floue qu'elle n'est pas sociologiquement définie. Annick Rivoire, première à écrire sur les bobos dans Libération, le reconnaît, tout comme un chercheur qui s'est résolu à utiliser le mot pour attirer l'attention sur ses travaux.

Renaud, si adroit à dézinguer les bourgeois beaufs il y a quelques années, a donc, en attaquant les bourgeois bohèmes, pris pour cible une hydre chimérique, une forêt tendance qui cache l'arbre de la réalité sociale.

Car il s'agit bien de cela : pendant qu'on parle de bobos, on ne soigne pas les plaies

SAMUEL GONTIER -TÉLÉRAMA 2963 -25 OCTOBRE 2006

23:41 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, je seme donc j entends |  Facebook |

31/10/2006

Everybody says "help"

Halloween, c’est l’occasion de semer en roue libre…Wes Craven n’est pas le seul à avoir exhumé « le Cri » de Munch.La marque Spa, fidèle sur d’autres points, l’avait fait avant lui.« Scream », c’est le visage. « Spa », ce sont les teintes, la présence de l’eau, et le même désespoir. Dans le tableau de Munch, l’onde qui parcourt l’ensemble du tableau traduit l’idée que c’est le monde entier métaphorisé par le paysage qui pousse le cri. La même onde secoue le costume du pierrot. C’est la douleur d’exister dont il est question.Pierrot crie

Quand j’étais enfant, sur la tablette de la cheminée, à droite, se trouvait un thermomètre de la marque « Spa », un thermomètre dont le bleu intense me réjouissait, avec son pierrot rouge vif. Juste devant, trônait un grand pot de Nivea. Grand pour mes petites mains. La cheminée, c’était le fief de mon grand père. Le matin, il descendait, se mettait devant la cheminée, les deux mains posées sur la tablette. Il se regardait dans le grand miroir. Puis, il prenait le grand thermomètre Spa. Un joyeux filet rouge indiquait la température. Il faisait toujours bon.

Mon grand-père se rasait devant la cheminée. Avec un blaireau, un stick de savon qui sentait l’eau de Cologne. Puis il se mettait de la Nivea. Le bleu de la boite de Nivea ressemblait au bleu du thermomètre Spa.

Petite, je n’ai jamais vu le Pierrot de près : la vision de ce fabuleux outremer et de ce rouge écarlate me suffisait.

Je regarde le Pierrot. Il ne paraît pas réjoui du tout. Son visage est blême. Il est même verdâtre. Vert de quoi ? Pour certains, le vert est la couleur de l’espoir, pour d’autres, celle du courage. On dit aussi "vert de rage". Il est interdit. Il vit un drame. Il est figé dans la posture d’un drame qui ne s’arrêtera pas. Il a quelque chose d’expressionniste dans le visage. L’eau, l’onde, ce bleu, ce rouge, dans ses nuances, ce sont des éléments que l’on retrouve dans le Cri de Munch. Le cri du pierrot est muet. Le pierrot a des oreilles. S’il se cachait les oreilles, comme le personnage de Munch, il ne pourrait pas contenir le flot. Or, il est là pour ça. Sa bouche mime : « hou ! ». La bouche du personnage de Munch mime « en » et, peut-être, muse-t-il. « hou ! Je n’y parviendrai pas » semble penser Pierrot. C’est clair…la pression est trop forte ; il n’est pas en mesure de contenir le flot. En dessous, il y a aussi le thermomètre. Le flot et la température, c’est trop de pression pour Pierrot. C’est pour ça qu’elle a regardé ailleurs. Et c’est pour ça qu’il se tait. Ce qui se débonde, c’est son désir à elle. Son désir dont il ne viendra pas à bout parce que l’enfant est là. Danielle, rose rouge comme chez Grimm. Rouge, ça claque comme un drapeau. Ca parade militairement et tout le monde pense. Qu’est-ce qu’ils pensent ?

Mon grand-père parlait peu, et jamais à ma grand-mère.

Je ne m’en rendais pas compte. Je ne me suis jamais demandé pourquoi.

Elle me mandatait près de lui : « demande-lui une petite paie ».

Il donnait. Je retournais donner l’argent.

Jamais je ne les ai vu parler.

Dans la famille de mon père, c’était pareil.

Bien après sa mort à elle, il disait qu’elle l’avait choisi entre plein de gars.Elle plaisait beaucoup. Mais c’était lui qu’elle avait choisi. Elle disait qu’il dansait bien.

C’est à l’age adulte que j’ai appris que Danielle était l’enfant d’un autre.

Dans la famille de mon père, c’était pareil.

Voilà comment j’ai grandi dans le silence.

Voilà comment le monde crie en silence.

scream

19:39 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je n ecris pas, je seme donc j entends, peinture |  Facebook |

30/10/2006

La disneylandisation du fondement II

Erotisme et engagement

 

Quand on ne connaît pas, comment fait-on pour digérer le monde d’Araki ? On lit la doc, je suppose. Ca met en perspective, ça rend acceptable, ça met la trivialité à distance, ça justifie, ça esthétise peut-être. Du coup, je me sens mieux à l’idée de regarder des gros plans de vulves. Ca va finir par m’intéresser. Je suis comme ça, moi.

 

Parce qu’elles relèvent de traditions séculaires, les pratiques auxquelles se plient ces corps-machines trouvent une légitimité renouvelée dont le caractère convulsif m’évoque pourtant des scènes vues maintes fois quand on m’emmenait visiter des zoos, enfant : les singes se masturbaient. J’ignore à quelle fréquence ils le font à l’état naturel, mais dans les zoos, pour ce que j’en ai vu, c’était grave, docteur…Ach! les affres du désoeuvrement!

 

Ce qui m’a également intéressée, c’est l’envie de généralisation que suscite l’accumulation de scènes du même style. Sans doute tout Tokyo ne se livre pas à ce genre de pratiques : simplement l’empilement crée un effet métonymique qui pousse à le croire. Alors, l’individualité est gommée et l’on dirait qu’ils sont tous agis par « quelque chose » qui les dépasse. Schopenhauer disait que nous étions mus par ce qu’il appelait le « vouloir-vivre », une motivation de nature phylogénétique (propre à l’espèce) : l’espèce veut, doit se perpétuer et elle ne peut le faire qu’à travers l’individu. Inspiré par la cosmologie hindoue, Schopenhauer disait que pour assurer son dessein, l’espèce avait jeté devant nos regards crédules un voile d’illusions (la « maya ») où se cristallise l’amour.

 

L’amour est un tissu mythologique. Il nous enrobe dans un cocon narratif dont l’essence même est la litote : nous soustraire à la trivialité ! S’il vous plaît ! Et tiens…« célébrer l'Erotisme (avec une majuscule, of course) loin des ghettos du sexe, des étiquettes étriquées ou des néons glauques des sex-shops…(et le promouvoir) comme une mise en scène du désir, l’expression raffinée de cette pulsion de vie (EROS) qui nous traverse jusqu’à la mort », écrivent ces dames d’ »au bord d’elles »...(www.aubordelle.be) . Et certes, l’amour, la narration, la mythologie ont pour effet de travestir la pulsion : par la vertu de l'euphémisme, on baise sans même avoir l'air d'y toucher, ce qui confère une grâce dont bénéficient les gens qui usent de sex toys Sonia Rykiel mais dont sont privés les gros nazes qui ont le mauvais goût d'acheter leurs accessoires dans les sex shops glauques. Ainsi transcendés par le discours , le désir et ses corollaires exercent à leur tour un effet cosmétique bien plus radical, me semble-t-il : celui de soustraire notre attention à l’horreur qui nous entoure.

 

Tout à l’heure, en évoquant les singes, j’ai pensé aux bonobos que j’ai longuement observés dans le cadre d’une recherche. Comme chacun sait la sexualité en groupe a pour vertu, dans leur société, de réguler les tensions sociales. On a également constaté que les essais nucléaires récemment pratiqués en Corée ont eu pour effet d’accroître de façon significative l’activité sexuelle de la population.

 

J'ai le mauvais goût de postuler que l’érotisme n’a pas seulement pour effet d’habiller la pulsion : il disneylandise l’horreur de notre réalité (si vous ne voyez pas de quoi je parle, je veux bien expliquer mais vos enfants auraient tout intérêt à ce que vous ouvriez les yeux sur le champ). Il esthétise, transfigure la pulsion mais sa finalité consiste à faire diversion quant à l’essentiel : le caractère désespéré de notre condition.

 

A ce travestissement qu’il tenait précisément pour un déni du réel, Schopenhauer proposait une alternative qui résidait selon lui en l’art, la spiritualité et l’activité intellectuelle.

 

En quoi ces suggestions conviennent-elles à l’époque actuelle? Un début de réponse tiendrait peut-être en une réflexion sur l’éthique et l’engagement.

 P.Mignone.bonobos-2000

 

La réalisation pour laquelle j'ai observé les bonobos. Il s'agit d'une peinture murale de 2,70m de large réalisée en média mixtes

21:07 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je seme donc j entends |  Facebook |

21/10/2006

Semiologie et marketing : blanche IPod et ses sept clones

calvin-and-hobbes

 

Sorry, les amis : j'ai toujours pas le temps de pondre de vrais aphorismes de mon crû. Voici encore un texte scanné, OCRisé, retouché (pour ne pas vous accabler avec des mots pas indispensables...je me demande d'ailleurs si l'auteur appréciera que j'aie retouché, donc, silence, svp). Tout de même, j'ai bossé un petit peu, finalement... Patricia

 

Dans les manuels d'éducation économique et sociale de demain, peut-être appellera-t-on la révolution numérique la « révolution blanche ». Car le blanc est partout. Voyez plutôt : Wii, la future console Nintendo (I), qui promet de transformer radicalement le jeu vidéo en détectant les mouvements du joueur dans l'espace, se présente sous la forme d'un petit boîtier blanc; et Sony vient de lancer, cet été, une nouvelle PlayStation Portable (PSP), qui n'a de neuf que son revêtement plastique, blanc. Style épuré directement inspiré par le produit phare des loisirs numériques, l'immaculé iPod (la Rolls des lecteurs MP3) et sa ribambelle d'accessoires laiteux (…).

 

Dans les manuels d'éducation économique et sociale d'hier, au chapitre «Marketing », on apprenait à distinguer les produits blancs - l'électroménager - des produits bruns: ordinateurs, chaînes hi fi... Aujourd'hui, les produits blancs ont pris des couleurs, et les produits bruns les plus tendance sont devenus blancs. Pourquoi ? Parce que le consommateur moderne, l' hyper-consommateur», comme l'appelle le sociologue Gilles Lipovetsky (2), est à l'affût d'expériences émotionnelles nouvelles, et que, dans l'univers des produits technologiques haut de gamme, le blanc semble particulièrement au goût de cet esthète à la carte... Bleue. (…)

 

Grâce à une texture blanc nacré, Apple a réussi à faire d'un disque dur - car un iPod n'est après tout qu'un disque dur - un objet de désir. Malgré un prix déraisonnable, le baladeur MP3 s'est écoulé à 58 millions d'unités dans le monde. Pourtant, l'iPod ne roule pas des mécaniques, non, son design a la douceur du lait maternel. Une « féminisation» stylistique en phase avec l'époque, où la consommation est plus émotionnelle que démonstrative. Chez Sony, avec cette nouvelle PSP, on rêve de faire aussi bien, aussi blanc. «Le but est de rendre cette console plus attractive pour les femmes, en proposant un design plus "classieux", un objet qui ressemble à un écrin », explique Nicolas Thévenin, chef de produit chez Sony. En fait, la PSP « blanc céramique » (son nom officiel) offre un blanc chimique très pur, comparable à la porcelaine. Un blanc «plus blanc que blanc ». Autrement dit, Sony se lance dans une quête du super blanc. « On a toujours cherché à aller au-delà du blanc, explique l'historien des couleurs Michel Pastoureau dans Le Petit Livre des couleurs (3). Au Moyen Age, c'était le doré qui remplissait cette fonction : la lumière très intense prenait des reflets d'or, disait-on. Aujourd'hui, on utilise parfois le bleu pour suggérer l'au delà du blanc : le freezer des réfrigérateurs (plus froid que froid), les bonbons à la menthe super forte... »

 

Mais revenons à nos (blancs) moutons: iPod, PSP, Wii, ou encore Nabaztag (ce petit lapin relié par ondes Wi Fi à votre ordinateur et qui remue les oreilles pour signaler que vous avez un nouveau message dans votre boîte e mail); ces nouveaux objets de communication couleur d'albâtre, tout en rassurant l'acheteur, parviennent à réconcilier objets fonctionnels et objets haut de gamme. Ce que les professionnels du marketing appellent le « massetige », contraction de masse et de prestige. Sauf que le blanc a lui aussi du souci à se faire : le rose bonbon commencerait déjà, dit on, à gagner du terrain...JEAN PHILIPPE PISANIAS

 

(1) Cette nouvelle console de jeux sera commercialisée en décembre.

 

(2) Le Bonheur paradoxal (éd. Gallimard).

 

(3) Ed. Panama.

 

ps : si vous aimez détricoter les images, suivez Monsieur Ka

 

http//laboiteaimages.hautetfort.com/

22:21 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je seme donc j entends |  Facebook |