29/03/2009

Trois heures à Anvers

barre
Toujours prévoir du temps en plus quand on fait un bout de route un peu long.

OLAF 1Au programme, il y avait donc Erwin Olaf au Musée de la Photo (rien à voir avec le Ssssomptueux Musée de Charleroi) situé Waalse Kaai, 47 où l’on se sent tout de suite bienvenu.

Depuis que je le connais, vu son nom de pirate, je croyais qu’Erwin Olaf était Scandinave mais non : il est Hollandais et il a moins de 50 ans.

David-LachapelleQuoique que moins mégalo par l’ampleur des moyens mis en œuvre, son univers photographique n’est pas étranger à celui de David LaChapelle actuellement exposé à La Monnaie à Paris : ils travaillent tous deux pour la pub et pratiquent dans leur approche artistique la même esthétique, le même gout pour les images léchées, le même regard, le même discours fondé sur le trash, la provocation, le porno chic (plus ostentatoire chez Erwin Olaf).
Nourri au lait de la culture de masse, depuis quelques années, LaChapelle s’est assigné une vocation messianique qui s’exprime à travers des compositions grandiloquentes requérant des moyens pharaoniques et inspirées d’une manière ou d’une autre de la peinture renaissante et classique avec quand même – toujours – des Blacks qui bandent et des femmes à poil… Non mais !


Chez Erwin Olaf, c’est un peu différent : plus intimiste et plus franchement orienté queer et SM : la focalisation sur les attributs sexuels est donc plus explicite, il y a du cuir, de l’appareillage SM et des gens qui tirent de vilaines têtes. Le SM, ça n’a pas l’air rigolo du tout.

Le mérite de cette expo consacrée à Olaf, c’est de montrer beaucoup de photos neuves.
Pour David LaChapelle, eh bin empruntez plutôt le DVD de Rize à la Médiathèque.
Allez ! Pour le rayon porno-chic, je serai parvenue à ne pas placer une seule fois le mot « cul ».

Ensuite, si vous êtes aussi tête en l’air que moi, vous traversez la grande place et vous rejoignez le Musée Royal des Beaux-Arts.
Une grande banderolle indique « Goya-Redon-Ensor ».
Je me demande ce qui m’arrive… Je commence à fonctionner de façon fort inquiétante comme un consommateur de culture de masse - vision confuse, absence de sens critique - : j’ai pris mon billet sur le nom de « Goya » sans tenir compte du fait que je n’aime pas du tout Ensor et que Redon est peut-être le seul symboliste que je n’aime pas. Ce type n’avait aucun talent. Je me demande comment il a fait pour passer à la postérité. Quant à Ensor, certains le tiennent pour le peintre belge moderne le plus important. Ah bon ?
Et puis, pour Goya, vous savez quoi ? Je n’ai même pas pensé que l’ensemble le plus important était au Prado où je les ai contemplées.
Et donc, c’est une expo de choses moches et rikiki mochement exposées dans une scénographie qui évoque les pays de l’Est dans les années ’50.
En résumé : n’y allez pas !

 

BEL400002D_1Je m’étais fendue de la location d’un audio-guide.
Quand je l’ai rendu, les deux personnes préposées à la gestion de la chose m’ont demandé si j’étais satisfaite. La dame m’a alors confessé qu’elle non plus n’aime pas Ensor. Pour me consoler, il m’ont indiqué une curiosité anversoise ou l’autre. Ils ont évoqué la gare. J’ai répondu que s’ils étaient branchés « gare », ils devaient voir celle de Liège, ce qui a donné l’occasion à la dame de me dire qu’en Féronstrée il y a un deuxième musée qu’elle n’a jamais trouvé. Voilà pourquoi j’étais là : pour indiquer à deux Anversois où se trouve le Musée d’Ansembourg : au bout de la rue Féronstrée sur la droite, face à un antiquaire, juste avant une place située sur la gauche où se trouve une église dont l’extérieur est polychromé.
Eh bin voilà ! Après Erwin Olaf, à Anvers, allez à Liège visiter le Musée d’Ansembourg, un très joli musée des arts décoratifs du 18ème.

Pour en savoir plus sur Erwin Olaf, cliquez sur la première photo

11:59 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, cinema |  Facebook |

22/10/2008

Tiphaine

img352Pour découvrir ce que fait Tiphaine, cliquez sur l'image.

21:28 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie, j ai des visions |  Facebook |

20/08/2008

Un air de

cicciolina2co

Pierre et Gilles pour cette très jolie (et trrrès photoshopée) photo de qui vous savez ....

Je ne connais pas l'auteur de la photo. Pierre et Gilles, peut-être?

13:17 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

15/08/2008

Days with my father

Philip Toledano

07:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

27/07/2008

Ashes and snow

Ashes and snow
Quand la fenêtre du site s'ouvre, cliquez sur "explore".

06:16 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

24/07/2008

Martine à Arles

Martine et moi avons passé la journée à Arles. Martine pour le musée Réatu qui avait été entièrement colonisé par Christian Lacroix. Moi pour les rencontres photographiques dont le commissaire était Christian Lacroix.
Martine a découvert la cuisine libanaise. Moi, j’ai mangé des abricots devant un ventilateur du musée Réatu.

En photo, je n’ai pas vu ce que je connaissais (snif, Avedon) et n’ai donc fait que des découvertes. Je n’évoquerai que ce qui m’a touchée.

Première expo dans une chapelle réaffectée : Marcus Tomlinson. Quelques grandes photos qui avaient la luminosité des diapositives.  Un spot projetait une lumière de couleur variable sur chacune des photos et, suivant la couleur, différentes zones des volumes étaient mises en lumière.
Au centre, sur un écran, défilaient une série de photos dont la succession constituait un film où l’on voyait des personnes costumées façon Philippe Decouflé effectuer une chorégraphie expressionniste sur une musique qui m’a plu et dont je ne sais plus rien dire… Regardez le site de Marcus Tomlinson : ce ne sont pas les photos que j’ai vues mais cela vous aidera à comprendre de quoi je parle.

Tim WalkerMartine s’est passionnée pour les photos de Tim Walker qui crée des mises en scène ironiquement inspirées de l’univers des contes. C’est ludique et pétillant comme l’univers de Martine. En cliquant sur la photo de Tim Walker vous en verrez une série d’autres. En grand format, c’est mieux.
Jean-Eude(Tiens, en passant, voilà une photo de l’intérieur de « Petit Béguin », la boutique de Martine à Uzès. Dans le miroir, à droite, on devine le buste impudique d’hier).

Pas particulièrement esthétiques mais intéressants et ludiques : les autoportraits de Samuel Fosso. Enfin…ce ne sont pas des autoportraits : Fosso crée des situations impliquant des personnages ou des types connus : Bokassa, Mobutu, Césaire, le play-boy, la femme libérée… et il s’attribue le rôle. Ces mises en scène évoquent celles de Malick Sidibé qui, dans son studio de Bamako mettait en scène ses contemporains. Ce style n’est d’ailleurs pas étranger à la photo de studio telle qu’elle se pratiquait naguère chez nous. Les mises en scène de Fosso sont assez comiques et, dans la mesure où Fosso est plutôt beau gars, c'est assez plaisant.

Avec Pierre Gonnord, et Guido Mocafico, nous entrons dans la catégorie des « idoles ». Ce sont mes découvertes fabuleuses de ces rencontres.

Pierre GonnordPierre Gonnord vit et travaille en Espagne. La série exposée à Arles se compose de portraits de laissés pour compte rencontrés dans la rue. Les photos font plus ou moins 1 mètre de coté. Les personnes posent devant un fond neutre. Elles sont éclairées en clair-obscur et photographiées avec une précision étourdissante. La plupart des visages portent des blessures, des cicatrices; des dents manquent ; les cheveux sont ébouriffés. Les personnes sont visiblement éprouvées par l'existence. En même temps, ainsi photographiés, la plupart de ces visages dégagent une dignité qui donne une puissance étonnante aux portraits de Gonnord. Ce style très pictural me fait penser aux portraits d’Ingres.
 

Pour les photographies de Guido Mocafico, je copie-colle paresseusement le texte de la fiche des Rencontres : “Le jour où un spectateur regardant mes tirages m'a demandé pourquoi j'avais photographié des tableaux, j'ai compris que mon but, l'illusion, était atteint» dit Mocafico.

Guido Mocafico revisite les grands peintres de nature morte des XVlle et XVlIle siècles. Natures mortes de table, bouquets et vanités reprennent, dans une étude obsessionnelle des rapports de lumière, de couleur et de texture, les codes de composition des natures mortes de Pieter Claesz, Jan Bruegel, Jan Davidsz de Heem, Jean Baptiste Siméon Chardin ou Abraham van der Schoor...
Ces peintures imitaient la nature. Guido Mocafico imite la peinture, d'après nature. La mise en abyme est double, le spectateur induit en erreur.

Notez que Mocafico a realise ses images avec le concours d’un styliste culinaire, d’un set designer et de stylistes fleurs.

Ca se passe ici

22:43 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie, j ai des visions |  Facebook |

21/07/2008

"A cette époque-là,

Willy Ronis

je songeais souvent tristement à l'aridité des relations entre les sexes, à la distance qui semblait séparer même la plupart des gens mariés. Je pensais que c'était lié au fait qu'il n'y avait pas de bidets dans les salles de bain".

Un fragment de "Eloge des Femmes mûres" de Stephen Vizinczey, un roman que Pierre a mis entre les mains de Martine qui l'a déposé sur ma table de nuit.
C'est un roman initiatique pudique, plein d'ironie et d'humanité et surtout superbement écrit.

Une photo de Willy Ronis

16:00 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : texte, photographie |  Facebook |

20/07/2008

Weegee

wg1-7 L'univers de WeeGee assorti de commentaires sympas.

Cliquez sur l"image

19:35 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

19/07/2008

minis minous et autres sujets captivants

minuit Pendant que j’étais au loin, occupée à me faire perforer les tendons d’Achille par les moustiques d’Uzège, the dark side of my mind – entendez Minuit, ma mini chatte noire – a fugué durant 4 jours. 4 jours d’inquiétude pour la voir rappliquer avec de grands cris dès que je l’ai appelée.

Une autre surprise sur laquelle on ne va pas s’énerver : J’ai vu de mes yeux « l’Origine du Monde » de Gustave Courbet. Eh bien, le tableau est tout mini – grandeur « nature », en fait : quelque chose comme 40/50 cm.
L’expo est coproduite par le Metropolitan de New-York et le Grand Palais à Paris et elle achève son parcours au Musée Fabre à Montpellier où je l’ai vue.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sinon le plan minou – qui est loin d’être le seul sujet d’intérêt et le seul motif pour lequel Courbet fut mis au pilori - l’expo présente de nombreux autoportraits lesquels, un peu à la manière des autoportraits de Rembrandt, permettent de constater les ravages du temps. L’ensemble conjoint fonctionne un peu comme une vanité. Par ailleurs, il y a une toute grande différence avec la façon dont procédait Rembrandt : à l’époque de Courbet, les peintres collaboraient avec des photographes et travaillaient finalement peu sur le motif.
On a particulièrement reproché à Courbet le réalisme « répugnant » avec lequel il figurait le corps féminin : l’hypertrophie des hanches, les fossettes dans le dos (c’est le langage de Théophile Gauthier), la lascivité des postures, les corsages défaits… Tout cela va à l’encontre de la figuration académique qui soumettait la représentation à des canons.
A l’opposé d’un Ingres qui, par souci esthétique, trahissait parfois la vérité anatomique, Courbet n’estompe pas les formes dans le sens d’une esthétisation mais, fréquemment, les accentue, au contraire, notamment par le travail sur la lumière. L’influence de la photo y est pour quelque chose : celle-ci permet de s’attarder sur ce que l’on voit et de s’approcher davantage du réel.
Par ailleurs, le fait de figurer des scènes de genre d’après une mise en scène photographiée met également à mal la représentation académique : dans la réalité, les gens ne sont pas tous tournés dans la même direction (à savoir, face au spectateur, comme dans la mise en scène dramatique classique)…ce qui nous donne parfois des gens vus de dos…de la même manière que chez Degas - qui fait intervenir la notion de hors champ - on a des gens, des objets, des chevaux, coupés en 2 ou dont on ne voit pas le visage.

A Montpellier, juste en face du très beau musée Fabre, j’ai visité l’expo consacrée aux photographies de WeeGee qui pratiquait une forme de réalisme d’un genre parfois comparable à celui de Courbet. Parmi les reproches exprimés à l’encontre de Courbet, on note l’intérêt pour des sujets mineurs (« Un enterrement à Ornans » est comme la réponse en mode mineur au « Sacre de l’Empereur » de David. On n’y voit que des inconnus célébrant un événement sans intérêt pour la nation et l’Histoire…). De même, si l’on compare la correspondance de Courbet aux déclarations de WeeGee, on s’aperçoit que l’intérêt pour les sujets mineurs (chez WeeGee, la fréquentation des milieux interlopes et, à titre de photographe de presse, le travail de nuit qui l’amenait à se cantonner à l’univers du fait divers) relève d’une stratégie ayant pour vocation de faire la différence et, donc de se distinguer. Dans sa jeunesse, Courbet se réjouissait de susciter la polémique qui, disait-il, donnait le mesure de l'importance qu'on lui prêtait.

23:01 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

05/07/2008

Il n'y a pas de vérité en photographie

avedon3Et il n'y a pas une seule vérité chez quelqu'un.
Mes portraits sont davantage un reflet de moi-même que des personnes que je photographie".

Richard Avedon

(Au Musée du Jeu de Paume jusqu'au 28 septembre). 

14:22 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie |  Facebook |

06/06/2008

petite souris

sourisqui dansait sur un cromorne.

Cette photo a au moins 25 ans.

Elle a été prise par Michel Waldmann chez les Baladins du Miroir.

J'ai recadré : ça ne se fait pas. Sorry, Michel.

11:46 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, j ai des visions |  Facebook |

05/06/2008

Prenez soin de vous – (les malheurs de Sophie - le retour)

Ca s’est déjà passé ici : http://lumiereincidente.skynetblogs.be/post/5235491/prene....

J’y reviens parce que j’ai le livre entre les mains.

 

sophie-calle-venise« Prenez soin de vous », c’est l’histoire d’une vengeance déployée avec une puissance inédite dans l’univers de Sophie Calle, démultipliée comme dans une chambre d’écho par l’interpellation organisée de plus d’une centaine de femmes ainsi que la mobilisation de supports d’expression dont on ne disposait pas jusqu’ici : à l’installation – actuellement montée à la Bibliothèque Nationale et dont on ne dit pas que du bien - succèdent un livre-objet contenant non seulement ce à quoi Sophie Calle nous a accoutumés - du texte, des fac simile, de la photo – mais aussi des dvd, autrement dit l’ensemble du contenu de l’installation hormis la scénographie. A cela, il faut ajouter que « Prenez soi de vous » a représenté la France à la Biennale de Venise, événement qui convertit cette vengeance en institution nationale, autant dire un séisme.

Dans l’intervalle j’ai découvert l’ensemble de ce qu’on peut trouver de Sophie Calle. On garde l’ironie, la poésie, le délire, une façon tellement unique de donner de la valeur à quelque chose d’insignifiant.

 

L’ampleur de l’événement donne-t-elle la mesure de cette douleur qui est loin d’affleurer pour la première fois dans l’oeuvre de Sophie Calle ?

Voilà ce type joliment tancé, démasqué, moqué. Voilà un beau lynchage intellectuel, une belle manière de dire collectivement à la confrérie informe des types sans courage qu’il vaut mieux rester seule qu’en compagnie de personnes qui se leurrent tellement qu’elles croient sauver la face en enrobant leur lâcheté dans une prose qui n’abuse qu’elles-mêmes. J’espère qu’après cela, la grande Sophie est soulagée. Mais, à dire vrai, j’en doute. A contempler le détachement (Laurie Anderson), le scepticisme (Ariane Ascaride), l’hébétude (Yolande Moreau), le sentiment d’humiliation (Aurore Clément) sur les visage et dans la voix de ces femmes, on comprend que la douleur subsiste et qu’on n’est pas en paix. Encore faudrait-il que le soulagement soit le but. Mais non : la lettre aura donné lieu à un événement.

 

Le carnet d'adressesAu moins aura-t-on ri, fait rire, penser ceux qui pensent et laissé dormir les premiers concernés sauf un, espère-t-on, qui se consume peut-être à jamais sur le bûcher de la honte, le foie rongé par un aigle noir (laissez-moi tout mélanger en paix). C’est si peu.

 

Notez que Sophie Calle elle-même, se défend d’avoir mis en cause cet homme : en dernière page du livre, elle écrit : « Il s’agissait d’une lettre. Pas d’un homme ». C’est rarement uniquement d’une lettre qu’il est question, en fait. Mais bon, le triste livret censuré de 4 pages évoquant la mésaventure du « Carnet d’adresses » a sans doute fait des petits. Pour rappel, Sophie Calle avait trouvé un carnet d’adresses qu’elle avait photocopié avant de le rendre à son proprio. Elle avait alors demandé à des personnes dont les coordonnées figuraient dans ce carnet de dresser le portrait écrit de son propriétaire. Rien de méchant. Les textes étaient parus dans Libération. Mais le proprio l’avait très mal pris et a fait empêcher la publication de ces textes. D'où ce livret maigrelet en mémoire.

23:49 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

29/05/2008

I’m not Ada

Patricia Mignone - MadoCe n’est pas facile de trouver des modèles enfants.

Les amis me prêtent leur corps et leurs enfants les yeux fermés, les autres beaucoup moins. L’ombre de qui-vous-savez alourdit tout et, tant qu’à faire, même une femme, même en présence des parents semble capable de tout.

Un jour, J’ai obtenu qu’une petite fille pose pour moi, en présence de ses parents, of course.

Elle devait avoir deux ans et demi.

A l’époque, j’avais un projet. J’aurais voulu qu’elle prenne une pose précise mais elle ne l’a pas fait : les enfants, c’est turbulent. Alors, j’ai pris le parti de m’accommoder de ce qu’elle me donnait, de créer autour des postures qu’elle adoptait.

Patricia Mignone -Mado1Parmi tout ce qu’elle m’a inspiré, j’ai réalisé le tableau qui contient du texte. Quand je l’ai montré aux parents, ils ont eu peur. Ils trouvaient que ça mettait trop en valeur la féminité de leur petite fille et m’ont demandé de ne dévoiler ni son nom ni son adresse. Moi, c’est justement l'innocente évidence de sa féminité qui m’avait touchée. Cette petite fille m’avait beaucoup inspirée et j’avais en tête pas mal de projets mais…cette histoire m’a coupé le sifflet : je n’ai plus eu envie de rien.

Patricia Mignone- Mado21 tableau et deux photo-montages inspirés par la demoiselle en question.

20:31 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, peinture, je peins, je m expose, photographie |  Facebook |

24/05/2008

la compassion

"J'ai été invitée par l'université de Linz à l'occasion de l'anniversaire de ce qu'on nomme la «nuit de cristal » et que je préfère appeler le «Pogrome de 1938 ».

ROMAN VISHNIACUn haut dignitaire de l'Église en Autriche raconta la scène suivante qui illustre le parallélisme entre l'écran de verre et le totalitarisme. II est enfant. Sa mère vient le chercher à l'école, et dans la rue il est témoin d'une scène inoubliable : des jeunes nazis s'acharnent à coups de poing et de pied sur un vieillard au sol, un vieux juif orthodoxe avec ses cheveux blancs ruisselant sur son visage, un de ces beaux visages du judaïsme d'antan. Cet homme frappé gît au sol et regarde avec effroi autour de lui.

« Ma mère m'entraîna, raconte le narrateur, sans répondre à mes questions. Qui était-ce ? Et pourquoi ? Elle répétait: "Tais-toi, tu n'as rien vu." »

Pendant que ce haut dignitaire de l'Église racontait cette histoire, je la voyais se dérouler sous mes paupières et, dans le ton de ses paroles, j'entendais une deuxième trahison plus policée, plus amène - plus inconsciente de sa portée. «Il fallait comprendre, disait-il, cette mère avait charge d'enfants. Vous vous rendez compte du danger encouru! Il fallait passer au plus vite pour n'être pas pris à partie par ces jeunes casseurs ! »

Quand vint mon tour, je fus contrainte de dire que cette histoire prolongeait la vieille histoire grinçante et n'apportait pas de délivrance. Il n'était pas question de condamner la femme qui avait été sa mère. Sa loyauté envers elle honorait le narrateur. II lui fallait seulement à lui, homme adulte, homme d'Église, franchir un autre pas, et retourner sur ce lieu de son enfance, y retrouver le vieil homme gisant au sol, lui tendre la main, l'aider à se relever et s'incliner devant lui du plus profond de sa compassion et de sa vénération. Et tant que cette scène n'aurait pas lieu, les plaies de la mémoire continueraient de puruler. Je ne sais pas si j'ai atteint celui auquel je m'adressais ; peu importe, car le message, même s'il n'atteint pas celui auquel on l'adresse, parvient toujours à quelque destination. Dans les affaires du coeur et de l'esprit, on s'adresse à la personne qu'on a devant soi et, par ricochet, c'est un autre qui reçoit le message en plein coeur c'est ce qui importe. Il ne s'agit pas de tenter de persuader qui que ce soit de quoi que ce soit mais de cultiver ardemment cette espérance que même le passé reçoit encore aujourd'hui de nous, les vivants, consolation et réparation.

A la fin de cette soirée à Linz, un vieil homme enrôlé autrefois à seize ans dans les armées du Führer est venu pleurer dans mes bras sans un mot. Je ne sais ni ce qu'il avait commis, ni ce qu'il avait subi, mais je sais que nous pleurions avec et pour beaucoup d'autres.

- Un fragment de " OU COURS-TU? NE SAIS-TU PAS QUE LE CIEL EST EN TOI" de Christiane Singer

11:04 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, j hallucine, photographie |  Facebook |

16/01/2008

Bon sang, mais que fait-elle?

Degas.Portrait de Monsieur et Madame ManetFaire sauter un enfant sur ses genoux?

caresser son chat,

entrainer ses chats à la communication non violente,

écouter son IPod,

faire son argenterie,

réaliser une tapisserie,

se curer les dents,

trier des haricots,

coiffer sa fille,

nouer le corset de sa vielle mère,

copier un tableau de Sisley,

faire un sort à ses comédons,

regarder ses caries dans un miroir,

repriser les chaussettes,

tricoter de la layette pour sa copine,

lire les oeuvres de Miranda July (les femmes qui lisent sont dangereuses),

faire du spiritisme,

jouer aux cartes,

regarder un DVD sur son MacBookPro,

moudre le café.

 

 Mon gentil prof dit que ce tableau de Degas est inconcevable sans référence au cadrage photographique.

L'univers de Degas intègre une dimension métonymique qui s'écarte de l'usage qui consistait à tout dire dans le tableau en incluant tout ce que le cadre devait contenir pour raconter quelque chose. Chez Degas, ce qu'on voit, en particulier les personnage et objets coupés, indexe l'existence d'un hors-cadre bien plus riche narrativement.

 

 Degas - Portrait de Monsieur et Madame Manet.

19:20 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, peinture |  Facebook |

26/12/2007

Edouard Steichen au Musée du Jeu de Paume

SteichenSwansonNé dans un milieu très stimulant, Steichen a pratiqué la photo dès son enfance. Du coup, sa vie entière a été consacrée à la photo et à l’expérimentation en photographie et en peinture, sur une durée d’une soixantaine d’années.

Il produit systématiquement à partir de 1900 et l’on sent dans ses réalisations l’influence des mouvements d’alors, le symbolisme en particulier, l’art nouveau, le cubisme et l’art déco ensuite.

Aux débuts de la carrière de Steichen, la photographie tente d’obtenir une reconnaissance en tant qu’art et elle ne trouve pas d’autre moyen d’y prétendre qu’en tentant de rivaliser avec ce qui constitue encore l’art majeur à l’époque : la peinture. La photo s’approprie donc le langage, les thèmes, la rhétorique de la peinture : cadrages, effets de matières, portraits, paysages, le tout traité dans des techniques qui utilisent des moyens tels que pigments et brosses. On obtient donc des atmosphères ouateuses, des formes estompées, des ombres veloutées qui évoquent les brumes de Maeterlinck. Picturalement, on pense à Böcklin, Klimt, Levi-Durmer, Mucha…que Steichen a photographié, ainsi que Maeterlinck dont Steichen se rapproche encore par son intérêt pour la botanique.

 

 Une curiosité du Musée du Jeu de Paume : encore au rez, tout au bout de la premiere partie de l’exposition, l’attention est éveillée par des bruits qui semblent provenir d’une projection de film à l’étage. On se précipite dans les hurlements machiniques qui, en réalité, ne sont autres que les sonorités du métro avec lequel le musée communique directement.

20:25 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie |  Facebook |

18/12/2007

Choses vues : La fondation Rustin

RustinVisiter la fondation Rustin, située 38, Boulevard Raspail, c’est une affaire de volonté. D’abord, le lieu ne porte pas de numero. Ensuite aucun panneau n’indique que c’est là. Pour compliquer l’affaire, il faut faire un code pour entrer. Si vous parvenez à pénétrer dans la cour dans le sillage d’une personne qui connaît le code, il vous faut encore une certaine intuition pour savoir quelle direction prendre. Enfin, bien que vous soyez tout à fait dans les tranches horaires prévues, c’est fermé. Il suffisait de téléphoner, semble-t-il. Car la solution est là : ne pas débarquer sans RV (0142 84 46 35). A part cela, le lieu est très bien : c’est une grande salle située au premier étage, équipée d’un beau plancher et de canapés dans lesquels on peut prendre place pour feuilleter les publications qui ont été consacrées à Jean Rustin. Ce lieu est ouvert depuis février 2007 à l’initiative d’un duo de collectionneurs : un Belge et une Hollandaise qui achètent les œuvres de Rustin et les offrent à voir au public en une première fondation située à Anvers et maintenant, ici, à Paris.

 

Le style de Rustin a évolué vers une espèce de forme brute qu’il n’a pas toujours eue. Il est intéressant de noter qu’au cours de sa pratique il est passé de l’abstraction à la figuration, une figuration qui s’est dépouillée chemin faisant. Les personnages actuels de Rustin sont nus ou à demi-nus. L’idée ne viendrait pourtant pas de déclarer que ce sont des nus, sujet revêtant la plupart du temps une dimension esthétisante ou érotisante. Il y a pourtant fréquemment trace de sexualité dans les tableaux de Rustin et l’on y voit beaucoup de sexes, ce qui ne rend pourtant pas son univers pornographique : on voit bien que ce qui domine, c’est la DepardonSanClementedéréliction. Les personnages se masturbent, ont des relations sexuelles un peu comme les animaux des zoos mal pensés : c’est le désespoir qui motive le geste, non une libido débridée ou perverse. On pourrait dire que d’un tableau à l’autre, Rustin dit toujours la même chose. Et ce n’est pas ce que disent Bacon ni Lucian Freud : c’est une forme de desespoir encore plus intense car les personnages de Rustin semblent avoir perdu le lien à eux-mêmes : leurs petites faces à mi-chemin entre celles des enfants et celles des vieillards évoquent plus l’univers de l’enfermement que celui de la dépression : le lien au monde et le lien à soi est rompu. L’état d’abandon où l’on voit ces personnages m’a fait penser aux photos de San Clemente, un asile psychiatrique auquel Raymond Depardon a consacré plusieurs reportages photographiques ainsi qu’un film documentaire.

11:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, peinture, photographie |  Facebook |

16/12/2007

Choses vues

Varian FryeJ’ai commencé par l’expo consacrée à Varian Frye à la Halle Saint-Pierre. Vous ne savez pas qui c’est? Je l’ignorais aussi…Mais bon : si l’on ne s’intéresse pas à ce qu’on ne connaît pas, on n’avance pas.

Varian Frye fut l’homologue de Schindler, un Américain, le seul à s’être vu attribuer le titre de « Juste » pour avoir sauvé plus ou moins 2000 Juifs quand l’etat américain l’avait mandaté en France pour en sauver 200. Ayant largement outrepassé la mission qui lui était assignée, Varian Frye se fit désavouer par son pays. Qu’importe.

Sa tache consista principalement à évacuer des intellectuels de tous bords. C’est donc lui qui a facilité l’évacuation des Surréalistes. Walter Benjamin a également emprunté la même voie mais, par malchance, cet unique jour où Benjamin a cherché à passer, les douaniers ont refoulé le groupe. Affaibli par sa fragilité cardiaque, Walter Benjamin eut le sentiment de se trouver dans une impasse et, submergé par le désespoir, il se suicida.La Halle Saint-Pierre accompagne cet hommage à Varian Frye de nombreuses œuvres de surréalistes ou de proches. J’ai été particulièrement émue par la délicatesseHans Bellmer-Joe Bousquet des lithographies d’Hans Bellmer dont un portrait de Joe Bousquet dans un style très proches de celui de Dürer, tant par l’onctuosité du trait que par la justesse des rehauts et la vérité des sujets.

 

 Billy-Hells1Billy Hells 2Située rue de Seine, la Galerie Lumas est consacrée à la photographie. Elle a pour vocation de rendre la photographie plus abordable en effectuant des clichés en plus grand nombre (jusqu’à 150), ce qui vous permet d’acquérir une photographie d’Edouard Steichen pour 2000 €. Chez eux, j’ai découvert un duo de photographes allemands : Billy et Hells.

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06/12/2007

Le nom du père

Lewis Hine - AmericanCities(L’action se déroule à Ellis Island)

 

 La plupart des inspecteurs faisaient consciencieusement leur travail et s'efforçaient avec l'aide des interprètes d'obtenir des nouveaux arrivants des renseignements corrects. Un grand nombre était d'origine irlandaise et peu habitué à la graphie et à la consonnance des noms d'Europe centrale, de Russie, de Grèce et de Turquie. Par ailleurs, beaucoup d'émigrants souhaitaient avoir des noms qui “fassent americain”.

De là vient que d'innombrables histoires de changements de noms eurent lieu à Ellis Island : un homme venu de Berlin fut nommé Berliner, un autre prénommé Vladimir reçut comme prénom Walter, un autre prénommé Adam eut pour nom Adams, un Skyzertski devint Sanders, un Goldenburg devint Goldberg tandis qu'un Gold devenait Goldstein.On conseilla à un vieux juif russe de se choisir un nom bien américain que les autorités d'état civil n'auraient pas de mal à transcrire. Il demanda conseil à un employé de la salle des bagages qui lui proposa "Rockefeller". Le vieux Juif répéta plusieurs fois de suite "Rockefeller, Rockefeller" pour être sûr de ne pas l'oublier. Mais lorsque, plusieurs heures plus tard, l'officier d'état civil lui demanda son nom, il l'avait oublié et répondait, en yiddish “schon vergessen” (j'ai déjà oublié) et c'est ainsi qu'il fut inscrit sous le nom bien américain de John Ferguson. Cette histoire est peut être trop belle pour être vraie, mais il importe peu, au fond, qu'elle soit vraie ou fausse. Pour des émigrants avides d'Amérique, changer de nom pouvait être considéré comme un bienfait.

Pour leurs petits enfants, c'est aujourd'hui différent. On a noté qu'en 1976, année du bicentenaire, plusieurs dizaines de Smith d'origine polonaise ont demandé à s'appeler à nouveau Kowalski ("Kowalski" et "Smith" signifiant tous deux “forgeron)”.

 

 Un fragment de "Récits d'Ellis Island - histoires d'errance et d'espoir" de Georges Perec et Robert Bober. Ce livre accompagne un film produit par l'INA.

Une photographie de Lewis Hine qui en réalisa beaucoup à Ellis Island.

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05/12/2007

Le vieillissement est odieux....

Diane ArbusMalheureusement, contrairement à ce qu'on nous racontait avant, il n'y a aucune sagesse dans la vieillesse; et encore moins dans la société actuelle, qui est fondée sur l'exaltation de la force, de la jeunesse et du projet.

Je pense qu'il vaut mieux en rire.

Tant que l'on dispose de toutes ses facultés et de son autonomie physique, la vie vaut la peine d'être vécue. Maintenant, ce qu'il faut savoir, c'est à partir de quel moment on estime que l'on a franchi une frontière et que, au nom de l'amour de la vie, ce n'est pas la peine de la prolonger.Je suis tout à fait dans cette vision des Anciens. Je pense que la vie n'est pas une valeur en soi, pas plus que sa prolongation. La valeur, c'est le projet, c'est l'existence, c'est la capacité d'avancer.

 

 Pascal Bruckner dans LE SOIR du 3 décembre 2007

 

 Une photographie de Diane Arbus.

12:19 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : litterature, photographie |  Facebook |

03/12/2007

W comme week-end en Wallonie

C'est un texte de Sophie Calle : prononcez tous les W [v]

 

 calleWou le Souvenir d'enfance, de Georges Perec, en poche, et munie d'un billet de train de la compagnie des Wagons lits, je me suis rendue ce Week end, en Wagon restaurant, à Liège, en Wallonie. J'ai feuilleté à la lumière d'une ampoule de 20 Watts un recueil sur l'histoire du 'Western, en sirotant un Whisky. Inévitablement, je me suis rendue durant le voyage aux W C. J'avais emmené mon Walkman, et j'ai même fait du zèle en emportant également La Walkyrie de Wagner, un ordinateur pour consulter le World Wide Web, des ouvrages sur les photographes Weegee et William Wegman ainsi qu'un livre de Walt Whitman.

 

  Un fragment de "De l'obéissance".

21:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, texte, photographie |  Facebook |

01/12/2007

Une robe ne meurt pas

Momu

 

 Mais qu'allais-je faire de son exceptionnelle garde-robe? de cette collection presque «haute couture» de modèles uniques, cousus main et signés dans les poches ou les cols, où ma mère avait attaché une étiquette « hand made by Mami» en ajoutant à la main la date de leur finition. Je ne pouvais moi même porter aucune de ses robes, elles n'étaient pas faites pour moi. Il me vint alors une idée : peut-être une amie norvégienne accepterait-elle d'en essayer quelques-unes, juste pour voir.

 

 L'essayage eut lieu quelques jours plus tard et nous surprit toutes les deux bien au-delà de ce que j'avais pu imaginer. Ce fut un choc, une révélation. Bien qu'elle n'eût, en apparence, en aucune façon la silhouette de ma mère - elle était bien plus grande et élancée -, ces vêtements conçus et réalisés pour une autre prenaient sur mon amie une allure folle. Elle les habitait tout à fait différemment de leur conceptrice initiale, ils bougeaient merveilleusement sur elle. À travers son regard à elle, émerveillée comme une petite fille à qui une fée offrirait des robes de princesse, je pouvais rendre hommage au talent de ma mère.

 

 Elle goûtait chaque détail, chaque raffinement de la coupe, la beauté d'un tombé, d'une découpe originale, du mouvement d'un pli, d'une courbe, la douceur de la matière, la finition parfaite, même invisible à l'oeil nu. Peut être prenais-je pour la première fois conscience de l'oeuvre réelle que représentait cette garde-robe maternelle. Une à une j'en tendais les pièces à mon amie, qui les essayait en se regardant tour à tour dans le miroir de la chambre et dans celui de mes yeux.

 

 Nous étions l'une et l'autre prise dans un cercle magique. Quelque chose d'inattendu, d'inespéré, était en train de se produire. Elle comblait ses rêves d'enfant, moi, j'accomplissais le voeu que ma mère n'avait pas exprimé mais que je lui prêtais : voir tous ses habits, créés et réalisés avec amour et doigté, admirés et mis en valeur, portés avec élégance et simplicité.

 

 Cette même scène se répéta plusieurs fois au cours de l'été. Petit à petit, toute la collection de vêtements changea de mains. Mon amie se les réappropria à sa façon, inventa de nouveaux accords, de nouveaux mélanges, elle leur donna une nouvelle vie.

Une robe ne meurt pas.

 

 Un fragment de "Comment j'ai vidé la maison de mes parents" de Lydia Flem.

Et une photo que j'ai réalisée au Musée de la Mode à Anvers.

18:05 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photographie, litterature |  Facebook |

19/11/2007

Prenez soin de vous

Sophie_calle2Vendredi, au cours (où je suis élève), ça a chahuté : le prof parlait de Sophie Calle, du projet des « dormeurs » et un élève s’est exclamé : « qu’est-ce que ça a d’artistique ? ». A l’heure actuelle, on pourrait poser la question au sujet de plein de gens. Sophie Calle, elle, dédie « les Dormeurs » à Bertrand Lamarche-Vadel, commissaire de la Biennale de Paris en 1979, qui lui a conféré le statut d’artiste. Et c’est ce que le prof à répondu au chahuteur : aujourd’hui, c’est le public – l’institution - qui désigne l’artiste.

 

 A la Biennale, j’ai trouvé deux autres réponses sympas. L’une disait en substance que l’art montre ce qu’il y a d’extraordinaire en l’ordinaire. L’autre disait que l’art apparaît comme compréhension critique de l’existence et de tout ce qui constitue l’expérience.

 

 Enfin… moi, j’aime ce que fait Sophie Calle.

Hier, j’étais malade : la découverte du pavillon français de la Biennale a donné de la légèreté et du sens à ce voyage que je regrettais d’avoir entrepris.

 

 Selon l’habitude, pour commencer, Sophie Calle explique l’idée qui a présidé à l’ensemble du projet : 'J' ai reçu un mail de rupture. Je n'ai pas su répondre. C'était comme s'il ne m'était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous.J'ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J'ai demandé à cent sept femmes - dont une à plumes et deux en bois -, choisies pour leur métier, leur talent, d'interpréter la lettre sous un angle professionnel. L'analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer. L'épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi.'

 

 Sophie Calle filme et photographie. Les autres écrivent et interprètent, chacune dans son langage. La lettre se trouve transcrite en braille, traduite en latin, en anglais, chorégraphiée, interprétée en langage des signes, analysée selon maints points de vue – juridique, prosodique, stylistique, psychanalytique, divinatoire, etc

 

 L’ensemble est intelligent, comique, cathartique et offre matière à un deuil en fanfare.

17:34 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie |  Facebook |

13/11/2007

Yo! Un graphiste qui a des lettres, ça console.

Cette création de Max Tilgenkamp (à droite) est parue dans Le Soir de ce 13 novembre.Bacon-Tilgenkamp2 A gauche, un fragment de "3 études de figures au pied d'une crucifixion de Francis Bacon. (visez la gamme chromatique...)

22:03 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

12/11/2007

La faute à Courbet

Doris Mitsch

21:10 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : art, photographie, je n ecris pas |  Facebook |

11/09/2007

Il n'y a pas de mal à faire du bien

chatQuoique....les chats n'étant pas des veaux, certains réagissent plutôt mal à ce genre de manne. Céleste, par exemple....

Z'avez vu le petit postérieur tout rond du premier sur la photo : on dirait qu'il a perdu sa queue....

10:48 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

20/08/2007

Quel est l'animal qui marche à 3 pattes à 15 heures

ete2006 Et qui, dans 4 jours, sera à nouveau bipède?

Celle qui, à 5 ans, était baba devant les guibolles de sa mère.

Et ça tombe plutôt bien parce que quand, incidemment, elle capture son reflet dans une vitre, elle y retrouve sa mère quand elle était jeune, belle, douce et parfumée....

 

 un autoportrait incident en 2006

15:07 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

14/08/2007

Two of us

Rand

 

 Cliquez sur l'image : vous aurez le son

ps : je ne connais pas l'auteur de la photo.

Si Gondry avait existé à l'époque, ça aurait pu être bien.

08:58 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : how do i love thee, j ai des visions, photographie |  Facebook |

28/07/2007

Vuarnet et De Keukelaere

SylviaVuarnetEtMarnixDeKeukelaere Cliquez sur l'image

12:14 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |

11/07/2007

Smile!

smileVite! Que je vous dise, les loups! Comme je sais que beaucoup d'entre vous m'aiment au point d'être bien stressés à l'idée de mon opération, je vous dis tout de suite que c'est pour demain.

 Par un concours de circonstances dont j'ai la spécialité, mon orthopédiste est tombé suffisamment malade pour se faire à son tour embarquer aux urgences...et donc, ses malades sont répartis sur ses collègues. Je serai opérée demain même heure. Comme ma présence à l'hopital était superflue, je suis rentrée.

 M I m'a écrit : "voilà encore un peu de temps pour bien manger et te reposer". Ce sera le haïku du jour.

 En ce qui concerne l'alimentation, eu égard à mon petit cahier de charges d'invalidité, je ne sais évidemment pas si je perds du poids...mais l'efficacité du régime sans lait se vérifie en tout cas sur Amandine....Des kilos s'effacent quelque part! Si c'était sur moi, ce serait bien!

 

 

 

 En attendant, voici de quoi nous divertir les neurones.

 L'image du jour est une photo "vernaculaire" : c'est le nouvel euphémisme qu'on a exhumé pour désigner les productions anecdotiques et locales réalisées sans référence à aucune norme ou aucun "idéal" esthétique.

 Dans le contexte de la globalisation, le terme "vernaculaire" trouve une valeur et des résonances qu'il n'avait jamais eues aupararavant. Sur certains points, il recouvre la notion de "kitsch" abordée dans le post du 1er juillet 07 consacré à Wim Delvoye

 Pour en voir des tonnes d'autres cliquez sur le sourire de la dame.

07:23 Écrit par Patricia Mignone dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : j ai des visions, photographie |  Facebook |