22/10/2008

Tiphaine

img352Pour découvrir ce que fait Tiphaine, cliquez sur l'image.

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18/08/2008

Gare du Nord

1.Johan muyle – Bxl – Gare du Nord

Voilà quelques photos de la fresque de Johan Muyle à  la gare du Nord.
Enfin, ce n’est pas une fresque : les gens emploient ce terme pour désigner une œuvre murale de grand format.
Et elle n’a pas été réalisée mais conçue par Johan Muyle.
Je vous ai déjà dit ici mon enthousiasme pour le travail de ce plasticien. J’assume toujours ce que j’ai écrit et donc, je vous épargne la surenchère.
Pour un commentaire intelligent sur la réalisation de la gare du Nord, retournez à ce post-ci.

Et donc, les voilà seulement, ces photos. Presque deux ans après m'être promis d'aller visiter ce lieu. Voyez si je suis fidèle.

Hélàs, les photos ne sont pas belles : passées par photoshop et postées sur le blog, elles sont trop claires. J’aurais du prendre le pied de mon appareil et laisser poser plus longtemps pour avoir plus de lumière sur place. Mais le quartier de la gare du Nord a mauvaise réputation et j'ai préféré la faire brève et légère.

La présence d’Amandine sur certaines photos donne l’échelle.

Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 1Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 2Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 3Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 4Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 5Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 6Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 7Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 8Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 9Johan muyle – Bxl – Gare du Nord 10

 

14:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j ai des visions |  Facebook |

02/08/2008

Vert

Au début des portraits, je me demandais dans quelle couleur réaliser les ombres sur la chair. Quand le moment est venu, je vois. Mais là, je ne voyais rien. La première fois, j’ai essayé un glacis noir. Quelqu’un a qualifié ce premier portrait d’ectoplasme et il avait raison : ces ombres noires lui donnaient un air de macchabée. Mon seul vrai macchabée date de mon passage chez l’entrepreneur de pompes funèbres (cfr les tags « humeurs funèbres »). Il était joliment fardé et je lui trouvais un air plutôt bonhomme. Mais on m’a dit que parfois, ces gens-là avaient des marques noires dans les sillons naso-génien et ailleurs qui donnaient un petit air de Michael Jackson dans « Thriller ».

J’étais trop bête de me prendre la tête alors qu’au 19eme, on a tout fait dans toutes les couleurs … Et puis, j’ai fini par trouver : suivant les zones, je fais les ombres en sienne brûlée, terre brulée, en brun Van Dijck, en violet d’Egypte. Relax.

Rossetti- Helene de TroieIl y a quelques années, j’ai visité une expo consacrée à Dante Gabriele Rossetti à Amsterdam. Rossetti a réalisé les portraits de quelques rousses londoniennes à la peau très blanche et ses ombres étaient vertes. On le voit clairement sur ce portrait d’Hélène de Troie. Ce n’est singulier qu’en apparence : les gens qui ont la peau diaphane révèlent des veines aux couleurs bleues et vertes et j’ai déjà vu des ombres vertes sur des peaux très blanches…
Comme je fais ça constamment, je vois des choses qui peuvent échapper à un oeil profane : c’est le fruit de l’expérience.
Il y a autre chose, d’ailleurs : c’est que la représentation précède la perception et que l’on perçoit en fonction de préfigurations mentales qui nous permettent, par exemple de combler des lacunes mais aussi infléchissent notre perception en fonction de ce qu’on « sait » de l’objet : c’est ce qui nous rend invraisemblable l’idée d’ombres vertes sur la peau.

A une époque, j’ai logé au 4eme étage à Bruxelles. C’était l’hiver et je voyais le jour se lever sur les toits de Saint-Gilles. Un matin, j’ai vu une aurore verte. Et je me suis rappelé une peinture de Maxfield Parish où le ciel était vert. A l’époque, j’y avais vu l’effet d’un maniérisme quelconque…. Ouvrez l’œil : vous ferez des découvertes.

Tout ça pour dire que je vois maintenant du vert  sur les visages et que j’en mets dans les ombres. Pour fêter ça, si ça vous dit, cliquez sur le portrait d’Hélène de Troie.

07:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j ai des visions |  Facebook |

01/08/2008

Diva Lady

Diva LadyVoici une illustration pour le post précédent : une mise en perspective rigolote de l’iconographie du marketing de masse des années ’50 -’70 dans « Diva Lady » de Divine Comedy, avec la tête bouffonne de Neil Hannon.

Roland Barthes n’est pas loin.

Pour voir ce clip ineffable, cliquez sur l"image.

Un petit Fernand Khnopff pour ne pas finir la soirée idiote.

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23:09 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, j hallucine |  Facebook |

24/07/2008

Martine à Arles

Martine et moi avons passé la journée à Arles. Martine pour le musée Réatu qui avait été entièrement colonisé par Christian Lacroix. Moi pour les rencontres photographiques dont le commissaire était Christian Lacroix.
Martine a découvert la cuisine libanaise. Moi, j’ai mangé des abricots devant un ventilateur du musée Réatu.

En photo, je n’ai pas vu ce que je connaissais (snif, Avedon) et n’ai donc fait que des découvertes. Je n’évoquerai que ce qui m’a touchée.

Première expo dans une chapelle réaffectée : Marcus Tomlinson. Quelques grandes photos qui avaient la luminosité des diapositives.  Un spot projetait une lumière de couleur variable sur chacune des photos et, suivant la couleur, différentes zones des volumes étaient mises en lumière.
Au centre, sur un écran, défilaient une série de photos dont la succession constituait un film où l’on voyait des personnes costumées façon Philippe Decouflé effectuer une chorégraphie expressionniste sur une musique qui m’a plu et dont je ne sais plus rien dire… Regardez le site de Marcus Tomlinson : ce ne sont pas les photos que j’ai vues mais cela vous aidera à comprendre de quoi je parle.

Tim WalkerMartine s’est passionnée pour les photos de Tim Walker qui crée des mises en scène ironiquement inspirées de l’univers des contes. C’est ludique et pétillant comme l’univers de Martine. En cliquant sur la photo de Tim Walker vous en verrez une série d’autres. En grand format, c’est mieux.
Jean-Eude(Tiens, en passant, voilà une photo de l’intérieur de « Petit Béguin », la boutique de Martine à Uzès. Dans le miroir, à droite, on devine le buste impudique d’hier).

Pas particulièrement esthétiques mais intéressants et ludiques : les autoportraits de Samuel Fosso. Enfin…ce ne sont pas des autoportraits : Fosso crée des situations impliquant des personnages ou des types connus : Bokassa, Mobutu, Césaire, le play-boy, la femme libérée… et il s’attribue le rôle. Ces mises en scène évoquent celles de Malick Sidibé qui, dans son studio de Bamako mettait en scène ses contemporains. Ce style n’est d’ailleurs pas étranger à la photo de studio telle qu’elle se pratiquait naguère chez nous. Les mises en scène de Fosso sont assez comiques et, dans la mesure où Fosso est plutôt beau gars, c'est assez plaisant.

Avec Pierre Gonnord, et Guido Mocafico, nous entrons dans la catégorie des « idoles ». Ce sont mes découvertes fabuleuses de ces rencontres.

Pierre GonnordPierre Gonnord vit et travaille en Espagne. La série exposée à Arles se compose de portraits de laissés pour compte rencontrés dans la rue. Les photos font plus ou moins 1 mètre de coté. Les personnes posent devant un fond neutre. Elles sont éclairées en clair-obscur et photographiées avec une précision étourdissante. La plupart des visages portent des blessures, des cicatrices; des dents manquent ; les cheveux sont ébouriffés. Les personnes sont visiblement éprouvées par l'existence. En même temps, ainsi photographiés, la plupart de ces visages dégagent une dignité qui donne une puissance étonnante aux portraits de Gonnord. Ce style très pictural me fait penser aux portraits d’Ingres.
 

Pour les photographies de Guido Mocafico, je copie-colle paresseusement le texte de la fiche des Rencontres : “Le jour où un spectateur regardant mes tirages m'a demandé pourquoi j'avais photographié des tableaux, j'ai compris que mon but, l'illusion, était atteint» dit Mocafico.

Guido Mocafico revisite les grands peintres de nature morte des XVlle et XVlIle siècles. Natures mortes de table, bouquets et vanités reprennent, dans une étude obsessionnelle des rapports de lumière, de couleur et de texture, les codes de composition des natures mortes de Pieter Claesz, Jan Bruegel, Jan Davidsz de Heem, Jean Baptiste Siméon Chardin ou Abraham van der Schoor...
Ces peintures imitaient la nature. Guido Mocafico imite la peinture, d'après nature. La mise en abyme est double, le spectateur induit en erreur.

Notez que Mocafico a realise ses images avec le concours d’un styliste culinaire, d’un set designer et de stylistes fleurs.

Ca se passe ici

22:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie, j ai des visions |  Facebook |

19/07/2008

minis minous et autres sujets captivants

minuit Pendant que j’étais au loin, occupée à me faire perforer les tendons d’Achille par les moustiques d’Uzège, the dark side of my mind – entendez Minuit, ma mini chatte noire – a fugué durant 4 jours. 4 jours d’inquiétude pour la voir rappliquer avec de grands cris dès que je l’ai appelée.

Une autre surprise sur laquelle on ne va pas s’énerver : J’ai vu de mes yeux « l’Origine du Monde » de Gustave Courbet. Eh bien, le tableau est tout mini – grandeur « nature », en fait : quelque chose comme 40/50 cm.
L’expo est coproduite par le Metropolitan de New-York et le Grand Palais à Paris et elle achève son parcours au Musée Fabre à Montpellier où je l’ai vue.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sinon le plan minou – qui est loin d’être le seul sujet d’intérêt et le seul motif pour lequel Courbet fut mis au pilori - l’expo présente de nombreux autoportraits lesquels, un peu à la manière des autoportraits de Rembrandt, permettent de constater les ravages du temps. L’ensemble conjoint fonctionne un peu comme une vanité. Par ailleurs, il y a une toute grande différence avec la façon dont procédait Rembrandt : à l’époque de Courbet, les peintres collaboraient avec des photographes et travaillaient finalement peu sur le motif.
On a particulièrement reproché à Courbet le réalisme « répugnant » avec lequel il figurait le corps féminin : l’hypertrophie des hanches, les fossettes dans le dos (c’est le langage de Théophile Gauthier), la lascivité des postures, les corsages défaits… Tout cela va à l’encontre de la figuration académique qui soumettait la représentation à des canons.
A l’opposé d’un Ingres qui, par souci esthétique, trahissait parfois la vérité anatomique, Courbet n’estompe pas les formes dans le sens d’une esthétisation mais, fréquemment, les accentue, au contraire, notamment par le travail sur la lumière. L’influence de la photo y est pour quelque chose : celle-ci permet de s’attarder sur ce que l’on voit et de s’approcher davantage du réel.
Par ailleurs, le fait de figurer des scènes de genre d’après une mise en scène photographiée met également à mal la représentation académique : dans la réalité, les gens ne sont pas tous tournés dans la même direction (à savoir, face au spectateur, comme dans la mise en scène dramatique classique)…ce qui nous donne parfois des gens vus de dos…de la même manière que chez Degas - qui fait intervenir la notion de hors champ - on a des gens, des objets, des chevaux, coupés en 2 ou dont on ne voit pas le visage.

A Montpellier, juste en face du très beau musée Fabre, j’ai visité l’expo consacrée aux photographies de WeeGee qui pratiquait une forme de réalisme d’un genre parfois comparable à celui de Courbet. Parmi les reproches exprimés à l’encontre de Courbet, on note l’intérêt pour des sujets mineurs (« Un enterrement à Ornans » est comme la réponse en mode mineur au « Sacre de l’Empereur » de David. On n’y voit que des inconnus célébrant un événement sans intérêt pour la nation et l’Histoire…). De même, si l’on compare la correspondance de Courbet aux déclarations de WeeGee, on s’aperçoit que l’intérêt pour les sujets mineurs (chez WeeGee, la fréquentation des milieux interlopes et, à titre de photographe de presse, le travail de nuit qui l’amenait à se cantonner à l’univers du fait divers) relève d’une stratégie ayant pour vocation de faire la différence et, donc de se distinguer. Dans sa jeunesse, Courbet se réjouissait de susciter la polémique qui, disait-il, donnait le mesure de l'importance qu'on lui prêtait.

23:01 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

28/06/2008

Maître / Maîtresse

Patricia MignoneC’est bête que l’usage refuse à « maîtresse » certaines nuances propres à « maître » : on dit « un tableau de maître », pas « de maîtresse »…Heureusement, grâce à moi, ça va changer.
Votre primitive wallonne préférée vend son premier tableau.

Le monsieur l’a vu il y a un an. Je crois que son souvenir est légèrement biaisé : il le croit beaucoup plus grand qu’il n’est. Or, c’est un tout petit format : 14/15 cm.
En plus, il semble avoir oublié que le personnage a le crâne fendu…

J’ai dit : « ça me flatte ». Il a répondu : « c’est moi qui suis flatté que tu acceptes de me le vendre ». Je sais pas ce qu’ils ont, tous ces gens, à croire que je ne veux pas vendre….

Appelez-moi désormais « maîtresse » : je ne vous frapperai  que si vous me le demandez.

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11/06/2008

Les Filles de Leucippe déménagent encore...

 

Jerome Considérant
Elle en tentent du monde, ces filles....

Ici, un pictogramme de Jérome Considérant.

cfr : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5161785/ruben...

 

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30/05/2008

Guernica

guernica

cliquez sur l'image.

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29/05/2008

I’m not Ada

Patricia Mignone - MadoCe n’est pas facile de trouver des modèles enfants.

Les amis me prêtent leur corps et leurs enfants les yeux fermés, les autres beaucoup moins. L’ombre de qui-vous-savez alourdit tout et, tant qu’à faire, même une femme, même en présence des parents semble capable de tout.

Un jour, J’ai obtenu qu’une petite fille pose pour moi, en présence de ses parents, of course.

Elle devait avoir deux ans et demi.

A l’époque, j’avais un projet. J’aurais voulu qu’elle prenne une pose précise mais elle ne l’a pas fait : les enfants, c’est turbulent. Alors, j’ai pris le parti de m’accommoder de ce qu’elle me donnait, de créer autour des postures qu’elle adoptait.

Patricia Mignone -Mado1Parmi tout ce qu’elle m’a inspiré, j’ai réalisé le tableau qui contient du texte. Quand je l’ai montré aux parents, ils ont eu peur. Ils trouvaient que ça mettait trop en valeur la féminité de leur petite fille et m’ont demandé de ne dévoiler ni son nom ni son adresse. Moi, c’est justement l'innocente évidence de sa féminité qui m’avait touchée. Cette petite fille m’avait beaucoup inspirée et j’avais en tête pas mal de projets mais…cette histoire m’a coupé le sifflet : je n’ai plus eu envie de rien.

Patricia Mignone- Mado21 tableau et deux photo-montages inspirés par la demoiselle en question.

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16/01/2008

Bon sang, mais que fait-elle?

Degas.Portrait de Monsieur et Madame ManetFaire sauter un enfant sur ses genoux?

caresser son chat,

entrainer ses chats à la communication non violente,

écouter son IPod,

faire son argenterie,

réaliser une tapisserie,

se curer les dents,

trier des haricots,

coiffer sa fille,

nouer le corset de sa vielle mère,

copier un tableau de Sisley,

faire un sort à ses comédons,

regarder ses caries dans un miroir,

repriser les chaussettes,

tricoter de la layette pour sa copine,

lire les oeuvres de Miranda July (les femmes qui lisent sont dangereuses),

faire du spiritisme,

jouer aux cartes,

regarder un DVD sur son MacBookPro,

moudre le café.

 

 Mon gentil prof dit que ce tableau de Degas est inconcevable sans référence au cadrage photographique.

L'univers de Degas intègre une dimension métonymique qui s'écarte de l'usage qui consistait à tout dire dans le tableau en incluant tout ce que le cadre devait contenir pour raconter quelque chose. Chez Degas, ce qu'on voit, en particulier les personnage et objets coupés, indexe l'existence d'un hors-cadre bien plus riche narrativement.

 

 Degas - Portrait de Monsieur et Madame Manet.

19:20 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, peinture |  Facebook |

18/12/2007

Choses vues : La fondation Rustin

RustinVisiter la fondation Rustin, située 38, Boulevard Raspail, c’est une affaire de volonté. D’abord, le lieu ne porte pas de numero. Ensuite aucun panneau n’indique que c’est là. Pour compliquer l’affaire, il faut faire un code pour entrer. Si vous parvenez à pénétrer dans la cour dans le sillage d’une personne qui connaît le code, il vous faut encore une certaine intuition pour savoir quelle direction prendre. Enfin, bien que vous soyez tout à fait dans les tranches horaires prévues, c’est fermé. Il suffisait de téléphoner, semble-t-il. Car la solution est là : ne pas débarquer sans RV (0142 84 46 35). A part cela, le lieu est très bien : c’est une grande salle située au premier étage, équipée d’un beau plancher et de canapés dans lesquels on peut prendre place pour feuilleter les publications qui ont été consacrées à Jean Rustin. Ce lieu est ouvert depuis février 2007 à l’initiative d’un duo de collectionneurs : un Belge et une Hollandaise qui achètent les œuvres de Rustin et les offrent à voir au public en une première fondation située à Anvers et maintenant, ici, à Paris.

 

Le style de Rustin a évolué vers une espèce de forme brute qu’il n’a pas toujours eue. Il est intéressant de noter qu’au cours de sa pratique il est passé de l’abstraction à la figuration, une figuration qui s’est dépouillée chemin faisant. Les personnages actuels de Rustin sont nus ou à demi-nus. L’idée ne viendrait pourtant pas de déclarer que ce sont des nus, sujet revêtant la plupart du temps une dimension esthétisante ou érotisante. Il y a pourtant fréquemment trace de sexualité dans les tableaux de Rustin et l’on y voit beaucoup de sexes, ce qui ne rend pourtant pas son univers pornographique : on voit bien que ce qui domine, c’est la DepardonSanClementedéréliction. Les personnages se masturbent, ont des relations sexuelles un peu comme les animaux des zoos mal pensés : c’est le désespoir qui motive le geste, non une libido débridée ou perverse. On pourrait dire que d’un tableau à l’autre, Rustin dit toujours la même chose. Et ce n’est pas ce que disent Bacon ni Lucian Freud : c’est une forme de desespoir encore plus intense car les personnages de Rustin semblent avoir perdu le lien à eux-mêmes : leurs petites faces à mi-chemin entre celles des enfants et celles des vieillards évoquent plus l’univers de l’enfermement que celui de la dépression : le lien au monde et le lien à soi est rompu. L’état d’abandon où l’on voit ces personnages m’a fait penser aux photos de San Clemente, un asile psychiatrique auquel Raymond Depardon a consacré plusieurs reportages photographiques ainsi qu’un film documentaire.

11:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

16/12/2007

Choses vues

Varian FryeJ’ai commencé par l’expo consacrée à Varian Frye à la Halle Saint-Pierre. Vous ne savez pas qui c’est? Je l’ignorais aussi…Mais bon : si l’on ne s’intéresse pas à ce qu’on ne connaît pas, on n’avance pas.

Varian Frye fut l’homologue de Schindler, un Américain, le seul à s’être vu attribuer le titre de « Juste » pour avoir sauvé plus ou moins 2000 Juifs quand l’etat américain l’avait mandaté en France pour en sauver 200. Ayant largement outrepassé la mission qui lui était assignée, Varian Frye se fit désavouer par son pays. Qu’importe.

Sa tache consista principalement à évacuer des intellectuels de tous bords. C’est donc lui qui a facilité l’évacuation des Surréalistes. Walter Benjamin a également emprunté la même voie mais, par malchance, cet unique jour où Benjamin a cherché à passer, les douaniers ont refoulé le groupe. Affaibli par sa fragilité cardiaque, Walter Benjamin eut le sentiment de se trouver dans une impasse et, submergé par le désespoir, il se suicida.La Halle Saint-Pierre accompagne cet hommage à Varian Frye de nombreuses œuvres de surréalistes ou de proches. J’ai été particulièrement émue par la délicatesseHans Bellmer-Joe Bousquet des lithographies d’Hans Bellmer dont un portrait de Joe Bousquet dans un style très proches de celui de Dürer, tant par l’onctuosité du trait que par la justesse des rehauts et la vérité des sujets.

 

 Billy-Hells1Billy Hells 2Située rue de Seine, la Galerie Lumas est consacrée à la photographie. Elle a pour vocation de rendre la photographie plus abordable en effectuant des clichés en plus grand nombre (jusqu’à 150), ce qui vous permet d’acquérir une photographie d’Edouard Steichen pour 2000 €. Chez eux, j’ai découvert un duo de photographes allemands : Billy et Hells.

09:38 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, photographie, art |  Facebook |

13/11/2007

Yo! Un graphiste qui a des lettres, ça console.

Cette création de Max Tilgenkamp (à droite) est parue dans Le Soir de ce 13 novembre.Bacon-Tilgenkamp2 A gauche, un fragment de "3 études de figures au pied d'une crucifixion de Francis Bacon. (visez la gamme chromatique...)

22:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

12/11/2007

Je me souviens

Du Palazzo Vecchio. Et Madame Bernard se retrouve sans le savoir avec un bout d'Italie renaissante dans son hall d'entrée. Ne pas mentionner ses sources!PatriciaMignone1PatriciaMignone2PatriciaMignone3PatriciaMignone4

20:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : je peins, je n ecris pas, peinture, je m expose |  Facebook |

07/11/2007

Le Nouveau Monde

goyaJ’ai vu « Les Parasols », un carton de tapisserie de Goya qui m’a aussitôt fait penser au style de Giandomenico Tiepolo. Ca m’a donné envie de revoir une peinture inhabituelle de ce même Giandomenico où l’on voit un groupe de personnages vus de dos. Ces gens assistent à un spectacle forain. La fresque s’intitule « il mondo nuovo », fait 5 mètres de large et se trouve à la ‘Ca Rezzonico, un musée de Venise.

 

 Je me documente sur le sujet, me rappelle au passage que je viens de voir un beau film de Terrence Malik intitulé « The new world » et tombe sur deux beaux textes dont voici des fragments.

Pourquoi écrire quand d’autres le font si bien ?

 

 _tiepolo ca rezzonico« Ce qu’on voit ici, c’est l’envers, les coulisses, c’est le dos d’une trentaine de personnes, l’anti-portrait d’une foule.(…) nous sommes en coulisse, nous ne verrons rien du spectacle, nous n’en saurons rien, si ce n’est les mots que nous déchiffrons malaisément sur l’affichette, le titre de la fresque et, si nous prêtons l’oreille, le murmure qui monte de la foule curieuse : un monde nouveau ! Contentons-nous donc de regarder ces dos, ces nuques, ces jambes, mollets élégamment galbés des hommes, chevilles entrevues des femmes. Passons-les en revue indiscrètement puisqu’ils ne nous voient pas, qu’ils ignorent la présence d’un spectateur derrière eux.(…) Ce monde nouveau, alors que la révolution française renverse l’ordre ancien, alors que la République vénitienne décadente va tomber comme un fruit mûr devant Bonaparte, quel va-t-il être ? Une simple illusion, un rêve ? ou un gage de promesses, de bonheur, de liberté ? Cette peinture n’est qu’attente, que curiosité inquiète. »(1)

 

 Qorianka KilcherIl y a dans The New World la tentative d'une invention, ou d'une réinvention radicale de ce que peut vouloir dire « sentir » au cinéma, dégagée de toute considération spectaculaire, du sensationnel, de la recherche de « sensations fortes » justement. Là où la sensation, dans le « cinéma du spectacle », est provoquée par un assaut des sens, une accélération du montage et une explosion de décibels, ici, c'est grâce à la finesse avec laquelle chaque sens est tour à tour appelé, élevé, relâché puis repris, que la « sensation » advient.Il faut dire tout de suite que la sensation, telle que je l'entends, n'est pas qu'une vague impression sensible, on ne doit pas la confondre avec ce qui relève de la simple perception par les sens (l'ouïe, la vue, le toucher), ni de l'émotion que peut susciter un récit. La sensation serait plutôt de l'ordre de l'événement affectif et esthétique : elle résulte d'une perception complexe, envahissante, complète, et se présente sous le signe d'une expérience esthétique profonde, abolissant la distinction entre « le sentant et le senti ». Comme le note Deleuze, à propos de la peinture de Cézanne et de Bacon, la sensation est « à la fois je deviens dans la sensation et quelque chose arrive par la sensation. […] à la limite, c'est le même corps qui la donne et qui la reçoit, qui est à la fois objet et sujet. Moi spectateur, je n'éprouve la sensation qu'en entrant dans le tableau, en accédant à l'unité du sentant et du senti. »

Ce que The New World a de particulier, c'est que cet événement de la sensation provient tout entier de la « logique de la sensation », pour parler encore une fois comme Deleuze, que Malick a su déployer dans ce film et qui est au cœur de son sujet. En partant de ce constat, le film semble s'ouvrir, et sa force, apparaître intacte. Avant d'être politique, morale, littéraire, idéologique, romanesque, mythologique, ce qui intéresse Malick c'est de considérer la « relation » avec le Nouveau monde (Nouveau monde pour les Anglais, mais aussi Nouveau monde, à l'inverse, pour les Powhantas qui se déplacent en Angleterre) du point de vue de la « sensation » : filmer l'événement de sensations nouvelles (odeurs nouvelles, vue de végétations inconnues, textures nouvelles, mais aussi expérience du froid, de la peur, de la faim, de la douleur, de la folie), conjuguées à - ou engendrant - une rupture dans l'ordre et la saisie du temps (plongée dans ce qui semble être un rêve, ou encore un cauchemar).

Que peut vouloir signifier, sur le plan de la sensation, la découverte d'une nouvelle contrée, d'un nouveau peuple, d'une terre non défrichée à perte de vue ? Pour les autochtones, qu'a pu signifier l'apparition des premiers navires sur les côtes(2), le son d'une détonation d'un fusil, la vue des vitraux d'une cathédrale, des arbres taillés ?Comment rendre sensible ces complexes de sensation sans passer par des dialogues ou de l'action ? Comment rendre le temps d'une nouvelle expérience du temps, elle-même née du contact, du choc de deux compréhensions du temps, l'une cyclique, panthéiste, animiste, chevillée sur les processus de la nature ; l'autre calendaire, rationnelle, fondée sur la mesure, l'horlogerie, l'abstraction(3) ? Le mérite de Malick n'est pas seulement de présenter cette dichotomie et cette réflexion sur les « nouvelles sensations », mais de les faire passer uniquement par des moyens cinématographiques.

Il y parvient en intensifiant à un degré rarement atteint la « densité de réel » de ce qui est perçu grâce à l'utilisation (constant chez Malick) de la lumière naturelle, d'une pellicule 65mm(4)et à une direction photo stupéfiante qui donne le sentiment d'être constamment devant les choses, devant des peaux, des textures, de la lumière, d'entendre des sons neufs (« départ dans l'affection et les bruits neufs » écrit Rimbaud), se détachant l'un après l'autre sur fond de silence, ou pour « dialoguer » avec les voix des narrateurs et la musique. Le montage sonore et visuel est tout entier dédié à produire un rythme du monde, fait de battements, d'ellipses, d'entrecroisements lyriques, de temps superposés. C'est ce rythme qui organise les modulations de la sensation(5).

 

 1. Pour lire le texte complet, copiez-collez ce lien : http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2007/07/20/un-nouveau-monde-a-cote-de-la-biennale/

2. Pour lire dans son ensemble le texte d’André Habi, copiez-collez : http://www.horschamp.qc.ca/article.php3?id_article=213

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06/11/2007

Turner-Zao Wou Ki

Rien à voir...Turner-Zao Wou Ki

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Turner-Rothko

Toute coincidence est purement fortuiteTurner-Rothko

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31/10/2007

Rubens : l'Enlèvement des Filles de Leucippe

J'ignore hélàs qui est l'auteur de l'adaptation et où la photo a été prise.Rubens

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25/09/2007

question de point de vue

Le même à midi par Hans Holbein le JeuneHolbein_Christ

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 et à minuit par MantegnaMantegna_Christ_mort

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Personnellement, je préfère sa soeur (une aquarelle de Vania Comoretti)vania comoretti

22:21 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, peinture |  Facebook |

09/03/2007

Steven Assael

Steven AssaelCliquez sur l'image

 

 (ça doit vachement compliquer les bisous, ces parures-là...)

19:41 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

25/02/2007

Il y a dans les yeux d'Aurore

A l'encre des années écrites sur un livre d'or

 Toute une histoire qui brille

 C'est tout simplement sa vie

 Et les souvenirs

 Que je peux lire

 Vous emmènent danser

 Dans son passé

 Danse, danse, dansait Aurore

 Avec ton fiancé

 Danse, danse, dansait Aurore

 Et vive les mariés

 ......

 Un fragment de Pierre Rapsat

 

Aurora

 

Aurora a aimé le tableau avec les chaussures

 

Elle l'a célébré en dansant le flamenco

22:52 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, je peins, j ai des visions |  Facebook |

Si peindre comme Vermeer vous tente

JonathanJansonAnna_Borremans

 

Il vous suffit de suivre les cours de Jonathan Janson. Il vous expliquera tout de A à Z.

 

Avant de vous jeter à corps perdu dans l'entreprise, donnez vous la peine de découvrir son univers.

 

Car il faut voir ce qui vous plait, chez Vermeer : pasticher une écriture, c'est un bon début. Ce n'est pas le singe savant que vous lisez qui le niera. Mais il y a aussi ce que l'on a à dire et comment on le profère. Entre Vermeer et aujourd'hui, l'histoire de l'art a emprunté des voies qui ne permettent plus l'innocence.

 

Proche de nous, l'écriture du Gantois Michael Borremans s'ente également dans la tradition, le "métier". Mais il y a autre chose dans le discours que l'on peine à trouver dans l'univers de Jonathan Janson.

09:51 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

24/02/2007

Tchernobyl 26-04-1986

Tchernobyl Cliquez sur l'image

14:48 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions, art, peinture |  Facebook |

22/02/2007

Peindre, ça rend heureux

joyofpaintingC'EST EVIDENT, NON!?

13:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture |  Facebook |

21/02/2007

Les sept coings capitaux

coingStevenkenny.comMême pas capable de commettre des péchers, ce Steven Kenny.

16:54 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, peinture |  Facebook |

19/02/2007

les parures capitales - Johan Muyle

JohanMuyle

 

Dans le créneau "on s'amuse", comme en matière de marketing, la tradition veut qu'on laisse "un petit quelque chose" au visiteur afin qu'il se souvienne, à l'occasion de son expo au BPS22 à Charleroi, Johan Muyle avait conçu ce sympathique couvre-chef belge.

 

Admirez mon courage : ce n'est même pas sur mon crâne que je l'ai mis pour la photo.

 

Demain, jour de carnaval, c'est MON couvre-chef d'enfer que vous découvrirez.

21:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art, j ai des visions |  Facebook |

09/02/2007

Istvan Sandorfi

IstvanSandorfi.Charade

14:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture |  Facebook |

06/02/2007

Le marché des vanités

WillemDeKooningLa vraie nouvelle donne de l'année 2007? Les plus values sont si importantes dans le marché de l'art en vogue que tous les plus grands collectionneurs d'art contemporain - ou presque - font du commerce. La tentation est trop grande. Il n'est plus nécessaire de posséder une maison de ventes pour être prêt à céder au plus offrant tous ses Warhol et tous ses Basquiat. Pour le goût du jeu, pour le goût de l'argent. Pour acheter plus encore de jeunes artistes qui vaudront cher et qu'on pourra revendre et encore et encore. Je vends, tu vends, j'existe et je profite de la venue des nouveaux amateurs riches, nombreux et décidés à posséder.

 

C'est dans cette ambiance tumultueuse, hystérique et show off que s'est tenue la foire de Miami. Nourrie par cette anxiété du bénéfice, elle donne naissance à la professionnalisation du statut de collectionneur.

 

Art Basel Miami Beach est une foire à rallonges, dans toutes les acceptions du terme. (…) La palme de la proposition pertinente revient cette année à la galerie new-yorkaise Gavin Brown. L'oeuvre signée du Suisse Urs Fischer (né en 1972) occupait un espace de 8 m2, le reste du stand étant vacant. En fait, il s'agissait d'un espace vide dans lequel, en insistant du regard, on pouvait voir sautiller un paquet de cigarettes vide. Il était décoré d'un dessin caractéristique de chameau, tout ce qu'il y a de plus commun, pendu par un fil transparent qui le reliait très haut à un grand bras électrique qui permettait sa mise en mouvement. La jolie assistante de la galerie a parlé du principe d'addiction provoqué par la cigarette. Elle a aussi évoqué, en pouffant derrière ses mains, l'idée d'une blague de l'artiste. Un post ready-made vendu très rapidement pour 160 000 dollars.

 

A la plage, toutes les dames avaient les escarpins pleins de sable pour visiter les containers, version cheap de la foire. Le grand prix dans la catégorie, « Les pieds dans le sable» est décerné à Aaron Young et à sa galerie de New York Harris Lieberman. Le jeune homme s'est contenté de faire un trou sur le toit du container qui laissait écouler du sable dans la pièce rectangulaire vide dans laquelle entraient les visiteurs. Un sablier géant. Une préfiguration de la mort aussi avec le bruit des pelles des ouvriers qui versent le sable sur le toit métallique. Un excellent exercice de vanité pour cette foire qui le vaut bien.

 

Un papier de Judith Benamou-Huet dans « Art Presse 331 » - février 2007

 

Notez pour info que, quoi qu’en dise Paul Mac Carthy, dans le contexte décrit par Judith Benamou- Huet, un De Kooning ( Untitled XXV) s’est vendu en novembre pour 21.153.600 euros chez Christies à New-York. Si vous avez oublié le genre, le tableau en question est de la même eau que cet autre tableau de De Kooning. Et puis, si vous ne pouvez pas vous figurer ce que représentent 21.153.600 euros, rassurez-vous : on doit être nombreux dans le cas.

07:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art, je n ecris pas |  Facebook |

03/02/2007

J’ai vu une merde

Un truc de McCarthyCa me soulage de vous le dire. C’était un film d’un Paul Mac Carthy, peintre performer américain (of course), qui s’intitulait « painter » et constituait un objet artistique en soi. L’entreprise est élaborée : il accomplit une performance et la filme. La performance est subventionnée par le Moma de New-York, le film projeté au Moma et les merdes réalisées pendant la performance siègent au Moma sous le statut d’œuvres. Il ne perd pas le Nord ce type.

Dans le film, le type est jambes nues. Il porte une camisole blanche ainsi qu’une perruque et un maquillage dont la trouvaille est constituée d’un gros nez et de gants en latex qui donnent au personnage un coté pataud évoquant la Bécassine de Chantal Goya. Par son look, il fait référence à certains éléments de la culture de masse américaine que nous avons la chance de ne pas connaître. Il prétend devoir faire émerger quelque chose et scande des sons sur un mode frénétique sans oublier le nom de De Kooning qu’il répète en se donnant un air de malade mental, le tout assourdi par le latex. Dans la foulée, il balance des quantités de peinture sur des toiles de 4m2. L’idée générale consistant à parodier l’expressionnisme abstrait. Il singe les rapports névrotiques qu’entretient l’artiste avec son agent, pisse dans une plante, feint de se trancher un doigt au hachoir à viande et se fait humer le cul par un type qui joue le rôle du marchand. Dans la salle, des gens riaient. Tant mieux pour eux.

 

Les notions de « travail » ou de « qualité » n’ont plus cours dans le contexte actuel. Quand un artiste utilise Photoshop, c’est dans ses fonctions les plus rudimentaires et tout le monde s’en contente parce que – à commencer par les galeristes – sinon ses usagers habituels, personne ne connaît la complexité de cet outil. Dès lors, il suffit à un Paul Bury de touiller 3 secondes dans « le Bain » de Ingres avec le filtre «fluidité» et une œuvre est née.

 

C’est l’ombre de Duchamp qui hante tout ça. (Pour lui faire les pieds, j’ai passé son urinoir au filtre « fluidité » (celui de Bury). Ca a donc bien pris 3 secondes).

Inutile de dire que l’impression et l’encadrement prennent plus de temps que la réalisation et que le prix auquel un Bury a pu vendre son touillage du « Bain » n’a pas d’explication rationnelle. Ce n’est pas une œuvre qui se vend mais un nom.

Je n’ai pas vu le film de Matthew Barney. J’ai lu à son sujet qu’on avait eu le tort de le présenter dans une salle de cinema, ce qui amenait forcément les gens à le décoder avec les exigences qu’on impose aux films qu’on voit en salle. Or, disait le commentateur, le film de Barney était d’une indigence technique telle qu’une seule conclusion s’imposait : la place de ce qui prétend au statut d’œuvre est au musée, pas dans la ville. Le film de Mac Carthy m’a fait le même effet : si j’avais filmé le couple de morses qui me sert de voisins au saut du lit avec ma webcam, ça n’aurait pas été pire. C’était d’une indigence à gerber.

 

L’art n’a plus à faire état d’un quelconque savoir-faire. Ca c’est une idée complètement réac. Le propre de l’art aujourd’hui consiste à manifester le génie conceptuel de l’artiste et à se trouver dans des lieux qui proclament « ce que vous trouvez ici est de l’art ». Il ne s’agit que de continuer à vérifier la prégnance hypnotique du ready-made. Et tant qu’à faire, je parie que le fait de pisser dans la plante était un hommage à Duchamp, le Père Eternel.

 

Marcel Duchamp - LaToilette ready-made en 1917 et son avatar fluidifié

17:28 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, art |  Facebook |